De retour chez eux

Ce matin, je me suis réveillée dans la petite chambre du haut, chez mes parents.

Je n’y suis pas revenue depuis Noël, où je m’étais enfuie, harassée de fatigue, mon nourrisson sous le bras.

Me voici revenue, et en quelques heures, mon moral décline.

Ma mère est tendue, et je sais que je dois faire profil bas.

Je suis chez elle, c’est elle qui décide.

Mais je me rebelle un peu, et je sens que je la blesse, par mes remarques, alors qu’elle ne le mérite pas. Mon père est redescendu de sa montagne, et leurs engueulades/propos acerbes ont repris. Je ne supporte pas ça non plus, moi qui n’imagine un couple plus qu’harmonieux et roucoulant.

Bien sûr, le jardin est magnifique, le regard porte loin vers l’horizon sur la colline boisée en contrebas, les lilas et les glycines sont en fleurs, et le vent transporte jusqu’à la table dressée dehors des bourres blanchâtres des peupliers. Bien sûr, R. est ravie d’être ici, dans la nature, où ses gestes progressent et s’assurent à pas de géants.Bien sûr, mes parents sont contents, de me voir, de la voir, leur unique et première petite enfant....

Mais je déprime. Sans voiture, dépendante des autres pour les transports, je tourne en rond alors que je suis là depuis moins de 24h.

Je repense à Paris, mon déménagement si rondement mené : de 14h a 18h, pas une minute en plus, et cet apéro gigantesque en terrasse dans la lumière du soir qui a suivi, et nos amis ravis.

Et me voilà ici, sans même mes sœurs pour éviter le tête à tête pesants avec mes géniteurs.

Et Y. me manque, moi qui le vois si peu….

Hum.

Tant pis pour la peinture non finie, mon bébé et moi ne pourrons pas rester longtemps, je crois.

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