J'écoute Creep de Radiohead.

Je me souviens d’une note lue il y a longtemps chez sLeAbO, qui racontait cette alchimie particulière avec sa compagne. Comme l’autre répond une débilité suivant un code établit mutuellement au fur et à mesure d’une relation. Comme les running gags fonctionnent particulièrement bien dans le couple après très peu de temps et peuvent durer longtemps longtemps.

Je suis toujours aussi étonnée et ravie de ma capacité à faire rire Y.
La première fois que je l’ai vu, j’étais allée prendre l’apéro avec une amie chez un collègue de fac, B. Je croyais qu’il vivait seul et je commençais à amuser la galerie en racontant mes improbables histoires de cœur, toujours plus ou moins foireuses à cette époque. Au bout d’une heure, Y. est apparu dans l’encadrement de la porte. B. a fait sobrement les présentations : « Y. mon colocataire » Je n’en revenais pas de sa muflerie (ou de sa timidité ?) : l’animal n’était pas sorti de sa chambre alors que nous faisions la foire depuis une heure !
Quelques minutes après, le Y. en question était littéralement plié en deux en écoutant mes histoires.
Plus il se gondolait, plus j’en rajoutais. J'adorais son rire en cascade, ses yeux plissés.
Et je crois que c’est ce qui m’a le plus plu chez lui.
Qu’il rigole à mes blagues.

Encore maintenant, quand je le croise le matin, qu’il se lave les dents ou prend son petit déjeuner, je ne peux pas m’empêcher de le faire rire. Une grimace, une imitation, une posture ridicule. Ses gloussements me réchauffent le cœur. Alors, je pars travailler avec le son de son rire dans un coin de ma tête.

Profitons, profitons... tant que les nuages n’ont pas encore envahi le ciel de notre amour!