mardi, 22 novembre 2016

Deux mois plus tard.

Clem, avec qui je m’apprête à aller voir un spectacle comique pour fêter son anniversaire - une petite tradition entre nous- m’a alerté. "Cela fait deux mois Marloute ! Cela commence à être long." Deux mois ? Deux mois que je n’ai rien écrit sur mon blog ? Jamais je n’avais laissé un temps aussi long. Ma vie active de maman pressée y est pour beaucoup. Le soir, je tombe de sommeil et m’endors avec les enfants, ou bien je veille avec Y. et je m’en mords les doigts le lendemain. Le matin, je me lève aux aurores et part pendant que toute la famille dort. Je travaille comme une folle et revient le soir épuisée, en laissant tout en plan, un boule au ventre à l’idée de ne pas y arriver. Les pauses déjeuner se raccourcissent, ne parlons même pas d’un déjeuner à l’extérieur. Trois salariés n’ont pas été remplacé et un quatrième départ (congé maternité) se profile pour une collègue. Je vois arriver son départ avec angoisse et fatalité.

Mais il y a heureusement mon temps à la maison, adouci encore par la présence d’E., la nounou des filles, qui prend en charge les enfants. Cela me libère des moments pour prendre du temps pour moi, et c’est très bénéfique. Bien sur, je l’utilise surtout pour faire des courses, de la paperasserie, du rangement, des lessives et du ménage, mais ce n’est pas grave, au moins, je ne suis pas la tête dans la machine à laver du boulot, à écrire des articles pour le web aussi inepte qu’inintéressant. En dix ans, mon métier a bien changé, et je n’ai plus le temps de répondre aux email. C’est dommage. J’ai bien conscience que cela ne pourra pas durer longtemps et qu’il me faut trouver une porte de sortie. Mais laquelle ? Je n’ai pas d’idée.

samedi, 17 septembre 2016

Après la rentrée

J’écoute « On arrête pas l’éco », en lisant Maison Créative et en buvant mon thé, un thé blanc délicieux de chez Monoprix. Cette semaine, j’ai repris le travail. Mes collègues, adorables, m’avaient organisé un petit déjeuner, chouquettes, viennoiseries au chocolat et café, pour une reprise en douceur. Je les ai remercié, j’étais tellement heureuse, par ailleurs, de les retrouver, même si j’étais triste aussi de quitter mon bébé.

Pendant la journée, je me suis isolée, dans une petite salle de réunion, pour tirer mon lait. Le système fonctionne bien. Je le conserve dans une mini glacière et le soir je le met au frigo pour que la nounou le trouve au matin. Cette semaine, je suis aussi allée faire un cours de samba, avec ma copine M. nous n’étions que deux au cours, ce qui m’a permis d’apprendre plein de pas d’un coup. Je me sens un peu gauche : mes cours de danse sont si lointain ! J’ai encore 6 ou 8 kilos de trop, je suis habillée comme un sac (je n’ai pas acheté d’affaires de sports depuis si longtemps !). Bref, à côté de ma copine et de la professeur de danse, je ne ressemble à rien. Mais je suis heureuse, de bouger à nouveau, sur de la musique entraînante.

La belle Churchille est malade. Elle a attrapé une otite. Je la garde au chaud, un peu désolée pour elle de la voir souffrir. La vétérinaire était effarée de voir son pelage plein de bourres de poils agglomérés. C’est vrai que je n’ai pas vraiment le temps de brosser ma belle semi-persanne, entre les trois enfants, le bébé, l’allaitement, le travail, je ne sais plus vraiment ou donner de la tête et cette rentrée est bien agitée. Idem pour A. dont les vaccins sont en retard. La médecin m’a rassurée. A. grandit bien, on fera les vaccins la semaine prochaine encore. Même si tout roule (les enfants vont globalement bien, je n’ai rien oublié de vital) je me sens un peu mal, j’ai encore parfois, souvent l’impression de ne pas être si compétente, voir complètement à côté de la plaque, en tant que maman. Et puis, je regarde les filles, ma maison, et je me dis que non, que tout va bien, globalement.

lundi, 5 septembre 2016

La mélancolie

Je regarde mon bébé, la jolie A. grandir. J’adore passer du temps auprès d’elle. La serrer dans mes bras, l’endormir, sentir ses cheveux, admirer son regard, ses joues, ses bras, ses petits doigts. Déjà, il faut ranger ses petits habits de trois mois et sortir le 6 mois. La reprise du travail se profile, la semaine prochaine déjà. Je pleure, par intermittence. Fait le deuil de ce temps-là collé/serré contre ma toute petite fille. A la fois heureuse de reprendre le travail et déchirée de quitter ma maison. J’ai surtout peur aussi de revoir les angoisses et l’anxiété liée au travail revenir. Pourtant, je travaille sur moi : je médite, je positive, je visualise. Je sais aussi que j’ai des médecines douces à portée de main : les fleurs de Bach et les cures d’Omega 3. J’espère que cela suffira à tenir éloigné le stress qui joue sur mon sommeil.

D’ici là, j’ai pu organiser une rentrée douce pour R. : venir la chercher tous les midi, aller la récupérer avant le goûter. Le CP l’enthousiasmait mais je sens que sa joie retombe. Ce midi elle a pleuré car la maîtresse l’avait grondé durement pour des devoirs non faits.

