vendredi, 22 juin 2018

Dur mois de juin

Du fait de l’achat de la maison et de la vente de notre appartement, je traverse une période de fatigue intense. Je tiens les jours de travail et m’écroule les autres jours. Pourtant, je me surprends : quand je tiens à peu près la route, j’arrive à faire tellement plus de choses que mes périodes de déprime que cela me rassure. Il y a tant de choses à faire ! Pour l’instant, c’est surtout administratif : dossier de banque, inscription dans les deux écoles, l’ancienne et la nouvelle et recherche de mode de garde. Cela nous occupe tout notre temps, à Y. quand il n’est pas en reportage et à moi.

Je devrais justement faire plus de méditation, plus de sport, plus d’écriture, pour réussir à passer ce cap décisif et difficile d’une fin d’année aussi chargée. Mais corolaire de tous mes tracas, je dors horriblement mal. Des angoisses m’assaillent en pleine nuit, mes insomnies flambent, je suis un peu malade en permanence (un rhume particulièrement carabiné et long, digne d’un mois de janvier) et surtout les enfants enchaînent les maladies : varicelle pour L. et laringite pour A.

Ma jolie R., elle, est juste extrêmement fatiguée, ce qui la rend désagréable au quotidien. Ce matin, pour l’épargner un peu, j’ai décidé de ne pas la mettre à l’école. Je sais qu’elle sera ravie de ce vendredi volé à l’éducation nationale et moi j’espère qu’elle pourra se reposer un peu.

Pourtant, dans mon tourbillon du mois de juin, j’ai des moments de grâce : je vois mes amis, je déjeune au soleil avec des gens sympathique, je réfléchis à mon avenir, je prépare nos vacances, j’ai revu mon groupe de parentalité bienveillante, et surtout, dès que je peux, je vais sur mon téléphone et je regarde des photographies de la maison. Comme une amoureuse secrète qui regarde sa fiancée, je m’émerveille, je rêve, je me projette. C’est elle, ma jolie maison en pierre, ma maison de mamie, que je rêve d’aménager, même si bien sur, dans un premier temps, je n’en aurais quasiment pas les moyens. Mais ce n’est pas grave. Je regarde les photos et je rêve.  

 

vendredi, 1 juin 2018

La maison

Je n’avais pas vu de suite l’annonce sur le bon coin. Pourtant, je passais mes journées sur tous les sites immobiliers, dont j’avais activé toutes les alertes, depuis une longue année, à regarder des annonces, à comparer des biens, à me projeter ou à rêver, à partir d’une photo, d’une vue de la façade, ou d’un jardin. J’étais souvent déçue. J’ai visité une vingtaine de biens. Dans toute la banlieue Est, Ouest et Sud.

Et puis ce samedi, tout en discutant avec mes parents, j’ai vu cette annonce.

Quelques lignes, mais surtout une photo. Un beau double salon, avec un beau parquet massif.

J’ai flashé de suite.

Il était tard, plus la peine d’appeler. Je suis allée sur le site, vu le numéro de l’agence, envoyé un mail tardif. On verrait lundi. Lundi matin, j’ai reçu un appel de l’agent immobilier.

Au téléphone, il avait l’air ennuyé. Je lui ai demandé :

-« Est-ce qu’il y a de gros travaux ? Toiture ? Electricité ? Fenêtres ?

-Non pas vraiment, un gros rafraîchissement.

-Ah.

Et est que qu’il y a 4 chambres ?

Oui.

Ah… et est ce qu’elle est loin des transports ? De la gare de RER ?

Non. 5 minutes à pieds. On voit la gare depuis la maison.

-OKKKKAY. Ah j’oubliais. Elle doit être sur un axe très très passant, il y a beaucoup de bruit c’est ça ? »

-Heu non. C’est une rue à sens unique, une des plus calmes de la ville. Bon, vous voulez la visiter ?»

J’étais un peu étourdie. Voici une maison ancienne, dans nos prix, sans gros travaux, proche de la gare…. Ou était le loup ? J’avais visité trop de maisons pourries, branlantes voire sur le point de s’écrouler, en une année.

Dès les premières secondes, devant la façade, j’ai senti mon pouls s’accélérer. La marquise était magnifique. Carrée, ouvragée, du bel ouvrage. Un rosier ancien courait le long de la façade. Je ne pouvais pas y croire.

Je regardais à l’arrière, ne voyant pas d’extérieur : « Ah, il n’y a pas de jardin c’est ça ? J’ai oublié de vous demander…. ». Regard torve de l’agent immobilier. « Si, un grand, il est là, derrière, après le garage » Et effectivement, là, derrière la maison, j’ai vu un grand jardin de 200 mètres carrés mangé par une balançoire disproportionnée.

 

Quand l’agent a ouvert la maison, j’ai pris une grande inspiration…. et j’ai failli me mettre à pleurer. C’était la même odeur que dans l’appartement quand je l’avais visité. Une odeur de vieille personne, de renfermé, de poussière, de bois, une odeur de maison familiale qui a bien vécu et ne demande qu’à continuer. J’ai refoulé les sanglots comme j’ai pu : l’agent immobilier m’a fait monter des marches, descendre des marches, m’emmenant dans un grand grenier où je verrais bien notre chambre parentale, ou alors une seule immense chambre pour deux enfants… J’ai tout aimé.

Bien sûr, il faudra tout refaire, contrairement à ce que l’agent disait.

Bien sûr, nous n’avons pas assez de budget.

