La journée comme ça

Ce soir, une fois les enfants couchées, je me fais un masque pour les cheveux.

Cela fait des semaines que je regarde mes boucles pendre lamentablement des deux côtés de ma figure. Si j’avais eu le courage et l’argent, je serais allée chez la merveilleuse coiffeuse de Fauvette, celle qui vous remonte l’énergie en vous découpant les mèches à l’aide de grands rasoirs japonais. J’aurais rafraîchi cette coupe qui a plus de 6 mois. Mais je n’ai ni le temps ni l’argent. Au lieu de cela, ce matin, j’ai emmené ma petite L. chez le médecin, avec des vaccins tellement en retard que j’avais honte. Heureusement, la médecin, très compréhensive, m’a déculpabilisée. Elle a observé L. et m’a dit que tout allait bien. C’est vrai qu’elle est super. Elle écoute, elle babille dans son langage, développe son humour, court dans mes bras, veut faire de plus en plus de choses toutes seule.

Le soir, souvent, avant de fermer la porte des enfants, je respire leur odeur. Je sens presque distinctement leurs deux odeurs d’enfants, et ce mélange me ravit le cœur et l’âme.

Ce matin, il faisait beau, je sortais de chez le médecin et comme je n’avais pas du tout prévu cette journée de congé, je n’avais rien rien rien anticipé. J’aurais pu regarder les horaires de cinéma, aller me faire masser, aller dans un jardin et lire au soleil, une heure sans être dérangée. Au lieu de cela, j’ai appelé une première copine, M. qui ne m’a pas répondu, puis R. qui n’a pas répondu non plus. J’ai traîné une heure dans le quartier, et je m’apprêtais à rebrousser chemin quand M. m’a invité à la rejoindre à l’école de sa fille. Nous avons partagé un repas express, puis un café au soleil quand sa fille est retournée à l’école. J’étais bien, à ne pas regarder la montre. Et puis la jolie Clem m’a rappelée, elle aussi se trouvait dans le quartier. Ni une ni deux, j’ai dévalé la colline pour la retrouver, avec l’impression que je ne l’avais pas vue depuis des mois, ce qui était le cas. Ensemble, se poser dans un parc, sur un banc, au soleil, sans se soucier des enfants qui nous entouraient, puisque ce n’étaient pas les nôtres. Ensemble, piquer des fous-rires et parler, parler, parler, jusqu’à ce qu’on aient plus de salive, jusqu’à ce qu’il soit vraiment l’heure d’aller chercher les kids à l’école, sous peine de se faire remonter les bretelles par la directrice.

Demain est un grand jour, alors je me suis fait belle.

Ce soir, Y. est resté boire des coups avec ses amis-collègues. Ce soir, j’ai fait un gommage, un masque visage et dans les cheveux.

Ce soir, je suis ravie de ma journée improvisée, de ces heures volées sur les tâches à faire et de ces papotages au soleil.

 

 

Commentaires

1. Le mardi, 29 septembre 2015, 10:17 par Anita

C'était une belle journée alors !

2. Le mardi, 29 septembre 2015, 22:07 par clem

YEEEEEEESSSSSSSSSS!