Vacances Fast and furious

Je trimballe depuis le début des vacances – de notre départ j’entends – un terrible agacement contre Y. Cela m’arrive souvent, mais les périodes où tout ces retards m’énervent me rendent profondément triste. Je vois tout en noir. Je râle sur lui, sur les enfants, en permanence. Rien ne va : ni le rythme des vacances, ni les petits déjeuners tardifs, ni les siestes en décalé, ni les courses où l’on arrive avec des enfants affamés, ni le marché qui se termine alors que nous venons d’y mettre le pieds. Je veux aller plus vite, plus vite et comme cela ne va pas assez vite, je me transforme en furie.

Cela fait 15 ans que Y et moi ne fonctionnons pas sur le même rythme. Je me couche avec les poules, en chouinant pour qu’il me rejoigne alors que lui n’adore rien de plus que de se coucher le plus tard possible, surfant sur le net, regardant un film d’auteur, lisant son livre. Le matin, je suis réveillée avant 8h et j’attends qu’il se réveille. Quand nous venions de nous rencontrer, nos différences de rythme étaient tellement plus marquées que c’était presque comique. Je quittais une soirée où il arrivait. Il dormait jusqu’à midi alors que j’étais la première sur le marché de la Croix-Rousse et je revenais avant 8h du matin, comme le fait encore mon père.

Pourtant, ces vacances sont extrêmement vives et joyeuses. Nous sommes partis de Paris pour rejoindre Angers où nous avons dormi une nuit. Nous avons découvert une chambre d’hôte merveilleuse et une hôtesse passionnante. Puis nous avons passé quelques jours chez la merveilleuse Leeloolène. Sa présence m'apaise dans ce chaos intérieur qui m'hbite et me fait voir tout en noir. Bien sûr, R. a de terribles accès d’insolence et d’opposition qui me laissent pantoise, L. pousse des cris stridents en réponse à sa sœur et la petite A. hurle au milieu des cris de ses sœurs dans la voiture. Mais j’aime ce chahut, j’aime leurs petits bras potelés que j’embrasse, leurs corps nus qui se baignent et se dorent au soleil. J’aime surtout le silence quand les enfants sont couchés. Je prends quelques minutes pour moi. Je lis une phrase d’un magazine de Leeloolène, si inspirant. Je pédale sur le vélo cargo loué et je rêve au mien, à celui que je vais m’offrir, comme on rêve à la liberté. Je me protège d’une actualité que je suis incapable de supporter. J’écoute Y. qui parle. Y. si bon père. Y. qui prend sur lui, donne la main aux enfants, les gronde avec une fermeté bienveillante, même s’il s’énerve rouge lui aussi parfois.

Moi je ne comprends pas ma mauvaise humeur permanente, et mon stress anxieux communicatif. Est-ce parce que depuis notre départ, je n’ai pas du tout médité ?

Cet après midi, j’ai respiré un grand coup, ai décidé de chasser la mauvaise humeur, mes idées sombres, si sombres, et je suis allée faire une séance, puis une sieste. Quand je me suis réveillée, j’allais mieux. Y. jouait avec R. au Qui est-ce sur la pelouse. A. gazouillait des arrreeuuuh en regardant les feuilles d’arbres. Je me suis dit que je leur devais, au nom de leur bonheur, de leurs souvenirs, de leurs vacances, que je leur devais d’être heureuse. Depuis, j’ai l’impression d’aller mieux. Un peu.

Commentaires

1. Le lundi, 18 juillet 2016, 12:19 par clem

à te lire, c'était plutôt Slow and furious, non?
Médite, tu es vacances!
Mais je comprends, la différence de rythme peut être pesante, surtout qd on a des enfants!

2. Le lundi, 18 juillet 2016, 21:45 par Marloute

J'étais vraiment desespérée au début des vacances. je crois que je n'ai jamais autant ralé et aboyé de ma vie, répondant avec une mauvaise humeur constante à toutes les questions de Y. Depuis hier, au moment où j'ai écris ce texte, ça va un peu mieux. le sas de décompression chez Leeloolène m'a fait du bien. Pourtant, je ne devrais pas me plaindre, depuis que les enfants sont là, Y. ne se lève plus jamais à midi (sauf extraordinaire)mais sa lenteur continue à me rendre chèvre. C'est toujours en vacances que les différences sautent aux yeux dans les couples non? Nous il nous faut toujours un temps d'adaptation....

3. Le mardi, 19 juillet 2016, 21:00 par Oxygène

"Dépêche-toi!". Je connais bien cette petite voix intérieure qui me viens de ma mère et structure mes journées. Un vrai poison.:-)

4. Le mardi, 19 juillet 2016, 21:01 par Oxygène

...qui me vienT... avec un T.

5. Le mercredi, 20 juillet 2016, 21:26 par Marloute

@Oxygène : ouiii! Le pire c'est qu'en me voyant faire je crois la voir et cela me rend encore plus folle. Je croyais lui avoir échappé et je suis encore pire !

6. Le lundi, 25 juillet 2016, 15:43 par Anita

Tant mieux, si cela va mieux ! Tu as trouvé une solution, la méditation, et c'est bien.
Et surtout, surtout, tu as envie de les rendre heureux, et d'être heureuse. C'est cela qui est important non ?