Mais je vois déjà mes enfants faire du vélo sur la route, comme je viens de voir passer plusieurs adolescents. Je me vois déjà prendre mon café dans le jardin, sur une table en fer forgé.

Le soir même, sans qu’Y. l’ait visité, mais avec sa bénédiction, nous avons fait une offre au prix. Après 10 jours de stress intense et un agent immobilier pas très compréhensif, nous avons sur que c’était bon.

Depuis hier soir, le compromis de vente est signé. Le propriétaire, un des trois enfants de la vieille dame qui vivait là, m’a dit : « Je suis heureux. La maison va revivre. »

Juste avant la signature, je suis allée saluer la maison.

C’est dans cette maison que je veux voir grandir mes enfants. Notre maison de famille… pour la nouvelle tranche de vie qui s’annonce.

vendredi, 4 mai 2018

Le rêve

Je suis heureuse.

Nous sommes début mai et j'ai réussi à redresser la barre. A coup de méditation chaque jour, de reprise en main de mon alimentation, de sport et de créativité (je continue mon atelier d'écriture et me suis lancée dans l'écriture de sketches (!) j'ai réussi à passer par dessus la déprime qui me tournait autour, menaçant de m'englober.

J'espère pouvoir continuer sur cette belle lancée.

Une chose encore, que j'aimerai pouvoir faire, et qui reste un peu enfouie : l'écriture d'un roman. J'aimerai me lancer. Mais comment, quand?

J'envie la belle P. qui vient se signer aux éditions de Minuit.

Moi aussi, un jour, je rêve....

 

dimanche, 1 avril 2018

L'écriture et le sommeil

Le dernier départ de Y. n’a duré que 6 jours, week-end compris, mais je n’arrive pas à m’en remettre. Cela a correspondu avec un épisode de maladie violent pour L. et A., mes deux plus petites filles de respectivement 4 ans et 2 ans. Entre le manque de sommeil et le manque de temps pour moi, j’ai vraiment cru mourir. A son retour, je n’ai pas pu me réjouir. Trop de choses à faire, trop de choses à penser. J’avais tout géré : le présent et le futur : nos prochaines vacances et celles d’après aussi. Je lui en voulais de revenir aussi reposé mentalement,même si pour lui aussi ces 6 jours étaient denses en travail. Là, je sens que je touche à mes limites. Je le le sens à mes réponses maussades, à ma non envie de faire des choses en famille (fêter Pâques ? Pourquoi faire ?) à mes accès de violence. Mon corps, mon esprit tire la sonnette d’alarme : « Prends du temps pour toi ! »

Mon programme est simple : me faire aider pour les jours qui viennent le soir, prendre des bains, faire des siestes, faire de la méditation, faire une cure d’oméga 3, aller courir, rempoter mes plantes, gratter la terre dans la cour du jardin de l’immeuble, écrire, me coucher tôt. Si les autres choses me font du bien, écrire et me coucher tôt sont mes deux piliers pour aller mieux.

Je ne connais rien de plus puissant chez moi, de plus reposant et profondément ressourçant pour me reconnecter à moi-même, à ma nature plutôt bonne et généreuse : le sommeil et l’écriture.

jeudi, 22 mars 2018

Les habits d'hiver

J’entends les oiseaux chanter. Malgré le brusque retour de l’hiver la semaine dernière, qui nous a confiné dans l’appartement, je veux croire que le printemps est vraiment là. Je m’inquiète déjà un peu : je sais que je n’ai pas beaucoup d’habits d’été, et suis encore moins bien fournie pour la demi saison. Mais cet hiver, j’étais plutôt fière : je n’ai pas vécu un jour où je grelottais de froid parce que mes chaussures/mon manteau/mes accessoires n’étaient pas adaptés à la saison. Cette année, pour la première année, j’avais toute la panoplie : bottes antidérapantes waterproof, super manteau de chez deca***tloon bien chaud et gants du tonnerre. Je me demande pourquoi il a fallu attendre 10 ans pour qu’enfin je m’équipe correctement. Chaque année, Y. me disait : « Mais pourquoi tu n’as pas au moins UN (bon pull/chaussettes chaudes/manteau correct)? » et chaque année, je ne savais pas quoi répondre : mes chaussures pas chères se trouaient au bout de deux semaines d’utilisation, mon manteau était trop léger et mes pulls étaient immettables au bout deux trois lavages.

Cette année, non.

Alors, je regarde avec une légère angoisse le redoux : comment faire pour réussir cette prouesse avec la mi saison ? J’essaye de regarder autour de moi, ce que portent les filles : je veux des chaussures pas trop ouvertes mais un peu, avec un talon pas trop important, mais un peu….

Je regarde, mais ne trouve rien. Et en attendant, je reste blottie dans mon immense pull, choisi avec soin avec Leeloolène…

jeudi, 15 mars 2018

La fièvre

J’ai le nez pris, des ganglions et un peu de fièvre. Les enfants eux, toussent franchemett, ont les yeux brillants et le front bouillant. Chaque nuit depuis trois jours, je distribue du miel, frotte des petits dos aux huiles essentielles et fait la tournée de « diloprane », comme dirait ma petite L.