J’ai écouté ma petite fille, pleine d’empathie pour sa douleur, écouté aussi sa demande : « Maman, est qu’on peut déménager pour que je ne retourne pas à l’école ? » puis je l’ai serrée fort contre moi, en lui demandant si elle voyait une autre solution, si le fait que j’aille parler à la maîtresse lui suffirait. Elle m’a murmuré oui, d’un air contrit. Je me souviens, moi aussi, de ces désespoirs, de ces tristesses liées à l’école… les copines méchantes, les maîtres et maîtresses trop durs…. C’est un crève-cœur de se dire qu’elle aussi sera confrontée à tout cela. Mes sentiments et ceux des enfants se mélangent et colorent l’ensemble d’une mélancolie propre au mois de septembre.  

  

lundi, 29 août 2016

Les résolutions de la rentrée

Nous sommes à la fin de mois d’août et comme à chaque rentrée, j’ai plein de bonnes résolutions. Je voudrais prendre du temps pour moi, d’une manière ou d’une autre.

 

  1. Reprendre une activité sportive
  2. Retourner en analyse
  3. M’investir dans ma commune, dans de l’associatif
  4. Passer du temps de qualité avec les enfants (activité partagées, sorties, promenades, jeux….)
  5. Développer ma pratique de la méditation.
  6. Refaire de la décoration dans l’appartement
  7. Prévoir les prochaines vacances (Italie ?)
  8. Faire les papiers d’identité des enfants
  9. Maintenir l’allaitement d’A., au moins jusqu’à ses 6 mois
  10. Trouver mon rythme au travail
  11. Me faire masser au moins une fois par mois !

 

C’est un beau programme pour les quatre mois qui viennent… Ambitieux, comme toujours ! (Ahlala, on ne se refait pas !)

Et vous, ça vous donne envie de prendre des bonnes résolutions la rentrée ?

 

 

dimanche, 28 août 2016

Après les vacances

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samedi, 27 août 2016

De retour

Je suis rentrée hier soir et je suis fatiguée.

Jamais je n’aurais cru en partant avec mes trois louloutes que cet été se passerait si bien. Le temps s’est étiré, huit semaines en tout, une impression d’infini. Nous avons terminé par la mer, toutes les quatre, chez des amis de mes parents, puisque ni mes parents ni mes beaux parents n’étaient disponibles.

J’ai vraiment profité des enfants, de leurs bras dodus, de leur peau salée, de leurs conversations. J’ai pris du temps pour moi, beaucoup de repos et je reviens pleine de bonnes résolutions.

Je reviens et le frigo est plein, il y a aussi des crevettes, une bonne salade de pâtes et de la bière au frais pour affronter la canicule. Le ménage est fait et mes plantes ne sont presque pas toutes mortes, car pour la première fois, Y. a presque tout bien arrosé.

Je suis si heureuse d’avoir voyagé tout l’été et si heureuse aussi de rentrer.

jeudi, 28 juillet 2016

A l'écoute

Les vacances avec Y. sont sur le point de se terminer et je suis fière de moi. Suivant les conseils de Leeloolène, j’ai choisi de me lever chaque matin tôt et de profiter de ces moments pour faire des petites choses, soit pour moi seule, soit avec L. quand elle était réveillée. Sans méditation, juste avec l'écoute de mes émotions, au jour le jour, à chaque instant. Un matin, je suis partie avec L. sur mon vélo pour aller sur la plage, après le petit déjeuner. De leur coté, R. et Y. ont pu profiter de belles grasses matinées. Le plus tard que R. se soit réveillée c’est 12 h ! Pour cette dernière semaine de vacances, nous sommes sur la pointe de la Bretagne. Nous avons testé pour la première fois le club de vacances, profitant du CE de Y. Certains aspects me dépriment : le logement archi blanc et trop vide, l’absence de végétation et d’ombre, la promiscuité avec les autres familles. Mais certains aspects sont vraiment sympas : la mer à 300 mètres, les copains partout dans le village qui donnent le tournis à R. qui parcourt le site sur son petit vélo jusqu’à 23h tous les jours, et puis les gens, vraiment gentils. Il n’y a pas tant de collègues de Y. que ça. Plein de gens de France Télévisionne en revanche. Je fais mon plein de ragots sur les stars du petit écran. L. en revanche est trop petite pour le club, elle refuse d’y rester. Alors on l’emmène pour nos longues balades à vélo avec Y. et A. de toute façon collée à moi, dans son porte bébé, comme une seconde peau. Je lis ce livre de Filliozat et j’en apprends encore plus sur moi. Je regarde ma grande R. L’année dernière, je me souviens que je râlais parce qu’elle voulait que je la porte et cette année, je réalise que je ne peux plus la porter du tout. R. est trop grande, trop grosse. Ma fille de bientôt 6 ans, au regard dur, qui s’énerve contre moi puis qui se blottit dans mes bras pour le câlin du soir.

J’ai profité de leurs petits bras, de leurs petites jambes, de leurs questions et de leurs fous-rires. Nous ferons encore deux stops sur la route, l’un à Rennes et l’autre à Chartres avant de retrouver notre appartement.

