Chez ma soeur



« Un siècle de franc-maçonnerie algérienne 1785 1884 » Je prends un des livres posé sur une chaise, dans la chambre que m’a donné ma petite sœur.

J’aime bien venir chez ma sœur, qui vit en squat depuis deux ans dans une maison. Ils sont environ 5 en moyenne à vivre dans les différents bâtiments de cette maison de ville, un ancien atelier d’une femme célibataire, artiste, morte il y a dix ans, dont la famille ne peut pas payer les droits de successions. Ma petite sœur et ses amis ont ouvert le portail, un jour, après avoir vérifié sur le cadastre de la mairie que plus personne n’y habitait. Ils ont découverts des enfilades de pièces, toutes en verrières, un jardin intérieur, une maison en U qui n’attendais qu’eux pour revivre. Ils ont retaper le toit, isolé les murs, récupérer des meubles et ils ont construit un lieux d’accueil pour tous les gens de passage.
Toutes les nationalités se croisent chez eux. La pièce qui s’appelle le sleeping regorge de matelas, la friperie est pleine de vêtement aux rebus, que les gens leur laissent devant la porte. Ils ont réinstallé l’électricité, une nouvelle chaudière et le gaz, et vivent depuis deux ans avec les fruits et les légumes qu’ils glanent à la fin des marchés.
La plupart cumulent des petits boulots et sont étudiants, d’autres sont des traveller’s, ils ne font que passer. Moi j’aime bien venir, m’encanailler, moi qui vit comme une bourgeoise parisienne, chez les derniers communistes de France, une jeunesse alter-tout, qui se bat contre les dérives de toute notre société en essayant d’aller au bout de leurs idéaux. Je détaille la chambre qu’ils m’ont donné, un matelas défoncé, des draps graisseux, et une petite lampe marocaine. J’aime tout chez eux. Les tapis, les chats qui dorment partout, les chaises longues, les grandes casseroles pour la communauté. Je détaille leurs intérieurs :
Deux grands éviers, les radiateurs peints en rose, les tuyaux en verts, en turquoise. Un texte est punaisé sur le mur de la cuisine : « A toi qui dors ici, afin que nous fonctionnions de manière égalitaire, merci de prendre l’initiative des taches ménagères. Vaisselle, bouffe, rangements, nettoyage lieux communs, nettoyages lieux personnels ». Je regarde les éléments de la cuisine : 3 frigos, des peintures de guerres sur les murs, une chaise ouvragée, un grand bureau à dessin, trois ordinateurs sous Linux, 5 canapés disposé en carrés, un poêle à charbon en faïence. Une barre de gym sur tout un mur, des affiches collées au plafond, la grande verrière de 5 mètres, des bibliothèques bricolées trois murs entiers de livres. Je regarde les jaquettes. Beaucoup de trucs politiques et puis : « Les voies de la création théâtrales, Le théâtre agit prop’ ».

Je me lève vers 10 heures du matin, lave ma jupe blanche dans un des bacs de la salle de bain, je passe à la cuisine, un jeune homme en caleçon boit du lait. Je salue une fille qui prépare le petit déjeuner sur la terrasse, on boit du thé en attendant ceux qui se lèvent. Ils reviennent des fruits, trois semaines à se cuiter et à ramasser des paniers de cerises et de pèches tout le journée. Ma jupe blanche sèche au soleil, dans leur cour, au dessus des rosiers. Je suis prête pour aller chez mes parents, après ce détour en terre d’anarchie



Commentaires

1. Le lundi, 16 juillet 2007, 20:08 par Oxygène

J'ai trouvé un extérieur de maison qui irait bien avec l'intérieur de ta soeur. C'est sur mon site :-)

2. Le mardi, 17 juillet 2007, 11:46 par meerkat

Bonjour Marloute, un lieu qui donne envie, si bien campé. Les tapis, les chats,les casseroles, les gens qui passent et ceux qui restent, du rose et du turquoise, le thé sur la terrasse. C'est sûr,je reviendrai flâner !

3. Le mardi, 17 juillet 2007, 12:25 par Marloute

Meerkat : Bienvenu ici! :)