Ce matin, je me suis levée un peu plus tôt pour écrire. Mais L. ne l’entend pas de cette oreille. Non seulement elle squatte notre lit depuis septembre, mais au moindre mouvement, elle s’éveille à son tour et réclame son petit déjeuner. Ce matin, je me suis fachée : Maman se lève pour écrire, pas pour préparer le repas. Si tu veux te lever, tu restes sur le canapé, sinon, tu continues à dormir à coté de papa. L. a choisi un entre deux. Elle tousse, debout, pieds nus, dans le couloir du salon, attendant que maman ait fini. Pas facile dans ces cas-là de produire et de se retrouver seule avec soi ! Je me faisais la réflexion cette semaine, que tant qu’on ne dort pas une nuit complète, il est très compliqué de créer, de produire, pendant la journée, surtout si en plus on travaille à côté. En ce moment, je lis un livre à elle, et cela me fait du bien, sur les choses importantes et comment tout mettre en œuvre pour faire bouger cela dans la vie. Cela me nourrit beaucoup. Et même, dans mon travail lui-même, je fais bouger des lignes, certaines planètes s’alignent.

samedi, 24 février 2018

Bug dans le blog !

Désolé pour les non-réponses aux derniers commentaires : je n'arrive pas à publier de réponses aux commentaires ! Je vais essayer de régler ça !

Rêver

C’est le deuxième jour des vacances.

Je jubile. Tant de choses à faire, à voir, des gens à visiter, de découvertes à faire. Nous ne savons pas du tout où nous allons. J’adore ce sentiment de liberté, comme si nous n’allions jamais revenir. Larguer complètement les amarres, partir à tout jamais, ne plus retourner, ni au travail, ni à l’école. Vivre en Robinson, tous les cinq, faire le tour du monde, voir d’autres manières de faire, d’autres façons de vivre, apprendre d’autres métiers, et ouvrir nos enfants sur le monde.

Ces dernières semaines, il y a eu une visite de maison, une offre de faite, une offre acceptée.

Et puis Y. a renaclé. Trop de travaux, trop de rapidité, pas assez de « coup de cœur » pour le bien. Nous n’habiterons donc pas dans cette maison ancienne où tout était à refaire, mais où j’avais déjà dessiné les plans et rêvé l’aménagement du jardin. C’est moi qui l’ai poussé à retirer notre proposition, malgré mon désir d’y habiter. Parce que je ne voulais pas lui faire faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire. Je veux voir le bonheur dans ses yeux. Je veux voir un enthousiasme à la hauteur du mien face à ce projet fantastique : déménager dans un nouveau lieu de vie et y élever nos enfants pour les années qui viennent. S’il traine les pieds, ce projet n’auras pas la même saveur. Moi je sais que je serais toujours heureuse dans une autre maison, un autre projet. Mais je veux que pour lui aussi cela ait du sens. Je lui ai dit tout cela, et nous avons retiré notre offre.

Depuis, une nouvelle énergie revient, comme un souffle. Fixée que j’étais sur notre projet immobilier, j’en ai oublié certains autres : mes engagements associatifs, les causes qui me portent, certains amis… Je profite cette semaine pour me rattraper. En descendant sur Lyon, nous essayerons de voir deux ou trois couples, parmi nos plus chers, installés là-bas. On veut aussi trouver du soleil, et pourquoi pas la mer, alors nous vient l’idée de descendre, suivre le Rhône et arriver à son embouchure. Là, je rêve de laisser les enfants jouer des heures sur la plage, pendant que je ramasserai des cailloux et des coquillages. Je veux des vacances bien pleines, pas reposantes, pour revenir plus apaisée : j’aurais tant vu en 10 jours que je pourrais revenir face à mon ordinateur plus sereine. Je rêve, je rêve.

C’est le deuxième jour des vacances, toute la maison dort. Je vais me faire un café, caresser le chat. Faire la liste des choses à faire. Lire le dernier Télérama. Ecouter de la musique. Paresser doucement.

mercredi, 24 janvier 2018

Le grand spleen

Dimanche matin, je suis allée, par curiosité, faire une séance de kinésiologie.

Je n’avais mal nulle part, ne ressentais pas de difficultés particulières. Pendant la séance, je n’ai pas ressenti d’émotions fortes, j’étais juste attentive à ce que je disais, à ces bribes de mon passé qui remontaient doucement, comme des bulles de savons. Je suis ressortie de cette séance glacée, transie de froid sur mon vélo, trempée de pluie. L’après midi, je n’ai pas réussi à sortir comme je l’avais prévu, voir cette expo sur Sophie Calle qui me tentait tant. Je me suis blottie sous une couette, j’ai lu, j’ai dormi, je suis allée réparer une petite applique tulipe que j’aime beaucoup dans ma cuisine. Dimanche soir, j’ai regardé LOL, avec ma mère, de passage à Paris. On a discuté ensuite, longtemps, jusqu’à une heure du matin.

Lundi, je me suis réveillée triste.

L’après midi, j’étais triste aussi. J’ai écrit une nouvelle pour mon atelier d’écriture. Le soir, je confiais mon spleen à Y. Mardi matin, au travail, ma chef m’a sermonnée pour un rapport pas clair. J’ai pleuré après notre entretien. De fatigue, de tristesse…

Ce matin, c’est mon anniversaire.

Je devrais me réjouir, mais cette immense tristesse me colle aux basques. Hier soir, avec mes filles, j’ai fait un bon gâteau, celui-ci, au chocolat. C’est celui de mon amie A., partie de Paris depuis. Ensuite, j’ai regardé des annonces de maisons, sans trop y croire. Toutes celles que je voient sont soient mal placées, soient en dehors de notre budget. Cela me désespère un peu.

