Du courage

Il fait déjà presque nuit sur le canal de l’Ourcq, quand je sors de chez ma psy. J’y suis allée chargée de mouchoirs et j’ai passé la séance à me moucher bruyamment. Depuis plusieurs jours, je me traîne une crève comme j’en avais souvent par le passé, de ces rhumes aussi interminables que pas suffisamment grave pour rester sous la couette à lire des BD. La semaine dernière, c’était une gastro-entérite qui me terrassait, me laissant exsangue plusieurs jours durant, la tension si faible que j’étais obligée de m’asseoir dans le métro comme si j’avais subitement 110 ans.

Ce soir, je remontais le canal, réfléchissant à plein de choses. Demain matin très tôt, je dois partir en reportage dans le nord de la France et revenir le soir. Je découvrirai Lille très vite, et la gare seulement, pour la première fois de ma vie.

Ce soir, j’ai sollicité la nounou de mes filles pour rester plus tard le temps de ma séance. Demain, j’ai décidé d’emmener mes deux minettes chez la voisine, un peu avant 8h du matin, pour pouvoir ensuite sauter dans mon train accompagné d’un photographe pour une journée marathon. Le soir, course again et même chose jeudi. Si je ne suis pas décédée avant. En ce moment, Y. n’est pas là, parti pour le lointain Moyen-Orient. Il me racontait tout à l’heure la tempête de sable qui parcours en ce moment le pays, et qu’ils devront affronter demain.

Ce soir, j’écris à mon ordinateur, d’une main essuyant mon nez qui coule en continu, maudissant déjà la nuit atroce que je sais que je vais passer, moitié bavant, moitié me mouchant pour arriver à respirer bouche ouverte.

Ce soir, j’ai acheté un hot-dog chez Biim, beaucoup trop cher, en me demandant, qui (à part moi) était suffisamment stupide, ou trop fan de hotdog à l’américaine pour payer 9euros un bout de saucisse avec du pain, quand bien même les échalotes et la moutarde américaine était délicieuses. Ce soir, j’ai acheté à la librairie du MK2 un petit poche, un livre léger que j’espère dévorer dans les jours qui viennent.

Il fait nuit noire en sortant du métro. Je loupe le bus et marche, passe sous le périphérique, évitant les gros lourds et les scooter qui me frôlent.

Je me dis qu’il en faut bien du courage, de nos jours, quand on est femme de reporter.

Cette rentrée m’épuise déjà.

Commentaires

1. Le mercredi, 9 septembre 2015, 07:05 par Valérie de Haute Savoie

Ce n'est pas la grande braderie en ce moment ? Tu vas manger des moules :à défaut de hotdog. Je suis aussi capable de me ruiner pour un délice que j'aime et qui est particulièrement bon dans une boutique, ne jamais culpabiliser.
Je t'admire de marcher le soir dans ton quartier, je trouve les abords du métro un peu angoissants.

2. Le mercredi, 9 septembre 2015, 21:24 par Marloute

Il n'y avait pas la braderie, je crois qu'elle est déjà passée...
Oui je rentre toujours la nuit seule, quelle que soit l'heure, sauf grosse fatigue ou flemme internationale, qui m'oblige à prendre un taxi. C'est vrai que les abord du périph sont quand même super glauques.