Le besoin d'écrire

J’ai besoin d’écrire, mais je n’y arrive pas. Le soir, mes enfants se couchent tard. La nuit, je fais des insomnies. Au petit matin, si j’arrive à m’extraire, à grand peine, du lit avant la maisonnée, j’entends très rapidement des petits pas qui me suivent et s’en est fini de mes velléités littéraires. Hier, la journée était trop fatigante. Je subis depuis plusieurs jours un rhume/bronchite/état grippal. Pourtant, vendredi, j’ai voulu aller danser, rejoindre des amis qui organisaient une fête de quartier sur ma commune adorée. Résultat, samedi matin, quand il a fallu se lever, je ne sentais plus mes jambes. Pourtant, il fallait se motiver : R. recevait une amie, il a fallu préparer le petit déjeuner, puis leur installer des activités, préparer une tarte à la praline pour le gouter de l’après midi et rapidement le repas du midi car Y. partait au cirque avec les deux grandes. Je n’ai pas pu me reposer après le repas du soir, car la petite A. qui s’était levée, elle à 11h du matin, n’avait pas du tout sommeil. Nous sommes parties toutes les deux à 15h rejoindre notre groupe d’amis sur Paris en vélo pour fêter notre noël des amis entre copains. Y. et les filles nous rejoindraient vers 17h30. Sur place, il a fallu passer son temps derrière A. qui ne devait pas maculer de chocolat le nouveau canapé et les murs immaculés des copains. Sans sieste, elle a passé son temps dans mes bras, à demander la tétée. Y. arrivé, nous nous sommes tous rendus dans un bar du 9ème arrondissement, pour écouter un concert de G., notre ami chanteur. Mais arrivés sur place, dans l’établissement surchauffé et blindé, j’ai vite compris que ma petite L. et ma petite A. ne s’y sentirais pas bien, et que moi je ne profiterais pas de la soirée, à leur courir après. J’ai proposé à Y. de rentrer avec les deux plus jeunes et qu’il me rejoindrais après. Arrivées à la maison après un court trajet de vélo dans la nuit, et deux/trois chauffards/piétons indélicats, j’ai sorti les enfants, les ai mis en pyjama, ai commencé à préparer un repas sommaire. A. et L. n’avaient pas sommeil, malgré l’absence de sieste. Surexcitées, elles ont englouti des quantités de nourriture et ne voulaient pas se coucher. J’ai tout essayé : endormissement au sein dans le noir pour A., lecture et discussion pour L. a 22h enfin, j’ai réussi à endormir la plus jeune, pendant que la moyenne négociait encore. J’étais épuisée, à bout de nerfs. J’ai appelé Y. plusieurs fois sur son téléphone. Il s’était arrêté avec R. pour manger au restaurant japonais, car elle était affamée. Quand il est arrivé, j’ai encore râlé : j’avais mal partout, des douleurs dans les bras, dans les muscles, dans la nuque, pas envie de dormir, mais épuisée quand même. J’avais froid, si froid, que je me suis relevée, à 23h30, me faire une bouillotte et m’endormir enfin en grelottant. Je me rends compte que c’est une violence infinie de ne pas dormir et de m’occuper des enfants quand je suis moi-même malade. Alors que je devrais me reposer, au lieu de cela, je sors, je veux voir mes amis, vivre normalement. Mais cette période de petite enfance devrait m’obliger à toujours me reposer. Mais qui se repose pendant 5 ans ? Ce matin, je suis encore la première levée. Pourtant, rien ne m’y oblige, si ce n’est ce lancinant, terriblement frustrant, besoin d’écrire.

(Edit : Le jour de ce texte, je me suis couchée deux jours : dimanche et lundi = syndrome grippal, j'étais vraiment fatiguée...)