samedi, 1 avril 2017

L'anxiété

L’écriture me manque. Je vis en apnée, sans elle.

Le soir, une fois passé le marathon du coucher, je ne peux pas voir un écran en peinture. Le matin, entre mes insomnies et les réveils des enfants, j’ai tant de mal à émerger que je n’arriverais de toute façon pas à me lever avant la maisonnée pour écrire.

Mon état d’anxiété généralisé s’est réinstallé. Au début par petits pics d’angoisses, et maintenant permanent. A chaque fois que je me pose la question, comme en ce moment en écrivant, je constate qu’il est à 6 ou 7, sur une échelle de 10, ce qui est énorme quand on n’a pas de motif d’inquiétude. Tout me stresse : le comportement des enfants, le travail, mes engagements associatifs, l’absence de Y., même mes projets de vacances peuvent m’empêcher de dormir, c’est dire si cela atteint des niveaux débiles. Jusque là, pour combattre cette anxiété maladive, j’ai toujours été promptement mise sous antidépresseurs par différents médecins. Cette année, je n’ai pas envie, même si je sais que je peux garder cette option u cas ou. Je veux m’en sortir différemment. Alors je suis allée voir une naturopathe. Vu mon organisme encrassé, elle m’a fait une liste longue comme le bras de choses à faire, de trucs à prendre et d’hygiène de vie à revoir. Selon elle, en rétablissant tout cela, je n’aurais pas besoin de passer par la case antidépresseur et mon niveau d’anxiété général baissera. J’aimerai tant. Je n’aime pas cette maman stressée. Elle me rappelle ma mère, qui se défoulait sur nous, avec tant de violence, quand cela allait mal en elle.

Et surtout, je manque tant de temps pour moi, j’ai besoin de cela, c’est nécessaire.

dimanche, 19 mars 2017

L'immense incendie

Hier soir, j’étais à un débat sur les violences obstétricales. Une salle pleine et comme d’habitude, que des gens d’accord : terrible impression que l’histoire est toujours la même, qu’elle continue, et que rien ne change.

Six ans ont passé depuis l’accouchement de R. et j’ai beaucoup évolué. J’ai travaillé sur moi, j’ai pris conscience de l’importance d’informer sur ces questions. J’ai eu surtout la chance de cheminer, dans mon propre corps, d’accouchement en accouchement, pour découvrir la liberté et la puissance d’un accouchement naturel, debout, et de prendre conscience de l’immense force que je détenais.

Je me demande si j’aurais le temps (et la force !) d’écrire, de faire ce livre d’enquête que je compte faire depuis si longtemps. Bien sûr, il me faudrait des professionnels qui pourraient en parler, c'est-à-dire des institutionnels. Heureusement, hier soir, lui était là. Il a promis de relayer mon appel : arriverais-je à passer le pas et me lancer dans cette enquête qui me tient à cœur ?

En attendant, comme le colibri, je fais de toutes petites choses pour faire avancer l’information, à mon tout petit niveau. Et chaque goutte que j’apporte pour éteindre l’immense incendie des violences faites aux femmes est comme un baume dans mon cœur.

mercredi, 22 février 2017

Les réveils

A nouveau, la belle A. se réveille la nuit. Ce sont les dents, encore et encore qui la font souffrir. Pendant de longues minutes qui me semblent des heures, elle tète avec force, me blessant les mamelons sans le vouloir, toute à sa voracité. Au bout d’une demi-heure à un sein et une vingtaine de minutes à l’autre, je tente de la reposer dans son petit lit à barreau, dans la chambre de ses sœurs. Peine perdue. Elle pleure, se débat et s’accroche à mon bras. Ses sœurs murmurent dans leur sommeil, heureusement lourd. Je reprends mon gros bébé de 10 mois dans mes bras et reprend ma lente marche dans le couloir, sa tête reposant sur mon épaule. En ce moment, il se passe beaucoup de choses, mais je suis encore contente. Bien sur, ces nuits hachées, brouillées, découpées, me tuent. Mais je sais que bientôt, très bientôt, demain peut être, A. se remettra à dormir. D’ici là, j’arpente la chambre, le parquet qui craque. J’écoute les bruits de la nuit, la respiration des enfants et je goûte l’odeur exquise de l’haleine d’A. dans mon cou, une haleine de bébé, qui sent le lait et l’amour.

jeudi, 2 février 2017

Le temps.

