Dimanche de pluie

Dimanche de pluie.

Je n’ai pas pu terminer mes poutres comme je l’avais prévu. Mais j’ai fini Limonov, d’Emmanuel Carrère, dévoré plus que lu, en une semaine à peine. J’ai adoré ce rythme, ton souffle.

Y. est allé faire le marché, j’ai pu rester avec la petite. Longtemps, nous avons joué dans sa chambre.

Ce dimanche, pendant sa sieste, en attendant les amis, j’ai fait une tarte à la praline.

Y. est parti voir Faust au cinéma, pendant qu’on buvait du thé autour du grand canapé. R., ravie, passait de bras en bras, malgré sa fièvre et une infection qui m’inquiète dans l’arrière de la gorge. Y. l’a emmenée samedi chez le pédiatre, qui nous a dit de la surveiller. Depuis, je guette, le regard qui se voile, les cheveux collés et le corps qui devient mou. Mais non. Ma chouette n’a plus l’air si malade, la voilà qui court et rit de bon cœur, blablatant dans son sabir où émerge de temps à autre un seul mot connu.

Je raconte mes malheurs à mes amis, et tout le monde s’accorde me dire que je dois voir plus loin, plus haut, ailleurs. Je dois suivre leur conseil.

Le soir, je m’envole avec L., A. et T son amoureux. Bravant la pluie, traversons la ville, pour rejoindre les groupes de jeunes au cinéma de Chatelet. Voir le Blanche-Neige, que je ne serais jamais allée voir sans eux. Sortir en pouffant, se pousser dans la rue, échouer dans une brasserie derrière Saint-Eustache, et dévorer des steak-frites à grand renfort de carafes de vin.

A minuit, partager une dernière cigarette avec L. en parlant d’avenir.

Merci les amis d’être là.