Une ombre de joie

C’est extraordinaire.
Hier, j’étais sur le divan, en train de divaguer, comme à mon habitude, sur les petits travers de ma vie, et soudain, quelque chose de très fort m’a traversée : ce n’est pas grave de ne pas être celle que je rêvais d’être. L’important, c’est de prendre du plaisir à faire des choses. D’avoir certaines valeurs et de les défendre. De s’écouter. Bien sûr, ces mots, je les ai déjà lu, entendu dans la bouche de quelqu’un d’autre, ou simplement j’ai essayé de les employer sur moi… Mais là, pour la première fois depuis… (27 ans ?), quelque chose a lâché. J’ai réalisé la véracité de ces mots pour moi-même. Je suis sortie de la séance avec un sentiment de plénitude et de bonheur incroyable. Plus rien n’était grave. L’avenir s’ouvrait avec facilité sous mes pieds, car j’avais cessé de lutter.
Aujourd’hui, je me suis levée tôt pour régler de l’administratif, qui s’entasse sur mon bureau. Puis je me suis fait un café avant de relever mes mails. J’ai commencé le compte rendu du conseil d’administration de mon association. J’ai rédigé quatre critiques de livres. Je suis aller poster des courriers importants. J’ai mangé sur le pouce, et j’ai filé au Muséum d’histoire naturelle pour un shooting photo avec un scientifique. Après la séance, j’ai bu un café avec une responsable du Muséum, croisée dans une soirée. Elle aurait peut être du travail pour moi, qui sait. Je suis rentrée pour revider ma boite mail avant le yoga. Une étudiante en journalisme m’accuse à demi de ne pas l’aider car je n’ai pas répondu à son très long questionnaire par mail. Mea culpa. Je m’en occupe, je vais le faire… mais non. Pas la force.
Trop d’urgence à exécuter avant.
Un article sur le continent de déchet près d’Hawaï.
Un autre questionnaire en souffrance.

Il est 19h30. Je vais avoir juste le temps de manger un bout de pain avant de partir au yoga. Je continue d’être dans cet état second, de ravissement, malgré le fait que je n’ai toujours pas d’argent ce mois. Je retrouve, très légèrement, une ombre à peine, cette foi et cette passion qui m’ont travaillé pendant des années d’adolescence. Et si c’était revenu ? Je n’ose y croire encore. Il faut que quelques jours passent…

Commentaires

1. Le vendredi, 16 mai 2008, 01:18 par Oxygene

Et quel billet serein et détendu ! Cela fait plaisir à lire.

2. Le vendredi, 16 mai 2008, 04:34 par Moukmouk

Bon tu sembles avoir décidé de cesser de se battre contre toi et maintenant tu le feras pour quelque chose.

Faut quand même prioriser, l'étudiante qui t'engueule, tu peux lui répondre qu'avant de l'aider elle il faut que tu t'aides toi.

3. Le vendredi, 16 mai 2008, 09:09 par captaine Lili

Ca repartira peut-être mais l'important c'est que ça revienne. :-)