jeudi, 14 mai 2015

Après la mer

Je suis revenue du week-end à la mer, mes deux filles sous le bras, à la fois totalement ressourcée et complètement exténuée.

C'était bon d'être avec Leeloolène et de découvrir une amie à elle, aussi gentille que bienveillante. De partager les mêmes envies, de sentir une sorte de "facilité" pour tous les actes de la vie quotidienne, se promener, se reposer, faire à manger, boire l'apéritif. Rien de compliqué, nous étions toutes sur la même longueur d'onde. Et surtout, j'ai apprécié d'avoir deux autres paire de bras pour prendre mon bébé, et de consoler ma grande. Le soir, même si j'étais fatiguée, c'était si doux de se retrouver entre filles pour papoter jusque tard, en buvant du vin et en mangeant des bons petits plats.

Le soir, Y. est arrivé encore plus tard que d’habitude. J’avais eu le temps de vider les sacs, de laver les enfants, de les faire manger, de les coucher, et de lancer une lessive. Je n’étais que l’ombre de moi-même, ne communiquait plus que par des grognements indistincts : « Tuvideraslelavevhaisselle ? » ai-je eu le temps de lui grommeler quand il est enfin arrivé, avant de partir m’écrouler dans le lit.

Depuis, la fatigue du soir et la joie du matin demeurent.

Ces semaines raccourcies de mai m’enchantent, malgré le stress en plus que cela procure de ne pas avoir autant de temps pour travailler qu’il en faudrait.

Je regarde les plantes sur ma fenêtre. La semaine dernière, j’ai décidé de refleurir les jardinières du côté de mon bureau. Il manque quelques plantes, j’ai des idées. J’ai choisi de laisser un arbre, un petit érable tombé du grand en face, et qui a choisi de pousser ici. J’espère pouvoir le transplanter l’année prochaine, chez mes parents peut être.

Il faudrait que je m’occupe de tant de choses ! Cette « nouvelle cuisine » dont il faut bien s’occuper, qui me stresse un peu, car je ne trouve pas le temps de m’en occuper.

Pourtant, je me souviens, parfois, cela revient, par petite touches, minuscules, le goût, l’envie, le besoin de m’occuper de mon intérieur et de moi…

 

mercredi, 6 mai 2015

Bientôt la mer.

A peine arrivée, je repars déjà, à l’invitation de la belle Leeloolène. A cette perspective, je suis à la fois joyeuse et inquiète : comment tout concilier, tout préparer, terminer les derniers articles au travail et surtout préparer les sacs, ne rien oublier et aller la retrouver, au bord de la mer, comme on l’a fait, il y a si longtemps déjà, combien ? Quatre ans peut être, là, quand R. était encore un bébé.

Au travail, dans la vie de tous les jours, je mesure la différence, depuis que je suis sous médicaments. Quand je me réveille la nuit, comme cela m’arrive encore, avec des sueurs froides à l’idée d’oublier tel ou telle chose professionnelle, je prends un cachet et je me rendors aussitôt. Je pense déjà à l’après, au sevrage et je me demande comment j’ai fait la première fois, pour petit à petit, me séparer de ces merveilleux petits supports psychiques.

Encore ce matin, Y. me parlait d’un départ prochain, évoquant une autre piste d’expatriation. Toute la journée, j’ai vu des signes : il fallait qu’on parte, là-bas bien sûr, c’était évident, nous n’avions plus rien à faire ici, ou en tout cas, moi, j’y étais trop malheureuse. Et pourtant, je suis la première à le reconnaître : je n’aurais rien à faire là-bas. J’ai besoin d’un salaire à moi, ne serais ce que pour assurer ma retraite future, et je compte bien continuer à travailler.

Mais c’est vrai que ce contexte-là, ces conditions-là de travail, ne me conviennent pas. Je ne supporte pas ce stress. Ou en tout cas, je ne le supporterai pas longtemps. Heureusement, très heureusement, après-demain, il y a la mer.

 

dimanche, 26 avril 2015

Dans la verdure

Cette semaine dans la verdure m’a été absolument indispensable.

Prendre le temps, ne pas mettre de réveil, compter sur les petits cris de L. au matin, dressée dans son lit à barreaux, et R. sur son matelas au sol, pour nous réveiller. Se trouver tous dans le lit, pour une heure au moins, prendre le temps de jouer, se câliner, boire les biberons, redormir un peu, tous les quatre. Puis prendre le petit déjeuner dehors, au soleil, et lire encore pendant que L. crapahute, goûte tous les cailloux, tandis que R. hurle de terreur à chaque fois qu’elle croise une abeille ou une araignée sur le sol. Partir en balade, sillonner les chemins boisés entourés de hautes montagnes, prendre le temps de cueillir coucous et violettes, apprendre à R. à marcher avec un bâton, pique-niquer dans un champ, aller chercher des œufs frais dans le poulailler de la voisine, boire une bière brassée localement avec Y. échafauder des plans pour venir s’installer dans la région, laver les deux filles dans la grande baignoire, voir le soleil se coucher sur les montagnes, aller dormir tous ensemble à 21h.

Se soir, revenir sans enfants après un stop à Lyon.

Demain, L. fêtera ses un an loin de moi.

