L'échappée

J’avais envie, encore et encore, de verdure et d’air pur.

M. a ouvert sa porte et je m’y suis engouffrée. Entraînant la jolie P. dans mon sillage, retrouver la maison du dimanche, celle des bousculades, des cris, des rires et des odeurs de pain chaud le matin. C’est toujours étrange de se trouver entre blogueuses, dans cette intimité qui n’est pas l’amitié mais qui s’en rapproche, quand on se connaît parce qu’on se lit, parce qu’on s’est lues, mais qu’on “découvre” des choses de l’autre comme le bruit de son rire. Mais très vite, je me suis adaptée.

Un verre de blanc frais pris sur le muret après la chaleur du train et j’étais conquise. J’ai aimé voir R. courir avec le petit G. et les écouter se parler avec le sérieux de deux petits de trois ans « et demi ». La dernière fois que j’étais venue, il y a des années de cela, ces deux-là n’étaient qu’une idée dans nos têtes à chacune, et maintenant, ces deux petits êtres se poursuivent, se prêtent leurs vélos et argumentent dans le bain pour savoir qui doit tenir le savon. J’ai aimé la maison. Les parfums de confitures trop nombreuses et toutes entamés, le très bon café de B., les ballades dans l’extraordinaire lumière du soir –il paraît qu’il y a plein de belles régions en France, je le découvre en ce moment-. J’ai aimé le sens de la décoration de M. sa façon bien à elle d’agencer entre eux des objets parfois disparates pour les transformer en petites collections : des plaids, des bocaux, des photos, des cartes, des broderies. J’ai aimé la fraîcheur de l’énorme glycine blanche qui abrite la table et les fous rires, entre adultes ou avec les enfants.

J’ai aimé les enfants.

Vraiment. Profondément. Passionnément. Leurs visages à tous si différents, leurs caractères trempés et leur tendresse, leur sauvagerie, leur délicatesse et leur autonomie. Aussi leurs peaux dorées par le soleil, leurs mollets costauds de pédaler si fort. J’ai rêvé devant ses enfants forts et joyeux, turbulents comme un bande de louveteaux, qui se rangent, la queue basse, au moindre grondement sourd de leurs parents. J’ai adoré retrouver le caractère facile de ma petite R., qui arrête ses jérémiades dès lors que d’autres enfants l’entourent. Une fois que j’avais couché un enfant, j’en récupérais un autre dans les bras et je n’en revenais pas d’en avoir deux à m’occuper, rien que moi, et j’étais encouragée de voir M. avec tous les siens, cette belle tribu qui remplit chaque recoin de sa grande maison d’éclats de rires et d’éclats de voix.

Je suis rentrée fatiguée avec mes deux petites filles dans le TGV bondé. J’ai couché R. couché L., j’ai mangé sur le pouce, vidé les sacs, lancé une lessive et je suis revenue à mon ordinateur.

Je suis heureuse d’avoir tenu tête à Y. qui me prédisait trop de fatigue devant mon programme d’été trop chargé.

Ces escapades me ravissent.

1-DSCF2109.JPG