Je suis en train de réfléchir à la prochaine partie de mes vacances. Je voudrais descendre : à Lyon, en Isère, vers Clermont puis ensuite continuer jusqu’à la mer, faire un long stop à Toulon, avant de remonter sur Paris. Mon programme : des copains, des copains, un peu de famille et encore des copains.

lundi, 18 juillet 2016

Vacances Fast and furious

Je trimballe depuis le début des vacances – de notre départ j’entends – un terrible agacement contre Y. Cela m’arrive souvent, mais les périodes où tout ces retards m’énervent me rendent profondément triste. Je vois tout en noir. Je râle sur lui, sur les enfants, en permanence. Rien ne va : ni le rythme des vacances, ni les petits déjeuners tardifs, ni les siestes en décalé, ni les courses où l’on arrive avec des enfants affamés, ni le marché qui se termine alors que nous venons d’y mettre le pieds. Je veux aller plus vite, plus vite et comme cela ne va pas assez vite, je me transforme en furie.

Cela fait 15 ans que Y et moi ne fonctionnons pas sur le même rythme. Je me couche avec les poules, en chouinant pour qu’il me rejoigne alors que lui n’adore rien de plus que de se coucher le plus tard possible, surfant sur le net, regardant un film d’auteur, lisant son livre. Le matin, je suis réveillée avant 8h et j’attends qu’il se réveille. Quand nous venions de nous rencontrer, nos différences de rythme étaient tellement plus marquées que c’était presque comique. Je quittais une soirée où il arrivait. Il dormait jusqu’à midi alors que j’étais la première sur le marché de la Croix-Rousse et je revenais avant 8h du matin, comme le fait encore mon père.

Pourtant, ces vacances sont extrêmement vives et joyeuses. Nous sommes partis de Paris pour rejoindre Angers où nous avons dormi une nuit. Nous avons découvert une chambre d’hôte merveilleuse et une hôtesse passionnante. Puis nous avons passé quelques jours chez la merveilleuse Leeloolène. Sa présence m'apaise dans ce chaos intérieur qui m'hbite et me fait voir tout en noir. Bien sûr, R. a de terribles accès d’insolence et d’opposition qui me laissent pantoise, L. pousse des cris stridents en réponse à sa sœur et la petite A. hurle au milieu des cris de ses sœurs dans la voiture. Mais j’aime ce chahut, j’aime leurs petits bras potelés que j’embrasse, leurs corps nus qui se baignent et se dorent au soleil. J’aime surtout le silence quand les enfants sont couchés. Je prends quelques minutes pour moi. Je lis une phrase d’un magazine de Leeloolène, si inspirant. Je pédale sur le vélo cargo loué et je rêve au mien, à celui que je vais m’offrir, comme on rêve à la liberté. Je me protège d’une actualité que je suis incapable de supporter. J’écoute Y. qui parle. Y. si bon père. Y. qui prend sur lui, donne la main aux enfants, les gronde avec une fermeté bienveillante, même s’il s’énerve rouge lui aussi parfois.

Moi je ne comprends pas ma mauvaise humeur permanente, et mon stress anxieux communicatif. Est-ce parce que depuis notre départ, je n’ai pas du tout médité ?

Cet après midi, j’ai respiré un grand coup, ai décidé de chasser la mauvaise humeur, mes idées sombres, si sombres, et je suis allée faire une séance, puis une sieste. Quand je me suis réveillée, j’allais mieux. Y. jouait avec R. au Qui est-ce sur la pelouse. A. gazouillait des arrreeuuuh en regardant les feuilles d’arbres. Je me suis dit que je leur devais, au nom de leur bonheur, de leurs souvenirs, de leurs vacances, que je leur devais d’être heureuse. Depuis, j’ai l’impression d’aller mieux. Un peu.

samedi, 9 juillet 2016

La chaleur

Les vacances ont commencé il y a quelques jours et avec elles un renouveau de chaleur, de soleil et de ciel bleu, pour quelques jours au moins.

Dès le début, avec Y. revenu de son île glacée, nous avons abordé les vacances avec une légèreté, une envie de rire, de sourire, de chantonner, de sauter de joie, de nous promener que je ne me souvenais pas avoir eu depuis longtemps. Je caresse les cheveux des filles, je me bagarre pour de faux avec elles, je leur raconte des histoires, je les masse, on se fait des batailles de câlins. J’ai décidé de mettre de la joie, beaucoup de joie, dans tous ces rapports. Je me demande d’où vient ma nouvelle légèreté. Peut être de la méditation, qui me sauve quand je ne peux pas me reposer suffisamment ? Sinon, à quoi serviraient ces vacances, si je dois être stressée et anxieuse comme à mon habitude ?

mercredi, 6 juillet 2016

Le temps changeant

L’été n’en finit pas de ne plus être là et comme tout le monde, je commence à en être affectée.

Ce qui m’inquiète le plus ? Subir cette pluie et ce temps froid jusqu’à la rentrée de septembre et n’avoir en tout et pour tout que quelques jours de beau temps.

