Les livres et la création

J’écoute François Régis Gaudry en préparant un pot-au-feu. Dehors, il neige toujours aussi fort. Hier soir, un couple d’amis sont venus manger, soirée « Hamburgers-jeu littéraire ». Comme J. est écrivain, nous avons parlé livres et littérature jusque tard dans la nuit. Il vient de rendre son dernier livre, un petit récit de quelques 200 000 signes, qu'il a écrit en trois mois. Il semble fatigué, mais soulagé d'avoir enfin rendu le manuscrit à son éditrice. 

Je me suis levée tard, après 10h.

Y. s’était levé en même temps que R. aux alentours de 8h.

Longtemps, je suis restée vide et amollie sur le canapé, incapable de faire autre chose au lire le petit livre de Delphine de Vigan, « Les jolis garçons », boire du café, et tergiverser sur le moment opportun pour prendre une douche brûlante, qui achèverait sans doute de réduire ma gueule de bois carabinée. A moins que ce ne soit le contrecoup de la journée de la veille ? Samedi, avons parcouru Paris sous la neige de longues heures. Toutes les petites rues du 4ème arrondissement, d’habitude si bruyantes en cette période de solde, étaient soudainement vidées. Il était trop tôt ce samedi matin pour que les parisiens sortent faire les magasins. Chez une créatrice de vêtements passionnée et intarissable, nous avons acheté pour R. de jolis petites moufles en polaire moutarde, pour protéger ses petits doigts rougis de froid. Nous nous sommes réfugiés dans un café qui proposait des chocolats chauds à l’ancienne. Le serveur a offert sa grenadine à R., qui minaudait sur la banquette en cuir. J’aime Paris. Sous la pluie et le ciel d’orage, endormie sous la neige ou écrasée de chaleur, cette ville apporte toujours un certain réconfort. Mais elle vide aussi d’une partie de l’énergie. Contrairement à d’autres villes, comme Barcelone, qui vident et nourrissent dans le même temps la personne qui parcourt ses rues, ou comme le ferait une longue ballade en forêt, où l’on ressent ensuite une saine fatigue, Paris prend... mais ne rend pas. Et aujourd’hui, je ne peux quasi plus bouger, trop fatiguée par notre grande virée.

Vendredi, nous sommes allés ensemble au cinéma, voir ce film. Je n’en reviens pas que si peu de salles en France l’ai diffusé. J’aimerai que le plus grand nombre de gens voient ce documentaire sur un créateur aussi libre que Tomi Ungerer.  

Ce matin, Y. m’a ramené une lettre recommandée de mon éditeur.

Il m’apprend que, si longtemps après leur édition (2007!) mes livres invendus vont être détruits, à moins que je ne souhaite récupérer le stock.Ce que je n'envisage pas une seule seconde. Les enquêtes n'ont d'intérêt que quelques mois après leur écriture, mais se périment plus vite que les yaourts. Néanmoins, tous les ans, une petite dizaine de gens ont acheté le livre... je me demande qui sont ces lecteurs, intéressés par le sujet pour les commander....

L'éditeur joint à son courrier un joli chèque de droits d’auteurs…de 48 €. Je suis triste de savoir que ce livre ne sera plus disponible et soulagée aussi de tourner une page.

Il faudrait que j’arrive à écrire autre chose, un jour.

Un livre dont je serais fière.

Ce sera définitivement le défi de cette année.

 

Commentaires

1. Le dimanche, 20 janvier 2013, 19:00 par captaine lili

C'est fou comme j'ai honte lorsque je lis "200 000 signes" écrits en 3 mois... mais chacun son rythme, sûrement.

2. Le dimanche, 20 janvier 2013, 20:42 par Marloute

@ Capitaine : non il ne faut pas! Lui, d'habitude, il écrit ses romans beaucoup moins vite, là c'est un récit, presque une enquête, alors il l'a écrit plus vite.
Et pense à moi qui n'écris plus rien depuis 2007! Je suis incapable de faire plus que mes articles, à la fin de la journée, je n'ai pas le courage de me remettre à mon écran...

Toi tu crées, tu t'y tiens, c'est le plus important! Prendre du plaisir, s'amuser, créer, travailler, avancer, c'est ça le plus important, pour petit à petit, voir un récit prendre forme....