J’avais invité mon filleul pour ses 10 ans à passer deux
jours à la découverte de la Capitale.
Concours de grimaces, visite de la tour Eiffel, ateliers à
la Cité des Sciences, séance à la Géode, cinéma au MK2, Mc Donald à foison
(oui, je sais, ce n’est pas malin, mais c’est le première fois que je rencontre
quelqu’un aussi enthousiaste que moi à l’idée de prendre un Big Mac + un
cheeseburger…hum.) fous-rires dans le RER, visionnage de DVD sur le canapé, balade
en bus et à pied, jeux et chahut en tout genre à la moindre file d’attente.
J’ai vraiment beaucoup ri.
J’avais un peu peur de ne pas être à la hauteur face aux
attentes d’un petit jeune homme que je connais si mal.
Au final, comme souvent avec les enfants, c’est lui qui m’a
montré le chemin, de fous-rires en gloussements, les limites à lui mettre,
celle que lui voulait placer aussi.
Par Marloute le mercredi, février 3 2010, 19:17 - General
Je rentre du travail, généralement fatiguée, la tête farcie
de ce qui reste à faire et que j’ai dû laisser en plan, ce que j’ai oublié, ce
que je dois faire impérativement demain à la première heure. Monte mes 4
étages. Le chat miaule légèrement à travers la porte pendant que je fais
tourner la clé dans la serrure. Généralement, je fonce dans l’appartement sans
même la saluer. Je pose mes clés dans le vide poche, enlève d’un coup de talon mes
escarpins, me débarrasse de mon manteau et mon écharpe que j’accroche sur le
porte manteau. Je me précipite dans la chambre, ferme le rideau et enlève tout
mes habits : la veste de tailleur de madame, le collant qui serre, la jupe
droite, la chemise. Je pends les affaire que je vais remettre le lendemain, et mets
au sale les autres. Là, j’enfile avec un frisson de délice un pyjama avachi, un
t-shirt un peu épais en coton, un peignoir en pilou, des grosses chaussettes
douces.
Je retourne alors dans la pièce principale. Attrape le chat qui vient à ma
rencontre. J’enfouis mon nez dans ses poils, la câline un moment debout, comme
si je tenais un sac de riz. Elle ronronne et se laisse aller, confiante. Son contact me rassure. Puis je la
dépose et m’installe dans la salle de bain pour le rituel de démaquillage. Je
me lave les mains au savon, brosse mes ongles, démaquille ma bouche de son
rouge à lèvre trop rouge, mes yeux charbonneux. Puis je lave le visage en
entier avec une solution démaquillante mousseuse, qui se rince à l’eau. Je
reprends vie petit à petit. La vraie Marloute réparait sous le masque de working
girl. Après l’eau, ma peau tire, alors tous les soirs, je la frotte avec de
huile de rose pour la soirée. Toute luisante, je prends alors un grand verre
d’eau, ou de bière s’il en reste d’une fête, car nous n’en achetons pas pour
nous.
Une fois tout ce rituel réalisé, je peux reprendre pied dans le cour des choses : préparer
un bon repas, si Y. est sur le point d’arriver, manger devant l’ordinateur si je
sais qu’il n’est pas là avant minuit/une heure, prendre un bain, me faire une
séance de relaxation, regarder les annonces d’appartement sur Internet,
regarder la nouvelle série donnée par Leeloolène, Being Erica (très bon !)
lire mes mails, réfléchir à ou va ma vie et quelles sont mes vraies priorités. Et
vous ? Quels sont vos rituels du soir ? Je suis curieuse !
Nous étions d’accord sur tous les points : ce que j’avais
fait en 2009, les objectifs à venir, les étapes à valider. J’ai même ajouté une
feuille A4 faisant le compte de toutes les initiatives spontanées et les
boulots réalisés en plus, pour que la rédaction tourne mieux : suivi des rendus
de papiers, réorganisation de la bibliothèque, création de différentes bases de
données de contact excell, et autre power point concoctés pour mon chef sans qu’il
demande rien.
Le résultat était bluffant et j’étais fière de voir les
actions accumulées. Bien sûr ; ce sont beaucoup d’heures sup’ ; Mais ce
sont surtout des jalons posés pour les projets futurs.
La stagiaire que j’ai vu mercredi a préféré un autre stage,
mieux payé.
J’en vois une autre demain.