Je passe un peu de temps avec les enfants, j’apprends à m’analyser. Hier, un simple refus de R. m’a fait rentrer dans une colère noire, écumante de rage. Plutôt que de m’énerver contre elle, j’ai cherché à comprendre la situation : j’attendais depuis des heures ma SF qui devait passer et j’étais de fait coincée chez moi, sans oser commencer une activité. Je commence à me connaître un peu mieux : je sais que j’ai besoin de monde autour de moi pour mieux vivre avec mes enfants. Je vois aussi que R. subit cela. Je la trouve insolente, elle se braque pour rien, me répond mal. Souvent, je me dis qu’elle aurait mérité les gifles que je rêve de lui mettre. Et puis je me demande : qui est ce que je veux gifler quand je m’énerve contre elle ? Elle ou moi ? Notre position d'ainée à toutes les deux, celle qu'on a le plus tapé, trouble les places. La petite fille perdue que j’étais, recroquevillée dans un coin, subissant elle aussi un déluge de colère ? A contrario, quand je relâche la pression, que je prend le temps de jouer avec les deux enfants, quand nous nous faisons de longs câlins, R. est un vrai bonheur à vivre, espiègle, gentille et tendre.

Hier soir, au moment de l’histoire du soir, j’ai choisi ce livre, sur la bienveillance et la pose de limites respectueuses. Nous avons commencé à parler. De ses grands parents, en essayant de ne pas les juger (ils ont fait ce qu’ils ont pu, même mal). R. m’a dit : Mais pourquoi ils n’ont pas voulu faire autrement (que taper leurs enfants ?) J’ai dit que je ne savais pas. R. a eu cette phrase magique : oui bhin moi je trouve qu’il faudrait leur dire. Je n’ai pas répondu. Elle a enchaîné en disant : moi je trouve que toi tu es gentille parce que tu essaye de ne pas faire pareil. Ces paroles m’ont fait chaud au cœur, comme un baume sur une partie de moi blessée.

Bientot, les vacances, que j'espère passer plus ou moins bien, si j'arrive à suffisamment prendre soin de moi pour prendre soin des enfants.

Tout un programme !

lundi, 27 juin 2016

La fatigue

Ce week-end, nous sommes descendu à Lyon en décalé.

Moi, j’étais partie vendredi matin, par un des premiers train et j’ai fait la tournée des amis toute la journée avant de rejoindre ma sœur pour fêter son anniversaire dans l’ancien squat qu’elle avait ouvert dix ans plus tôt. J’étais épuisée à la fin de la journée, à cause de la chaleur, de la marche, d’avoir voulu trop en faire. Samedi, Y. devait me rejoindre avec les deux aînées. Coincé avec les deux filles dans le Paris-Lyon détourné sur les voies du TER, ils ont mis 6h45 à faire le trajet, avec juste un paquet de gâteau. Samedi, c’était une journée de fête et d’anniversaire pour les 60 ans de ma mère. Ambiance électrique et joyeuse, trente personnes chez mes parents et je ne tenais plus debout.

Nous sommes rentrées péniblement hier soir par le train de 21h, dans un wagon de première, aussi hostile que silencieux. Les filles ont enchaîné les crises, ce qui nous a obligé à voyager dans le wagon bar, en passant notre temps à les gronder. Y. devait partir en Angleterre ce matin tôt. Dans la journée, changement de planning. Il partira en Islande si l’équipe gagnait le match.

Ce soir, l’ambiance était électrique. Les enfants encore fatiguées du week-end n’ont pas cessé de se chamailler, se poussant, se griffant. L. épuisée, est tombée sur le sol en tomette. Un énorme hématome a commencé a se former. Moi, j’étais encore plus fatiguée et la petite A. n’a pas cessé de pleurer. A chaque hurlement des filles, et en voyant R. crier sur sa sœur, menaçant de la frapper à chaque instant.

Ce soir, j’ai essayé, et presque réussi, à ne pas m’énerver, quittant la pièce quand je n’en pouvais plus. Et puis nous avons eu plusieurs bons moments. Des moments choux, des moments doux, où j’étais heureuse d’être avec elles trois.

Ce soir, Y. est finalement rentré, pour attendre la fin du match, préparer son sac et nous coller un baiser avant de repartir.

Je réalise que pour la première fois, je vais passer une semaine seule avec les trois enfants. Ce ne sera pas la dernière, mais c’est ma première fois.

Ce soir, je ne sais pas vraiment comment je vais m’en sortir. Comment je vais tenir. Ce soir, je vais aller me coucher, mais avec une petite appréhension.

lundi, 13 juin 2016

le Flow

Alors que je pensais que j’étais en colère contre R. et ses crises répétées, j’ai réalisé soudain qu’en fait non. Ses crises disproportionnées et ma façon d’y répondre m’ont mis la puce à l’oreille : ma petite fille n’était pas vraiment en colère. Un soir, je lui ai demandé : est ce que tu as peur que je ne t’aime plus ? Ses yeux se sont éclairés d’un coup, comme si je l’intéressais vraiment. Je lui ai demandé si elle était triste. Elle m’a répondu oui encore, puis m’a dit que cela se voyait que j’aimais plus L. qu’elle. J’ai du lui raconter, en quelques mots les conditions de sa naissance et mon mal-être qui a suivi. Elle m’a demandé, le plus sérieusement du monde, quand est ce que j’avais commencé à l’aimer. J’ai du lui dire que ce n’était qu’au bout de plusieurs mois. Et que j’étais sur de mon amour pour elle seulement depuis ses deux ans. Elle n’a pas paru bouleversée par mes paroles alors qu’en m’écoutant, mon cœur se fendait en deux.