Ce matin, j’ai toujours ce spleen intense. Je redoute la journée au bureau. Je redoute tout en fait. Comment une séance aussi courte peut faire remonter une telle tristesse d’enfance ? Un sentiment d’incompréhension, de gâchis, de violence. Je me demande comment se relèvent les adultes qui ont été vraiment maltraités, victimes d’abus, alors que moi je m’en relève si mal ?

Aujourd’hui, je ferais bonne figure, mais au-dedans de moi, il y a comme une immense marée noire, qui a coloré tous mes autres sentiments.

mardi, 16 janvier 2018

Les rencontres

Tous les lundis matin, j’organise des rencontres entre jeunes mères. J’offre le thé et le café dans un café associatif. Elles viennent, avec de tous petits bébés, de trois semaines à quelques mois. Elles sont pleines de questions, d’inquiétudes, ou au contraire, très sereines, très épanouies dans leur nouveau rôle de mère. Moi je suis toujours aussi émue, de les entendre me raconter leurs accouchements, d’oser dire leurs difficultés, elles qui ne peuvent confier cela à personne. Je les oblige à boire tranquillement un café ou un thé chaud pendant que moi ou l’autre animatrice berçons leur bébé qui parfois hurle depuis une semaine sans que personne, ni le pédiatre, ni l’ostéopathe, ni bien sûr les parents, ne sachent pourquoi. J’apprends beaucoup à leur contact. C’est une véritable richesse. Je ne sais pas comment pérenniser ces rencontres, quand j’aurais repris le travail à temps plein, ce ne sera plus possible sans doute. D’ici là, j’aimerai bien faire venir un média, pour montrer cette initiative, et pourquoi pas, susciter des vocations ailleurs, tant la cause des mères me tient à cœur.  

jeudi, 11 janvier 2018

Faire "reset"

Un mardi midi, je me suis offert un thé, du Palais des Thés, le thé du hammam. Cela m’a donné des envies de hammam, de longues discussions entre copines, et d’aller voir Leeloolène dans son merveilleux appartement.

Hier soir, j’étais très fatiguée par la nuit passée, entrecoupée par A. Je suis arrivée du travail très stressée. L., dans mes bras, a mal pris qu’on se moque gentiment d’elle avec la nounou, elle m’a saisi les deux joues avec ses petites mains et m’a enfoncé ses ongles jusqu’au sang. En temps normal, j’aurai répondu illico d’une gifle magistrale. Là, je me suis contenté de crier, de la faire descendre, d’aller me soigner en râlant et de lui demander de s’excuser car j’avais très mal. Ce qu’elle n’a pas fait sur le moment mais plus tard, dans le lit, toutes les deux, où elle dort avec nous depuis plusieurs mois maintenant. Ce matin, j'ai deux estafilades sur les joues.

Le soir, pendant que je préparais le repas, R. est venue me chercher parce qu’il fallait que je voie la « grosse grosse bêtise » qu’elle avait fait dans les toilettes. J’ai gémis tout haut « Non, pitié, pas de bêtise ! ». Oui, en effet, un caca, plus un caca, plus l’équivalent du rouleau de papier toilette avait bouché le conduit. Et j’ai eu beau m’acharner avec mon débouche évier, je n’ai pas réussi à le déboucher.

Après le repas, j’ai essayé de coucher A. Mais avec moi, cela ne fonctionne pas. Elle tète. Je la pose ensuite dans son lit. Elle pleure et hurle. Je la laisse un moment puis retourne la chercher. Elle tète (en reniflant ses sanglots), je la pose dans son lit, elle pleure de plus belle. A 22h, j’ai appelé Y. qui devait revenir pour 21h et n’était toujours pas là. Il se battait sur un « sujet pourri ». R. et L. qui ne dormaient pas non plus sont allées chercher leur petite sœur. Elle a tété à nouveau sur le canapé. Moi j’étais très fatiguée. J’ai expliqué à A. que ce n’était de sa faute, mais que ce soir, j’avais vraiment besoin de me coucher tôt. J’ai eu une idée : je suis allée chercher mon téléphone, avec une séance de relaxation. Je me suis installée dans la chambre, juste à coté d’elle. Rassurée, elle a arrêté de pleurer. J’ai pu faire ma séance, pendant qu’elle s’endormait. Puis je suis retournée voir R. et L.. J’ai bordé R., récupéré L. pour la mettre dans mon lit, et je me suis endormie passé trois pages de mon livre.

Ce matin, comme tous les matins, je me sens bien. Je suis fière de la façon dont j’ai géré ce trop plein : pas de violence envers les enfants, pas de pétage de plomb hystérique, je me suis protégée : explication –sommeil-relaxation, et j’ai pris soin de moi pour prendre soin d’eux. C’est exactement le mode de fonctionnement que je veux mettre en place, depuis des années, et que j’essaye d’affiner. En fait, c’est un peu comme si je faisais « reset » sur mon cerveau.

Il me faut tout réapprendre : les mécanismes habituels de réponse au stress sont complètement transformés.

Je trouve cela merveilleux, ce pouvoir que l’on a de changer, cette plasticité incroyable de notre cerveau à se modifier et à ne pas produire les mêmes réponses face aux mêmes comportement, réponses qui blessent notre entourage et nous-même.

Je suis tellement heureuse de découvrir tout cela (relativement) jeune : je vais pouvoir en profiter !  

jeudi, 4 janvier 2018

Les résolutions de l'année 2018

Janvier commence sur les chapeaux de roue : les mails, les urgences, le stress, le métro bondé, la pluie.