Ce soir, j’irai à l’AG de notre association parentale. On m’a demandé de prendre des responsabilités dans le bureau. J’ai beaucoup tergiversé et mon cœur voulait dire non. Je manque terriblement de temps. Je n’arrive pas à lire mes mails personnels au boulot ou en dehors. Souvent, je prends connaissance des conversations seulement trois jours après. Je m’occupe principalement de mon travail, qui est très très dense et de mes enfants, qui me prennnent beaucoup de temps. Il y a aussi toute l’organisation d’une maisonnée, avec des lessives à faire tourner et à faire sécher, des courses à faire, des laves-vaisselles à remplir et à vider. Je souffre déjà de cette absence de temps pour moi. On me l'a demandé et je sais que c'est parce qu'il manque des gens pour s'en occuper. Mais st-ce que j’arriverais à m’investir dans une association plus que je ne le fais actuellement sans sacrifier sur le reste ?

Je me demande.  

lundi, 23 janvier 2017

Les mots clés de l'année

I m turning to 36 tomorow.

Je suis dans une période bénie, où tout me paraît merveilleux : les enfants, le travail, l’engagement associatif. Sans faire d’angélisme, j’ai l’impression de baigner dans un grand bain de bonheur, depuis un an et demi maintenant. Bien sûr, il y a des difficultés, du stress, des inquiétudes, des colères, mais rien de bien grave, à comparé de mes grandes périodes de déprime, où j’étais parfois à deux doigts de me jeter sous un métro.

Preuve en est, j’ai changé mon mot de passe d’ordinateur au travail. Après « Allégresse2015 » (en deuxième partie d’année… quand je suis tombée enceinte d’A. ou un tout petit peu avant) et « Bonheur2016 », j’ai écris « Bonheur2017 » (oui maintenant vous pouvez aller à mon travail et recopier mes articles si cela vous chante) pour bien commencer l’année. C’est le mot le plus représentatif de ce que je traverse. Un immense, plein, un parfait bonheur, malgré les difficultés, ou plutôt grâce aux difficultés. Avoir ces trois enfants, l’amour de Y., cette vie-là, si pleine, si intense, me donne l’impression de voler, d’avoir de nombreux défis à relever, et me challenge pour la suite.

J’adore, de plus en plus, passer du temps seule avec les enfants.

Chose dont j’aurais été incapable il y a quelques années.

Quand la nounou m’a annoncé qu’elle préférait prendre ses vendredis, j’ai cru que j’allais mal le vivre. En fait, j’adore ça. J’adore traîner en pyjama avec L. et A., leur lire des histoires et leur faire faire le cheval, juste pour entendre le gros rire d’A., ce bébé bonheur, avec ses deux grosses dents de devant qui n’en finissent plus de pousser.

Il y a six ans, quand j’ai donné naissance à la minuscule R. et que je me sentais complètement perdue, je n’aurais jamais cru que six ans plus tard, je serrais aussi maternante et maternelle, n’écoutant que mon instinct, entourée de mes trois petites sur mon grand lit.

Je suis heureuse de vivre cela, de traverser ce moment-là.

Ce que je vis en ce moment ne se reproduira pas. Leurs petits mots, leurs fous rires, les lectures et les câlins, ne se reproduiront pas. Ce temps-là, de la toute petite enfance, ne durera qu’un temps.

Et j’en chéris chaque seconde.  