Depuis, nos relations se sont apaisées. Elle est moins sur la défensive. On la sent plus sereine, plus sure de mon amour. Et moi, je m’autorise plus à la toucher, à l’embrasser. J’y prend plus de plaisir. Comme si notre relation avait pris un tour nouveau, plus sain et plus évident.

Le stage de samedi est venu couronner ce renouveau. J’ai appris encore, sur moi, sur les enfants. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de petits signes que je dois encore apprendre à décoder. Que je dois définitivement apprendre à mieux me connaître et à m’écouter, pour pouvoir mieux m’occuper de mes enfants.

Ce samedi, j’ai dû dire pourquoi j’appréciais d’être maman. J’ai dit  – à ma grand surprise – que depuis que je suis maman, ce que j’apprécie le plus, ce sont ces moments de plénitude, je dirais même de flow, quand j’ai le sentiment de faire mon job de mère et de bien le faire, d’être à l’aise, avec mes trois enfants.

Je ne pensais pas ressentir cela un jour, au vu de mes difficultés.

Pourtant, je le reconnais, cet état est la plus belle chose qu’il m’ait été donné de connaître.

mercredi, 8 juin 2016

La rage

Avec ma nouvelle association, je découvre des lieux insoupçonnés dans ma ville.

Des jardins partagés, des squats, des cabanes dans les arbres. Bien sûr, nous sommes toujours entourés de murs et à chaque fois que quelqu’un dit qu’il va déménager, loin, dans la nature, je l’écoute avec envie.

J’ai des envies de verdure.

En ce moment, c’est très dur avec R. Elle ne supporte aucun ordre. Aucune demande. Pas la moindre petite injonction. Elle crie, s’enfuit, se jette par terre, hurle, jette ses jouets, des livres.

Je me vois faire des choses terribles : l’écraser, la frapper, la jeter contre un mur.

Je ne fais rien de tout cela, mais l’envie est là, puissante.

J'ai détruis un coussin de rage.

Hier, elle me demandait, après une énième crise : « Mais pourquoi tu ne frappe pas L. ? »

Sa demande m'a brisé le coeur. Je lui ai demandé si c’était ce qu’elle souhaiterait, que je frappe sa petite sœur. Elle m’a répondu oui. Je lui ai dit que mon problème, actuellement, n’était pas de les frapper de manière équitable, mais plutôt de ne frapper personne. Je lui ai dit que c’était difficile en ce moment pour moi parce que je ne comprenais pas pourquoi elle refusait d’obéir à tout. Mais je n’ai pas eu l’impression de capter son interêt.

Je voudrais retrouver des moments de calme, de joie, de partage, avec ma grande fille.

Je sens bien que je suis à cran. Le moindre de ses refus me met en colère.

Samedi, je vais faire un atelier, avec une de ces nouvelles gourou de l’éducation bienveillante.

J’espère en ressortir avec des clés, des idées, et surtout une vision plus apaisée de notre relation, pour partir cet été du bon pied.

mercredi, 1 juin 2016

Maman !

Depuis quelques temps, je ressens un sentiment nouveau.

Une impression de plénitude.

Une intense, profonde et complète satisfaction.

Je le ressens surtout à certains moments, autour de la table, en donnant le bain, en jouant avec les enfants et même parfois quand je râle à haute voix après elles.

J’ai le sentiment que ma famille est complète.

Ca y est.

J’ai mes trois enfants.

Je suis la maman de trois enfants. Comme ma mère et ma grand mère avant elle, je suis la mère de trois filles.

Impression d'avoir bouclé une boucle.

Je sais que ces états là, de plénitude, de satisfaction si totale, souvent, chez moi, ne durent pas.

 

Alors, d’ici le prochain tour de roue, j’en profite.  

 

vendredi, 27 mai 2016

L'organisation

Lundi, Y. a fini par reprendre le travail, après 5 semaines passées à nos côtés. Je me souviens de la terrible appréhension que j’avais lorsqu’il avait repris lors de la naissance de R. et du soulagement aussi. Avec ma troisième petite fille, je n’ai même pas senti son absence. Les soirs, quand A. ne voulait pas être posée, je l’ai simplement installée sur mon dos, dans le pagne laissé par la nounou de L. et j’ai continué à faire le repas à mes deux grandes qui se chamaillaient.

Je me rends compte que je suis forte, capable de faire face à plein de situations, alors même que je suis fatiguée. Je me demande souvent d’où viennent ces ressources, quand on se croit épuisée et qu’il faut se remettre en fonctionnement, pour aider un enfant, en coucher un autre, régler un conflit, alors qu’on voudrait simplement s’écrouler quelque part avec un paquet de chipster et une série.

La journée, si j’arrive à faire un peu de méditation et une sieste, j’ai tout gagné.

Si je n’ai rien fait de tout cela, tout devient un peu plus difficile : porter le bébé, jouer avec les enfants ou régler leurs chamailleries.

