10 de moins

L’année commençait bien, avec un double réveillon.

Chez G. et E., à côté de Barbès, un magnifique haussmannien au parquet en point de Hongrie, les huîtres, le saumon fumé, et autres petites douceurs, placés sur un buffet pour grignoter. Il y a les enfants, trois ou quatre pour l’instant, encore si petits, tout ceux de nos amis, qui courent, pleurent ou regardent un dessin animé sur le canapé. Il y a nous, cette bande d’amis parisien, tous bien habillés, R. a même mis une cravate pour l’occasion.

Bien sûr, une partie de la bande n’est pas là, happés par d’autres fêtes, dans d’autres endroits géniaux, à différents endroits de Paris. Mais pour des jeunes parents, nous ne nous laissons pas démonter. S. et L. débarquent. Ils ont mis fin un mois plus tôt  leur road trip aux USA, en combi avec un enfant de deux ans, pour venir fêter le nouvel an avec nous. Les embrassades sont chaleureuses. A minuit, on hurle, le champagne coule, et tout le monde se souhaite le meilleur pour la nouvelle année.

A 1 h, je m’éclipse.

Laisse R. endormie dans un petit lit, et Y. sur la piste. Ils rentreront seuls.

Je sors dans le quartier. Des bandes de gars errent dans les rues, chauds, enivrés sans doute. Pas une fille à l’horizon, je slalome vite avant de me faire accoster. A quelques rues de là, dans la Goutte d’Or, se trouve l’atelier du père de C., un lieu unique, immense et magique. Là, plusieurs générations se côtoient, tous des artistes ou gens du théâtre. Je retrouve mes deux amies, A. et L. et il y a leurs amis à elle, M., et Y. le beau comédien avec qui on avait tant rigolé il y a des années. On danse tant qu’on peux, on reboit encore, on rit de nos bêtises et nos mimiques sur la piste.

Je rentre dans le métro bondé, à 4h. Deux hommes m’accostent à la porte de Clignancourt. L’un insiste pour me raccompagner. On marche dans la nuit, on parle de tout de rien, de nos métiers, des Champs-Élysées où ils se trouvaient et qui étaient visiblement bondés.

Et puis il me laisse à la porte, me prend la main, me supplie pour avoir mes coordonnées. Je le calme vite :  « Ah mais non ! J’ai mon bébé qui m’attend là, moi je suis mariée !

-Mariée ?! Mais t’as quel âge ?

-30 ans.

-Quoi ?!!

-Ca te surprend ? Combien me donnes –tu,

-Je sais pas… 22/23 quoi…. »

Sur ce, j’ai un grand sourire qui s’affiche.

 

2012 commence bien avec presque 10 ans de moins !

 

Bonne année à tous !!!!