Je m’inquiète, comme toujours, de notre première séparation.

Hier, j’ai cauchemardé. De tous les accidents possibles et imaginables.

Ce soir, nous rentrons, silencieux dans l’appartement plus silencieux encore.

Je déteste ce silence, cette absence d’enfants, ponctuée seulement par les miaulements du chat.

Heureusement, heureusement, vendredi, nos deux filles reviendront.

Ce soir, il y a la joie de retrouver mon chez moi, je parcours les pièces, heureuse de rentrer, je trouve le courrier, les factures et les impôts, et surtout, le dernier Peps, que je dégusterai doucement, comme une sucrerie, en attendant le retour de mes deux fifilles. 

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vendredi, 6 mars 2015

La fin de semaine

Ce soir, j’ai bu une infusion offerte par Leeloolène et j’ai écouté tout le CD de Schubert, Death and the Maiden, en annotant le futur roman de mon ami J., qu’il m’a fait l’honneur de donner à lire en premier pour lui donner mon avis. Je suis touchée et ravie.

Ce soir, j’ai couché les deux filles, seule car Y. est parti à un anniversaire d'ami. Je m’habitue à peine à voir L. à quatre pattes, parcourir l’appartement et se redresser dès qu’elle peut sur les genoux, en position du chevalier, qui préfigure bientôt ce moment où elle se mettra d’elle-même debout. Ce soir, j’ai pris le temps de discuter avec R. et sa vivacité m’impressionne, elle qui d’habitude élude toujours sur ce qu’elle a fait à l’école ou me raconte un millier d’affabulation farfelues plutôt que de me dire ce qu'elle a mangé à la cantine. Aujourd’hui, j’étais stressée au travail, comme à mon habitude mais je suis partie avant d’avoir tout fini. J’étais obligée de partir, parce que Y. m’avait appelé. La nounou avec qui nous devions commencer l’adaptation lundi nous lâchait, nous ainsi que l’autre famille avec qui elle travaillait depuis trois ans. Comme ça. Y. ne peut pas prolonger son congé parental, je ne peux pas en reprendre un, nous sommes coincés et décontenancés.

Chez la psy, je n’ai pas évoqué grand-chose : que raconter d’intéressant quand une partie de son esprit est aspiré par la panique (comment allons nous faire ?) Pourtant, cet après-midi, il a fallu écrire, il a fallu répondre au téléphone et réfléchir à des idées, il a fallu partir pour voir cette nounou, comprendre ce qui n'allait plus, et ne pas savoir pourquoi elle voulait subitement partir. Il a fallu partir mais et je n'ai pas fait tout ce que javais à faire, et cela me mine.

Ce soir, je voulais me coucher tôt, il est prêt de minuit et c’est déjà trop tard.

Mais ce n’est pas grave. Il y a toujours plus grave.

mercredi, 25 février 2015

Le chevalier

Hier soir, en rentrant du travail, j’ai à nouveau joué au chevalier blanc.

Sur mon trottoir, quelques mètres devant moi, un couple, jeune, environ 25 ans. Elle magrébine, lui noir, une sorte d’immense armoire à glace, tout en muscle. Il la tient par son sac à main, essaye de lui attraper le poignet. Elle tire et cherche à se défaire de son étreinte. Quand j’arrive à leur hauteur, au lieu de les dépasser, je m’arrête. Me plante devant eux. L’homme est surpris, il fait mine de rigoler « Arrête, tu vois bien que tu fais peur à la dame là, elle croit que je t’agresse, dis lui c’est bon. » Je regarde l’homme et m’adresse à la jeune femme « Ca va ? Tout va bien ? » L’homme répond à sa place « Oui ça va, c’est elle qui ne veut pas m’écouter. » Je réponds à l’homme « Je demande à la jeune femme si ça va ». « Oui, oui répond elle en dégageant son sac des grosses paluches de l’homme, c’est bon, je le connais ». L’homme s’écarte, comme s’il sentait que je n’allais pas bouger tant qu’il serait là, quitte à appeler la police. La jeune femme s’échappe en sens inverse, court vers le boulevard tandis que l’homme lui crie : « Non mais c’est juste une sale pute qui m’a trompé avec un de mes copains ». La jeune femme ne répond rien, elle continue de s’éloigner vite et crie dans ma direction : « Merci Madame ! ».

Pour une jeune femme sauvée d’une agression, combien prennent des coups, chaque soir, chaque jours, chaque minutes ?

Je rentre chez moi, songeuse et les poings serrés.

 

 

dimanche, 18 janvier 2015

Rire ensemble

Pour soigner mes nerfs mis à mal par ce début d'année, il a fallu que ma sœur m’entraîne, avec son amie comédienne, dans un hammam parisien, le hammam le vrai, celui où les mamas orientales t’attrapent et te malmènent autant qu’elles te font du bien. Dans la vapeur et les jets d’eau, échanger des sourires et des fous-rires avec toutes les personnes présentes, hommes et femmes.

Il a fallu aussi aller la voir elle, avec la belle Clem, par une soirée pluvieuse, au fin fond de la banlieue, à deux pas de chez nous, rire toutes les deux à gorge déployée, dans une salle remplie de noirs et d’arabes. Rire à perdre haleine, mais rire ensemble.

