Tout de même

M. sort de chez moi.
Enceinte de 7 mois, elle fait partie de notre cercle d’amis élargi.
Je me souviens de cette soirée d’automne où elle m’a appris sa grossesse. Jamais, à ce moment-là, je n’aurais cru être enceinte en même temps qu’elle. Qui l’aurait cru ?
En janvier, assez sûre de moi, j’avais tiré quelques plans sur la comète : obtenir ma promotion au boulot, faire quelques beaux voyages pendant l’année, et laisser venir une grossesse, si elle voulait bien venir. Il n’aura pas fallu 15 jours, à mon grand soulagement bien sûr, mais tout de même, je suis toujours aussi chamboulée. N'ai plus de visibilité sur les mois à venir, tant l'avenir me parait instable.
Je le vois bien pourtant, à ce ventre arrondi, à ces formes pleines, que je ne suis plus la même, mais tout de même.

Je suis plus égale, solide et déterminée que jamais, moi qui m’émouvait d’un rien, et passait tant de temps à douter.

Avec Clem la journée de lundi, dans son bel appartement baigné de lumière et ses deux enfants si sages, j’aurais pu rester des heures à parler de « ça ». Avec M. ce soir, encore. Elle ne devait passer que quelques minutes, que je lui donne toutes ces petites crèmes et autres magazines que je lui met de côté depuis des mois. Deux heures après, nous comparions encore les différentes maternités d’île de France. Je mets la même énergie à parler de cela que j’en ai mis des années durant à parler sexe ou relations amoureuses pendant des après-midi entiers ou de longues soirées arrosées lors de multiples « soirées-filles » de ma vie.
Etrange.
Etrange.

Je ne me reconnais pas vraiment, mais essaye de faire avec moi-même. Bien sûr, c’est un moment unique, intense, mais tout de même, tout de même, qu’est ce que cela fait bizarre de changer ainsi !

Commentaires

1. Le vendredi, 9 avril 2010, 20:14 par Leeloolène

Merde alors... tout ce qui me gonfle chez les femmes enceintes !

Enfin... je dis ça... je dis rien... profite de ces moments de bonheur sûrement !

2. Le vendredi, 9 avril 2010, 20:37 par Marloute

Bhin oui, je saaaaaaaaiiiiissss
c'est horrible non de changer comme ça non?

Je me sens tellement bizarroïde.

3. Le samedi, 10 avril 2010, 11:54 par Valérie de Haute Savoie

Tiens, je n'ai jamais discuté avec mes amies de mes relations intimes, et c'est vrai que comme Leeloolene, ces discussions typiques ne m'ont jamais enthousiasmées ;) Par contre j'aime bien lire ton bonheur !

4. Le samedi, 10 avril 2010, 14:46 par clem

mais moi aussi, ça me gonflait d'entendre les mamans ne parler que de "ça", je trouvais ça tellement "maman". Et puis, on finit par le faire, mais on n'oublie jamais qu'il y a tant d'autres choses à dire! ne t'inquiète pas, va! et puis si tu n'as envie de ne parler que de ça en ce moment, et ben, lâche toi! et appelle moi! ;)

5. Le dimanche, 11 avril 2010, 17:49 par Marloute

Valérie : Moi j'ai commencé à faire des "soirées-filles" en 2000-2001. On se trouvait tous les jeudi à 5 ou 6 chez une copine pour regarder Ally Mc Beal. On buvait du martini blanc en mangeant des olives et en se croyant à Manhattan. Je me demande si cette intimité déballée n'a pas été influencée par des série comme "Sex and the City". En tout cas, je les recommande! Jamais je n'ai autant ri que lors de ces soirées, où chacune raconte ses désastres sexuels/amoureux ou au contraire ses bons coups de la semaine. Chacun son tour, tout le monde passe à table et en général, ça dégénère très vite en fous-rires et en one woman show!

Clem : Quand tu veux! Hihi, je vais bien finir par l'assumer! Tant que ça ne barbe personne à côté (cf Leeloolène au restaurant)