Le matelas

J’ai posé un jour, in extremis.

R. était malade, une sorte de petite gastro, sans diarrhée et sans fièvre, mais pleine de vomissements.

Ma journée a consisté –une fois enchaîné le rendez vous de la psy du travail, le marché et avoir failli passer (à nouveau) sous une voiture d’une conductrice qui ne m’avait pas vue alors que je traversais au passage clouté et avec le petit bonhomme vert – ma journée a consisté à servir de matelas à R.

Le moindre de mes mouvements lui arrachait un gémissement. J’ai écouté sa voix plaintive, j’ai épongé son vomi, embrassé son front, proposé 1000 verres d’eau, je l’ai gardée au frais dans notre grand appartement frais, fenêtres fermées, un léger courant d’air parcourant les pièces. A 17h, nous l’avons emmené, avec son père, chez son docteur du 17ème, celui qui prend des rendez vous éclair et vous déleste par la même occasion de 85 euros.

Ce week-end, Y. travaille.

Ce soir, je ne sens plus mes jambes, comme un étrange contrecoups à mes deux semaines sur le pont, à veiller, surveiller, porter, gronder.

Ce matin, chez la psy, j’ai beaucoup parlé de R. Je suis résolue à travailler sur moi. Mieux communiquer avec elle, pour ne pas être dans l’affrontement permanent, ni employer des mots trop durs quand je parle d’elle.

Aujourd’hui, pour me remonter le moral, toujours légèrement dans les chaussettes, j’ai fait de la cuisine. Préparé des petits plats d’avance, puisque R. endormie m’en laissait la possibilité. Ce week-end, c’est la fête. Nous verrons Clem et sa tribu, T. et la belle A. et dimanche, si j’ai le courage, nous irons aux Buttes Chaumont, pour une pétanque party.

Je suis fatiguée bien sûr, mais ce programme m’enchante.