La dégringolade

C’est niet.

C’est non.

Pas d’embauche donc.

Je ne sais même pas si je dois revenir demain. On m’a laissé partir sans me dire la suite.

Ce soir, mon sort était décidé en haut lieu. Demain, je saurais ce que l’on me propose. Soit la porte, soit un prolongement de mon CDD, ce sont les bruits de couloirs. L’équipe est atterrée, le chef un peu en panique.
Moi je suis chamboulée.
Impression d’avoir fait une faute, alors que je me suis donnée à fond depuis six mois dans mes deux contrats successifs. Impression d’être trahie, de ne pas avoir de reconnaissance, alors que j’ai vraiment fait du bon boulot. A 28 ans, j’ai le sentiment de piétiner, comme si cette précarité grimaçante qui me colle à la peau faisait de moi une pariât, une « non-admise » au club des « titulaires ». Moi j’ai envie d’avancer. Envie de stabilité. Envie de faire des projets. Tout est remis à plat : avec un CDD, je ne peux pas déménager, je ne peux pas faire de bébé, pas de prêt bancaire. C’est peut-être très con…mais avec un autre statut, j’aurais l’impression de passer une étape, de pouvoir me projeter. Là, rien. Je vais réfléchir cette nuit. Que faire ? Pour ne pas rester les bras ballants, j’ai demandé un rendez-vous avec les chefs des chefs des DRH. Je l’obtiendrai peut-être, si quelqu’un daigne me recevoir, eux qui ne parlent qu’en chiffre, combien je vais leur couter, combien vont-ils donner aux actionnaire à la fin de l’année?. Moi je veux parler. Avec de vrais gens. Avec ceux qui décident. Essayer de comprendre, et pouvoir leur dire : mon dynamisme, ce que j’ai fait depuis septembre, les choses sur lesquelles j’ai fait avancer le magazine. Peut être que cela n’avancera à rien. Mais j’aurais moins l’impression de me laisser broyer, de n’avoir rien fait, d’avoir subi le système.
Et se remettre en selle, puisqu’il le faudra bien.
Même si c’est inhumain, sans pleurer, ni crier à l’injustice.Mais se dire qu'on est bien peu de choses, face à des grosses boites pareilles.

Commentaires

1. Le lundi, 23 mars 2009, 23:35 par captaine lili

Je dépose mes pensées... et ma certitude que tu rebondiras. C'est tout ce que je peux faire cette nuit... Bisous !

2. Le lundi, 23 mars 2009, 23:55 par Akynou

Bon tout d'abord un gros bisou et un gros calin pour te remonter le moral.

Ensuite deux ou trois petits trucs. C'est extrêmement rare de se faire embaucher dès le premier CDD. Dans ce milieu, on monte marche après marche et l'escalier est haut. Déjà, que tu ai obtenu un CDD, tu as grimpé quelques marches. Ça te servira dans ton CV. Ensuite, tout dépendra de toi. De ce que tu accepteras de leur part. Tu pourras sans doute piger quelques temps. Puis ils te proposeront un autre CDD. Puis de nouveaux des piges, etc. Dans un autre groupe, celui où j'étais, j'ai vu des rédacteurs vivre pendant six ou sept ans entre piges et CDD avant d'avoir un CDI. Et d'autres encore qui continuent, après plus de dix ans et des responsabilité de chef de rubrique.
La seconde c'est que ce n'est pas la peine que tu te couvres de cendres. Tu le dis toi-même à la fin de ta note. Tu n'es rien pour les gestionnaire, qu'une ligne de chiffres dans la case dépenses. Depuis ton embauche, il y a eu la crise. Et tous les groupes débauchent. ils rembaucheront dans quelques temps, quand le gros de la crise soit passé. LE fait qu'ils ne t'aient rien dit de plus que pas de CDI, c'est que la décision n'a pas été prise à l'avance et probablement, elle a été imposée à la rédaction en chef. Et si ça se trouve, ce journal ne va peut-être pas très bien. et qu'il faut diminuer l'équipe. MAis comme ils se couperont en morceaux plutôt que de l'avoir (ça ne fait pas bien dans le décor), il se peut qu'ils te disent que tu ne fait pas l'affaire. C'est dégueulasse, mais ça arrive. Il faut te préparer aussi à cela et surtout ne pas les croire.

Enfin, concernant le bébé, la première fois que je me suis fait virer d'une boite, j'avais a peu près ton âge, juste un peu plus jeune. Et j'ai dit à une amie qui venait d'avoir un garçon que ça remettait tout en cause, que je ne pourrai pas avoir le bébé que je voulais avec mon jule de l'époque. Et ma copine m'a engueulé en me disant : "si tu voulais vraiment un bébé, tu le ferais. Et tu ne te cacherais pas derrière de fausses bonnes raisons." Ça m'a choqué terriblement ce qu'elle m'a dit. et même mise en rogne. Mais j'y ai réfléchi beaucoup. Et je me suis rendue compte que cette envie était plus intellectuelle qu'autre chose.

Alors ma petite perle, comme on dit en Guadeloupe Fos et couraj. Bises.
Quand je suis tombée enceinte de Lou, j'étais au chomage, célibataire, mais voilà. Je voulais ce bébé. Et je l'ai eu. Et le reste n'était pas important.
Bises et plein de courage pour repartir à l'assaut du monde. Parce que je pense que c'est ça qui te prose problème surtout. Tu avais tellement envie d'une cache ou te nicher, après tout ce que tu as vécu et toutes les souffrances et les angoisses subies. Mais le boulot, c'est tout sauf une sinécure, malheureusement.

3. Le mardi, 24 mars 2009, 11:13 par karmara

Tout pareil qu'Akynou… Et pour le boulot, et pour l'enfant.

Pour le boulot, je vois en ce moment dans le gp où je travaille que les embauches ne sont pas à l'ordre du jour. Et les CDD de moins en moins nombreux… Les entreprises font le gros dos.
Ne te remets pas en cause ! Ton travail n'a rien à voir là-dedans. Tu finiras pas t'amarrer à un journal, ou à un site Internet. Mais il et possible que cela prenne plus de temps que tu l'espérais.

Pour le bèb', j'étais pigiste qd j'ai eu Anouk. Et le papa est intermittent du spectacle. On a vécu deux ans dans un deux-pièces. Pas facile, mais c'est jouable. On peut tjs se démerder.

4. Le mercredi, 25 mars 2009, 08:35 par Marloute

Merci merci merci de vos commentaires constructifs!
Je fais une note pour le coup de théatre!