Un jour avec.

J’écoute L’émission Jeux d’archives, qui reçoit Michel Le Bris, qui a crée ce magnifique festival-là.
Nicolas Bouvier, un de mes grands maîtres, y raconte dans un enregistrement qu’il a eu des moments de déprimes profonds, à ne pas savoir à quoi il sert, ce qu’il fait sur Terre. Il a été interné en hôpital psy quand ces questionnements le bouffaient trop.
Je m’étonne.
Lui ?
Notre maître à tous ?

Lever très tard, avec la jolie L. qui dormait chez nous, car trop de flemme pour elle pour rentrer en Velib’ jusqu’au bout du 20ème arrondissement. On se lève vers midi et je trouve un mot glissé sous la porte. C’est la concierge qui me dit qu’elle a un paquet pour moi. Je trépigne. Je crois que ce sont mes livres. Je mets un jogging, récupère le paquet. Il y a bien marqué Hachoutte dessus. Je vais acheter des pains aux chocolats pour L. et Y. qui sont trop occupés à parler des films que Y. va donner à L. Quand je reviens, on déballe le paquet. C’est comme si c’était Noël avant l’heure. Je lis mes livres. Certains titres ont été modifiés, mais on a à peine touché mon texte. Je suis très fière. Cela me redonne confiance en moi de voir que mes écrits valent quelque chose.
Demain, je dois signer mon livre, à ce festival-là, entre 17h et 19h. Je n’en ai plus parlé à personne depuis plus d'un mois, j’espère que la plupart des gens vont oublier… Je ne sais pas comment m’habiller et je me trouve mochissime.
Y., lui, saute comme un cabri partout. Il m’appelle son écrivaine, répète que je vais devenir une star des animaux, que bientôt, on vivra tous les deux sur mes droits d’auteurs.
HEIM-HEM.
Je le calme vite. Cette semaine, je me suis démenée pour trouver un travail dans une famille pour faire des heures de ménage. J’en ai trop marre d’être tout le temps pauvre. Si j’arrive à travailler l’équivalent d’un gros mi-temps, je pourrais passer à trois séances d’analyse. C’est le plus important pour moi. Je ne me fais pas de souci pour le reste. Si je dois vraiment travailler, je m’arrangerai autrement.
Je rentre de la Poste. L’air est pur et dégagé. Le ciel bleu est si beau et les feuilles d’automnes sont si belles que je reste un moment, la tête retournée vers le ciel, à les regarder. Dans la cité des Fleurs, si calme, les chats passent entre les grilles des jardins et le vacarme de la ville s’est éloigné.
Je rentre chez moi, ressort avec mon appareil photo reflex, une peloche vite enclenchée et un filtre polarisant.
Clic-clac, je vide la pellicule sur le bel arbre jaune.
Je respire à fond, moi qui ne respire que par à coup depuis quelques semaines.
Quelle journée!
Ce soir, une copine vient dormir sur Paris. Y. est parti au cinéma avec des amis. J’écoute toujours Schubert.
Demain, c’est ma première dédicace et j’ai mal au ventre.

Ce soir, sur mon mail, elle avait répondu oui à ma demande d’interview et me donne son portable. J’ai encore plus mal au ventre et je suis sur un petit nuage.

Commentaires

1. Le dimanche, 18 novembre 2007, 20:18 par augenblick

J'espère que ta signature s'est bien passée. J'ai regretté de ne pas avoir pu y aller (je n'avais pas oublié !), je n'ai pas fini de me préparer pour ma soutenance demain... Amicalement von Blick

2. Le lundi, 19 novembre 2007, 13:57 par Marloute

Héhé, pas de souci.
Tout s'est bien passé.
J'ai fait le clown et on n'y a vu que du feu.