Sous l'aile de la République

La place de la République grouille de monde.
Le vent rabat sur la foule d’épaisses fumées, merguez, chorba…
Les associations sont présentes, des gens de gauche, des amis que je trouve par hasard. Certains sont en reportages. D’autres sont là pour être là, pour être citoyen, tout simplement.
J’écoute la fanfare, me fait arroser de confettis, me cache sous une couverture de survie, suit le chant de femmes sans papiers, regarde les "Jeudis Noirs", si jeunes, adossés à la statue de La République.
On dirait que la statue prend tous ces jeunes sous son aile, qu’elle les couve et les protège, eux, qui l'escaladent pour brandir leurs banderoles.
Quel beau symbole !
Combien seront-ils à dormir cette nuit ? Je ne sais pas. Moi je suis revenue chez moi, je n’ai pas le courage d’y retourner. Il y aura pourtant du beau monde, des concerts et des amis. Mais je rentre, heureuse d’être sortie, d’avoir signé des pétitions, d’avoir un peu participé. En espérant que leurs revendications seront entendues. Un logement décent et durable pour toutes et tous.