Avec un livre

Je fais une béchamel pendant que R. traverse l’appartement dans un bruit d’enfer, poussant sa petite chaise en paille devant elle. Parfois, j’ai l’impression d’être dans un comics de Mafalda ou Calvin et Hobbes. Je lève les yeux au ciel en regardant ma terreur à roulette passer de gauche à droite, de droite à gauche, commentant mes faits et gestes dans son langage gloubiboulga, criant pour me signaler que le chat se déplace. « Oui MonCoeur, il bouge le chat, il fait ce qu’il veut, c’est un chat ».

Bien sûr, elle est aussi très calme parfois. Elle lit ses histoires seules, joue avec le papier d’imprimante sans bruit, ou tape consciencieusement dans le pot de Nutella (laissé ouvert par mes soins la veille au soir!) dans ses petits habits propres, juste avant de partir chez la nourrice, comme ce matin.

Ce soir, quand ma petite est au lit, je fais la vaisselle, je vide la poubelle des couches, met de huile essentielle de Tea tree au fond du bac à poubelle, aère l’appartement, finit de préparer un gratin de choux-fleurs car A.vient manger demain soir, je range les petits habits pour demain, je rassemble les livres, ramasse les mouchoirs, replace les meubles.

Je vais chercher le courrier et me pose sur le canapé pour savourer la lettre de ma grand-mère. Je correspond depuis ce noël avec mes deux grands-mères à la fois. Avec l’une, nous parlons de nos lecture, avec l’autre, des plats qu’on prépare. J’aime ces deux approches et ces deux facettes de leur vie qu’elle me dévoilent.Je caresse le chat qui respire enfin.

Je termine la BD de la délicieuse Posy Simmonds, Gemma Bovery, et surtout, j’ai dévoré le dernier Marie Darrieussecq en deux jours. Quelle délicate petite fleur cette Solange ! Comme j’ai aimé son écriture fine et précise sur les troubles de l’adolescence. Je me souviens de tout un trajet de métro sur la ligne 13 où j’étais assise dans les sièges à quatre face à l’auteur. Je voulais lui dire que j’aimais beaucoup ce qu’elle faisait, que j’avais adoré son livre le bébé. Et puis je m’étais ravisé, la laissant lire tranquillement jusqu’à sa descente.

Ce soir, je dois écrire un article, mais j’ai la flemme.

J’aurais du aller à une soirée de lancement, faire des contacts, faire des bises, mais j’ai la flemme.

Ce soir, je vais juste me coucher tôt.

Avec un bon livre.

Commentaires

1. Le jeudi, 5 avril 2012, 07:07 par Valérie de haute Savoie

Pourquoi mets tu de l'essence d'arbre à thé dans ton panier à linge sale ? J'en utilise aussi, mais en bain de bouche (assez infecte d'ailleurs)
Je me souviens de ce blog sans enfant, j'aime le lire, sentir cette sensibilité si particulière.

2. Le jeudi, 5 avril 2012, 15:29 par Marloute

@Valérie : je ne mets de l'huile essentielle d'arbre à thé que dans la poubelle, pas dans le panier à linge sale. L'odeur des couches, si on ne les sors pas tous les jours, imprime la poubelle!