Un moment, alors que j’étais dans les transports, toute ensommeillée, je me suis demandée : mais qu’est ce que tu fais là ? Et si tu partais loin, dans un endroit vraiment proche de la nature, est ce que tu ne serais pas mieux ? Je me pose souvent ces questions en début d’année. En fait, beaucoup plus souvent que cela, mais c’est vrai que le début d’année est plus propice à ces interrogations/remises en question.

Cette nuit, j’ai rêvé que je recevais un coup de fil d’une maison d’édition. Ils me disaient qu’ils étaient désolés de ne pas avoir répondu plus tôt à ma demande (laquelle ?) et qu’ils voulaient me rencontrer absolument pour me proposer de signer un contrat avec eux. En gros, j’écrivais ce que je voulais et ils s’engageaient à me payer, comme un salaire, sans savoir ce que j’allais produire. Ce rêve était très inspirant et exaltant. Je me suis réveillée sans être sure de vouloir me lever...

 

Cette année j’aimerai plusieurs choses :

  • Travailler sur moi pour être (encore) plus bienveillante avec les enfants
  • Faire du sport pour mon moral (pas pour perdre du poids, je suis revenue à 57)
  • Faire des week-ends, des sorties, des après midi avec des amies/amis
  • Faire une activité qui me porte (au moins) une fois par semaine
  • Me coucher tôt le plus possible
  • Dégager du temps pour moi, vraiment.
  • Ecrire tous les jours, parce que cela me manque trop
  • Avancer sur les albums des enfants
  • Prendre du temps individuellement avec chaque enfant.
  • Faire des sorties/un voyage juste avec mon amoureux

A vous tous, ceux qui lisez, passez ici, ceux qui viennent depuis longtemps, parfois plusieurs années, je vous dis bonne année, et merci, merci, merci.

Cet espace d’écriture est toujours pour moi aussi bienfaisant et apaisant.

Que 2018 porte vos rêves !

samedi, 30 décembre 2017

Mon année mitigée

Les vacances de Noël se sont étonnamment bien passées, au regard du carnage de l’année dernière. Je suis tombée malade (encore !) une gastro-entérite et au lieu de faire un effort, j’ai choisi de ne pas me lever. Je suis restée couchée toute la journée. Ma mère et Y. ont pris en charge les enfants, et personne n’est venu me déranger. Pendant 24h, j’ai lu, j’ai dormi, j’ai même regardé un de documentaire sur le replay d’Arte. Du jamais vu depuis que je suis maman, soit 7 ans. Quel plaisir de prendre du temps juste pour soi ! Le lendemain, ma mère m’a expliqué à quel point elle était impressionnée par Y. : il anticipe les besoins des enfants, s’occupe des trois sans s’énerver, écoute patiemment l’une tout en aidant l’autre, et jouent avec elles toutes. Moi j’étais étonnée du discours de ma mère. Qu’est ce qui l’impressionne la dedans ? Qu’un homme fasse ce que moi (ou elle) a toujours fait ? C’est vrai que mon père, même s’il faisait de lui-même beaucoup de tâches dans la maison, a plutôt toujours été un exécutant, à ma mère revenait la charge mentale. Combien de temps encore pour que cela change?

Cette année 2017 se termine.

Je suis heureuse et un peu inquiète. Si je regarde en arrière, j’ai une année mitigée : de janvier à juin, j’ai eu une dégringolade, heureusement stoppée sans antidéprésseurs, juste avec de la naturopathie, c'est-à-dire un traitement sur tout le mode de vie. De juin à octobre, une chouette accalmie, avec de l’énergie, des projets, des envies, du travail et depuis octobre, même si le moral est là, j’enchaîne les maladies (pourtant je me gave d’extraits de pépins de pamplemousse/cures diverses : qu’est ce que ce serait sans ça ? J’aurais quoi ? La peste ?)

Donc une année vacillante sur le plan du moral, mais que j’ai réussi à surmonter seule et ça je suis fière.

Si je note des choses cette année il y a eu, par intermittence : Arte Radio, les podcasts, des insomnies, des nuits hachées par les tétées, du manque de temps, les violences obstétricales qui sont (enfin) sorties, un état d’anxiété généralisé, la naturopathie, des envies d’écrire, payer une baby-sitter pour m’aider avec les enfants, un stage merveilleux, le Miracle Morning, nos incroyables vacances en camping car en famille, les recherches pour la maison de mes rêves, la fabrication d’une chambre pour R., la création d’un atelier d’écriture au travail, et les maladies.

Quelle année !

Je me demande bien de quoi sera faite la prochaine….

D’ici là, bon réveillon à tous et toutes et j’espère écrire encore (un peu) en 2018 !

DSCF3454.JPG
DSCF3454.JPG, déc. 2017

 

