Week-end parisien

Vendredi soir, je rentre de chez ma psy.
Je sais qu’il n’y a rien a manger à la maison. Y. travaillant et moi aussi, nous nous sommes mal organisés. Un texto de Leeloolène m’apprend qu’elle est à son appartement parisien, avec du fromage et des tapas. Je redeviens joyeuse. Je rentre vite à la maison, tandis que Y. passe chez le caviste chercher du vin. Je trie mon courrier, des factures partout, taxe d’habitation et assurance de l’appartement. C’est un « gros » mois.
Le soir avec Leeloolène et sa mère, nous refaisons le monde à 4, avec du bon vin rouge, de la tapenade et des tomates séchées mixées, et nous finissons la soirée avec des fondants au chocolat. 
A 1h, nous nous quittons. Le lendemain, matinée laverie. Je prépare des pâtes au parmesan avec de la sauce de blanquette de veau à l’ancienne. Avec ces restes de frigo, je trouve que je m’en sors plutôt bien.
Il faudra quand même faire des courses. L’après midi passe vite : nous partons à la bibliothèque et sommes happés en chemin par les portes ouvertes d’une résidence d’artiste, la cité Montmartre. Des dizaines d’ateliers appartement confiés à des artistes par l’Opac, sur 3 immeubles de 6 étages. Sous le soleil éclatant, nous furetons d’ateliers en ateliers, d’univers en univers…J’avais prévu de boire le thé avec mon amie G. j’annule pour pouvoir profiter de cette visite.

Revenus de la bibliothèque, je laisse Y. a l’appartement. Il me rejoindra à la fête de ce soir, un anniversaire d’une amie d’ami. Je file à la Fourmi, à Pigalle, rejoindre enfin G. pour un apéro-psycho. Elle est triste et sur les nerfs. La voilà qui pleure et je m’en désole. Elle craque de cette union qui n’en finit plus de se défaire, après 5 ans. Mercredi, son mec doit partir avec ses cartons. J’espère pour elle qu’elle verra enfin la fin du tunnel, après tant d’années de souffrance. Elle n’est pas du tout heureuse de rentrer dans le célibat. Elle m’affirme qu’elle est vieille, qu’elle n’a plus d’amis, qu’elle est condamnée. Je voudrais moucher son nez de chat, embrasser ses paupières pleines de larmes et lui montrer un avenir plus radieux dans quelques mois. Mais je sais qu’elle doit aussi passer par le chagrin immense de la perte, de l’échec, pour pouvoir se reconstruire et faire son deuil à son rythme.
Elle ne veut pas me suivre à la soirée.
Je pars donc à Marcadet Poissonniers, dans le 18ème. La fête est classique : sangria, trucs à grignoter, gâteau, bougie, chanson. Et puis en discutant avec une jeune fille présente, M. qui fait de l’archéologie à Dijon, je me rends compte que nous avons une copine en commun : le Capitaine. Ca alors ! Je tais l’existence de mon blog et la connexion entre nous, évoque de manière vague notre enfance pour expliquer les liens au Capitaine (il faut comprendre une chose Capitaine : autour de moi, à part Y ; personne ne sait que j’ai un blog)
A 1h30, je suis fatiguée. Les garçons ont attaqué la vodka, moi je n’en veux pas. Je m’enfuis avec mes souliers rouge, comme une souris.
Dans le métro, j’appelle Y. qui ne m’a pas rejoint à la soirée. Je ne sais même pas ou il est. Je me sens mal, l’impression d’être abandonnée dans cette grande capitale. Enfin, je rejoins Y. et notre ancien voisin qui a amené une copine. Ils boivent des coups à Guy Moquet, après avoir fait la fermeture de chez Irène et Bernard. Les trois sont complètement fait et presque motivés pour rentrer. Je n’ai pas autant bu qu’eux et je me sens plus fraiche.
Sur le chemin du retour à l’appartement, Y. ne marche pas droit, bien qu’il m’affirme le contraire. Il m’agace et m’attendrit, à disserter sur le fait qu’il a discuté longuement avec notre ancien voisin de sa future paternité (dans deux mois) et qu’Y. m’explique que c’est normal pour un garçon d’être un peu flippé par tout cela. J’opine bruyamment et le pousse à accelerer. 
Il est 3h et mon prince charmant ronfle tant qu’il fait trembler le cadre du lit.

Le lendemain, je constate qu’il fait magnifiquement beau. Y. gémit de douleur quand le réveil sonne.
Je le laisse dormir. Leeloolène passe en coup de vent, me ramener mes serviettes de bain lavées et sèches avant de repartir à Nantes.
Moi je par faire les courses. Quand je reviens, je m’inquiète, Y est toujours dans son semi coma éthylique. Je le force à boire de l’eau salée, pour aider à la réhydratation. Il replonge dans le sommeil, dans le noir de la chambre.

Je prépare un filet mignon au miel et aux agrumes, des cardons, range les courses, fait la vaisselle. En prime, je m’entaille le haut du pouce avec une saleté de couteau et fout du sang partout en cherchant la boite à pansement.



Il est 15h, il fait toujours aussi beau dehors. Je vais sortir, m’aérer, profiter de cette belle journée. Y. va un peu mieux, mais il n’est pas douché.
Quand je pense que c’est avec cet animal là que j’ai décidé de faire ma vie, je me dis que le lien d’amour est bien étrange. Fera-til la même chose avec ses enfants ? peut être pas autant… du moins je l’espère.
Ce soir, j’ai promis à mon ami R ; de le rejoindre pour voir le film Tonnerre sous les tropiques. Le film a l’air idiot a souhait, exactement ce dont j’ai besoin : une bonne dose d’humour gras avant de commencer ma semaine !



Commentaires

1. Le dimanche, 19 octobre 2008, 15:13 par captaine lili

Tu as rencontré ma petite soeur de coeur ! :-) C'est drôle et en même temps, pas si surprenant... Ne t'inquiète pas, je comprends tout à fait et je lui donnerai discrètement les détails qu'il manque de mon côté, si nécessaire. Elle est bien, cette M., hein ? (je ne suis pas du tout objective, je la connais depuis qu'elle est née !) ;-)
(et je confirme ton questionnement sur l'étrangeté des liens d'amour...)

2. Le dimanche, 19 octobre 2008, 15:32 par Leeloolene

Je vois que le bébé chat a fait sa réapparition ! Tu lui diras bien que c'est pas gentil de se cacher quand je passe en méga coup de vent :)

Décidément ça en fait des copines qui pleurent avec toi. J'aurai du venir voir G. On aurait eu des choses à se raconter toutes les deux ! Mais j'apprends ici qu'enfin les choses bougent pour elle ! Ouf !!

En tout cas chouette soirée chez moi. C'était sympa de vous recevoir... ce serait tellement bien d'être voisines tout le temps. Enfin, ça en fait des moments encore plus sacrés... c'est bien aussi.

Bisous (bien rentrée)

3. Le lundi, 20 octobre 2008, 22:34 par clem

j ai été complètement happée par ce post... j'adore qu'on me raconte la banalité des jours et des événements qui passent, les petits détails... c'est grave docteur?

4. Le mardi, 21 octobre 2008, 16:31 par Marloute

Capitaine : oui, quel délicieux "petit monde"!

Leeloolène : Que de larmes et que de joies à la fois!

Clem : moi aussi j'adore lire la banalité des jours... Tu crois que c'est grave aussi?

5. Le dimanche, 26 octobre 2008, 20:30 par Moukmouk

Avec quelle sauce tu les sers, les petites bouchées de viande dans les photos du bas?