La quête de l'autonomie

J’écoute Interception.

Sur le périphérique. Il est 10h moins le quart, Y. et R. ne sont toujours pas réveillés. Moi je suis allée chercher des petits financiers, des chouquettes et du bon pain à la boulangerie. J’ai taillé le bout de gras avec la boulangère, qui a une fille du même âge que la mienne.

J’ouvre mes fenêtres. Il fait frais.

J’ai fais un quart d’heure de méditation.

Ce matin, le ciel était bleu avec des traînées de rose.

Le week-end, j’ai du mal à être autonome. Y. est un couche tard/lève-tard. Moi je suis tout l’inverse. A minuit et demi, il se lance dans des discussions passionnées. Moi j’ai les yeux qui se ferment. Le matin, à 8h, 8h30, je suis debout, des fourmillements dans les jambes.

Mais j’ai du mal à agir.

Je rêve de prendre le petit déjeuner avec mon amoureux.

Alors, je ne fais rien, je ne bouge pas. Pas de douche, pas de sorties, pas de grand chambardement dans la maison.

Si je n’étais pas avec un lève tard, j’adorerais me lever tôt, petit déjeuner avec mon compagnon et partir ensemble. Nous ferions de grandes journées à l’extérieur, nous irions nous promener, découvrir des quartiers. Nous dévaliserions les magasins de bricolage. Nous aurions terminé l’appartement depuis longtemps. Notre enfant suivrait, ravie de découvrir ce monde avec nous. Au lieu de cela, je ronge mon frein.

 

Y. ne bouge jamais avant 10h, 10h30. Il prend son petit déjeuner avec une lenteur extrême. A 11h ou midi, il prend enfin sa douche, mais déjà, je dois m’atteler à la préparation du repas. Nous ne sortons jamais avant le café, soit 14, voir 15h si R. fait la sieste. Mes matinées se passent dans l’attente, comme le chien qui tourne devant la porte, prêt à sortir.

 

Incapable de me mettre au travail seule, alors que je pourrais exploiter des espaces de solitude pour travailler à mes propres projets. Au lieu de cela…. J’attends.

Je passe une fois, dix fois, à coté de la porte, pour savoir si Y. est réveillé.

Il y a quelques années, je le réveillais même. Mais j’ai arrêté, car il me l’a demandé.

Parfois, je suis plus autonome.

Mais cette grossesse me rend comme une petite fille, incapable de rien, fatiguée de tout.

Je sais que pleins de femmes seraient heureuses d’avoir un mari et un enfant qui dorment aussi longtemps et se couchent aussi tard. Mais moi non. J’aurais préféré une famille de lève-tôt.

Comment faire pour être plus adulte ?

Pour agir par moi-même ?

Pour ne pas attendre, toujours attendre des autres qu’ils animent ma vie ?

Quand serais-je enfin, enfin autonome ?

Commentaires

1. Le dimanche, 29 décembre 2013, 14:52 par clem

Marloute, nous avons bien plus de points communs que nous le pensions : encore un que tu viens de mettre en mots ici... Pour ma part, je n'ai pas encore résolu ce dur problème... on en rediscutera de vive voix? ça m'aiderait sûrement d'échanger avec toi à ce sujet.
Je t'embrasse

2. Le dimanche, 29 décembre 2013, 21:23 par captaine lili

De mon point de vue extérieur... tu te dis que tu ferais ça avec un compagnon lève-tôt mais ce n'est pas si sûr... Et ce compagnon tel qu'il est, cette fille telle qu'elle est, te donnent du temps cadeau pour toi seule. Peut-être pourrais-tu remercier de ce temps cadeau après la méditation plutôt que de ruminer sur ce que tu ferais si tu étais avec quelqu'un d'autre ?

3. Le dimanche, 29 décembre 2013, 22:00 par Marloute

@ Clem : Ah je ne savais pas ! Et si on habitait ensemble?
@ Capitaine : Bhin oui, moi j'aimerai bien être comme ça.... Je sais que j'y arrive, parfois, des fois, mais là, en ce moment, à certains moments, pas du tout ! Je ne fais que râler et me plaindre, au lieu de célébrer...
Si tu avais vu la journée que j'ai fait vivre aux deux ! Une HORREUR !
Je n'ai pas arrêté de gémir, et maintenant qu'Y. est parti au cinéma, et que R. ne dort pas, je lui en veux parce que je suis FATIGUEE... mais bon, j'étais levée bien plus tôt que tous les deux alors bon, du coup...
En fait, je me rends compte qu'il ne faut pas juste savoir qu'on n'est pas autonome pour changer. Si j'étais plus adulte, je ne me poserais même pas la question. Mais en ce moment, je suis incapable de prendre ce temps là pour ce qu'il est, un cadeau.
Bon, j'arrête de commenter, parce qu'en fait je tourne en rond, je crois qu'on a bien compris...
Pff, c'est pas simple ça !