jeudi, 21 décembre 2017

Dernier jour

C’est mon dernier jour de travail avant les vacances. Quand je pense à cette journée, c’est un mélange de haut le cœur et d’envie de mourir/pleurer/me blottir sous la couette. Il est impossible de faire autant de choses dans la journée. Pourtant, il le faudra bien, sous peine de réactions en chaîne intempestives. Il y a deux jours, j’ai fait mon entretien bilan/objectifs pour l’année prochaine. J’ai passé l’année à râler, mais j’ai réussi la plupart de ce que j’avais prévu de faire, même si cela a été plus long que prévu. A chaque fois que ma chef me croisait, elle me demandait ou en était tel ou telle chose et je lui répondais que je n’avais pas eu le temps de le faire, ou le temps de finir. Elle levait les yeux au ciel, profondément atterrée. Me voyait arriver à 10h, prendre une pause déjeuner d’une heure et demie et partir à 18h pile. Et cela en ne travaillant que trois jours, congé parental oblige. Pourtant, à l’heure du bilan, nous avons toutes les deux convenu que j’avais réussi. Certes, en mettant plus de temps, certes, en abandonnant certaines choses, mais les dossiers importants/tâches confiées, trucs à faire en urgences et priorités on été réalisés. Cette année, le matin, je m’occupais des enfants, le midi, j’allais au restaurant avec des collègues, je faisais de la sophrologie avec une sophrologue sur ma pause déjeuner ou un atelier d’écriture, et le soir, je courrais m’occuper des enfants. Cette année, malgré les coups de speed et les appels du pieds de ma chef, je n’ai pas souhaité reprendre à temps plein, alors que clairement, en trois jours, il était impossible de faire le boulot demandé. J’ai eu des sueurs froides, mais j’ai réussi. Et je continuerai à réussir. Et à lutter : jamais sacrifier mon temps personnel. Ce sera le grand défi de cette année, puisque je vais reprendre à temps plein vers avril. Je suis fière de moi et la petite prime pour objectif obtenu est venue couronner mon année. 

Le besoin d'écrire

J’ai besoin d’écrire, mais je n’y arrive pas. Le soir, mes enfants se couchent tard. La nuit, je fais des insomnies. Au petit matin, si j’arrive à m’extraire, à grand peine, du lit avant la maisonnée, j’entends très rapidement des petits pas qui me suivent et s’en est fini de mes velléités littéraires. Hier, la journée était trop fatigante. Je subis depuis plusieurs jours un rhume/bronchite/état grippal. Pourtant, vendredi, j’ai voulu aller danser, rejoindre des amis qui organisaient une fête de quartier sur ma commune adorée. Résultat, samedi matin, quand il a fallu se lever, je ne sentais plus mes jambes. Pourtant, il fallait se motiver : R. recevait une amie, il a fallu préparer le petit déjeuner, puis leur installer des activités, préparer une tarte à la praline pour le gouter de l’après midi et rapidement le repas du midi car Y. partait au cirque avec les deux grandes. Je n’ai pas pu me reposer après le repas du soir, car la petite A. qui s’était levée, elle à 11h du matin, n’avait pas du tout sommeil. Nous sommes parties toutes les deux à 15h rejoindre notre groupe d’amis sur Paris en vélo pour fêter notre noël des amis entre copains. Y. et les filles nous rejoindraient vers 17h30. Sur place, il a fallu passer son temps derrière A. qui ne devait pas maculer de chocolat le nouveau canapé et les murs immaculés des copains. Sans sieste, elle a passé son temps dans mes bras, à demander la tétée. Y. arrivé, nous nous sommes tous rendus dans un bar du 9ème arrondissement, pour écouter un concert de G., notre ami chanteur. Mais arrivés sur place, dans l’établissement surchauffé et blindé, j’ai vite compris que ma petite L. et ma petite A. ne s’y sentirais pas bien, et que moi je ne profiterais pas de la soirée, à leur courir après. J’ai proposé à Y. de rentrer avec les deux plus jeunes et qu’il me rejoindrais après. Arrivées à la maison après un court trajet de vélo dans la nuit, et deux/trois chauffards/piétons indélicats, j’ai sorti les enfants, les ai mis en pyjama, ai commencé à préparer un repas sommaire. A. et L. n’avaient pas sommeil, malgré l’absence de sieste. Surexcitées, elles ont englouti des quantités de nourriture et ne voulaient pas se coucher. J’ai tout essayé : endormissement au sein dans le noir pour A., lecture et discussion pour L. a 22h enfin, j’ai réussi à endormir la plus jeune, pendant que la moyenne négociait encore. J’étais épuisée, à bout de nerfs. J’ai appelé Y. plusieurs fois sur son téléphone. Il s’était arrêté avec R. pour manger au restaurant japonais, car elle était affamée. Quand il est arrivé, j’ai encore râlé : j’avais mal partout, des douleurs dans les bras, dans les muscles, dans la nuque, pas envie de dormir, mais épuisée quand même. J’avais froid, si froid, que je me suis relevée, à 23h30, me faire une bouillotte et m’endormir enfin en grelottant. Je me rends compte que c’est une violence infinie de ne pas dormir et de m’occuper des enfants quand je suis moi-même malade. Alors que je devrais me reposer, au lieu de cela, je sors, je veux voir mes amis, vivre normalement. Mais cette période de petite enfance devrait m’obliger à toujours me reposer. Mais qui se repose pendant 5 ans ? Ce matin, je suis encore la première levée. Pourtant, rien ne m’y oblige, si ce n’est ce lancinant, terriblement frustrant, besoin d’écrire.

(Edit : Le jour de ce texte, je me suis couchée deux jours : dimanche et lundi = syndrome grippal, j'étais vraiment fatiguée...)

vendredi, 8 décembre 2017

Un an

Aujourd’hui, nous sommes le 8 décembre, la fête des Lumières dans ma patrie lyonnaise. Cela me rend toujours un peu nostalgique de ma ville, même si en vrai, en ce moment, j’ai plus besoin de forêt, de nature, que de ville et de lumières. Je pense souvent au fait de me réinstaller sur Lyon. J’imagine ce que nous ferions : les balades au bord du Rhône, les baignades dans le lac en été, les promenades à vélo avec les enfants et le ski, partir trois jours par mois chaque hiver. Je me demande ce que je pourrais faire : ouvrir un lieu d’accueil parents enfants ? Une « maison des mamans » ? Faire une formation de doula et accompagner des femmes autour de la naissance ? Ecrire des romans ? Je rêve, je rêvasse… On serait proches de nos parents et de mes grands-mères, on pourrait leur laisser les enfants et les récupérer le lendemain, pour une soirée en amoureux….

