L'anniversaire d'A.

A. s’est réveillée ce matin et elle s’active depuis le lever du jour. Elle a rangé toute sa chambre. Une gageure pour une enfant aussi désordonnée que sa mère au même âge ! Aujourd’hui, c’est son anniversaire « entre copines ». Je suis très fière de ma petite dernière, qui a dix ans dans quelques jours.

Je n’en reviens pas que 10 ans ont passé depuis le récit de sa naissance fabuleuse. Ici. Une heure trois quart d’accouchement quasi sans douleur, avec seulement deux fortes contractions au moment de sa sortie. Un accouchement en majesté. Un accouchement sans jamais être montée sur le lit d’hôpital. La plus belle revanche d’accouchement sur les précédentes naissances, où j’étais si apeurée et docile, acquiesçant à tout ce que me demandait le personnel médical, étrangère à moi-même.

Ce matin, A. est venue me réveiller au bout d’une heure, vers 9 h. J’ai émergé péniblement. Cette nuit, la cadette, L. a vomit 6 fois. Heureusement, elle est grande du haut de ses presque 12 ans et se débrouille grandement, avec son seau et des mouchoirs, un peu de Smecta et un verre d’eau.

Je me remets moi-même très lentement de la même maladie, qui m’a terrassée jeudi toute la journée. Je n’ai pas pu travailler, j’ai donc assuré dans un « demi-télétravail » vaseux, à donner des consignes à ma toute nouvelle stagiaire, désolée de ne pas pouvoir faire plus à distance et sans force. C’est le désavantage de ne plus être salariée mais patronne de sa propre structure : quand on n’est plus en état de travailler, il faut quand même un peu de force pour donner des consignes.

J’ai toujours été très sensible aux gastro-entérites, depuis toute petite. « Il suffit qu’une personne l’ait sur le trottoir d’en face pour que je l’attrape » comme je le dis souvent. Cette sensibilité génétique, je la tiens de ma mère. Chaque année quasiment, ma mère attrapait cette maladie, soit à Noël, soit aux vacances d’hiver. Je la revois, se traînant, fantomatique dans la maison, un châle de laine élimée posé sur ses épaules, quasi mourante et encore plus maussade que d’habitude. J’essaye contrairement à elle à l’époque, de ne pas me forcer à faire « bonne figure » en cherchant à me lever. Quand je suis malade, je reste au lit. Je dors, je regarde des séries. Quand les filles étaient plus jeunes et ne pouvaient pas se préparer à manger seules, je lançais des pâtes et posais la casserole sur la table avant de repartir dans un semi-coma jusqu’au retour de Y. Aujourd’hui, je vais construire un déroulé d’anniversaire avec A., donner les consignes a tout le monde et je compte bien dormir encore une heure ou deux avant de recevoir ses amies.

Commentaires

1. Le samedi, 11 avril 2026, 12:20 par Valérie de Haute Savoie

Ah mais ça me fait plaisir de te relire :) Je crois que je n'avais même pas vu que tu avais posté fin 2025. Il est vrai qu'entre la mort de mon père, mon déménagement, le gros problème de santé de JP et tout et tout, j'ai été quasi absente du web. Bon anniversaire à A et j'espère que tu vas mieux :)
Je t'embrasse.