Pas plus malheureuse

Ce soir, je savoure mon moment.

Y. n’est pas rentré, parti à nouveau boire un coup avec ses collègues-amis. Moi je passe un moment avec la petite L., pense à ma grande R. qui cette semaine a apprit à faire du vélo toute seule, sans les roulettes, avec ses grands-parents. J’ai ressenti un tout petit pincement au cœur, l’envie d’être partout à la fois, auprès d’elle, au travail, avec Y. en amoureux, et m’occuper de la petite L. toute seule. C’est si facile soudain de ne s’occuper que d’un enfant. La mission cuisine de dimanche a été expédiée. Nous l’avons payé, elle arrivera sous 15 jours, restera plus qu’à la monter, le plus gros de l’affaire bien sûr. Je suis heureuse de reprendre l’aménagement de l’appartement, ce bien qui s’améliore de jour et jour, et que, j’en suis quasi sure, nous quitterons le jour où nous l’aurons à peu près terminé. Mais je m’y sens si bien, comme ce soir, où je passe de pièce en pièce, rallumant une bougie, lisant un roman sur le canapé du salon, en attendant Y. S’il n’arrive pas tout de suite, j’irais me coucher. Je suis tellement fatiguée, et ces vacances qui se profilent me feront tant de bien ! Nous partirons à deux seulement, confiant les enfants aux parents de Y. cette fois. Nos dernières vacances en amoureux avant sans doute un an ou deux, naissance du dernier bébé oblige, mais vacances ô combien souhaitées.

Samedi, nous étions à leur mariage, le mariage de l’amour, un couple si beau et si uni, une fête simple et belle, à leur image. Certains blogueurs étaient là, et cela m'a rappelé le temps d'avant, le temps de l'Assassin, des Paris-Carnets et des volutes de fumées, des bières bues et des échanges avec tous ces inconnus pas si inconnus. J’étais heureuse et débordée avec mon enfant si petit, et plusieurs fois, les gens, constatant ma grossesse en cours, m’ont parlé avec un ton très compatissant. Pour la première fois, j’ai ressenti comme de la gêne, et j’avais presque envie de dire, par défi, que bien sûr, j’allais y arriver, que bien sur, ce bébé ne serait pas du tout difficile à élever avec un enfant si jeune juste avant. Et puis je n’ai rien dit. Ce n’est pas grave, après tout, ce que les gens pensent. Oui, c’est sûr, je serais bien fatiguée. Mais quel bonheur, quel bonheur d’élever ces enfants, au final, alors qu’importe après tout, ce qu’ils pensent tous. Je serais fatiguée, certes, mais je ne pense pas plus malheureuse.

 

Commentaires

1. Le vendredi, 23 octobre 2015, 00:27 par Arkadia

Je crois que j'en ai entendu des vertes et des pas mures car j'ai trois de mes enfants qui sont nés à la suite. Ils ont très peu de différence, je suis crevée mais heureuse !

2. Le vendredi, 23 octobre 2015, 00:33 par Oxygène

Ben non ! Pas plus malheureuse et plus riche de sentiments et d'émotions à partager à 5. Cela devient rare.

3. Le mercredi, 28 octobre 2015, 11:57 par clem

Arkadia : idem!