Le compte à rebours de Noël a commencé. Comme d’habitude, je suis à la bourre, et comme d’habitude, je n’ai encore rien décidé pour le jour de l’An. Chaque année depuis trois ans, nous ouvrons les portes de notre appartement. Une dizaine, voir une vingtaine de personnes s’y pressent. Je n’ai rien décidé cette année, comme à mon habitude. Pour Noël, je ne sais même pas comment/qui nous allons croiser. Il me manque entre 4 et 5 cadeaux et tout sera bouclé. J’ai l’impression d’être pris dans une machine à laver, qui tourne, qui tourne, et qui ne s’arrête jamais…La dernière fois que j’ai respiré à fond, c’était pour nos vacances à Saint-Rémy de Provence, une magie pour la Toussaint… Je ne sais pas comment va se passer mon retour à temps plein, au mois d’avril. J’espère que d’ici là, j’aurais trouvé (enfin !) la maison où je veux élever ma famille. Ce n’est pas facile mais je ne désespère pas. Je me suis donnée un an.

mardi, 28 novembre 2017

La fatigue

Mon ordinateur est tombé allumé. Depuis, je vois la vie en psychédélique. Des reflets irisés parcourent l’écran, rendant difficile des choses simples : regarder un film, trier des photos. J’ai peur de tout perdre : il y a la là quatre années de vie, de photos, de textes… Je ne sais pas quoi faire. De temps à autre, il se rétablit miraculeusement. J’essaye de sauver ce que je peux sur un cloud, mais la connexion est tellement mauvaise que les photos mettent du temps à se copier. Il faudrait sans doute changer un composant, entrer dans les entrailles de la bête, mais j’ai trop peur de faire une mauvaise manipulation.

Je me sens vidée et fatiguée en ce moment, mais il n’y a pas de dépression : mes envies sont toujours là, mon besoin de créer aussi. Les enfants sont malades et moi aussi depuis plusieurs semaines : un gros rhume, puis une gastro-entérite, puis une rhinite/bronchite nous ont attaqués à la suite.

Je suis inquiète pour ma petite L. : elle ne veut pas aller à l’école. Malade depuis une semaine, elle y a échappé. La perspective d’y retourner la rend triste : elle ne veut pas qu’on la laisse, qu’on soit séparés, elle n’aime ni la cantine, ni la sieste, ni le goûter, à peine plus les récréations et le centre de loisir. Surtout, elle exècre sa maîtresse, qui a l’air complètement stressée. Ce genre de personne mielleuse qui fait semblant de quelque chose alors qu’elle pense complètement l’inverse. Je supporte de moins en moins les gens « malhonnêtes », vis-à-vis de leurs propres sentiments et vis-à-vis des autres. Au fur et à mesure que moi j’ose m’affirmer dans ma vie, de plus en plus, je ne supporte pas ceux qui ne font pas cet effort pas eux aussi. Sans doute L. sent elle ma propre animosité envers son enseignante, ce qui ne doit pas aider. Je vais bientôt demander un rendez vous, sans savoir quoi demander : a-t-elle observé quelque chose de particulier ? Est-ce que L. est vraiment triste à plusieurs moments de la journée ? Moi aussi, petite, je détestais l’école. Un groupe d’élèves me malmenaient chaque jour : rackets, agressions, menaces. Je devais amener des bonbons que je ne possédais pas. J’étais la plus petite de l’école : à deux ans et quelques. Un grand bébé effrayé. Je me souviens de la peur, du froid, du sentiment de solitude. Je pense avoir dit plusieurs fois que je m’y sentais mal, mais sans parler de mes agresseurs, car j’avais encore plus peur de leur réaction s’ils apprenaient ma plainte. J’en ai parlé à L., lui ai dit que c’était dur d’aller à l’école quand on ne s’y sentait pas bien, et qu’ensemble, on allait trouver des solutions. En vrai, j’en ai très peu, à part une déscolarisation, ou un changement de classe en cours d’années, deux solutions un peu radicales mais que je prendrais peut être si cela continue.

Mes recherches de maisons continuent. Je visite des biens déprimants : trop de travaux qui dépassent notre budget mais près de notre travail et de la capitale, ou magnifiques mais à des kilomètres du premier transport en commun. Je ne sais pas quoi faire. Certains quartiers ne me font pas du tout rêver. Y. insiste souvent sur nos trajets domicile-travail. Bien sûr, il a raison. Mais c’est vrai que je rêve de nature sauvage, de petite école, d’un esprit village. Lui ne peut vivre sans son cinéma d’auteur, le métro tout près, et adore l’anonymat des grandes villes. Surtout, il rentre à deux heures tellement tardives, qu’il ne serait jamais chez nous avant 21h. Bien sûr, cela me fait réfléchir…. La seule solution que je vois : prendre une aide le soir, tous les soirs. En plus de nos modes de garde, ce qui est une folie financièrement parlant, mais qui me soulagerait beaucoup. Je me tâte pour le faire....

