Les flonflons de la fête du quartier

Il est un peu plus de 21h, j’ai lavé, fait manger, débarbouillé et couché mes deux petites filles.

Je sirote une bière belge, pas une que j’ai brassée, - qui ne sont pas encore parfaites, manquent de goût et de longueur en bouche,- non, une bière toute simple mais efficace, que je bois à petites gorgées devant le clavier de mon ordinateur. Par la fenêtre donnant sur le jardin, j’entends, par delà le mur, les flonflons de la fête de quartier qui bat son plein. C’est la fête chez nous mais ce soir, je n’ai pas le courage de sortir. Je suis bien là, à sentir le vent tout doux, tout frais, passer dans mes cheveux, et savoir que bientôt, très bientôt, j’irais me coucher, car il n’y a rien de meilleur à mes yeux, pour une maman fatiguée, que d’aller se coucher à 22h comme les poules.

Le salon est sens dessus dessous. Y. est parti depuis trois jours seulement et ne rentrera pas de la semaine. Je laisse les livres étalés, les jouets, les tupperware que la petite L. est allée piquer dans le placard et les reliefs de repas qui sèchent autour de sa petite chaise. En ce moment, nous testons, elle et moi, la DME. C’est étonnant, souvent un peu désespérant, mais elle progresse de jours en jour, ravie de découvrir de nouvelles textures une fois qu’elle m’a vue grignoter sous ses yeux brocolis vapeur, concombres entiers, morceaux de fromage et pâtes complètes. Bien sûr, elle hésite encore, goûte et recrache parfois, fourre encore une moitié de banane dans sa bouche avant de réaliser que non, décidément, elle va s’étouffer et ce n’est pas une bonne idée, mais elle teste, essaye et m’impressionne. Elle a 13 mois. Par deux fois, aujourd’hui, au bac à sable, je l’ai vue se lever, accroupie en partant du sol et se redresser droite comme un I, sans se tenir à rien. On la sent à l’aise dans ses mouvements, et je sens que les erreurs que j’avais fait avec R., en entravant sa motricité, n’auront pas lieu avec L., et cela me réjouit.

J’ai passé une partie de l’après midi avec mon meilleur ami R., le parrain de mon ainé. Dans le parc, nous avons mangé des glaces, rit des remarques des filles, demandé 10 fois à ma petite R. de ne pas nous interrompre et repris 20 fois nos conversations sans nous souvenir de quoi nous étions en en train de parler.

Ce matin, j’étais chez Merci, avec les deux enfants. En sortant du magasin, L. dans le dos, R. dans sa trottinette devant moi, j’ai faillie être fauchée par un vélo, sorti d’on ne sait où. Le conducteur, un jeune père avec son enfant, m’a heureusement évité. Le temps qu’il s’éloigne, j’ai reconnu A., un ami proche, qui ne m’avait pas reconnue. C’est drôle Paris parfois.

Ce soir, en rentrant du parc, la poussette chargée, c’est une collègue à moi que je croise soudain dans ma rue.

Ce soir, je suis la plus heureuse du monde : l’appartement est en bazar, la belle C., ma chatte sublime au pelage si doux, dort paisiblement à coté de mon ordinateur. Ma bière est finie, dehors la fête continue. Moi je vais rejoindre ma couette, mon livre. Rien ne peut me faire plus plaisir. 


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