 

 

 

jeudi, 19 janvier 2017

Du temps pour soi

C’est le matin, tôt. Je bois mon thé en écoutant le dernier Keren Ann. Je profite du fait que A. s’est remise à dormir pour récupérer de mon côté. Je me couche avec les poules, juste après avoir endormi les trois enfants. Je me glisse sous ma couette, dans ma chambre enfin récupérée depuis qu’A. dort avec ses deux sœurs. J’arrange ma couette, prend les deux oreillers (Y. rentre très tard toute la semaine) et je lis, je prends des notes, je feuillette des magazines. Puis j’éteins, au bout d’une heure à peine. Après une nuit presque pas entrecoupée (il y a toujours un enfant qui me réclame, il ne faut pas rêver non plus) je me réveille plus tôt. J’en profite pour boire mon thé, faire quelques exercices de respiration, écouter Arte Radio ou des podcasts de France Culture. Et surtout, écrire, écrire à nouveau. Quand je peux avoir du temps pour moi, comme en ce moment, tout me parait plus beau, plus simple. Avoir du temps pour soi, créer, c’est peut être ça la recette du bonheur, en tout cas pour moi.

mardi, 17 janvier 2017

Les nuits raccourcies

Ce matin, j’ai essayé de me réveiller. Ce n’est plus aussi facile. Depuis les vacances de la Toussaint et même un peu avant, A. avait cessé d’un coup de faire ses nuits. Trois, quatre, cinq réveils par nuit, de manière complètement aléatoire. Je sentais que ses dents la faisait souffrir. Pour se soulager, elle tétait. J’avais fini par ne plus du tout la reposer dans son petit couffin. Dès le début de la nuit, elle dormait entre Y. et moi, tout contre nous. Quand elle se mettait à chouiner et à chercher le sein, je soulevais mollement un bras pour l’attirer contre moi. Je me rendormais avant la fin de sa tétée. J’aimais bien sentir son odeur, sa peau douce et ses petits bruits de bébé. Mais j’aime aussi trop dormir d’une traite, avoir ma chambre à moi pour lire, parler avec Y. avant de m’endormir ou me serrer contre lui. La journée, A. faisait de longues siestes, et moi, au travail, je tombais de sommeil.

Alors, il y a une semaine, j’ai emmené ma petite A., mon minuscule soleil aux doigts boudinés et aux grands yeux rieurs chez mon ostéopathe, celle qui m’a manipulée toute la grossesse et a fait des miracles en faisant disparaître mes douleurs. Toute la séance quasiment, A. a pleuré, elle qui ne se plaint jamais. Quand la séance a été finie, elle a sourit de nouveau. L’ostéo m’a expliqué qu’elle avait plusieurs blocages crâniens et un sur les lombaires, que cela expliquait peut être ses douleurs sur le dos qui la réveillait fréquemment.

La nuit même, A. a fait sa première nuit depuis plusieurs mois. Et le lendemain encore. Et le surlendemain aussi. J’en ai profité pour la faire dormir, enfin, avec ses deux sœurs dans sa chambre. Et elle a dormit.

De mon côté, après quelques nuits de récupération, je me suis remise à faire des insomnies. De longues, profondes, désespérantes insomnies, après un endormissement très tôt.

Tout cela me désespère.

J’ai tant besoin d’être reposée, pour bien travailler, pour m’occuper des enfants dans la joie, pour créer.

Je cherche, cherche ce qui me sauvera.

dimanche, 25 décembre 2016

Les prises de tête de Noel

Les fêtes de fin d’années sont toujours propices aux prises de tête familiales.

Je repars de chez mes parents fâchée, très fâchée. Avec en tête plein d’idées : ne plus jamais fêter Noël en famille, prétexter un rhume ou un Noël à Cancun pour éviter ces désagréments. Ma mère m’a culpabilisé et énervé. Elle n’a pas accepté mes excuses, sincères. Je n’étais pourtant pas responsable de sa maladie, ni de son égoïsme. Mais au lieu de refuser son chantage, tout en entendant sa souffrance, je me suis écrasée, une fois encore. Malgré mes 7 ans d’analyses, trente-cinq ans d’habitude ont fait le reste.

Malgré tout, j’ai apprécié plein de petits moments : les jeux avec ma mère, Y. et les filles, les balades à vélo autour du lac, la lecture chez mes parents, les fous-rires avec mes sœurs. J’ai même apprécié notre réveillon improvisé, avec cette impression (troublante) que tout semblait plus simple sans l’ombre terrible de ma mère, prête à tout critiquer.

samedi, 10 décembre 2016

Noel arrive

Cet après midi, nous décorerons le sapin. Tout le monde est malade, par intermittence, l’un après l’autre ou deux par deux. Y. est rentré d’Haïti fatigué, après une grosse semaine et moi, j’étais épuisée d’absence de nuit complète depuis maintenant deux mois.