Ce matin, je me remettais à peine de mon rhume, de mes soucis d’adaptation au travail, de mon manque de sommeil chronique, et j’écoutais les nouvelles sous la douche mais rien ne pouvait plus m’atteindre.

L’important, au milieu de tout ce stress, celui que je traverse et celui qui suinte du poste, l’important, dans tout cela, c’est de rire ensemble.

 

 

dimanche, 4 janvier 2015

Les bonnes résolutions de 2015

Ces vacances bénies se terminent.

J’ai fait souvent des siestes, blottie sous ma couette, avec une BD de Marion Montaigne, le 3ème tome, à mourir de rire, offerte par Y. ou avec le livre de France Guillain, que je voulais lire depuis longtemps. Ce soir, je bois une infusion de sauge, relevée d’une pointe de citron pressé. Le chat m’observe sur un meuble pendant que je tape à l’ordinateur. Au loin, j’entends des bribes du Masque, que Y. continue d’écouter tous les dimanches, souvent d’une oreille au milieu du bruit des enfants.

Ce soir, j’ai vidé mon sac à main. J’ai trouvé une tétine, des morceaux de gâteaux brisés, des vieux mouchoirs, des tickets de cinéma pour « Astérix » et surtout, le merveilleux, indispensable film « Le chant de la mer », qui nous a fait sangloter, dans les bras l’une de l’autre avec R., incapables de retenir nos larmes et échangeant bruyamment nos mouchoirs.

Avec R. nous avons rempli une feuille pour expliquer à sa maîtresse tout ce qu’elle avait fait avec nous pendant ces deux longues semaines. Cet après midi, un anniversaire d’enfant nous réunissait avec certains copains et copines de l’école. Plaisir pour nous les adultes, de prendre des nouvelles des uns et des autres, d’échanger des anecdotes et de rigoler entre nous. Des affinités se tissent entre parents et certaines mamans me donnent envie de pousser plus loin ce lien en dehors de nos enfants. J’aimerai cette année, le mettre à profit en me rapprochant de certaines.

Pendant ces vacances, j’ai lu deux romans et de nombreux livres. Parmi eux celui-ci, que j’ai cordialement détesté, même si la première partie était à peu près bien écrite, le reste part à vau-l'eau et on ne croit en rien à ce qui arrivent aux personnages. Le deuxième, plus dense et mieux écrit, mais encore de la « chick litt » facile à lire, mais qui m’a empoignée et fait plaisir à lire.

 

Je relis un peu en arrière mon blog, mes bonnes résolutions des années précédentes. Je remarque que l’année dernière je n’en ai pas fait ! J’attendais juste mon accouchement, avec la peur de revivre les mauvais souvenirs de celui de R. et j’ai du me forcer, tout ce temps, à revenir sur mon histoire et à prendre soin de moi. Mais je trouve que j’ai bien réussi, et mon moral au beau fixe me prouve que j’ai eu raison.

 

Cette année 2015, je prends de nouvelles résolutions :

 

  • « Grandir » au travail, développer mon expertise, être force de proposition, devenir plus compétente, mieux gérer mes priorités et pouvoir me dire, en fin d’année, que je suis vraiment performante.

  • Lier des liens là où je suis, là où je vis, mieux m’ancrer dans mon territoire. Cela passera par les gens, les projets, les actions sur ma commune.

  • Continuer à moins manger de viande et apprendre des recettes plus délicieuses les unes que les autres, sans protéines animales aucune (tout un programme !)

  • Faire au moins trois voyages/projets dans l’année. J’aimerai visiter Lisbonne, le pays Basque et l’Ardèche, mais arriverais-je à faire les trois ?

  • Essayer de moins ressentir le stress. Pour cela, pas le choix, il faut prendre soin de moi (j’ai du maaaaaaal en ce moment, c’est terrible !) Je sais ce dont j’aurais besoin : des massages, du sport, de la méditation, de la marche, de l’écriture le matin, des sorties entre amies, des bains…. Hum, que du bonheur en fait !

  • Mettre des sous de côté à partir d’avril, quand Y. aura repris le travail, pour faire un graaand voyage dans deux ans. Mon rêve ? Partir quelques mois sans solde, une sorte de demie année sabbatique, pour visiter une partie des Etats-Unis, comme la ville de Portland ou San Francisco.

  • Faire entrer un peu de nature dans ma vie. Cela me manque. Beaucoup.

Je laisse de côté mon livre à écrire. Pourquoi ? Parce que ma reprise du travail est trop costaud pour l’instant pour me laisser la possibilité d’écrire le soir ou le matin. Pas facile d’être productive en dehors du travail avec deux enfants en bas âges ! Pourtant, je sais, je sens, cette enquête doit sortir maintenant, c’est maintenant qu’il faut la publier, avec ou sans le soutien d’un éditeur compréhensif. Mais je n’arrive pas à trouver la force de m’y replonger. Je ne peux tout simplement pas la mettre dans mes résolutions.

 

Youhou, bon ayé, je m’arrête là, je n’aurais que trop de 2015 pour réaliser toutes ces résolutions.

