De la difficulté d'être journaliste pigiste quand on est névrosée

Journée de soleil et de pluie.
J’enchaîne mes travaux.
Revue de presse, écriture, synopsis d’articles, envoi à une rédaction des propositions de sujet. Un informaticien/réparateur vient chercher mon ordinateur. Le voilà qui part avec, je ne retrouverai le monstre, (qui m’aura déjà coûté si cher), que la semaine prochaine.
Le travail du pigiste est assez banal en somme. Il épluche la presse, les fils d’informations, l’actualité, lis des magazines et cherche des idées de sujets. Ensuite, le pigiste élabore un ou deux scénarios, des ébauches d’articles de brèves, de portraits et d’enquête.
Il propose par mail à des rédactions.
Jusque là, je fais bien mon travail.

Mais c’est après que cela coince. Le lendemain, ou le surlendemain, le pigiste doit appeler la personne qu’il a contacté, pour savoir si « cela lui plait ». Et moi, je n’arrive jamais ou rarement à rappeler. En fait, mon premier renvoi de mail est un appel. Si l’autre n’y répond pas, c’est un rejet. Un rejet total complet, non pas de mon sujet mais de ma personne.
Alors, je laisse tomber ce sujet qui me parait souvent d’un coup très insignifiant, et je m’occupe tout de suite d’autre chose. Je ne propose même pas ailleurs ce sujet que je trouve si nul. C’est dommage et dommageable me direz vous, car les rédactions sont submergées de près de 1200 mails par jour. Mon email a pu disparaître sous la nue. Et peut être que le rédacteur en chef voulait juste en parler avec moi, pour savoir si nous étions sur la même longueur d’onde. Mais impossible. Comme ce métier m’est difficile. Comme il exige une confiance en soi et une capacité à vendre des idées qui m’est presque étrangère.

Hier j’ai co-écris (avec Y.) une histoire pour enfants. L’ai envoyé dans la foulée à 4 maisons d’éditions. J’aurais mes réponses dans trois mois, je ne suis pas pressée. Cela m’a fait du bien d’écrire. Comme me prouver que je n’étais pas qu’un robot qui cherche à répondre à un marché.
Je pouvais aussi avoir des idées, des petites idées, à moi…

Commentaires

1. Le dimanche, 16 décembre 2007, 23:03 par Oxygène

Mais Marloute , tu es Marloute ! Pas n'importe quelle pigiste. Alors, rappelle les journaux et ne fais pas confiance au jugement que tu portes sur toi-même, il est à côté de la plaque. Je le sais parce que je te vois différemment de ce que tu dis être. Bises.

2. Le lundi, 17 décembre 2007, 12:24 par Marloute

Ah Ah;
Comme tu as raison.
J'aimerais bien des fois me détacher de ma propre tête pour pouvoir avancer sereinement. mais n'est ce pas un des buts de l'analyse?