Mon quotidien de maman de trois enfants me mange tout mon temps.

Ce que j’arrive à faire encore, ce sont prendre des photos et les mettre sur facebook, beaucoup plus facilement que de m’installer sur mon ordinateur pour écrire. Mais l’écriture me manque. Mon côté artiste souffre et je voudrais le développer. Il fut un temps ou je me levais plus tôt pour écrire et quand je ferais à nouveau des nuits complètes (un jour… la petite A. qui a des dents qui poussent a maintenant presque 8 mois) je pense que je recommencerais.

Il fait doux dans la maison et je suis bien.

 

 

mardi, 22 novembre 2016

Deux mois plus tard.

Clem, avec qui je m’apprête à aller voir un spectacle comique pour fêter son anniversaire - une petite tradition entre nous- m’a alerté. "Cela fait deux mois Marloute ! Cela commence à être long." Deux mois ? Deux mois que je n’ai rien écrit sur mon blog ? Jamais je n’avais laissé un temps aussi long. Ma vie active de maman pressée y est pour beaucoup. Le soir, je tombe de sommeil et m’endors avec les enfants, ou bien je veille avec Y. et je m’en mords les doigts le lendemain. Le matin, je me lève aux aurores et part pendant que toute la famille dort. Je travaille comme une folle et revient le soir épuisée, en laissant tout en plan, un boule au ventre à l’idée de ne pas y arriver. Les pauses déjeuner se raccourcissent, ne parlons même pas d’un déjeuner à l’extérieur. Trois salariés n’ont pas été remplacé et un quatrième départ (congé maternité) se profile pour une collègue. Je vois arriver son départ avec angoisse et fatalité.

Mais il y a heureusement mon temps à la maison, adouci encore par la présence d’E., la nounou des filles, qui prend en charge les enfants. Cela me libère des moments pour prendre du temps pour moi, et c’est très bénéfique. Bien sur, je l’utilise surtout pour faire des courses, de la paperasserie, du rangement, des lessives et du ménage, mais ce n’est pas grave, au moins, je ne suis pas la tête dans la machine à laver du boulot, à écrire des articles pour le web aussi inepte qu’inintéressant. En dix ans, mon métier a bien changé, et je n’ai plus le temps de répondre aux email. C’est dommage. J’ai bien conscience que cela ne pourra pas durer longtemps et qu’il me faut trouver une porte de sortie. Mais laquelle ? Je n’ai pas d’idée.

samedi, 17 septembre 2016

Après la rentrée

J’écoute « On arrête pas l’éco », en lisant Maison Créative et en buvant mon thé, un thé blanc délicieux de chez Monoprix. Cette semaine, j’ai repris le travail. Mes collègues, adorables, m’avaient organisé un petit déjeuner, chouquettes, viennoiseries au chocolat et café, pour une reprise en douceur. Je les ai remercié, j’étais tellement heureuse, par ailleurs, de les retrouver, même si j’étais triste aussi de quitter mon bébé.

Pendant la journée, je me suis isolée, dans une petite salle de réunion, pour tirer mon lait. Le système fonctionne bien. Je le conserve dans une mini glacière et le soir je le met au frigo pour que la nounou le trouve au matin. Cette semaine, je suis aussi allée faire un cours de samba, avec ma copine M. nous n’étions que deux au cours, ce qui m’a permis d’apprendre plein de pas d’un coup. Je me sens un peu gauche : mes cours de danse sont si lointain ! J’ai encore 6 ou 8 kilos de trop, je suis habillée comme un sac (je n’ai pas acheté d’affaires de sports depuis si longtemps !). Bref, à côté de ma copine et de la professeur de danse, je ne ressemble à rien. Mais je suis heureuse, de bouger à nouveau, sur de la musique entraînante.

