Le temps de regarder en arrière

J’équeute des haricots verts, assise sur le canapé d’or du salon. Churchille folâtre à mes pieds, moi je suis soucieuse. Il ne me reste que très peu de jours avant nos vacances à New York, et j’ai beaucoup d’articles à écrire. Je ne suis pas sûre de réussir à tout faire. A la radio, j’écoute Cécile Duflot défendre ses positions pied à pied, avec calme et humour, face à un vieil éléphant anti-écologie dont je n’ai pas retenu le nom. J’attends Y. qui ne devrait pas rentrer trop tard, contrairement aux autres soirs de la semaine.
L’écriture du blog me manque. Je sais, je sens que je devrais reprendre, me retrouver des marques, pour pouvoir poster plus souvent, et me permettre de jeter un regard en arrière sur le cours de ma vie. Cela fait un an que je suis rentrée dans cette entreprise, à laquelle je me suis attachée, et dont le destin, le contenu, la réussite me préoccupe. Moi l’indépendante, j’ai acquis la culture d’entreprise, avec une facilité qui m’a déconcerté moi-même. Me voilà à penser comme un patron, plutôt qu’à ma pomme de salariée. C’est grisant, intéressant, cela fait voir les choses d’en haut. D’un peu plus haut.

Commentaires

1. Le jeudi, 10 septembre 2009, 10:11 par captaine lili

J'ai refait une tentative mail - sur gmail j'ai vérifié... tu as reçu ?

2. Le jeudi, 10 septembre 2009, 13:14 par gilda

Si je peux me permettre de faire ma vieille : "Me voilà à penser comme un patron, plutôt qu’à ma pomme de salariée" = attention danger. C'est ce qui amène à travailler pour bien davantage que ce qu'on est payées. Mettre de côté bien des (bonnes) choses personnelles parce qu'on y croit et qu'on est motivées. Que vienne le temps d'une nouvelle hiérarchie incompétente ou pénible, de difficultés économiques de l'entreprise ou ce qui est pire, d'un rachat - fusion, et on s'aperçoit que depuis le début on n'était pour eux qu'un pion.
Donc faire bien son boulot oui, y sacrifier pour plus qu'on ne reçoit en retour : non. Et surtout si l'on est de ceux qui débutent, ne surtout pas endosser les soucis de ceux qui au-dessus sont grassement rétribués à les redistribuer.

(J'écris ça, je sais bien que tout est fait pour nous suggérer le contraire, j'ai donné, d'autres que moi aussi et qui s'en sont moins bien sortis).

3. Le jeudi, 10 septembre 2009, 17:38 par Leeloolène

Tu vas voir... on prend très vite le pli... et même si on veut freiner des 4 fers... on acquiert bien vite la culture d'entreprise !! Notre discussion de ce week end me replonge il y a 7 ou 8 ans à mes débuts dans la vie active à me poser les mêmes questions que toi !!

Bises... mais pense quand même à venir écrire ici !! tu seras heureuse de relire ça quand tu auras pris du galon et que tu seras devenue Woman of the year :) :) !!!

4. Le jeudi, 10 septembre 2009, 23:09 par Akynou

O combien je suis d'accord avec Gilda. Tant qu'on n'a pas les galons et la paie du patron, on le laisse se dépatouiller avec ses problèmes de patron. Même si oui, on prend plaisir à faire son métier, et à la faire bien.

5. Le vendredi, 11 septembre 2009, 00:21 par Moukmouk

C'est tout le problème de la conscience professionnelle. On veut bien faire son métier, se décarcasser pour sortir de la qualité, et après quand le patron se fout de votre gueule, ça fait très très mal. Mais je pense que chacun doit vivre l'expérience, parce qu'il y a un réel plaisir à se défoncer pour faire du bon boulot.

6. Le vendredi, 11 septembre 2009, 19:23 par Marloute

Capitaine lili : toujours rien. je t'en envoie un pour que réponde sur celui-là dac?
Hum : je pense que vous avez tous très raison.
Hélàs. Les patrons nous poussent et nous lâchent au dernier moment.
Pourtant, que faire, quand on est poussé à aller plus loin, à se dépenser plus?
Je ne peux pas non plus attendre une promotion en restant les bras croisés...

7. Le vendredi, 18 septembre 2009, 02:01 par Akynou

Oh mais entre attendre les bras croisés et se défoncer, il y a de multiples degrés. Dont celui de faire bien ce pour quoi on est payé. Ni plus ni moins.
Mais le plus important, quoi qu'on fasse, c'est de ne pas être dupe. :-)