La grosse semaine

Les filles sont toutes les deux malades. Depuis dimanche soir, toutes les nuits, toutes les heures, il faut aller au chevet de l’une ou de l’autre. Le doliprane, l’aspégic, les massages aux huiles essentielles, déshabiller, recouvrir, donner de l’eau, du sirop pour la toux, prendre un enfant avec nous, dormir chacun dans le lit avec l’une des filles, apporter le seau car la toux fait vomir, aller chercher une cuillère de miel pour adoucir la gorge, faire un biberon à deux heures du matin pour espérer que L. accepte de boire son cachet.

Tous les matins, je me suis levée tôt, malgré tout. Je ressemble vaguement à un cadavre, et à la fin de la journée, entre mon dos qui tire et mon maquillage qui s’en va, j’ai droit à des regards affligés de mes gentilles nouvelles collègues qui savent que ma journée n’est pas finie. Les deux enfants malades ne veulent aller que dans les bras, en même temps, et de préférence pendant que je prépare le repas. Làs, je finis par m’installer sur le canapé avec elle deux et un paquet de curly. Entre deux câlins j’essaye de leur faire ingurgiter un peu de nourriture, mais à part les compotes, elles n’ont pas faim. Comble du comble de la loose absolue, j’ai voulu –par bravache ou par nostalgie de l’Assassin ? – me rendre à un Paris-Carnet « exceptionnel » ce mercredi. Je voulais revoir des têtes avant de ne plus sortir avant un bout de temps. Mais je n’ai pas pris le temps, ni de m’inscrire, ni de regarder l’heure du rendez-vous avant. Une fois ma journée de travail finie, je suis rentrée m’occuper des enfants, et ce n’est qu’une fois qu’elles ont été couchées que Y. est arrivé. J’ai encore mis un peu de temps à partir. Je savais que certains ne seraient plus là mais j’ai tablé sur les derniers, ceux qui restent forcément boire un dernier verre après. Mal m’en a pris. Quand je suis arrivée, beaucoup trop tard, à 22h30 à Montparnasse, j’ai cru m’être trompée de jour. Le restaurant était complètement fermé, comme s’il n’avait jamais ouvert. A Leeloolène qui m’a confirmé la date, j’ai demandé le numéro de Gilsoub, qui m’a répondu désolé que oui tout le monde s’était bien retrouvés, mais beaucoup plus tôt pour manger et qu’ensuite, à 22h, tout le monde était rentré chez soi. Frigorifiée, j’ai repris le métro en sens inverse. Quelle nulle ! Endormie à 23h49, la première fille s’est réveillée à 00h002 en pleurant. La nuit s’annonçait fatigante encore.

 

Ce jour est ma dernière journée.

Je me suis encore levée tôt, malgré les multiples réveils. Je dois finir deux articles, ranger mon bureau, réviser une présentation importante pour cet-après midi.

J’ai pris le temps, pour une fois, de vernir mes ongles. Un beau rouge laqué, flamboyant, du plus bel effet. Base – vernis- vernis- top coat. La totale. Il est bientôt 8h et je ne dois plus toucher quoi que ce soit. Dommage, c’est pile l’heure ou je dois m’activer, petit déjeuner and co si je ne veux pas arriver trop tard à la rédaction. Mais ce vernis est si beau que j’ai du mal à le gâcher en m’activant si vite. Tant pis pour le retard. C’est mon dernier jour de travail avant mon congé maternité.

J’ai bien le droit, pour une fois, d’en profiter !

Commentaires

1. Le vendredi, 19 février 2016, 14:43 par Gilsoub

Allez, il y aura d'autre Paris Carnet, mais sans Moukmouk.
Il y a des jours comme cela...

2. Le vendredi, 19 février 2016, 17:27 par Anita

Ah Marloute, je voulais y aller aussi, mais hélas, grosse crève et suis restée au chaud avec mes kleenex !
J'espère que tes filles vont mieux.

3. Le vendredi, 19 février 2016, 17:51 par samantdi

Bon congé de maternité, je pense que tu l’as bien mérité !

4. Le samedi, 20 février 2016, 09:00 par Valérie de Haute Savoie

Je n'ai eu ton message que le lendemain et j'étais de toute façon au bout de ma vie, malade et épuisée et en plus plus à Paris :) J'espère que ce congé maternité va te permettre de te reposer un peu avant l'arrivée de ton bébé.

5. Le samedi, 20 février 2016, 11:28 par Marloute

Je vous avoue que je suis bien contente de constater qu'il y avait une solidarité de maladie et de fatigue ce soir-là de votre part, parce que si vous m'aviez dit que vous y étiez et que c'était la grosse fête, j'aurais été encore plus triste.
Allez, haut les cœurs, on se refera ça aux beaux jours !

6. Le dimanche, 21 février 2016, 23:01 par Moukmouk

Ha si j'avais su je serais encore là à t'attendre... un tas de gros bizoux

7. Le lundi, 22 février 2016, 00:08 par Marloute

Oui à la fois, si j'avais été plus maligne, j'aurais prévenu que je voulais venir !

8. Le mercredi, 24 février 2016, 20:10 par Anita

Ah oui, cela serait bien de se faire une rencontre de consolation ! A l'heure du café ou du thé par exemple.