La belle Churchille est malade. Elle a attrapé une otite. Je la garde au chaud, un peu désolée pour elle de la voir souffrir. La vétérinaire était effarée de voir son pelage plein de bourres de poils agglomérés. C’est vrai que je n’ai pas vraiment le temps de brosser ma belle semi-persanne, entre les trois enfants, le bébé, l’allaitement, le travail, je ne sais plus vraiment ou donner de la tête et cette rentrée est bien agitée. Idem pour A. dont les vaccins sont en retard. La médecin m’a rassurée. A. grandit bien, on fera les vaccins la semaine prochaine encore. Même si tout roule (les enfants vont globalement bien, je n’ai rien oublié de vital) je me sens un peu mal, j’ai encore parfois, souvent l’impression de ne pas être si compétente, voir complètement à côté de la plaque, en tant que maman. Et puis, je regarde les filles, ma maison, et je me dis que non, que tout va bien, globalement.

lundi, 5 septembre 2016

La mélancolie

Je regarde mon bébé, la jolie A. grandir. J’adore passer du temps auprès d’elle. La serrer dans mes bras, l’endormir, sentir ses cheveux, admirer son regard, ses joues, ses bras, ses petits doigts. Déjà, il faut ranger ses petits habits de trois mois et sortir le 6 mois. La reprise du travail se profile, la semaine prochaine déjà. Je pleure, par intermittence. Fait le deuil de ce temps-là collé/serré contre ma toute petite fille. A la fois heureuse de reprendre le travail et déchirée de quitter ma maison. J’ai surtout peur aussi de revoir les angoisses et l’anxiété liée au travail revenir. Pourtant, je travaille sur moi : je médite, je positive, je visualise. Je sais aussi que j’ai des médecines douces à portée de main : les fleurs de Bach et les cures d’Omega 3. J’espère que cela suffira à tenir éloigné le stress qui joue sur mon sommeil.

D’ici là, j’ai pu organiser une rentrée douce pour R. : venir la chercher tous les midi, aller la récupérer avant le goûter. Le CP l’enthousiasmait mais je sens que sa joie retombe. Ce midi elle a pleuré car la maîtresse l’avait grondé durement pour des devoirs non faits.

J’ai écouté ma petite fille, pleine d’empathie pour sa douleur, écouté aussi sa demande : « Maman, est qu’on peut déménager pour que je ne retourne pas à l’école ? » puis je l’ai serrée fort contre moi, en lui demandant si elle voyait une autre solution, si le fait que j’aille parler à la maîtresse lui suffirait. Elle m’a murmuré oui, d’un air contrit. Je me souviens, moi aussi, de ces désespoirs, de ces tristesses liées à l’école… les copines méchantes, les maîtres et maîtresses trop durs…. C’est un crève-cœur de se dire qu’elle aussi sera confrontée à tout cela. Mes sentiments et ceux des enfants se mélangent et colorent l’ensemble d’une mélancolie propre au mois de septembre.  

  

lundi, 29 août 2016

Les résolutions de la rentrée

Nous sommes à la fin de mois d’août et comme à chaque rentrée, j’ai plein de bonnes résolutions. Je voudrais prendre du temps pour moi, d’une manière ou d’une autre.

 

  1. Reprendre une activité sportive
  2. Retourner en analyse
  3. M’investir dans ma commune, dans de l’associatif
  4. Passer du temps de qualité avec les enfants (activité partagées, sorties, promenades, jeux….)
  5. Développer ma pratique de la méditation.
  6. Refaire de la décoration dans l’appartement
  7. Prévoir les prochaines vacances (Italie ?)
  8. Faire les papiers d’identité des enfants
  9. Maintenir l’allaitement d’A., au moins jusqu’à ses 6 mois
  10. Trouver mon rythme au travail
  11. Me faire masser au moins une fois par mois !

 

C’est un beau programme pour les quatre mois qui viennent… Ambitieux, comme toujours ! (Ahlala, on ne se refait pas !)

Et vous, ça vous donne envie de prendre des bonnes résolutions la rentrée ?

 

 

dimanche, 28 août 2016

Après les vacances

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samedi, 27 août 2016

De retour

Je suis rentrée hier soir et je suis fatiguée.

Jamais je n’aurais cru en partant avec mes trois louloutes que cet été se passerait si bien. Le temps s’est étiré, huit semaines en tout, une impression d’infini. Nous avons terminé par la mer, toutes les quatre, chez des amis de mes parents, puisque ni mes parents ni mes beaux parents n’étaient disponibles.

