Malgré les pivoines


Quel bon dimanche, qui dégénère pourtant !

A la fête d’hier, à nouveau très alcoolisée, on a tellement fait du bruit que les voisins d’en face, dans la rue, nous ont fait des signes. On a cru que c’était pour baisser le son mais non ! C’était pour venir à la fête ! Nous avons donc invité ces charmants provinciaux de passage à la Capitale à se déhancher sur Beyoncé en buvant du vin rouge. On a tellement hurlé les paroles des chansons et fait des imitations de rappeurs à deux balles que j’ai cru que mes cordes vocales allaient lâcher.

Aujourd’hui, coup de fil d’un couple de voisins amis. On va faire du ping-pong dans le petit square de la rue Berzélius. Après quelques parties endiablées (mon sport de la semaine a été fait la veille en dansant 5 heures d’affilées) nous allons chez le meilleur artisan glacier du quartier, dans l’avenue de Saint Ouen.


Personne ne connaît ce glacier, bien mal situé, et le bouche à oreille contribue à sa seule réputation. Je commande une énorme glace et me régale, en la chantilly maison et le caramel fondu…



Y. part toute la semaine et je panique un peu. D’où vient cette peur ancestrale d’être abandonnée à chacun de ses voyages ? Les fleurs qu’il m’offre, de jolies pivoines, ne calment pas le désarroi.



En rentrant, j’essaye vaguement de me lancer dans une tarte au citron. Mais la pâte est collée, les haricots secs qui l’empêchent de gondoler me brûlent, je tape sur le fond de tarte et elle se déchire et je finis par tout envoyer valdinguer dans l’évier, la garniture, la crème pâtissière, des morceaux de pâtes brisées et des haricots secs s’écrasent dans une mélasse informe et je referme d’un grand coup la porte de la cuisine, avec l’envie de faire tomber les murs de l’appartement. La cuisine calme parfois les fortes émotions, mais pas toutes visiblement, en tout cas pas les plus fortes émotions qui parfois me traversent…
Je devrais pourtant vivre cette semaine, seule avec mon travail, mon chat et mes pivoines, et me dire que je n'ai aucune raison, mais vraiment aucune raison, d'être désemparée... Mais c'est peut-être là que la névrose est pire que les pathologies voyantes... car elle échappe à la logique, affleure à la folie, sans jamais traverser le miroir...

Commentaires

1. Le dimanche, 24 juin 2007, 23:48 par clem

J'aime énormément les dernières phrases de ce post, peut-être aussi parce qu'elles me concernent. Je crois que nous sommes touchées par le même mal, toi et moi, à des degrés différents... Nous en discuterons la prochaine fois que nous nous verrons (cette fois arrive finalement bientôt), mais je suis persuadée que ta semaine va être "remplie" par la présence de tes amis, comme souvent; du moins, c est ce qui transparaît de tes semaines à travers (le prisme?...) de ton blog. Quant à nous, nous nous retrouverons autour d'une délicieuse glace de la Marquisette : j en rêve déjà.
je t embrasse et te soutiens.

2. Le lundi, 25 juin 2007, 10:59 par Marloute

Merci Clem pour ton soutien à mon "abandonite"... C'est terrible, parce qu'en plus, comme la plupart des gens qui débordent d'amis, je passe mon temps à faire comme si tout allait bien, toujours.C'est la psy qui a mis le doigt dessus cette semaine, et je réalise à quel point c'est vrai dans des moments pareils...
Et quand je vais vraiment mal, je fais le Bernard l'Hermitte, me réfugie chez moi, ne répond plus au téléphone, pour vivre le mal-être seule...; C'est quand même bien débile comme attitude.... je m'en rend compte...

3. Le lundi, 25 juin 2007, 11:37 par clem

pareille!...

4. Le lundi, 25 juin 2007, 13:42 par clem

pareille!...

5. Le lundi, 25 juin 2007, 13:42 par clem

pareille!...

6. Le lundi, 25 juin 2007, 14:29 par Saperli

bonjour, je vous lis et je compatis. J'suis comme vous, même si j'apprécie la solitude : je déjante le soir et il faut un long travail sur soi pour apprivoiser ce mal-être. Courage et entourez-vous, profitez de cette semaine pour inviter des amies à dormir ....

7. Le lundi, 25 juin 2007, 21:49 par Marloute

Merci Saperli...
Bienvenu ici!