Demain, c’est aussi mon « entretien d’objectif »,
le nouveau nom en langage d’entreprise pour « entretien d’évaluation ».
On définit les objectifs pour l’année qui vient.
Je devrais le préparer, mais je procrastinise. Demande des
visuels, rappelle un correspondant, lis un bouquin en prenant des notes pour
préparer une interview.
Il faudrait que je rouvre le dossier. Celui de l'année dernière, où tout est noté. Que je liste mes
attentes, mes questions, mes envies, mes besoins. Comme j’en ai longuement
parlé avec Leeloolène, je sais mieux ce que je dois dire à mon N+1 pour faire
du meilleur travail. Mais tout de même, il faut s’y atteler. Ce n’est pas ce
soir, en rentrant d’une séance d’analyse éprouvante, que je pourrais le faire.
Alors allons ! Malgré le mal de tête !
J’ai réfléchis à une nouvelle idée de bouquin/enquête,
cherche un éditeur avec qui en parler… Certains, on m’en a dit beaucoup de mal,
d’autres, je sais qu’il faudra batailler pour être payée. Hum, je me tâte. Il
faudrait déjà améliorer le synopsis, voir ce qui se fait dans la même
thématique sur des maisons d’éditions qui ressemblent.
J’aimerai bien que
ce beau projet de bouquin aboutisse, je suis prête à repartir dans ce long processus, dont j'ai mis tant de temps à me remettre du précédent.
Il faut que je m’en occupe, sérieusement, amoureusement. Les journées
sont décidément trop courtes.
Le meilleur moment ne fut pas celui de l’ouverture des
cadeaux.
Ni celui d’une danse endiablée.
Ni les bises claquées en l’air au fur et à mesure de l’arrivée
des amis ravis.
Ni les éclats de rire partagés.
Ni le délicieux joint fumé.
Ni les craquantes cacahouètes sucrées mangées.
Le meilleur moment
fut le lendemain.
Une fois l’appartement lavé, aéré de l’odeur de fumée.
Une fois s’être longuement promenée dans la froidure et la grisaille
parisienne avec Leeloolène.
Le meilleur moment,
fut la première bouchée de pain perdu
chaud, arrosé de sirop d’érable, sous les dorures du salon de thé Ladurée, en
buvant un divin chocolat chaud et en parlant d’amour toujours avec elle.
Par Marloute le vendredi, janvier 22 2010, 19:50 - General
29 ans.
La date approche et je m’active enfin.
J’ai invité demain une trentaine de personnes et n’ai rien prévu
à manger pour l’instant. Terrassée en début de semaine par la gastro’ éclair qui a
touché une bonne partie de la population d’après le réseau sentinelle, j’ai
posé deux jours d’arrêt maladies, les deux premiers de ma carrière. A peine
remise, encore fragile, je suis retournée au feu. Pour me retrouver ce vendredi
soir encore plus fatiguée qu’au début de la maladie, le ventre faisant des
loopings et je n’ai pensé à rien pour ma fête.
Le chat sur les genoux, écoutant
l’émission de Zoé Varier, je fais une liste de ce que je pourrais préparer demain :
une, deux, trois quatre quiches ? Un gâteau ? Des muffins ? De
la brioche ? Du pâté forestier du charcutier, sur du bon pain de campagne ?
Une tarte à la tomate ? Et avec tout ça, on va boire quoi ? Hum, j’ai
encore jusqu’à demain pour décider…
La semaine dernière, j’ai préparé une tartiflette.
Aujourd’hui, des Côtes d'agneau Champvallon.
