La p'tite déprime

Quand nous avons le temps, le matin, avec Y. nous prenons le café dehors. A côté de l’école, les parents se retrouvent, tous les matins, pour prendre le café en terrasse. Je me rappelle que nous faisions ça le matin, l’année dernière, avant de prendre le RER ensemble. J’aimais bien ces minutes volées, chaque matin, où nous parlions de la journée qui nous attendait. C’est dur de maintenir ce rituel maintenant qu’Y est seul à partir. Mais j’essaye de le faire. Cela me permet de me sentir moins seule quand il s’en va.

Hier, j’ai gardé R. auprès de moi. Je n’aime pas vraiment cela, garder mon enfant toute la journée, alors qu’il fait si beau dehors et qu’elle est trop malade pour sortir. Alors, nous nous sommes aménagé des petits moments à deux. Séance de dessin animé en pyjama sous le grand plaid, grignotage de yaourt (dans lequel j’avais habillement dissimulé des probiotiques spéciaux pour la gastro) et fabrication d’une « boîte à bonheur ». Nous avons customisé une boite à chaussure et nous l’avons remplis de petits papiers sur lesquels nous avons écrit tous les moments de ces trois jours passés qui ont été plaisants pour R. Par exemple, nous avons écrit que dimanche, nous avons pris un quart d’heure pour nous masser mutuellement. R. m’a massé avec Y. puis j’ai massé R. avec son papa et enfin nous avons massé ce dernier toutes les deux. Un joli moment en famille.

Malgré tout, j’ai du mal à ne pas déprimer, quand je me retrouve au parc, isolée, avec des enfants qui m’assaillent de toute part pour toucher L. et mon bébé qui pleure parce qu’elle ne trouve pas le sommeil.

Je me demande si cette petite déprime, post vacances, pré-hiver, va durer.

D’habitude, je me sens mal plutôt vers la Toussaint, là on dirait vraiment que cela prend le chemin d’une dépression. Je n’ai le goût de rien, me plaint de tout, rien ne m’inspire ni ne m’enchante. Je me sens coincée, dépassée, sans envies, autre que de m’abrutir de séries. Quand Y. est rentré hier soir, les deux enfants dormaient, comme souvent. J’étais harassée, avec une seule idée en tête : me coucher tôt. J’ai partagé un verre de vin avec lui et un bout de fromage, tandis qu’il attaquait son dîner. Ensemble, nous avons évoqué l’idée d’une nouvelle thérapie, puisque je vais si mal. Je me tâte. D’un coté, je n’ai aucune envie, de tout recommencer, de me représenter, d’expliquer mes parents ceci, ma vie cela, de payer encore des heures et des heures de séances. Mais de l’autre, je me dis que ce serait le mieux, le mieux pour tout le monde, pour moi, pour les autres… Je me souviens du sentiment de liberté puissant quand la thérapie fonctionne et qu’on se sent si bien…

Alors je me tâte, j’hésite, je questionne. Et je vais sans doute le faire.

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Commentaires

1. Le mercredi, 17 septembre 2014, 17:08 par Lyly

D'habitude, je suis une lectrice silencieuse, mais cette fois j'ai envie de partager mon expérience...

Pour avoir longtemps été sur le fil du rasoir, avoir goûté les salles d'une psy(chiatre) et avoir eu envie d'en sortir, quitte à aller voir ailleurs ce qu'il se passait, j'ai tenté l'hypnose.
6 mois d'hypnose et d'EMDR m'ont aidée plus vite, plus durablement et plus solidement que plusieurs années de psy "classique". Et j'avoue que si je devais me faire aider à nouveau (ce dont je ne ressens pas le besoin aujourd'hui, mais on ne sait jamais de quoi la vie est faite), je n'aurais aucune hésitation sur mon choix de thérapie.
Si tu veux en discuter, j'ai un mail ;-)

Je te souhaite en tout cas de sortir de cet état :-)

2. Le mercredi, 17 septembre 2014, 17:26 par Leeloolène

En tout cas... cette période pas drôle, nous permet de lire de très très beaux billets. Tu écris magnifiquement bien et de manière si sensible.

Pour tout le reste... on en cause "ailleurs" ;)

Plein de bisous.

3. Le jeudi, 18 septembre 2014, 08:21 par valérie de Haute Savoie

Oui tu écris si bien ces moments de solitude avec un bébé tout neuf, un autre plus grand que l'on craint de délaisser, le compagnon qui a sa vie extérieure... tout cela peut être lourd à porter seule.

4. Le jeudi, 18 septembre 2014, 13:14 par clara

Peut-être que cela passera simplement en reprenant le chemin du travail...C'est dur pour les femmes d'assumer ce truc de vouloir être des supers mamans disponibles au foyer pour s'occuper des tout-petit mais d'avoir aussi sa vie et sa passion et le besoin d'une stimulation intellectuelle.
Je serais aussi d'avis avec Lyly : parfois la psy ne fait que nous faire tourner et cogiter davantage du ciboulot alors que ce qui peut soigner à mon avis passe par le corps. Randonner, nager, yoga et méditation...mais aussi la réflexologie ou l’acupuncture qui une fois m'a sortie d'une descente progressive vers la dépression...Reste à te faire conseiller pour trouver les bons thérapeutes et ne pas perdre trop de temps et d'argent...

5. Le lundi, 22 septembre 2014, 09:48 par clem

oh toi, il faut qu'on se voie!! lundi prochain, je vais chez toi?

gros bisous

6. Le lundi, 22 septembre 2014, 15:51 par Marloute

@Toutes : merci pour vos remontants et autres conseils ! Je vais partir sur une voie un peu comme vous le suggérez, je creuse, je creuse....
@Clem : Oui!!!!

7. Le mardi, 23 septembre 2014, 11:49 par Fauvette

C'est toujours difficile de conseiller, mais, oui, occupe-toi de toi ! Une aide extérieure est toujours bénéfique.
Des bises