Je m’investis dans pleins de choses, pleins de groupes, autour de moi. J’ai monté un collectif de jardiniers amateurs dans l’immeuble, me suis investi dans une association locale de parentalité et j’organise chaque semaine chez moi des rencontres entre jeunes mamans. Résultat : j’ai rencontré et discuté avec plus de gens ces 4 derniers mois, de manière plus intime, qu’en plusieurs années de boulot.

Bien sur, rien n’est facile, mais je m’émerveille de la bienveillance et de la richesse que je retire de ces rencontres.

Le soleil revient.

Je me promène dans notre ville, si minérale, en rêvant de jardin et de verdure.

J’écoute de la musique folk dans mes écouteurs en buvant une grenadine seule en terrasse.

Je lis à la bibliothèque entre deux tétées.

Je mange des cookies que j’achète pour moi seulement, pas pour les enfants.

Je déguste le miel envoyé par Valérie, si délicieux, à la cuillère au lieu de le mettre sur une tartine.

Ce soir, ce sera la fête des voisins et comme d’habitude, il va pleuvoir.

Mais nous sommes motivés comme d’habitude et nous irons taper aux portes sortir les récalcitrants de leurs appartements, comme d’habitude.

L’été se profile et je rêve de partir, loin, au soleil.

 

 

 

vendredi, 13 mai 2016

Familiers

Je retrouve les gestes familiers.

La main qui soutient les petites fesses nues au moment du bain, la façon de tenir la tête, l’odeur du cou et des cheveux du bébé. Je retrouve les gestes. Les petites pressions, le body que l’on tourne, cette manière de tenir les doigts pour faire passer une manche.

Je me souviens des pas dans la chambre, après la tétée, le temps que le bébé fasse son rot et je me souviens que je marchais précisément sur cette latte du parquet et qu’elle grinçait de cette manière là dans la nuit.

Je retrouve la lumière de la veilleuse de Leeloolène, celle qu’elle m’a offert pour la naissance de L.

La petite A. ouvre de grands yeux de chaton.

L’une de ses paupières est collée chaque matin et je la nettoie comme je nettoyais celle de ses sœurs, avec un peu de lait maternel frotté délicatement sur son œil.

A. est - à priori - mon dernier bébé. Je profite de chaque cri, chaque réveil, chaque bâillement, chaque mouvement désordonné de ses bras.

Je retrouve toutes ces choses familières et cela m’enchante.

 

 

samedi, 7 mai 2016

Les montagnes russes

Les montagnes russes

 

Parfois, je pars me coucher à 19h30, en chouinant, parce que la journée a été trop fatigante et la nuit épuisante.

Parfois, je me dis que je n’y arriverai pas…

Parfois, je me sens tous les courages, j’embarque toute la tribu, mari et enfants compris, par delà les métros, les escaliers et la lourde poussette à transporter, au jardin du Luxembourg.

Parfois, je dis oui à l’ami d’ami qui veut passer tard, alors on papote, on rigole, le bébé dort, les enfants regardent un DVD et je me sens obligée de faire le service mais l’ami d’ami n’apporte rien à manger et repart alors que les enfants, surexcités, ne sont pas couchés ety moi je me retrouve épuisée.

Parfois, je ne fais pas de sieste et je suis heureuse de ce temps regagné.

Parfois, je voudrais mourir de sommeil

Parfois, je crie sur R.

Parfois, pour la millième tétée, je rêve de donner un biberon qui calerait ce bébé affamé une bonne fois pour toute

Parfois, je me dis que je me débrouille pas mal.

Parfois, je me dis que je suis la plus nulle.

Ce sont les montagnes russes du post partum.

A force, je les connais.

jeudi, 28 avril 2016

Le post-partum

Prendre une longue douche chaude.

Masser la cicatrice de la déchirure avec de l’huile de calendula

Crier dès qu’un tissu effleure un mamelon, pourtant même pas irrité mais trop sensible

Se réveiller fraîche après avoir dormi seulement trois quart d’heure pour donner une tétée

Se réveiller embrumée après plus de quatre heures de sommeil d’affilée et faire un effort insurmontable pour ne pas faire tomber le bébé

Dormir pendant la journée

Utiliser une nouvelle crème de jour à la senteur délicieuse

Ne pas avoir le temps de faire un shampoing, décider de faire un shampoing sec et se trouver tellement jolie ensuite qu’on peut même tenter une coiffure un peu plus élaborée

Saigner, saigner, saigner, dans des couches en filet so glamour qu’on sera heureuse de ne plus jamais les porter.

Embrasser A. sur son nez, ses joues, ses cheveux, ses doigts, son cou, sa bouche et même son body pendant qu’on y est.

Regarder des photos de mes filles qui s’éclatent à des centaines de kilomètres et se dire qu’on a bien fait de les envoyer en vacances quand même. Mais se sentir déchirée quand même par leur absence.

Mettre le deuxième haut de la journée à la machine à laver

Se faire vomir dessus par une personne de moins de 60 cm.

Regarder son ventre flasque, ses seins trop gros, ses traits tirés et se dire que vraiment, le post-partum n’est pas la période où l’on se sent le plus épanouie

Rester coucher et lire un bon roman pendant qu’A. ronronne dans son sommeil.

