Des sons plein la tête

Pfff, rien fait de ce qui était prévu.
D’abord, j’ai fuis samedi, évité les amis qui dormaient toujours à la maison, évité Y. (Pourquoi?). Je suis allée manger chez une amie, au pied du Sacré-Cœur, et une autre copine nous a rejointe. Les filles ont cette faculté de me faire ressentir plus d’amour que je crois pouvoir en contenir. Une soirée fille, c’est toujours la perspective de relativiser ses problèmes, vider son sac, rire pour des bêtises. On a refait le monde, bu beaucoup trop de vin.
Puis je suis partie à une fête, juste derrière la colline de Montmartre. En fait de fête, c’était un petit apéro finissant, avec des personnes pas toutes sur la même longueur d’onde, des ego démesurés qui s’affrontent, des sourires un peu forcés, et pis aussi des éclats de rire sincères, et un plaisir partagé de se retrouver. C’est toujours un peu le problème avec les « bandes de potes». Tout le monde n’est pas toujours au même point. Certains ont besoin d’attention, d’autres ont besoin de se moquer pour exister.
Quand il fut une heure du matin, je m’apprêtais à regagner mes pénates, mais j’ai été littéralement « emportée », transportée sur la voie inverse du métro. Et je me suis retrouvée, tout en haut de Belleville, à chanter sous la pluie, avec un petit groupe de cinq. On tourne un moment, chercher un fête à Paris, chercher une rue sans plan, avancer à l’aveuglette, d’escaliers en impasses.
Nous passons devant l’excellent squat « La Générale » . Alors que nous approchons de la fête, mon meilleur ami fait alors remarquer à haute voix que nous ne disposons que d’un pack de bière alors que nous sommes en léger surnombre. Un instant, on se questionne, debout sous la bruine, pour savoir si nous partons à cette heure à la recherche d’une épicerie, ou si nous prenons le risque de « crevardise » (se dit des personnes qui arrivent en « crevards » à une soirée, c.a.d. sans rien à boire) et c’est cette dernière option qui fut choisie.
A 100 mètres de l’appartement, les basses parcourent déjà la rue. Quelques minutes après, nous pénétrons un appartement surchauffé, où tout le monde porte des perruques, et a l’air de s’amuser. Les fenêtres sont grandes ouvertes, et le son se déverse dans la rue. Je ne comprends pas exactement comment font les voisins pour ne pas craquer.
Les musiques sont tellement entraînantes, les gens ont l’air tellement heureux de se défouler, qu’il me suffit de très peu de temps pour danser à mon tour comme une folle. On crie beaucoup, on chante en yaourt sans comprendre les paroles, on bouge les bras, on imite des mauvais danseurs, on s’asperge de bière, on se bat à coups de coussins, on tire un peu sur un joint. Personne ne se connaît vraiment mais tout le monde a envie de s’amuser.
Des couples flirtent, je pense à Y. un moment et retourne danser. Je découvre deux musiques qui me font véritablement décoller, et que je ne connaissais pas. D’abord Dizzie Rascal, un rappeur, et un DJ, assez impressionnant, par la puissance du son qu’il balance, Junior Carter. Impossible de trouver des renseignements sur lui sur Internet, je chercherais plus tard.

Je rentre sous la pluie, attrape un taxi.
Il est bien au-delà de la normale de mes couchers, je lis mon livre sur Doubrovsky, Un amour de soi, (sur un écrivain qui découvre qu’un jour, Swann, c’est Soi).
Il est 5 heures, le jour va se lever.
Je n’irais pas au Défilé du Nouvel An chinois, car je dormirais jusque bien après midi, et que je passerais la journée dans une légère asthénie, d’avoir trop bu et trop dansé…

Commentaires

1. Le mardi, 27 février 2007, 14:22 par tigroo

Ah Dizzee Rascal, keske c'est bon !

Si tu aimes ce son, essaie de trouver Kevin Martin aka the Bug, avec l'album "Pressure" ou "the brotherhood of the bomb", une sorte de ragga-dub-industriel à se décoller les oreilles !

2. Le mardi, 27 février 2007, 19:56 par Marloute

Cool, m'en vais écouter ça puis te dirait!