vendredi, 10 novembre 2017

A tout jamais

La jolie Clem m’a alerté : Marloute a abandonné son blog ! Elle a raison : à nouveau deux mois sans une ligne. Il faut y remédier. Tant de choses à raconter pourtant : mes recherches de maisons ne sont pas fructueuses. On me propose des maisons moches, trop petites, avec des jardins minuscules, très éloignées des transports en communs. Ou alors d’incroyables villas, anciennes, avec parquet, moulures, double salon, mais perdues au milieu de cités. C’est un peu désespérant.  Je rêve de cette petite maison, jolie mais sans prétention, une maison « dans son jus » qu’il faudra rénover, dans un environnement sympa. En sortant d’un reportage avec une des photographes pour mon magazine, celle-ci m’a confié qu’elle avait fini par trouver, à une heure de Paris en train. Y. n’est pas prêt à aller si loin, moi je n’arrive pas à savoir. La citadine qui a tant besoin de sa vie sociale en moi ne s’y résous pas.

En attendant ce déménagement qui ne vient pas, je suis toujours enchantée d’être ici. Notre réseau social s’est étoffé, entre mes engagements associatifs, les parents de l’école, nos amis sur la commune. Il faut dire que c’est une ville est tellement dynamique, avec des gens tellement motivés à porter des projets ! Pour changer un peu les choses dans l’appartement, nous avons déménagé notre bureau pour en faire une chambre pour R. Cela tombait à pic pour ses 7 ans. Je passe plus de temps avec elle le soir, collée contre elle à lui faire des câlins, que quand elle était dans son lit superposé dans la chambre avec ses deux petites sœurs. J’ai l’impression que cette attention exclusive du soir lui fait du bien, même si je ne peux pas lui offrir tous les soirs. Quand je suis trop fatiguée, ses exigences m’agacent au plus haut point et je lui refuse tout. Heureusement, je suis aidée dans mon chemin de bienveillance par des parents autour de moi et la nounou, Grand Maitre Zen en bienveillance, qui m’apprend à l’écouter.

Au travail, j’ai monté un atelier d’écriture. Toutes les semaines, avec quelques collègues d’autres services, nous nous retrouvons pour faire des joutes littéraires. Nous nous donnons des défis d’une semaine sur l’autre. Cela me fait du bien de renouer avec l’écriture, de manière imposée, au moins une fois par semaine. Il le faut bien, car je n’arrive plus à venir ici, et cela me manque profondément. Non ce blog n’est pas mort pour l’instant, parce que je n’arrive pas à le faire mourir, à me dire que je vais laisser cet espace à tout jamais.

lundi, 18 septembre 2017

Un peu plus de temps le matin.

Il y a deux mois, j’ai tenté l’expérience du Miracle Morning. J’ai été bluffée. Je retrouvais du temps pour moi et l’impression de mieux profiter de ma vie, sans être constamment soumise au rythme effréné d’une vie de famille compressée entre un travail passionnant mais très prenant et trois enfants en dessous de 7 ans. Depuis, il y a eu les extraordinaires vacances en camping car, qui ne s’y prêtaient pas : au moindre mouvement dans le camping car, les enfants se réveillaient en même temps que moi = râpé pour le footing matinal et la méditation quotidienne. Puis je suis rentrée, seule d’abord, un peu déprimée et fatiguée, puis avec Y. une semaine, enchaînant les soirées et enfin la rentrée a repris sur les chapeaux de roue. A. se re-réveille la nuit car elle a mal aux dents et moi je n’arrive plus à tenir debout.

Pourtant, j’aurais bien besoin d’un peu de temps en plus le matin.

Je me suis surtout donné un challenge de taille cette année : trouver la maison de mes rêves. Dans l’idéal, dans le sud ou l’ouest parisien, avec au moins 300 mètres carrés de jardin. Je rêve d’une banlieue tranquille, avec une bonne mixité sociale, sans être ni trop ghetto, ni trop bourgeoise. Y. ne veut pas s’éloigner de paris et veut rejoindre son travail à vélo. Cela limite mes recherches, alors qu’à une vingtaine de kilomètres à l’Est, on trouve de charmantes communes du coté de la Marne. J’espère le faire changer d’avis, mais n’y croit pas trop. Tout le monde me dit de privilégier la proximité, mais moi je pense verdure, jardin, environnement sain et balades à vélo…

Dilemme, dilemme…

mercredi, 16 août 2017

Après les vacances en famille

Les vacances en famille se sont achevées hier soir pour moi. J’ai quitté mes enfants sur le parking de la gare, le cœur serré. Je les ai embrassées plusieurs fois, avec un sentiment de tristesse, de soulagement et de joie. Tristesse d’être séparées d’elles trois après notre grand voyage, trois semaines en camping car, en France, en Espagne et au Portugal. Trois semaines d’aventures, d’éclats de rires, d’éclats de voix, de découvertes, de paysages fantastiques, de petits déjeuner chaque jours différents, d’aires de jeux, de jeux avec des enfants parlant différentes langues, de retrouvailles avec notre grand groupe d’amis au fin fond du Portugal pour un mariage champêtre chic au milieu des terrasses d’olivier, dominants toute la vallée. Trois semaines de cododo, avec l’une ou avec l’autre, de réveils tendres et ensommeillés, de baisers, de morsures et de tétées sans fins avec la petite A. J’ai aussi ressenti du soulagement et de la joie, à l’idée d’avoir d’un coup d’un seul, autant de temps pour moi. Que faire de tout ce temps ? Ecrire, écrire, écrire, comme si ma vie en dépendait !

Ce matin, je dois partir au travail, et même ce trajet m’enchante…

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