Râler après Y. alors qu’il fait tout dans la maison.

Se désespérer d’avoir un jour le moral qui remonte.

Ecouter des émissions de France Culture qu’on n’a jamais écouté.

 

Se dire que la vie est belle, quand même, à travers le regard gris-bleu de d’A. et embrasser une nouvelle fois ses minuscules doigts.

dimanche, 24 avril 2016

La fantastique arrivée d'A.

Je reprends le clavier pour vous raconter la fantastique arrivée d’A. la bien-nommée. (Depuis le temps qu’Y. rêvait de donner ce joli prénom de fille, c’est enfin chose faite)

Lundi dernier était le jour du terme.

J’avais rendez vous à la maternité pour un monitoring de contrôle, celui que j’ai toujours redouté. Sur mes deux précédentes grossesses, l’écoute du cœur du bébé en fin de grossesse avait entraîné un déclenchement pour R. 15 jours avant terme et l’annulation de notre projet d’accouchement à domicile pour L. trois jours après terme.

Je me suis rendue toute tremblante à la maternité où je devais accoucher, quasi-sûre de ne pas en repartir face à une nouvelle mauvaise nouvelle. Mais non. Mon bébé avait un mauvais rythme (encore !) mais rien qui inquiète la super SF. « Tu le sens bien bouger ? « Oui » « Alors c’est OK pour moi, rentre chez toi, on se revoit dans deux jours si tu n’as pas accouché ».

Avec Y. nous sommes sortis, dans le 13ème arrondissement ensoleillé. Ni lui ni moi n’avions envie de rentrer, retrouver nos filles excitées et mes beaux-parents dépassés. Nous nous sommes enfuis dans Paris, main dans la main. La soirée nous tendait les bras, la Seine était à deux pas. J’ai décidé de me faire faire un jolie pédicure pour l’arrivée du bébé et Y. est parti lire sur les quais. Nous nous sommes retrouvés ensuite pour papoter dans la lumière du couchant. Je sentais le bébé bien bas et je voulais encore profiter des quelques heures devant nous. Pas trop longtemps, j’étais fatiguée. Pas question de se faire un dernier ciné. Mais un bon burger et un cocktail sans alcool chez The Frog, ça c’était possible. Pendant le repas, j’ai senti des contractions, légèrement douloureuses. Puis nous avons pris le métro pour rentrer chez nous. A presque 22h, les filles ne dormaient pas et mes beaux-parents s’étaient repliés dans le salon, exténués, sans chercher à les recoucher. Je me suis allongée dans le noir, dans leur chambre, en leur intimant de dormir. En 5 minutes, les deux dormaient. Elles devaient sentir l’imminence de la naissance.

Nous avions laissé notre chambre à mes beaux-parents et nous dormions dans le canapé lit du salon. J’ai demandé au bébé de me laisser quelques heures de sommeil. J’ai passé un deal avec lui. « Tu me laisse dormir jusqu’à minuit. Si à minuit tu veux naître, je suis d’accord, mais laisse moi dormir d’abord ». Nous nous sommes couchés à 22h. Des contractions naissaient, légères, toutes les 20 minutes, me laissant largement le temps de me rendormir entre chacune. A minuit pile, pas une minute de plus, pas une minute de moins, la poche des eaux a littéralement explosé dans le lit. En une seconde, nous avons bondi Y. et moi, déboussolés et excités, ne sachant que faire devant ce flot qui continuait à couler alors que je me tenait debout, sans oser faire un pas. Ca y est. Notre bébé arrivait.

Nous avons pris le temps de prendre une douche, de terminer les bagages avec les dernières affaires : une brosse à dent, du dentifrice, le coussin d’allaitement. Entre deux contractions, j’ai écris un mot à mes filles et aux parents de Y. pour leur dire qu’on les aimait et qu’on partait à la maternité pour faire naître le bébé.