 

Encore bonne année les gens et bonne reprise pour ceux qui réattaquent demain !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

samedi, 27 décembre 2014

Le retour chez moi

Je retrouve avec un plaisir non dissimulé mon appartement, mon chat, mon clavier d’ordinateur, mon mug d’infusion fumante et mon CD de Portishead.

Malgré mon intense plaisir à rentrer, je dois l'avouer, ces quelques jours dans nos familles étaient plus agréables que d’habitude. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut être que je prends du recul sur les choses, les gens, les propos des uns et des autres. J’ai décidé, comme je me l’étais promis cet été en visitant Leeloolène, de prendre du temps avec les miens. J’ai aimé les longues discussions tardives avec les parents de Y., les voir jouer et rire avec ma grande R. et ma petite L. et regarder avec eux des photos de Y. bébé. Tous les 5 ensemble, faire des parties de Mistigri. J’ai aimé voir ma mère faire de la cuisine avec ma petite fille et mon père inventer des purées inédites (cardons/roux blanc/carottes) pour ma plus petite. J’ai aimé les heures avec mes soeurs, à rire de choses bêtes et à nous souvenir de choses de notre enfance. Et boire des infusions, et regarder R. enchaîner les parties de Shanghai, blottie sur les genoux de mon père, qu’elle épatait par sa rapidité. Les quatre grands parents ont déjà prévu, s’étant concertés d’avance, comme l’année dernière, de kidnapper à nouveau ma petite fille pour l’emmener à la montagne en février prochain. Cette perspective m’inquiète toujours un peu, je n’aime pas la savoir loin de moi,  mais je sais qu’elle sera très heureuse et eux aussi, alors j’ai à nouveau dit oui. J’ai aimé prendre la voiture sur un coup de tête, aller passer une heure avec ma grand-mère, qui était ravie de cette visite surprise, elle qui passait le Noël dans l’autre partie de la famille et ne pensait pas me voir.

Je n’ai pas aimé entendre les réflexions des uns et des autres sur la façon dont ma petite fille est élevée, je n’ai pas aimé les disputes incessantes entre mes parents. Je n’ai pas aimé la gastro carabinée qui nous a terrassées, mes sœurs, ma mère et moi, alors que la vingtaine d’invités de mes oncles et tantes s’empiffraient du « meilleure repas de Noël depuis des années ! »). Je n’ai pas aimé la débauche de cadeaux certains du plus mauvais goût que les autres, alors qu’un seul cadeau bien choisi aurait sans doute eu plus de prix. Dieu merci, personne n’a parlé de Marine et la journée s’est relativement bien passée. Je n’ai pas aimé les brusqueries de mon père et la façon dont il s’adresse à ma plus jeune sœur, elle qui travaille à ses côtés depuis tant d’années. J’ai peur qu’avec le temps, ses remarques ne la blessent plus profondément qu’elle ne veuille bien l’admettre. Je voudrais qu’un jour, elle le prenne au mot et l’envoie au diable, pour qu’il réalise la portée de ses propos. Je voudrais surtout qu’ils aient des rapports pacifiés pour ne plus assister à leurs luttes intestines, aussi vaches que blessantes. Je n’ai pas aimé retrouve le bazar habituel de la maison des mes parents, cette maison qui pourrait être si accueillante et qui ne l’est pas, pour trop de raisons. Et la toiture qui fuient et les murs qui prennent l’eau, et les papiers peins qui s’en vont et le froid qui s’insinue partout.

Chez moi, chez moi, chez moi, enfin !

Après des heures de train, de voiture, de RER, avec nos bagages chargés dans le Ouigo et nos deux enfants qui toussent et un homme un peu grippé, mais rentrer, rentrer enfin tous les 4, enfin rentrer chez nous, et là, oui là, même si tout reste à faire, là, j’ai pu enfin souffler.

Rentrer dans mon appartement, trop froid à cause du chauffage coupé, mais qui retrouve peu à peu sa chaleur habituelle. Retrouver le beau sapin qui n’a pas bougé, pas une aiguille par terre, grâce au voisin qui est venu gentiment l’arroser tout en donnant à manger au chat.

Je suis revenue heureuse de rentrer avec mes deux enfants et mon compagnon, mais surtout je suis rentrée avec des envies, des idées, des devoirs (des lessives, des courses, des choses à faire) mais aussi des choses à rêver, des plaisirs, des désirs à assouvir et ce retour m’a regonflé.

Oui, quelque chose s’est passé, ce sont les autres ou moi, mais je reviens heureuse. 

 

 

mercredi, 17 décembre 2014

Décembre à toute vitesse

J’aime quand Leeloolène vient passer une soirée chez moi.

J’aime faire chauffer l’eau, servir les infusions, proposer du chocolat, et me pelotonner pour l’écouter. On reprend toujours les mêmes histoires, des histoires d’amour. Nous décortiquons, analysons, nous rigolons. On se remémore parfois le passé, nos grandes aventures, ce temps où nous n’étions pas encore des adultes, ou nous vivions tout à fleur de peau, ce temps lointain de l’enfance et de l’adolescence, où nous étions passionnées par tout.C'est une pause douceur dans ma course quotidienne.

