Le bébé est tombé

 

5h, je donne une tétée matinale à R.

Nous sommes en face à face, toutes deux couchées sur le flanc. Je suis mal placée, un bras coincé, mais me rendors quand même. Je pense au documentaire de Rob Epstein vu la veille, sur Harvey Milk cet homme politique gay élu en à San Francisco. Je suis profondément endormie quand j’entends un grand bruit sourd.

La première chose à laquelle je pense c’est « Tiens ? Quelle est la chose si lourde qui vient de tomber ? » Et soudain, je tends le bras devant moi pour toucher le vide, alors qu’au même moment, un grand pleur s’élève. « Oh mon Dieu ! Mon bébé, mon bébé ! »

Je me redresse, horrifiée, allume la lumière.

R. est à terre, sur le ventre, la tête dans la table basse. La tétée finie, elle a basculé en arrière. « Elle est tombée! elle est tombée! » Y. se réveille à mes cris. « Mais qu’est ce qu’elle fait là ? Pourquoi elle n’est pas dans son lit ? » Je le fusille du regard, morte de culpabilité. Soulève délicatement ma fille à terre et la tourne vers moi. Pas de plaie.

Elle pleure dans mes bras et je la berce.

Très vite, elle sourit, au milieu de ses larmes. Puis rigole franchement quand elle voit la tête de son père et la mienne qui la fixons avec inquiétude.

Un coup de fil au 15 qui nous rassure.

Elle n’est tombée que de 35 cm, sur le parquet. Il n’y a même pas de bosse visible. 48h de surveillance à exercer. Et un peu de glaçons dans un gant pour éviter l’hématome.

Pas d’inquiétudes… à priori.

Mais quand je repense à la scène, je sens un frisson me parcourir et j’ai les larmes qui montent aux yeux.

Quel stress ! Pauvre R. !  

Commentaires

1. Le mercredi, 2 mars 2011, 09:56 par Anne

Oh, pauvres de vous. Elles sont longues, les nuits où on va vérifier que le souffle est régulier, qu'il n'y a pas de comportement étrange, pas de vomissements...

Je suis sûre que tout ira bien. Et j'espère que le frisson et les larmes disparaîtront bientôt...

2. Le mercredi, 2 mars 2011, 13:24 par Akynou

Qui n'est pas passé par là :-) Garance s'est même cassée la clavicule en tombant de mon lit. Bon elle était plus âgée et était venue subreptiscement dans la nuit se coucher près de son père (moi elle savait que ça me réveillerait et que je la renverrait).
Elles sont toutes tombées au moins une fois du canapé. C'était le test. A partir de ce moment là, plus question de les lâcher, elles gigotaient trop.
Au moins, tu as appris une chose : un enfant, jamais du coté du vide, ni du côté des voitures quand vous marcherez toutes les deux sur le trottoir.

3. Le mercredi, 2 mars 2011, 13:24 par clem

ça leur ai arrivé eux aussi plusieurs fois, de plus ou moins haut, le plus haut étant un lit d'adulte (mais jamais de la table à langer). Après des pleurs, un comportement tout à fait normal qui, je l'espère, suffit à prouver que rien de grave ne s'est produit dans leur petit corps...

4. Le mercredi, 2 mars 2011, 20:19 par Valérie de Haute Savoie

Oui, le bébé qui tombe cela nous est arrivé, heureusement le matelas était par terre. Mais j'ai fait pire et je crois que j'ai failli mourir de désespoir, j'étais sur une mezzanine, j'avais C. dans mes bras, assise sur la moquette. La sonnette a retenti, je me suis levée pour ouvrir la porte, C toute petite dans mes bras. Sa tête s'est écrasée sur la poutre, j'ai cru entendre un craquement... illusion née de ma frayeur épouvantable.
R. découvre les lois de la gravité, l'exploration du monde.

5. Le jeudi, 3 mars 2011, 15:32 par Marloute

Toutes vos histoire me font (un peu) moins culpabiliser!

6. Le jeudi, 3 mars 2011, 15:32 par Marloute

Toutes vos histoire me font (un peu) moins culpabiliser!

7. Le vendredi, 11 mars 2011, 23:15 par Lyjazz

Pour éviter ça on a opté pour le futon sur le tatami. Les bb ont chuté de 10 cm, et plus tard ont appris à descendre du lit facilement.