J’ai vraiment profité des enfants, de leurs bras dodus, de leur peau salée, de leurs conversations. J’ai pris du temps pour moi, beaucoup de repos et je reviens pleine de bonnes résolutions.

Je reviens et le frigo est plein, il y a aussi des crevettes, une bonne salade de pâtes et de la bière au frais pour affronter la canicule. Le ménage est fait et mes plantes ne sont presque pas toutes mortes, car pour la première fois, Y. a presque tout bien arrosé.

Je suis si heureuse d’avoir voyagé tout l’été et si heureuse aussi de rentrer.

jeudi, 28 juillet 2016

A l'écoute

Les vacances avec Y. sont sur le point de se terminer et je suis fière de moi. Suivant les conseils de Leeloolène, j’ai choisi de me lever chaque matin tôt et de profiter de ces moments pour faire des petites choses, soit pour moi seule, soit avec L. quand elle était réveillée. Sans méditation, juste avec l'écoute de mes émotions, au jour le jour, à chaque instant. Un matin, je suis partie avec L. sur mon vélo pour aller sur la plage, après le petit déjeuner. De leur coté, R. et Y. ont pu profiter de belles grasses matinées. Le plus tard que R. se soit réveillée c’est 12 h ! Pour cette dernière semaine de vacances, nous sommes sur la pointe de la Bretagne. Nous avons testé pour la première fois le club de vacances, profitant du CE de Y. Certains aspects me dépriment : le logement archi blanc et trop vide, l’absence de végétation et d’ombre, la promiscuité avec les autres familles. Mais certains aspects sont vraiment sympas : la mer à 300 mètres, les copains partout dans le village qui donnent le tournis à R. qui parcourt le site sur son petit vélo jusqu’à 23h tous les jours, et puis les gens, vraiment gentils. Il n’y a pas tant de collègues de Y. que ça. Plein de gens de France Télévisionne en revanche. Je fais mon plein de ragots sur les stars du petit écran. L. en revanche est trop petite pour le club, elle refuse d’y rester. Alors on l’emmène pour nos longues balades à vélo avec Y. et A. de toute façon collée à moi, dans son porte bébé, comme une seconde peau. Je lis ce livre de Filliozat et j’en apprends encore plus sur moi. Je regarde ma grande R. L’année dernière, je me souviens que je râlais parce qu’elle voulait que je la porte et cette année, je réalise que je ne peux plus la porter du tout. R. est trop grande, trop grosse. Ma fille de bientôt 6 ans, au regard dur, qui s’énerve contre moi puis qui se blottit dans mes bras pour le câlin du soir.

J’ai profité de leurs petits bras, de leurs petites jambes, de leurs questions et de leurs fous-rires. Nous ferons encore deux stops sur la route, l’un à Rennes et l’autre à Chartres avant de retrouver notre appartement.

Je suis en train de réfléchir à la prochaine partie de mes vacances. Je voudrais descendre : à Lyon, en Isère, vers Clermont puis ensuite continuer jusqu’à la mer, faire un long stop à Toulon, avant de remonter sur Paris. Mon programme : des copains, des copains, un peu de famille et encore des copains.

lundi, 18 juillet 2016

Vacances Fast and furious

Je trimballe depuis le début des vacances – de notre départ j’entends – un terrible agacement contre Y. Cela m’arrive souvent, mais les périodes où tout ces retards m’énervent me rendent profondément triste. Je vois tout en noir. Je râle sur lui, sur les enfants, en permanence. Rien ne va : ni le rythme des vacances, ni les petits déjeuners tardifs, ni les siestes en décalé, ni les courses où l’on arrive avec des enfants affamés, ni le marché qui se termine alors que nous venons d’y mettre le pieds. Je veux aller plus vite, plus vite et comme cela ne va pas assez vite, je me transforme en furie.