 Je commence doucement à atterrir au travail. Le climat n’est pas toujours serein mais je cherche à garder le cap. Comme les chats, je n’aime pas le changement. Rien ne me va tant que mes petites habitudes. Et là, je peine à trouver mes marques. Je n’aime pas mon bureau, ni mon nouvel ordinateur. Je dois me recréer mon petit espace à moi pour pouvoir respirer. Dans deux petits jours, déjà, ce sera les vacances, avec à nouveau du temps pour ma famille. Je n’aurais pas pu rêver mieux que ce mois de décembre. Bien sûr, je suis en retard et n’ai pas préparé la moitié de mes cadeaux. Bien sûr, je croyais aller plus vite au travail, faire preuve de plus d’éclat, au lieu de cela, je rame comme la dernière des stagiaires et sourit niaisement quand je me fais charrier. Bien sûr, je suis toujours baignée dans cette légère déprime, qui m’empêche de profiter pleinement des choses et des gens, mais je cherche à m’en extraire dès que je peux. Je me concentre sur des petites choses : l’air qui entre et sort de mes narines quand je prends le temps de respirer à fond, la lumière d’une bougie que j’allume, un film vu à deux qui nous a beaucoup plu ou un bon livre lu sur le canapé.

Ce soir, Y. est sorti boire des coups avec ses amis. Demain, nous sortons tous les deux, dans deux endroits différents, alors j’ai pris un baby sitter. Vendredi, c’est moi qui retrouverais mes copines pour boire des bières. Au milieu de cela, nous arrivons à passer plus de temps ensemble, plus que jamais. Comme je rentre plus tôt que lui, aux alentours de 19h 19h30, nous profitons de la vie de famille différemment. Je n’avais jamais connu ses repas tous ensemble, ces discussions où chacun raconte à tour de rôle sa journée. Je n’ai le souvenir que des têtes à tête avec ma petite R. en guettant le portable pour savoir quand Y. nous rejoindrais.

Je suis heureuse de vivre cela, cette petite parenthèse là. Les week-ends, je redécouvre le gout de faire des activités seule avec R. Nous sortons, toutes les deux, à l’assaut des bus et des métros : une expo, un ciné, le cirque ou un spectacle aux folies bergères. Moi qui avait passé tant de temps seule avec sa petite sœur, je redécouvre le plaisir de passer du temps avec ma grande. J’admire ses longs cheveux, qui descendent loin dans son dos, embrasse son nez et la serre dans mes bras quand je la tiens sur mes genoux. Le soir, elle s’endort vite, épuisée et souvent pénible à cause de ses journées chargées en émerveillements divers.

Dans deux petits jours, ce seront les vacances, et moi je ne pense qu’au travail que je n’ai pas encore fait, celui qui reste à faire et comment vais-je arriver à m’en sortir, avec tout ce qu’il me reste à faire. Mais je sais que dès que j’aurais tourné le dos, je vais bien vite tout oublier pour me consacrer à ceux qui m’entourent. Et profiter, profiter, profiter….

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jeudi, 27 novembre 2014

Ca bouge !

La semaine dernière, suis allée amener mon très beau manteau noir chez le tailleur.

Il fallait changer les boutons, raccourcir les manches, redessiner l’arrière du manteau, avec cette forme de tulipe assez particulière. L’année dernière, je l’avais beaucoup mis, dans un état de grossesse avancée, et j’avais fini par le déformer. Le résultat est très bien, très chic et je suis heureuse de savoir que je vais pouvoir refaire un hiver. Puis je l’ai amené au pressing pour le faire nettoyer. Aujourd’hui, je suis allée faire une manucure et un petit tour chez le coiffeur. Tout ce qu’il faut pour une maman qui va bientôt recommencer à travailler. En effet, j’ai enfin eu la réponse que j’attendais de la DRH, avec des changements et une jolie promotion à la clé. Pendant ce temps, Y. en profite pour faire des déjeuners, revoir des gens qu’il ne verra pas pendant plusieurs mois et a même prévu de faire un pot de départ avant son congé parental, comme s’il partait à tout jamais. Tout cela me fait sourire et moi je suis fin prête. Bien sûr, je n’ai pas fait un quart de ce que j’avais prévu de faire pendant ces 8 longs mois de maternité. Je voulais faire des albums photos, je voulais décorer l’appartement, suivre un stage sur l’harmonie des couleurs, monter une association, m’investir dans ma commune. Mais au final, je ne suis pas mécontente : j’ai fait quelques petites choses dans l’appartement, je me suis beaucoup reposée, j’ai passé un temps infini sur le canapé et j’ai passé trop de temps sur facebook et sur des sites de replay.  Mais j’ai aussi vu mes copines, je me suis promenée, j’ai fait le tour de France pendant deux mois avec mes deux filles sous le bras et j’ai pas mal avancé mon enquête qui hélas est loin d’être terminée.

D’ici ma reprise, qui va être costaud vu la fin d’année qui s’annonce, nous partons faire un tour à Lyon pour le week-end, embrasser ma grand-mère et partager un grand repas en famille.