Le chat somnole sur la bibliothèque. Je coupe des gousses
d’ail. Nettoie le thym frais de la terre qui l’entoure. Fait revenir les
côtelettes à la poêle. Comme cette semaine, c’était les soldes, j’en ai profité
pour filer au Printemps. Me suis acheté moitié prix deux nouvelles poêles
Tefal et une mignonne casserole à fond épais pour les sauces. Pas envie d’acheter
des habits, mais des instruments de cuisine...difficile de résister! L’appartement
sent le thym, l’ail, les côtelettes grillées, le bouillon de bœuf. Y. nettoie
la salle de bain pendant que je blogue. Les week-ends sont indéniablement trop
courts. Je voudrais plus de temps, pour lire, pour apprendre, pour marcher,
pour écrire. J’en ai tellement besoin que je deviens agressive, comme un lion
en cage. Il faut m’y remettre, retrouver cette intimité, ce stylo qui parcourt
la page, sans autre but qu’extérioriser, les rêves, les désirs, l’avenir, les
peurs, les soucis du jour. Cette semaine, j’ai lu le roman, plaisant tiré de
son expérience. Elle écrit bien, vivement, avec ce qu’il faut de grossièretés
pour qu’on sente le vécu des situations. Je reprends les encyclopédies de la cuisine en
plusieurs volumes de ma grande tante. Elle adorait faire la cuisine. Elle était
gourmande, jusqu’au bout, jusqu’à ses 92 ans. Dans la famille, nous avons fait
de son prénom une expression : « Faire sa Tatan Y. » c’est être
vraiment très gourmande.
Cet après-midi, je vais aller me promener avec G. mon
amie. Nous partirons en scooter du 17ème, pour aller nous balader
dans un arrondissement et boire le thé dans un salon avec une autre amie.
J’aurais voulu aussi passer voir Clem, qui a accouché vendredi matin d’un
babyboy de plus de plus de 4 kilos. Hâte de voir la frimousse de son second. Je
me souviens quand elle venait d’avoir la petite L., le bébé
le plus sage du monde, je commençais à travailler pour mon magazine actuel. La trentaine est la période où les enfants naissent tout
autour de soi. Je vais avoir 29 ans dans quelques jours et je me sens mitigée.
Plus vraiment une jeune fille, pas tout à fait femme, je suis dans un entredeux
étrange. Les questions existentielles reviennent, les doutes, et le dark side,
qui m’a longtemps empêché d’avancer aussi. Longtemps parlé avec Y hier
soir. De ma colère rentrée, de tout ce temps encore avant de l’évacuer, plutôt
que je gronder et mordre comme je le fais, quand je ne retourne pas cette
colère contre moi.
Mais ce matin, je suis plus apaisée. Qu’importe la colère,
la vie nous montre le chemin, il suffit de le suivre, et tout rentrera dans
l’ordre petit à petit…
Tout compte fait, contrairement à ce que j'avais crains hier, ils n'ont pas faire partir Y. à Haïti.
C'est V., sa collègue plus chevronnée, qui s'y est collée.
J'ai peur je l'avoue, de ces départs précipités. J'ai peur du chaos, de la violence, et de ce qu'on peut voir là-bas. De ce qu'on ramène ici, en cauchemars divers.
Pourtant, c'est son travail d'y aller, et je devrais bien m'y faire...
Je suis plongée dans le terrible rhume refilé par Leeloolène, qui le
tenait elle-même de sa mère, venue de l’autre bout du monde. Un rhume tenace,
coriace, que je suis bien décidée à ne pas laisser s’installer, se surinfecter
et me pourrir une semaine de plus. La nuit, je dors mal, bouche ouverte, bavant
sur l’oreiller, me mouchant toutes les trois minutes, râlant, pestant, et
regardant l’horloge tourner. La journée, j’essaye de garder les mirettes
ouvertes pour gérer tout ce qu’il y a à gérer et je m’ébahis devant l’événement
qui m’attend. Dans quelques mois, nous organisons un événement sur Paris qui va
rassembler des milliers de personnes. En plus de mon travail habituel et de mes
articles, je dois organiser une partie de cette rencontre avec mes collègues.
Ce matin, une attachée de presse m’a appelé : « Heu, j’ai vu votre événement,
annoncé dans Télé 7 Joure, et dans deux autres magazines… C’est bien vous ? »
Léger moment de vertige. Oui. C’est nous. Alors que la date fatidique se
rapproche, je ne rêve que d’une chose : 7 heures de sommeil consécutives
pour avoir les idées au clair et savoir par quoi commencer. La to do list est
incroyablement incomplète. Et si je partais sur une île déserte ?
Au
moins, je soignerais mon rhume au calme, buvant des infusions de miel et de thym,
lisant un bon roman, sous un plaid en plume d’oie…
* Apprendre du
travail manuel auprès d’amis (faire du pain, monter un mur, etc.)