Nous sommes sortis dans la nuit. Il faisait doux. Pas un taxi en vue. Il a fallu marcher jusqu’à la porte. Je savais que la marche était bonne pour faire descendre le bébé. A chaque contraction, je m’arrêtais pour souffler, incapable de parler, mais tellement heureuse, tellement heureuse de son arrivée. Le taxi s’est arrêté. Je l’ai prévenu que j’allais crier. Il a rit et m’a dit « Pas de problème madame, j’ai trois enfants, faites comme vous voulez ». En vrai, je n’ai pas osé. Malgré la douleur, toujours plus vive, j’ai seulement soufflé, longuement, en souriant, les yeux dans les yeux de Y. qui m’encourageait en faisant la même chose. La partie costaude de l’accouchement pouvait commencer. A peine arrivés à la maternité, j’ai lâché mon premier cri, un son grave, un beau « Aaaah », très puissant, pour accompagner la contraction. Y. vibrait avec moi, bouche grande ouverte, de sa belle voix grave. Il me guidait, m’encourageait à ouvrir encore plus la bouche, à penser « Ouiiiiiii ». Nous avons retrouvé S. la super SF, qui m’a demandé de me déshabiller. Elle m’a annoncé un grand 4 d’ouverture. M’a proposé de m’installer sur le ballon, ce que j’ai refusé dès la contraction suivante. Non. Je serais incapable de gérer la douleur assise. Je suis restée debout, les mains appuyées sur la table d’accouchement. Les yeux dans les yeux de Y. Vibrant ensemble à pleine voix à chaque contraction. A chacune, je me disais « Mon corps n’est pas un traître. La douleur ne sera jamais plus forte que ce que je pourrais supporter ». Au bout d’une heure, S. m’a demandé d’arrêter de chanter. Je me suis mise à chougner, me plaignant : « Je n’y arrive pas. Je n’ai pas de répit. Ca cogne et ça ne s’ouvre pas, j’ai trop mal et j’ai peur. » Je voulais demander d’appeler l’anesthésiste. La douleur était plus forte que moi tout compte fait. S. a mis une main très douce sur le bas de mon dos et m’a dit « C’est normal d’avoir mal. Tu es en train de mettre au monde ton enfant. » Sans m’examiner, S. m’a demandé de me mettre accroupie. Elle a dit à Y. de se mettre dans un fauteuil et à moi de m’agenouiller devant lui, le visage dans son torse. Elle m’a demandé de ne pas me retenir et de pousser. J’ai trouvé sa proposition débile. Pourquoi pousser alors que j’étais à 5 ou 6 ? A part pour avoir plus mal ? Qu’on appelle plutôt ce putain d’anesthésiste ! Je ne pouvais pas parler, clouée par la douleur d’une nouvelle contraction. Profitant d’un temps entre deux, je me suis installée comme elle me l’indiquait, à genoux sur le sol. J’ai poussé. Et ce que j’ai senti grossir dans mon entrejambe, je m’en souviendrais jusqu’à la fin de mes jours. Une tête sortait. Tranquillement. En une seule poussée. Je ne ressentais plus de douleur du tout. J’étais juste concentrée sur ce qui se passait. Les yeux fermés, le visage toujours enfoui dans le t-shirt de Y. j’ai senti la tête sortir doucement, puis le reste du corps. S. derrière moi, a juste amorti la descente du bébé pour la poser sur un champ stérile sur le sol. Quand Y. et moi avons penché la tête, nous avons vu A. agitant bras et jambe, criant, yeux grands ouverts. Je me suis écriée, moitié sanglotant, moitié riant : « Oh bonjour, bonjour, bienvenue, bienvenue A ! », la ramassant et la tenant, toute gluante et chaude dans mes bras. Une heure seulement s’était écoulée depuis notre arrivée à la maternité. Deux heures quarante depuis la rupture de la poche des eaux. Nous étions encore sonnés, ravis et incrédules de tenir déjà dans nos bras notre petit bébé. Ainsi, ainsi, un accouchement pouvait aussi se passer comme cela ? Si simplement ? Souffler, crier un peu sur quelques contractions, pousser et faire sortir un bébé, sans même avoir le sentiment de souffrir ?

Je n’ai pas de mot véritablement pour décrire cette expérience. C’est un immense soulagement pour moi d’avoir pu vivre un accouchement comme celui-ci. De me dire que mon corps n’était pas un traître, qui martyrisait mes bébés et heureusement que la médecine moderne était là pour me sauver, les sauver, que sans LA MEDECINE MODERNE j’aurais été incapable de mettre au monde mes propres enfants. Cela m’a réconcilié avec mon corps. J’étais très confiante, pleine d’amour pour Y., pour le bébé à l’intérieur de moi, sûre que tous ensemble, nous allions réussir à mener à bien cette entreprise. Mais la façon dont cela s’est passé, aussi simplement et avec autant d’amour entre nous trois, a été tout simplement extraordinaire. Je voudrais remercier la terre entière, et me féliciter aussi, d’avoir gardé confiance tout ce temps, malgré la douleur à la fin qui m’a fait douter, alors que l’accouchement était quasi déjà terminé, ce que j’ignorais à ce moment-là.

A. est un petit bébé qui ressemble à tout les autres. Qui pleure alors qu’on veut passer à table. Qui tète maladroitement et me fait mal aux seins. Qui ressemble à ses sœurs, une fois plutôt à l’une, une fois plutôt à l’autre. A la fois qui ne ressemble qu’à elle. Mais je me souviendrais jusqu’à la fin de mes jours de sa fantastique arrivée. Puisse chaque femme vivre un jour pareille aventure. Il n’y a rien à en redouter. C’est une expérience incroyable et à la fois très simple. Même si j’en ai toujours douté pour moi-même.

Les bébés peuvent aussi arriver de cette manière. Et c’est fascinant à vivre.

mardi, 19 avril 2016

Vous l'attendiez tous...

Leeloolène au clavier !

Pour la BIG ANNONCE que tout le monde attend.

Le bébé est arrivé cette nuit à 2h47. Exactement comme Marloute en rêvait. Un accouchement très rapide et tout simple. (Je reprends là ses mots ;) )

Bébé est... UNE petite fille ! Une Petite A. toute mignonne (qui ressemble beaucoup à R. sur la photo que j'ai reçue).

Marloute est donc l'heureuse maman d'une "tribu de filles" comme Y. (le papa) l'appelle déjà.

Bienvenue A. et Félicitations à E., Y., R. et L !*

(*Oh on va bientôt pouvoir écrire Rallye avec tout ça :) )

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