Des nouvelles

Quatre jours sans nouvelles et me voilà inquiète.

J’imagine le pire par intermittence, et le reste du temps, je me contente de passer les journées sans trop y penser.

R. grandit encore. Depuis le départ d’Y. elle s’est remise à manger comme un nourrisson c’est à dire toutes les heures. A 03h30, 04h40, 05h10 elle pleure, mange comme un petit ogre et se rendort aussi vite. Quand à moi, je passe la journée en somnambule, hagarde et blême comme aux premiers jours de la maternité.

Pourtant, j’essaye de me tenir droite, pour faire plaisir à la kiné et de travailler ce périnée, qu’elle trouvait trop mollasson, malgré les séances de rééducation. L’exercice est difficile mais pas impossible. Je mets à profit les nombreuses tétées de mon bébé vorace pour l’entraîner sans y penser.

Fait étonnant, en quelques jours, je vois plus de monde que d’habitude. Est-ce que les gens ont un peu pitié de ma situation ? Une femme seule, quasi une mère célibataire ! On me garde mon enfant un soir pour que j’aille boire des coups, je fais des promenades avec d’autres, et enfin, mon amie L. vient s’occuper de ma fille pendant de que je descend les trois sacs de linges sales à la laverie toute proche. Je revis : que de gens avec qui discuter ! J’ai l’impression de retrouver un peu la "socialité" que m’apportait le travail.

L’ivresse du sommeil ne m’empêche pas de découvrir de nouvelles situations : j’aime la compagnie de R.

Cette petite fille est résolument enjouée ; elle ferait sourire même la plus fatiguée des mamans. Souvent, elle m’observe, commente mes gestes et hoquette d’un rire joyeux quand je daigne lui faire l’esquisse d’une grimace.

Sur notre lit, notre bateau, notre maison, nous refaisons le monde. Je compte ses doigts, embrasse son ventre, joue à la faire monter sur moi. De son côté, elle répand des litres de bave sur mes habits, attrape mes lèvres en crochetant ses doigts dessus et m’attire à elle pour me sucer le menton.Un bonheur à quatre bras.

Pourtant, il faudrait s’occuper du déménagement.

Commencer les cartons, s’occuper de contacter les déménageurs, ou à défaut établir des devis comparatifs, réserver une camionnette si nous déménageons seuls, changer notre adresse auprès des banques, téléphones, mutuelles, allocations et autres prestataires, et surtout, surtout, savoir par qui et comment va se faire la peinture maintenant que nos travaux se terminent enfin.

Il temps qu’Y. rentre.

Il devrait revenir dimanche.

J’espère que d’ici là, j’aurais quelques nouvelles.

 

Commentaires

1. Le mardi, 22 mars 2011, 21:14 par captaine lili

J'espère aussi.
Et non, ce n'est pas de la pitié, les gens autour de toi, c'est un entourage qui t'aime ! :-)

2. Le mardi, 22 mars 2011, 21:25 par Marloute

@Capitaine : Tiens en parlant d'"entourage qui t'aime", on dirait que ça devient de plus en plus sérieux avec ton amoureux! Mes vœux de bonheur profond en passant....

3. Le mercredi, 23 mars 2011, 06:55 par Valérie de Haute Savoie

Ben c'est assez naturel que tu sois inquiète, je te souhaite vraiment avoir des nouvelles très vite.
Lorsque tu racontes R. je la vois et je souris tellement je retrouve des images, des sensations d'enfance. Merci, c'est agréable de démarrer sur ces jolies notes.

4. Le mercredi, 23 mars 2011, 07:57 par clem

capitaine a raison, ce n'est pas de la pitié!!!!!!
attends un peu pour les cartons! tu ne peux certainement pas faire ça toute seule. Si tu veux qu'on se voie un de ces jours...