* Aller voir au
moins une exposition artistique par mois
* Collecter des
jeux de société à faire avec Y
* Pratiquer la
relaxation et la méditation
Je relis ces résolutions. Je ne les ai pas suivies,
pas toutes, mais la plupart. J’ai continué l’analyse, trois fois par semaine, donc
contrainte et forcée, j’ai réfléchis sur moi. J’ai découvert la « chick
litt », une littérature en soi, avec ses bons et ses mauvais romans, mais
qui m’a beaucoup plu (combien en ai-je lu cette année ? 10 ? 20 ?
je ne sais plus) Les grands classiques, non ! Le théâtre encore moins, les
associations caritatives oui, j’ai versé 150 euros en tout, aux Petits Frères
des Pauvres, par contre, je n’ai pas marché toutes les semaines mais assez souvent, décidant d’aller
découvrir un arrondissement au hasard. J'ai fais une super, super, super fête pour Y. un souvenir qui restera grévé à jamais je l'espère! (Il m'a dit que cela faisait partie des choses qui l'avaient marqué cette année... quel plaisir!) Ni Michel Onfray, ni travaux manuel,
mais beaucoup plus d’expos, en solitaire la plupart du temps, et sans aucun
regret ! Les jeux de société, non, alors qu’il faudrait ! La
relaxation, je m’y suis mise, et à fond, et la méditation, c’est mon prochain
défi !
Par contre, je suis étonnée comme cette année, j’ai véritablement pris
"soin de moi". Je n’ai jamais forcé, mais j’ai cherché à développer mes acquis.
J’ai
entamé une belle correspondance avec ma grand-mère maternelle, j’ai lié un
début d’amitié avec Jacqueline ma vieille voisine, j’ai pris le temps de faire
des propositions qui me plaisaient à des maisons d’éditions. J'ai beaucoup appris lors de ma retraite silencieuse. J’ai l’impression
de mieux me connaître, de me rendre compte que j’ai des capacités inexplorées
et je suis toujours aussi surprise de tout ce que je PEUX faire, dès lors que
je m’en donne l’autorisation.
Quand j’ai commencé ce blog, il y a quelques
années, j’étais dans une grave crise identitaire. Je ne savais pas, ne savais
plus, qui j’étais. Je n’avais comme référence que mon ancien moi, pesant,
sclérosé, et mon nouveau moi me paraissait lointain, inconnu, effrayant. Je me plaignais beaucoup et j'avais du mal à être heureuse, à réaliser mon bonheur simple de la vie de tous les jours.
Aujourd’hui,
je peux dire avec force et conviction j’aime ceci, et je n’aime pas cela. Je peux connaître
mon style, mes basiques et sais que plus jamais je ne me laisserais envahir
par l’autre au point de ne plus savoir qui je suis. Enfin je crois. Enfin j'espère.
Sur cette base rassurante et confiante, je peux me fixer de
nouveaux défis, des objectifs raisonnables et attirants, pour cette nouvelle
année qui commence :
Développer mes qualités
Me mettre au sport, principalement pour évacuer le stress
Me recentrer sur ma famille, mes amis
Prendre soin de mon amoureux, nous aménager des moments
ensembles
Trier, vider, ranger, jeter, vivre avec moins, chaque fois
que je peux
Mettre des sous de côté pour voir l’avenir plus sereinement
Avoir un grand projet personnel et le réaliser si je peux (comme
la retraite spirituelle l’année dernière)
Rendez-vous l'année prochaine pour savoir si j'ai, un peu du moins rempli mon nouveau contrat avec moi-même!
Par Marloute le vendredi, janvier 1 2010, 12:55 - General
Je bouge d’un quart de tour sur l’oreiller. Ma tête me fait
mal. Je reconnais la douleur diffuse de la déshydratation. Je me tourne pour
voir l’heure. 12h30.
Quand je bouge, Y. gémit doucement. Lui a plus bu que moi
à la soirée. Il a aussi finit avec un pétard d’herbe dans notre salon, un peu
avant 5h, pendant que je buvais une tisane à petites gorgées. La thématique de
la soirée des gens qui nous invitaient était Dolce Vita. Des mecs en costards.
Des filles en bustier et robes années 50, longs cils de biche et ongles rouge
vif. Deux pièces avec deux DJ, pour deux ambiances tout aussi survoltées. Une
chaleur infernale. Le champagne et la vodka inondant le parquet à chaque faux
mouvement. L’air presque compact à cause de la fumée de cigarette. Des filles
ivres qui tournaient autour d’Y., s’approchant de lui jusqu’à presque l’embrasser.