 

dimanche, 23 novembre 2014

Le week-end parfait

Ce week-end était parfait : grasses matinées, crêpes au petit déjeuner, atelier langue des signes avec bébé, sieste sur le canapé avec un bon roman (Rosa Candida, que j’ai beaucoup aimé !) puis un spectacle drôlissime que je suis allée voir seule, puis apéro chips devant un film, puis soirée au lit tous les deux et s’endormir trop tôt, mais quel bonheur !

Le lendemain, ce matin, nous sommes partis au Grand Palais, au début pour voir Hokusai, et puis nous avons bifurqué pour cause de fermeture d’expo. Y. a emmené R. voir Nikki, que j’avais déjà vue et je suis allée voir avec L. une exposition sur des artistes haïtiens. Les œuvres étaient splendides, toutes très fortes et il y avait aussi deux Basquiat à la toute fin de l’expo. Après la visite, j’ai allaité L. dans une des rotondes de pierre, à mi chemin des escaliers monumentaux du Grand Palais. Les gens me regardaient, mi surpris, mi attendris, de trouver ce bébé de 6 mois passés qui mangeait avec tant d'appétit.

Au retour, nous nous sommes promenés dans le marché de Noël des Champs-Élysées, le temps de dévorer une gaufre, quelques chouchous trop sucrés et une barbe à papa. C’était Noël avant l’heure. Et dire que dans un mois déjà, ce sera le temps des cadeaux, du sapin, de tout cette agitation des fêtes et nous, nous sommes là, au milieu des chalets et des faux pères Noël, presque en bras de chemises ou en tout cas sans écharpes et sans bonnets, à la fin du mois de novembre, dans une soleil éclatant qui met en valeur les feuilles rares des platanes. R. était fatiguée après l’exposition. Elle a trouvé la force de faire un tour de poney puis s’est à moitié endormie sur moi au retour dans le métro. Nous nous sommes encore arrêtés au parc au retour, il faisait encore doux, L. avait à nouveau faim et R. a pu jouer avec ses petits copains dans le nouveau square restauré de la commune.

Le soir, nous accueillons un ami des voisins, qui dormira chez nous quelques nuits. C’est avec lui que nous avions échangé notre appartement l’année dernière en Italie. L. était à peine conçue, déjà logée au creux de mon ventre cet été-là. Nous n’avions jamais rencontré notre hôte et lui non plus, mais il a dormi chez nous sans nous, a vécu dans notre grand appartement, y a mangé, bu, s’y est douché et nous avons fait pareil chez lui. C'est comme si l'on se connaissait un peu....Nous nous sommes retrouvés comme des vieux amis. Il a ramené pour nous remercier de notre hospitalité plusieurs sortes de fromages, des tapenades d’olives et du chianti. Tout un programme d'apéro pour les jours qui viennent!

L’année prochaine, je veux expérimenter à nouveau de partir ainsi chez des quasi inconnus et leur laisser notre chez nous. J’aime cette idée de l’échange libre et ne veut surtout pas louer. Je me demande qui voudra échanger ? En France ou ailleurs ? Nous nous sommes déjà inscrits sur ce site, pour voir. Dès les vacances de Noël ou plus tard cet été ? Nous partirons sans doute en Ardèche, bien que rien ne soit fixé. Je rêve aussi d’une ile, une ile, une vraie, pour vivre en Robinson et se déplacer à vélo, comme sur Groix l’été dernier. Je ne sais pas si je pourrais tout conjuguer, mais des week-ends comme celui-ci me laissent tout envisager !

 

mardi, 18 novembre 2014

Le matin

Je me rendors un peu, le nez sous l’aisselle de R. pendant qu’elle boit son biberon du matin. Elle a gardé ce rituel de bébé, et j’aime son odeur matinale, quand j’ai tant de mal à m’extraire de la couette, alors qu’il faudra bientôt s’habiller, se préparer. Moi j'aime rester contre elle. Au loin j'entends son père se doucher. La petite dort. R. caresse son doudou et je suis bercée par le doux bruit de sa déglutition et de l'air qui passe dans le biberon. Je profite....

Hier, le bébé de A. est né, très/trop en avance, elle n’était même pas encore arrêtée.

Je suis inquiète et je guette de leurs nouvelles, mais, pris dans la tempête, les parents ne peuvent pas plus nous rassurer qu’ils ne le sont eux-mêmes.

La semaine dernière, c’est le bébé de K. un petit garçon, qui naissait dans l’eau, à domicile, entouré de sages-femmes bienveillantes et de ses parents attendris.

D’une naissance à l’autre, jamais la même histoire, jamais la même rencontre. Comme dans mes interviews. Des histoires parfois belles ou tragiques, une loterie implacable.

En ce moment, je suis un peu déprimée par mon enquête, car mes deux dernières interviews  ont complètement foiré et j’ai du mal à reprendre le dessus.

Côté boulot, je n’ai toujours pas de nouvelles de la DRH et je sais que de toute façon, les choses vont changer, vont bouger, et ne vont pas rester comme elles sont, ce temps suspendu où on attend, un peu désespéré, un peu ailleurs, sans vraiment être à ce que l’on fait. Moi ce que je fais de mes journées est d'une extrême facilité et d'une grande douceur : j’embrasse L. je joue avec elle sur le tapis, je lui donne la tétée et je lui prépare les meilleures purées du monde.

