Quand l'angoisse règne

J’adore les soirs comme ça, où je referme doucement la porte sur la chambre de mes deux enfants.

Je suis tellement heureuse de les voir, toutes les deux, la grande et la petite, toutes les deux dans leur lit, endormies du même sommeil de plomb, même s’il ne dure que quelques heures, que quand l’une ne se réveille pas pour nous rejoindre dans le lit, c’est l’autre qui appelle pour une tétée nocturne. Voilà 6 mois que L. nous a rejoint et je m’émerveille de ce nouvel équilibre qui s’est installé. Dans quelques semaines, c’est Y. qui prendra tout en charge, les journées comme le début des soirées. Ensuite, je reprendrais mon fardeau, mais j’aurais eu ces trois petits mois là pour comprendre ce que lui vit…

Je reviens seule à mon ordinateur. J’ai prévu de me coucher tôt, mais je ne résiste pas à l’idée de surfer un peu sur le net, une fois les enfants couchés.

Tous les jours, je me demande comment faire baisser l’angoisse liée à ma reprise du travail. J’en parlais à Clem, avec qui je suis sortie samedi. Une sortie entre maman, pas sorties depuis des mois, qui nous gondolons comme des baleines en observant le décalage entre nos comportements et ceux des jeunes qui nous entourent. Je suis angoissée, toute la journée. Plus que trois petites semaines avant ma reprise du travail, mais d’ici là, il faudra affronter quelques épreuves. Rien que de les imaginer, de me voir dans le bureau de la DRH, j’ai des sueurs froides et je ne peux plus avaler. Et P. qui ne semble pas décidé de me faciliter la tâche, pour le peu que je l’ai eu au téléphone.

Alors, alors, je suis tentée.

Je louche sur le rhum, à portée de main, mais aussi des cigarettes, un joint, de la drogue dur, ou ce merveilleux petit cachet d’anxiolytique, que j’avais pris il y a plusieurs années, pendant ma dépression des 25 ans, et auquel je pense toujours, avec une certaines nostalgie. C’est bête de ne pouvoir se réjouir pleinement d’une situation dont j’avais toujours secrètement rêvée et qui devient désormais à portée de main.

Mais d’ici là, que d’embûches ! Que d’angoisses inutiles et de scénarios plus catastrophes les uns que les autres !

Alors, je repasse une tête dans la chambre de mes souris.

Je hume profondément l’odeur de leurs présences enfantines. Une odeur chaude d’enfançon qui dort, l’un enfouie dans dans une gigoteuse, l’autre dans une couette à fleurs. Et cette odeur, de bébé et d’enfant mélangés, mes deux petites filles dans leur tanière, dans leur terrier, me fait tout oublier.

 

 

 

Commentaires

1. Le mardi, 11 novembre 2014, 06:07 par Bonheur du Jour

Vous y arriverez, il n'y a pas de raison. Et vos petites vous en donneront la force.

2. Le jeudi, 13 novembre 2014, 10:20 par Marloute

@Bonheur du jour : merci des encouragements ! Bienvenue ici !

3. Le samedi, 15 novembre 2014, 16:20 par Fauvette

Tu vas y arriver, ce travail tu l'aimes et le fais bien.
C'est toujours l'avant-retour qui est pénible. Un peu de relaxation ?

4. Le lundi, 17 novembre 2014, 10:25 par Marloute

@Fauvette : oui, il faudrait vraiment que je me relaxe ! Mais j'ai vraiment du mal !