Le blason





Aujourd’hui, j’ai baptisé mes nouvelles chaussures d’été. Non-non, Oxygène, ce ne sont pas des chaussures à 400 euros. Désolée. Plus tard peut-être, mais pour l’instant non. C’est avec ces merveilleuses petites chaussures ouvertes que j’ai enfin trouvé le temps d’aller visiter l’expo d’Annette Messager, avec Y. et une copine en congé un après-midi.
On était tous les trois vraiment contents de se retrouver là-bas.
Il flottait comme un petit air de vacances.

On a beaucoup aimé l’exposition. J’avais l’impression d’être voyeuse, dans l’univers de l’artiste. Les photographies blason, comme autant de morceaux de son corps, ici une bouche, là un sein, un autre endroit, le triangle de son sexe, offert en pâture au spectateur. J’ai aimé les systèmes de poulies qui font descendre des corps désarticulés, des peluches au supplice, des cadavres d’oiseau amoureusement emmaillotés de petits paletot de laine, les souffleries qui animent les draps de soie, comme une mer rouge immense, un flot de sang, qui cache des formes lumineuses, comme de gros monstres endormis.

Nous avons passé la fin de l’après-midi à discuter tous les trois de la vie, l’amour, la mort, à quelques pas du Marais. J’étais fière de mes petons dans leurs chaussures ouvertes. J’avais quand même acheté en prévision des petits pansements seconde peau pour être sûre de ne pas trop souffrir.
Tout ceci m’a permis de trottiner jusqu’au "mi-mois" de Paris-Carnet, et de rentrer chez moi à temps pour travailler encore un peu….
J’espère que je ne rêverais pas des corps suppliciés, d’un univers d’enfance maudite, des d’animaux morts…