De la chance

Je rentre de l’exposition Nils Udo avec Clem.Trop courte et assez imparfaite, mais agréable.

Il fait chaud dans le métro, R. n’a pas dormi, elle s’agite, fait des grimaces à Clem, rigole puis chouine.

Je sors à l’air libre. Il fait doux, je slalome avec la poussette entre les vendeurs à la sauvette de fausses Ray-ban et de ceintures Guess.

R., bercée par le roulis, s’endort.

Arrivée à la maison, je ne la réveille pas, la laisse endormie dans la poussette, dans l’entrée.

Pendant ce temps, je me fais couler un bain chaud.

Je glisse dans l’eau en soupirant d’aise. Je lis un magazine, puis je lis un livre sur Tunis. J’aimerai y aller avec Y. au mois de décembre. Aurais-je le courage de laisser R. chez mes parents et les siens pour partir seule avec mon amoureux ? Pas sûr. Mais l’envie est là, et c’est déjà beaucoup.

Cette semaine est celle des petites séparations. Demain, R. sera gardée pour la première fois de sa vie, toute une après-midi chez la nourrice. Vendredi soir, si tout va bien, nous sortirons avec Y. en payant une baby-sitter.

Ces perspectives m’inquiètent un peu et m’enchantent aussi.

Bien sûr, nous sommes déjà sortis sans elle. Restaurant, concert, soirées, ciné, on a déjà tout fait, mais R. était toujours gardée par des amis, ma sœur ou mes parents de passage à paris.

Mais une « assistante maternelle professionnelle », payée pour ce temps-là, jamais.

Demain, pour la première fois depuis 8 mois, j’aurais un moment…pour moi.

Sans crainte d’être interrompue, sans soucis d’une tétée éventuelle ou de savoir si R. va pleurer ou non avec la personnes qui la garde.

Ce soir, je lis mon livre dans l’eau chaude et j’attends que ma toute petite fille se réveille.

Ce soir, je me dis que j’ai beaucoup de chance.