Et comme désormais, je sais que ce temps-là est compté, j’en profite d’autant.

mardi, 28 octobre 2014

J'avais oublié

En un mois à se croiser tout le temps, j’avais oublié je crois, les rires complices, sa façon de pouffer irrésistible quand je sors blagues sur blagues, j’avais oublié ses bras qui se referment sur moi dès que je passe à sa portée, ses légers baisers, son souffle dans mon cou qui me fait tant frissonner. J’avais oublié les longues discussions du soir, qui ne se terminent pas, même après la tisane et le film pelotonnés l’un contre l’autre. J’avais oublié ses râleries quand je dérange tout, alors que nous avons besoin d’un papier important et qu’il soupire « Il était temps que je rentre ! ». J’avais oublié son odeur tendre et chaude au petit matin, quand j’enfouis mon nez dans son t-shirt, baillant aux corneilles. J’avais oublié sa manière bien à lui de faire rire son petit bébé, de l’habiller ou de le baigner, si différente de mes gestes à moi. L. aussi semble ravie, d’avoir son papa et sa maman rien que pour elle. Elle nous attrape des mèches de cheveux, ramène à sa bouche nos mentons dans ses minuscules doigts crochus et nous bave dessus avec bonheur, une manière bien à elle de dire « Je t’aime.” Demain, nous irons tous au train chercher notre grande fille et je respirerais enfin d’avoir retrouvé ma famille.

vendredi, 17 octobre 2014

Les moments bien

J’adore ce temps de congé aussi pour ces moments-là : me déplacer chez une copine pas vue depuis longtemps, apprendre qu’elle est en couple depuis janvier, elle qui désespérait de trouver un copain. Voir la jolie Clem, chez moi, et prendre le temps de refaire le monde en buvant du café, puis prendre des fous-rires en essayant de déplacer la grosse armoire, et ne pas y arriver et finir par faire appel à des pakistanais des puces pour nous aider à la bouger, me balader dans la Capitale, découvrir la restauration aux petits oignons de la magnifique Halle Pajol et déguster un bagel à tomber dans ce café. Rentrer à pied avec M., parce qu’elle va chercher sa fille à l’école du 18ème et moi dans ma banlieue nord, nous séparer sur le boulevard en se promettant de se refaire très vite un déjeuner pareil. Rentrer avec mon joli bébé endormie dans sa poussette, fatiguée par le temps orageux à souhait, le vent qui souffle, les bruits des klaxons, la pétarade des motos et cette grande ville qui bruisse autour de nous. Ma petite fille aux yeux si bleus, mon bébé qui rit si fort quand je l’embrasse dans le cou, sur le ventre, sur ses petits bras potelés, que j’emmène partout et qui ne se plaint jamais.

Et accueillir ma grande, mon aînée, mon soleil, elle qui est si fière de me montrer son cahier, son grand cahier d’école avec toute sa classe, ses dessins de feuilles mortes, ses princesses et ses princes qu’elle n’en finit plus de dessiner. Toutes les trois, avec la petite et la grande, on reste une heure à chahuter sur le grand lit, le nouveau lit qui sent bon le sapin et la laine de mouton, et on parle, et on joue, et on fait des imitations qui nous font rigoler.

Demain, ma grande fifille se lèvera très tôt, avec son père et moi. L’un de nous deux l’emmènera au train. Elle partira seule dans le TGV, avant de descendre ensuite dans les Cévennes avec mes parents. Pendant 10 longs jours, elle sera loin de nous. Elle verra des arbres en vrai, des feuilles mortes et des pas mortes, des cours d’eau, des bogues de châtaignes et de vrais champignons. Elle en prendre plein les yeux et je sais que moi, demain, je n’en mènerai pas large, et que je me traînerai toute la journée comme une âme en peine, parce qu’elle sera loin, que j’aurai le cœur plein d’une inquiétude pesante, en pensant à tout ce qui pourrait lui arriver. Son sac de voyage est prêt, j’y ai glissé un petit sachet de bonbons, ceux que j’ai toujours refusé d’acheter à la boulangerie, ceux qu’elle rêve un jour de manger.

 

mercredi, 15 octobre 2014

La fête d'anniversaire

J’avais usé d’une vieille ruse de maman.

J’avais déclaré : 4 ans = 4 enfants. J’avais choisi les invités parmi ses petits amis qui me paraissaient les plus proches, et j’avais délibérément fermé les oreilles quand elle avait piqué une crise en prétendant inviter la moitié de la classe, la veille de la fête, avant de vouloir inviter l’autre moitié. Quand on est si petit, 4 ans - c’est si petit encore - je pense qu’on est mieux en petit groupe pour s’amuser, alors je n’ai pas cédé. Alors, R. a fait son gâteau, nous avons décoré la maison, puis nous avons regardé un dessin animé en attendant les invités. Une fois sur place, les parents, que j’avais invité à rester pour la fête, on étés surpris. Pas de pêche à la ligne, ni de jeux « pour les enfants ». Les adultes étaient invités à participer et au bout de très peu de temps, ils ne se sont pas fait prier. Nous avons fait des binômes parents/enfants et tout le monde est parti se cacher dans le grand appartement. C’est un plaisir de choisir une cachette avec son enfant et de tenir son bébé en même temps, pendant que les autres vous cherchent, en gloussant, en se poussant. Après plusieurs parties endiablées, nous avons joué aux chaises musicales, mais en version participative, comme elle le conseille dans son livre. Là aussi, il fallait voir les enfants, un peu déboussolés au début, se tordre de rire quand un adulte s’asseyait à moitié sur eux. Tous les 7 ont tenu sur la dernière chaise, les gros dessus, les moyens sur les genoux et les bébés à bout de bras. Enfin, nous avons fait des tournois de karaté chaussette, entre adultes toujours, et les enfants, autour de nous, encourageaient leurs parents respectifs à grands cris.Longtemps je pense, je me souviendrai de ce moment.

