Avoir 20 ans

C'est un documentaire particulier, moitié fiction, moitié vrai, réalisé par des jeunes gens de 20 ans.

ici,

Moi, je suis allée fouiller dans mes carnets...

Ce que j'écrivais la nuit où j'ai eu 20 ans...

"Minuit a sonné et je n'ai pas frémi.

Sans coup férir l’horloge a geint, une étrange plainte, entre plaisir et douleur, entre mélancolie et extase, toujours sur le fil du rasoir.
« Je » lucide et trouble, à l’aube du passage.

 

Que ressent on à devenir femme ? A jeter à bas le voile et répondre de ses actes ?

De l’angoisse, mêlée à de la joie.

Me voici à l’âge des possibles, où milles futurs se dessinent, tous plus rieurs, sous des cieux sans ennuis.

Que vingt ans passent encore et j’aurais alors à répondre de tous les potentiels, par mois des années plus tôt énoncés.

Mes flancs resteront ils vides ?

Mon cœur sans écho ?

Ma dot empoussiérée ?

Que feront alors mon esprit et mon âme ?

Trouveront ils leur chemin ?

Feront ils la nique à l’épicurienne que je suis, aux deux pieds bien à plat sur son sol, à l’artiste gonflée d’orgueil, si fragile qu’elle éclate ?

Mon moi plein de doute et de fiel, quant au regard de celui qui.

Je voudrais savoir... mais pourtant ce avenir qui m’échappe à 20 ans est une chose si belle que je conserve mes espoirs dans des écrins de Soi.

Qui "sait" ?

Mais quelle douceur de ne pas savoir ! »

 

S’ensuit tout un carnet où je raconte une année de ma vie. Ma vie de mes 20 ans. Mes amis, les bars, les expos, les soirées chez des copines à refaire le monde, des amoureux de passages, et la rencontre avec Y. à la fin de l’année 2001. Ma solitude était romantique. Je divagais sur mes pages, trouvais le monde extraordinaire. Chaque journée qui passait me faisait m’émerveiller un peu plus. Qu’il est doux d’avoir 20 ans… Qu’il est doux aussi d’en avoir 8 de plus ! Je suis troublée de lire comme je pouvais être fantasque, obscure dans mes textes, illuminée parfois. Je me voyais une grande artiste, je me plaignais beaucoup (je n’ai pas changé !) mais j’étais comblée de bien et de beau. En fait, je n’ai pas changé. Même la longue dépression, même si elle m’a abîmée sur le moment. Le temps est loin maintenant. Je suis plein d’allant, et d’envie, et de vie.