Les moments bien

J’adore ce temps de congé aussi pour ces moments-là : me déplacer chez une copine pas vue depuis longtemps, apprendre qu’elle est en couple depuis janvier, elle qui désespérait de trouver un copain. Voir la jolie Clem, chez moi, et prendre le temps de refaire le monde en buvant du café, puis prendre des fous-rires en essayant de déplacer la grosse armoire, et ne pas y arriver et finir par faire appel à des pakistanais des puces pour nous aider à la bouger, me balader dans la Capitale, découvrir la restauration aux petits oignons de la magnifique Halle Pajol et déguster un bagel à tomber dans ce café. Rentrer à pied avec M., parce qu’elle va chercher sa fille à l’école du 18ème et moi dans ma banlieue nord, nous séparer sur le boulevard en se promettant de se refaire très vite un déjeuner pareil. Rentrer avec mon joli bébé endormie dans sa poussette, fatiguée par le temps orageux à souhait, le vent qui souffle, les bruits des klaxons, la pétarade des motos et cette grande ville qui bruisse autour de nous. Ma petite fille aux yeux si bleus, mon bébé qui rit si fort quand je l’embrasse dans le cou, sur le ventre, sur ses petits bras potelés, que j’emmène partout et qui ne se plaint jamais.

Et accueillir ma grande, mon aînée, mon soleil, elle qui est si fière de me montrer son cahier, son grand cahier d’école avec toute sa classe, ses dessins de feuilles mortes, ses princesses et ses princes qu’elle n’en finit plus de dessiner. Toutes les trois, avec la petite et la grande, on reste une heure à chahuter sur le grand lit, le nouveau lit qui sent bon le sapin et la laine de mouton, et on parle, et on joue, et on fait des imitations qui nous font rigoler.

Demain, ma grande fifille se lèvera très tôt, avec son père et moi. L’un de nous deux l’emmènera au train. Elle partira seule dans le TGV, avant de descendre ensuite dans les Cévennes avec mes parents. Pendant 10 longs jours, elle sera loin de nous. Elle verra des arbres en vrai, des feuilles mortes et des pas mortes, des cours d’eau, des bogues de châtaignes et de vrais champignons. Elle en prendre plein les yeux et je sais que moi, demain, je n’en mènerai pas large, et que je me traînerai toute la journée comme une âme en peine, parce qu’elle sera loin, que j’aurai le cœur plein d’une inquiétude pesante, en pensant à tout ce qui pourrait lui arriver. Son sac de voyage est prêt, j’y ai glissé un petit sachet de bonbons, ceux que j’ai toujours refusé d’acheter à la boulangerie, ceux qu’elle rêve un jour de manger.

 

Commentaires

1. Le dimanche, 19 octobre 2014, 08:35 par valérie de Haute Savoie

Je comprends ton angoisse et j'espère que tout c'est bien passé. Cela va lui faire un souvenir impérissable :)