Encore et encore

Vendredi soir, je rentre avec la petite, la fait manger, puis briefe le baby-sitter. Ce soir, je vais rejoindre Y. à sa rédac. 22h quand je sors du taxi. Les locaux sont presque vides, mais ils sont une petite poignée à boire et à manger sur une volée de placards à fournitures. Nous fêtons le départ de V. pour une année au Caire en Egypte. Elle sera aux premières loges s’il faut se rendre en Libye, à la frontière. Y. me fait visiter, un verre de blanc à la main. « Ici, c’est le bureau du grand chef, là de l’autre chef, là c’est celui de L. tu vois, elle bosse encore, y’a de la lumière. ». On rigole et on discute. Qu’une poignée de gens fassent la bringue dans les locaux ne gêne pas le déroulement des programmes, qui sont dans d'autres studios. Je rencontre des jeunes gens très divers, qui travaillent pour différentes rédactions, France Culture, France Info.On parle beaucoup, on échange nos contacts.

Nous rentrons enfin à 2h. O. le baby-sitter, s’est endormi sur le canapé.

Le lendemain, courses et bibliothèque. J’ai lu cette semaine le livre de Jérome Garçin sur son frère jumeau décédé, je prends maintenant celui d’Isabelle Alonso sur sa mère. Pourquoi est ce que j’aime autant les autobiographies ? Je me souviens que j’aurais voulu, si j’avais été jusqu’en maîtrise, travailler sur les femmes exploratrices du début du 20ème siècles, qui ont réalisé des carnets de voyage. Je prends aussi le deuxième tome d’une mangaka française extrêmement talentueuse, Vanyda, que j’adore. Ses personnages, leur psychologie, la sensibilité avec laquelle elle rend la jeunesse, tout est si fin, si bien pensé…

Au retour de la bibli’, R. s’est endormie dans la poussette. On bifurque pour manger en terrasse, enfin, enfin, boire un rosé et manger une entrecôte et de la purée maison, et un dessert à pleurer. Réveillée, R. termine son repas avec nous. A la maison, je passe une couche d'huile imperméabilisante sur la planche du bar. Elle est belle, avec la poutre qu’a dressé S., notre voisin ukrainien. Puis G. et A. nos autres voisins du 5ème, viennent chercher R. et l’emmènent au parc à côté. Avec Y. on travaille. Vers 18h, la planche est presque. On couche la petite trop tôt, avant 20, car elle tombe de sommeil et on mange une frittata de blettes bio.

Ce matin, marché, j’achète plus que de coutume, parce que nous partons pique-niquer dans notre ancien quartier, avec une copine de la LLL. Il y a des rillettes d’oie, du bon pain frais, du chorizo doux du traiteur, de la fougasse, des fromages délicieux. Avant de partir, je prépare le plat d’été que m’a apprit Leeloolène : du poisson cru dans du lait de coco, qui cuit avec du citron. Ce soir, tout sera prêt.
Pendant le pique-nique, les enfants jouent ensemble, grignotent, se courent maladroitement après avec leurs couches qui leur font de gros popotins. On revient chez nous, boire de la limonade fraiche, partager une cigarette en se faisant dorer au soleil par la fenêtre, mettre une nouvelle parure de lit, contempler la poutre et le bar,
encore et encore.

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