Cela fait 15 ans que Y et moi ne fonctionnons pas sur le même rythme. Je me couche avec les poules, en chouinant pour qu’il me rejoigne alors que lui n’adore rien de plus que de se coucher le plus tard possible, surfant sur le net, regardant un film d’auteur, lisant son livre. Le matin, je suis réveillée avant 8h et j’attends qu’il se réveille. Quand nous venions de nous rencontrer, nos différences de rythme étaient tellement plus marquées que c’était presque comique. Je quittais une soirée où il arrivait. Il dormait jusqu’à midi alors que j’étais la première sur le marché de la Croix-Rousse et je revenais avant 8h du matin, comme le fait encore mon père.

Pourtant, ces vacances sont extrêmement vives et joyeuses. Nous sommes partis de Paris pour rejoindre Angers où nous avons dormi une nuit. Nous avons découvert une chambre d’hôte merveilleuse et une hôtesse passionnante. Puis nous avons passé quelques jours chez la merveilleuse Leeloolène. Sa présence m'apaise dans ce chaos intérieur qui m'hbite et me fait voir tout en noir. Bien sûr, R. a de terribles accès d’insolence et d’opposition qui me laissent pantoise, L. pousse des cris stridents en réponse à sa sœur et la petite A. hurle au milieu des cris de ses sœurs dans la voiture. Mais j’aime ce chahut, j’aime leurs petits bras potelés que j’embrasse, leurs corps nus qui se baignent et se dorent au soleil. J’aime surtout le silence quand les enfants sont couchés. Je prends quelques minutes pour moi. Je lis une phrase d’un magazine de Leeloolène, si inspirant. Je pédale sur le vélo cargo loué et je rêve au mien, à celui que je vais m’offrir, comme on rêve à la liberté. Je me protège d’une actualité que je suis incapable de supporter. J’écoute Y. qui parle. Y. si bon père. Y. qui prend sur lui, donne la main aux enfants, les gronde avec une fermeté bienveillante, même s’il s’énerve rouge lui aussi parfois.

Moi je ne comprends pas ma mauvaise humeur permanente, et mon stress anxieux communicatif. Est-ce parce que depuis notre départ, je n’ai pas du tout médité ?

Cet après midi, j’ai respiré un grand coup, ai décidé de chasser la mauvaise humeur, mes idées sombres, si sombres, et je suis allée faire une séance, puis une sieste. Quand je me suis réveillée, j’allais mieux. Y. jouait avec R. au Qui est-ce sur la pelouse. A. gazouillait des arrreeuuuh en regardant les feuilles d’arbres. Je me suis dit que je leur devais, au nom de leur bonheur, de leurs souvenirs, de leurs vacances, que je leur devais d’être heureuse. Depuis, j’ai l’impression d’aller mieux. Un peu.

samedi, 9 juillet 2016

La chaleur

Les vacances ont commencé il y a quelques jours et avec elles un renouveau de chaleur, de soleil et de ciel bleu, pour quelques jours au moins.

Dès le début, avec Y. revenu de son île glacée, nous avons abordé les vacances avec une légèreté, une envie de rire, de sourire, de chantonner, de sauter de joie, de nous promener que je ne me souvenais pas avoir eu depuis longtemps. Je caresse les cheveux des filles, je me bagarre pour de faux avec elles, je leur raconte des histoires, je les masse, on se fait des batailles de câlins. J’ai décidé de mettre de la joie, beaucoup de joie, dans tous ces rapports. Je me demande d’où vient ma nouvelle légèreté. Peut être de la méditation, qui me sauve quand je ne peux pas me reposer suffisamment ? Sinon, à quoi serviraient ces vacances, si je dois être stressée et anxieuse comme à mon habitude ?

mercredi, 6 juillet 2016

Le temps changeant

L’été n’en finit pas de ne plus être là et comme tout le monde, je commence à en être affectée.

Ce qui m’inquiète le plus ? Subir cette pluie et ce temps froid jusqu’à la rentrée de septembre et n’avoir en tout et pour tout que quelques jours de beau temps.

