Du tourisme à Paris

Je m’échappe du travail pour aller voir seule l’exposition Elles à Beaubourg. Petit plaisir sans témoin que je ne m’accorde que trop rarement à mon goût. Je suis passionnée par les œuvres. Incroyables, déroutantes, dérangeantes, belles, profondes. Mais je suis irritée par les touristes. Des japonaises se détournent, la main sur la bouche, choquées et passent d’œuvres en œuvres. Des adolescents italiens ou américains s’éclaffent, et rient de gros rires gras comme seuls peuvent les produire les adolescents. Leurs parents, confus, n’hésitent pas à mettre leur main sur les yeux du petit dernier. Je les toise avec un peu de mépris. Et oui mes agneaux, les femmes artistes à Beaubourg, c’est pas du Nicolas Poussin, en règle général, ça déménage.