Moi dans la salle « dirty sound », entre techno et rap agressif,
oubliant où j’étais. Cette nuit, alors que de nouvelles personnes affluaient encore
et toujours dans le petit appartement du 18ème, nous sommes rentrés
à pied, dans l’air vif de la nouvelle année, en nous souhaitant mutuellement
beaucoup de bonheur pour 2010.
Aujourd’hui, la journée va se dérouler au
ralenti. Nous grignoterons des petits restes du repas de la veille – gratin de
fruits de mer, toast de foie gras et confiture d’oignons, muffins aux poires-
et comaterons doucement sur le canapé en buvant du thé. C’est une belle année
qui commence.
Par Marloute le mardi, décembre 29 2009, 19:01 - General
Je fais cuire un potimarron. Ai ramené de mon voyage chez
mes parents une tonne de chocolat, qu’il faudra bien manger un jour, ou donner
à qui veut. Me voilà en vacances quelques jours. Mercredi. Jeudi. Vendredi.
Samedi. Dimanche. Cinq jours inespérés au milieu de l’hiver. Y. a les même,
mais nous ne bougerons pas. Nous avons pris une décision après un an d’atermoiements :
nous allons acheter un appartement ! Je suis à la fois déterminée et
inquiète, face à cette lourde décision… Est-ce le bon choix ou pas, je ne
sais pas. L’avenir nous le dira !
Par Marloute le dimanche, décembre 20 2009, 16:43 - General
Je prépare un gâteau de pain avec des restes de
pain sec. Un de mes gateau préféré, tenu de ma grand-mère maternelle. Ma tête me fait mal à cause de mélanges d’alcool de la veille. Rentrée
en taxi à 3h, j’ai retrouvé Y. qui rentrait d’une autre fête. A peine le temps
de se poser que le réveil sonne déjà. Y. part au travail, moi je rêvasse un
moment. Lis une BD de Daniel Clowes, me lève prendre un thé, me rendort sur le
canapé. Prend une aspirine. Lis Paris Match. Mange des pâtes agrémentées d'une bolognaise
maison (quelle bonne idée d’en avoir fait trois fois trop l’autre jour !)
Fais la vaisselle. Repense à la monstrueuse engueulade avec Y. de mercredi soir. J'ai crié parce que les invités allaient arriver et que l'appartement était sans dessus dessous. Il a crié car il avait passé quatre jours à refaire seul la salle de bain et ne pouvait pas tout faire. La dispute s'est éteinte d'elle-même, aussi rapidement qu'elle avait flambé, comme toujours entre nous. Je fais un pas en avant, il en fait un aussi, ni l'un ni l'autre ne sommes rancuniers, et nous nous confondons bien vite en excuses. 8 ans que nos disputes ne s'enveniment pas, pourvu que cela dure quand les conditions seront plus sportives (avec des enfants notamment!) Je range les produits de beauté, trie les magazines, porte
un gros tas à la poubelle. Ecoute très fort un vieux CD de Godspeed you black emperor. Prépare
mon entretien annuel de mercredi pour le travail. Réfléchis à comment caser une
semaine de boulot en trois jours, à cause des congés. Dévisse le culot de l’évier
du lavabo de la cuisine pour le nettoyer au citron et à l’alcool blanc. Fais la
liste des tâches et des courses que je veux avoir faites avant l’arrivée de mes
beaux-parents mercredi. Ecoute un CD de Noir Désir. Enchaîne avec IRM de Charlotte
Gainsbourg sur Deezer, que j’aime décidément beaucoup. Nettoie les vitres du
salon. Un an qu’on ne les avait pas faites. Je vois enfin le jour à travers mes
carreaux. Pense à faire la même chose avec les fenêtres de la chambre et celles
de la cuisine. Pas envie. Plutôt envie de lire un magazine de décoration. Il
est 17h29. Je mange le gateau de pain tout chaud sorti du four.
J’aimerai avoir
le temps encore de préparer un vin chaud pour le retour d’Y. du travail. Regarder
un DVD bien débile ou cette passionnante enquête « J’ai très mal au
travail », j’hésite encore. Ecrire à ma grand-mère sa lettre hebdomadaire.
