Le trésor

Incroyable.
Dans la vie professionnelle, il y a des moments intenses, des moments où tout devient limpide, où l’on comprend mieux pourquoi on fait ce métier.
C’est ce qui m’est arrivé ce matin, quand j’ai rejoint le muséum d’histoire naturelle à 9h, après avoir traversé tout Paris en diagonale. J’allais visiter les collections de minéralogies, avant le lancement de leur magnifique site internet.
Là, les conservateurs nous ont divisés en deux groupes de journalistes pour nous emmener dans la salle du Trésor. Une cave blindée où sont conservées des pépites d’or grosses comme des poings, des feuilles d’argent brut, des cristaux de platines. J’admirais toutes ces splendeurs quand soudain le conservateur a disparu : "Attendez moi ici" a t’-il seulement dit avant de disparaitre par une autre porte blindée, dissimulée derrière un mur.
Il est revenu avec une boite en cuir bleu, haute d’une trentaine de centimètres. Le conservateur a alors prévenu "Voilà le trésor des trésors".
Sur la boite était écrit à la plume « Joyaux de la Couronne de France ».
Quand il a ouvert, j’ai retenu mon souffle.
Séparés par de petites cases cartonnées, étaient alignés : une émeraude aplatie que Louis XIV portait à son chapeau, la plus grande topaze de la monarchie, une énorme opale irisée, un long diamant « portrait », un diamant « jonquille » aux reflets d’or monté en bague énorme, des perles de nacres qui ornaient les cheveux de Marie-Antoinette.
J’étais subjuguée. Par la splendeur des pierres, et leur proximité : le conservateur les manipulaient pour nous les sortir l’une après l’autre. En 1796, ces joyaux ont été confié au museum, qui venaient d'ouvrir ses portes trois ans plus tôt. Déclarés "trésor inaliénable", ils n'avaient pas depuis quitté leur boite en cuir bleu.. et les caves du Musée. Pour des raisons de sécurité, un tel trésor est gardé sous clé au lieu d'être présenté au public.
Il a sorti d’une dernière case une rareté : le plus beau saphir du monde, un caillou de 135 carats, que Louis XVI portait à son col, avec son diamant bleu, disparu depuis 1796.
J’ai entendu de la bouche du conservateur des histoires incroyables à propos de ces pierres, des histoires dignes de Dumas, avec des trahisons, des vols et une enquête haletante.
Je me suis prise à rêver à qui proposer une telle histoire, quel magazine, avec un tel scénario…
Je me souviens que quand j’étais petite, comme beaucoup d’enfants je collectionnais les pierres précieuses. Je les étiquetais, les dépoussiérais souvent. Elles me fascinaient pas leurs jeux de lumières, leurs alignements de cristaux.
Dans la salle du trésor de la galerie de minéralogie, je sentais renaitre en moi ce souffle, cet attrait incroyable pour la magie des pierres précieuses, leur histoire, les bijoux qu’on en tire.

Je suis sortie secouée et heureuse, indécise encore sur les suites à donner à cette histoire.

Commentaires

1. Le vendredi, 20 juin 2008, 03:17 par Moukmouk

Compte-t-on les montrer au public un jour?
Une suite serait de partir une campagne de presse pour exiger qu'elles soient montrées dans un coffre-fort vitré. Pas nécessairement payant tout de suite, mais tu te ferais connaitre beaucoup.

2. Le samedi, 21 juin 2008, 12:06 par Fauvette

Voilà un bon sujet ! Tu devrais le faire non ?

3. Le samedi, 21 juin 2008, 18:22 par Marloute

Moukmouk : il y a quelque chose à écrire sur ces pierres qui sont enfermées loin des yeux du public. Et leur histoire est fascinante.

Fauvette : je suis en train d'écrire un synopsis que j'enverrais lundi matin... Ou bien appeler directement les rédactions, comme me l'a conseillé Akynou hier soir....