Je passe un peu de temps avec les enfants, j’apprends à m’analyser. Hier, un simple refus de R. m’a fait rentrer dans une colère noire, écumante de rage. Plutôt que de m’énerver contre elle, j’ai cherché à comprendre la situation : j’attendais depuis des heures ma SF qui devait passer et j’étais de fait coincée chez moi, sans oser commencer une activité. Je commence à me connaître un peu mieux : je sais que j’ai besoin de monde autour de moi pour mieux vivre avec mes enfants. Je vois aussi que R. subit cela. Je la trouve insolente, elle se braque pour rien, me répond mal. Souvent, je me dis qu’elle aurait mérité les gifles que je rêve de lui mettre. Et puis je me demande : qui est ce que je veux gifler quand je m’énerve contre elle ? Elle ou moi ? Notre position d'ainée à toutes les deux, celle qu'on a le plus tapé, trouble les places. La petite fille perdue que j’étais, recroquevillée dans un coin, subissant elle aussi un déluge de colère ? A contrario, quand je relâche la pression, que je prend le temps de jouer avec les deux enfants, quand nous nous faisons de longs câlins, R. est un vrai bonheur à vivre, espiègle, gentille et tendre.

Hier soir, au moment de l’histoire du soir, j’ai choisi ce livre, sur la bienveillance et la pose de limites respectueuses. Nous avons commencé à parler. De ses grands parents, en essayant de ne pas les juger (ils ont fait ce qu’ils ont pu, même mal). R. m’a dit : Mais pourquoi ils n’ont pas voulu faire autrement (que taper leurs enfants ?) J’ai dit que je ne savais pas. R. a eu cette phrase magique : oui bhin moi je trouve qu’il faudrait leur dire. Je n’ai pas répondu. Elle a enchaîné en disant : moi je trouve que toi tu es gentille parce que tu essaye de ne pas faire pareil. Ces paroles m’ont fait chaud au cœur, comme un baume sur une partie de moi blessée.

Bientot, les vacances, que j'espère passer plus ou moins bien, si j'arrive à suffisamment prendre soin de moi pour prendre soin des enfants.

Tout un programme !

lundi, 27 juin 2016

La fatigue

Ce week-end, nous sommes descendu à Lyon en décalé.

Moi, j’étais partie vendredi matin, par un des premiers train et j’ai fait la tournée des amis toute la journée avant de rejoindre ma sœur pour fêter son anniversaire dans l’ancien squat qu’elle avait ouvert dix ans plus tôt. J’étais épuisée à la fin de la journée, à cause de la chaleur, de la marche, d’avoir voulu trop en faire. Samedi, Y. devait me rejoindre avec les deux aînées. Coincé avec les deux filles dans le Paris-Lyon détourné sur les voies du TER, ils ont mis 6h45 à faire le trajet, avec juste un paquet de gâteau. Samedi, c’était une journée de fête et d’anniversaire pour les 60 ans de ma mère. Ambiance électrique et joyeuse, trente personnes chez mes parents et je ne tenais plus debout.

Nous sommes rentrées péniblement hier soir par le train de 21h, dans un wagon de première, aussi hostile que silencieux. Les filles ont enchaîné les crises, ce qui nous a obligé à voyager dans le wagon bar, en passant notre temps à les gronder. Y. devait partir en Angleterre ce matin tôt. Dans la journée, changement de planning. Il partira en Islande si l’équipe gagnait le match.

Ce soir, l’ambiance était électrique. Les enfants encore fatiguées du week-end n’ont pas cessé de se chamailler, se poussant, se griffant. L. épuisée, est tombée sur le sol en tomette. Un énorme hématome a commencé a se former. Moi, j’étais encore plus fatiguée et la petite A. n’a pas cessé de pleurer. A chaque hurlement des filles, et en voyant R. crier sur sa sœur, menaçant de la frapper à chaque instant.

Ce soir, j’ai essayé, et presque réussi, à ne pas m’énerver, quittant la pièce quand je n’en pouvais plus. Et puis nous avons eu plusieurs bons moments. Des moments choux, des moments doux, où j’étais heureuse d’être avec elles trois.

Ce soir, Y. est finalement rentré, pour attendre la fin du match, préparer son sac et nous coller un baiser avant de repartir.

Je réalise que pour la première fois, je vais passer une semaine seule avec les trois enfants. Ce ne sera pas la dernière, mais c’est ma première fois.

Ce soir, je ne sais pas vraiment comment je vais m’en sortir. Comment je vais tenir. Ce soir, je vais aller me coucher, mais avec une petite appréhension.

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