Me connaissant, je devrais trouver le temps de tout faire. Et demain il faudra quand même
retourner travailler
Par Marloute le jeudi, décembre 17 2009, 14:25 - General
Debout dans la cuisine, je bois un mug de thym frais infusé
dans de l’eau brûlante, relevé d’une pointe de miel. Dehors, la neige a envahi
Paris. Je ne vais pas travailler. J’ai pris cette journée pour faire certains
cadeaux de Noël, des paperasses, des coups de téléphone. Une journée ne suffira
pas mais tant pis, il faudra faire avec.
Rentrée toute guillerette du travail, j’annonce la bonne
nouvelle à Y. C’est sûr depuis ce matin, acté par les grands manitous tout
là-haut, confirmé par mail : j’ai ma promotion. J’ai annoncé la nouvelle à
des collègues-amies, attend demain pour l’annoncer aux autres, offrir le
champagne à tous. Ai envoyé mail de remerciement à N+2 et N+3, ainsi qu’à
supérieur direct en pièce jointe. "Ai bien pris acte blablabla, vous remercie de votre confiance blablabla" Ce soir, pour fêter cela, j’ouvre une
bouteille de Crozes-Hermitage, gardé précieusement pour une grande occasion. On
est un mardi en semaine, mais soyons fous : ce n’est pas tous les jours qu’on
a de si bonnes nouvelles !
J’écoute
« La superbe », le dernier album de Benjamin Biolay. C’est triste et
beau. En lisant sa biographie sur Wikipédia, je découvre qu’il a fait ses
études au lycée Saint Exupéry à Lyon. Je me souviens des grandes manifestations
lycéennes de l’automne 1998. Nous nous retrouvions au café à côté du lycée,
organisions le blocage de notre établissement et décidions du parcours pour
aller chercher les étudiants des autres lycées. Saint-Exupéry tout entier était
descendu de sa colline et nous avaient rejoint sur la place des Terreaux, dans
une houle pacifique. Ensemble, nous avions remonté la rue de la République pour
atterrir sur la place Bellecour, où commencent et finissent souvent toutes les
manifestations lyonnaises. Je me souviens que je ne faisais pas partie des
meneurs, car je n’étais pas vaillante. J’étais enceinte de plusieurs semaines,
les nausées me fatiguaient et j’avais les jambes coupées. J’avais honte de mon
état et ne voulait pas que mes camarades le sache, car j’étais nouvelle et ne
voulait pas me faire remarquer de ce groupe si sympathique qui commençait à
m’accepter. Plus de 10 ans ont passé depuis ces années lyonnaises.
Aujourd’hui,
nous faisons des travaux à l’appartement. J’ai démonté les éléments dans la
salle de bain. Y. nettoie les murs à l’eau de javel diluée avant de repeindre
avec une peinture anti-moisissures. Je trie les médicaments, prépare un sac à
emmener demain à la pharmacie pour ne pas polluer les nappes phréatiques. Puis
je cuisine des petites cailles et des pleurotes au beurre et à l’ail. Je
voudrais prendre le temps de préparer le prochain Noël, mais repousse toujours
l’échéance. Cette période n’est pas forcément synonyme de fête. Je voudrais que
tout le monde soit heureux, que tout soit parfait pour la fête, mais oublie de
profiter des choses et des gens. Dommage de ne voir que la contrainte des cadeaux à trouver, des
billets de train, des repas à préparer… Alors je traîne sur le blog de Madame
L. et vit l’Avent par procuration. Je me souviens de la journée passée auprès d'eux, ces enfants si vrais, si beaux, la douceur du jour face aux champs alentours. Puis je vais regarder les photos de monphotoblogpréféré. Allez Miss Marloute, sors de cette gangue de torpeur, plus tu reculeras l’échéance, plus ce sera
difficile de profiter de cette période particulière. Alors en avant pour les fêtes
de fin d’année, faisons en sorte qu’elles passent le mieux possibles ! Et
tant pis pour la mélancolie qui s'attache à mes pas…
Par Marloute le mardi, décembre 8 2009, 19:29 - Blogoshère
La belle Leeloolène vient ce soir chez moi.
J’ai préparé une daube provençale qui j’espère la ravira.
Dehors il pleut.
Ici, il fait bon.
La daube chante doucement dans la cocotte en fonte bleue et une odeur de pomme cuites monte
du petit four. J’ai débouché un vin bio, je l’attends en surfant sur le net.
C’est bon d’avoir une amie qui vient manger le soir…
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