Ce soir, dans le lit, R. se remémorait son après midi, nos rires et nos cris.

Tous les parents ont bien aimé, ils sont rentrés crevés mais ravis.

Et moi, ce soir, je souris.

 

vendredi, 10 octobre 2014

Moins c'est mieux en ce moment

Un pudding aux raisins secs cuit dans le four de la cuisinière. Il embaume l’air de l’appartement. J’ai utilisé tous les morceaux de pains secs qui traînaient depuis deux semaines et qui faisaient râler Y., qui n’attendait qu’une chose, de pouvoir les jeter. L’appartement est calme. Les deux enfants dorment, et Y. est parti voir le Xavier Dolan au cinéma.

Moi je prends un bain en essayant d’avancer dans le Emmnanuel Carrère, même si j’ai du mal. Puis je lave mes cheveux au bicarbonate, selon sa recette à elle, les parfume d’Ylang-ylang. Je les ai lavé pour la dernière fois le 21 août. C’est absolument dingue et pas du tout cracra, comme j’avais imaginé. Et surtout, depuis la fin août, je n’entends que des compliments sur ma chevelure, qui est tout le temps détachée, chose que je n’aurais jamais fait par le passé. Je n’ai pas sommeil, pas encore. Je veux encore traîner avant de me coucher. Je me fais un masque hydratant, une tisane, caresse distraitement le chat, ramasse une ou deux petites affaires. Cela fera trois semaines dimanche que je n’ai pas mangé de viande et cela ne me manque étonnamment pas. Au contraire, je suis heureuse de me casser la tête pour manger, du coup m’obliger à manger mieux, moi qui au contraire me laissait dépérir à chaque départ d’Y. Là, j’ai tenu toute une semaine sans me plaindre, en faisant de bons petits plats pour ma fille et moi. Y. est absolument abasourdi le soir par les trésors de plats qui existent en version végé : un byriany, un chili (sin) carne, des bricks. Il applaudit des deux mains et s’enthousiasme à l’idée que l’on mange un peu moins carné. Je mélange des graines, des noix et des raisons secs, j’utilise des épices jamais utilisées, je découpe des légumes juste pour donner des touches de couleur. Je ne veux absolument pas devenir végétarienne, je serais trop triste de ne plus jamais manger de viande, surtout à certains repas comme ceux de ma grand-mère paternelle. Mais je voulais réduire ma consommation, et surtout me prouver à moi-même que j’étais capable de m’en passer.

 

lundi, 17 mars 2014

J-1 mois

A des périodes d’hyperactivité se succèdent des périodes d’abattement complet.

Certains matins, je me sens molle, incapable de soulever un bras. Un trajet en bus de 10 minutes m’épuise. Le lendemain, je me réveille fraîche et dispose. Je file à Leroy Merlin, compare des luminaires, passe et repasse devant des tapis, sort mon nuancier. Nous refaisons la décoration et l’aménagement du petit bureau, transformé pour de bon en salle de vidéoprojection. J’ai voulu une ambiance douce, toute en gris, blanc et avec des légères touches de bleu clair. Je me prépare doucement mais sûrement à l’accouchement qui s’approche, dans un mois tout au plus. Je n’ai pas l’impression que ce petit bébé ait envie de sortir plus tôt. Je le sens bien haut en moi. Il bat des pieds, répond à mes petits coups que je tapote par jeu sur mon ventre. Tout le monde me prédit un petit garçon. La pharmacienne, une voisine, et même le libraire, que j’adore, un jeune homme de mon âge qui n’a pas encore d’enfant, me l’a prédit. Moi je les laisse dire, je ne sais pas du tout qui se cache dans mon ventre. Quand j’imagine ce bébé, j’imagine une autre petite fille. Blonde aux yeux bleus, comme R. Sa version miniature. Je serais surprise d’avoir un petit brun, mais les lois de la génétique sont impénétrables !

Chaque jour, je fais la sieste, pour rattraper un peu de cette immense fatigue. Je me pose dès que je peux, allonger mon dos, fais des ronds, assise sur le gros ballon de gymnastique que m’a amené ma copine G. J’ai commencé la sophrologie, une séance par jour, il me reste mes cours de préparation à la naissance de R. Ils m’avaient bien servis, malgré la césarienne en urgence décidée au final. Chaque matin après ma douche, j’enduis mon ventre d’huile pour prévenir les vergetures. Certaines se dessinent timidement à l’emplacement des anciennes, mais rien de catastrophique comme la première grossesse, où j’avais les flancs comme zébrés de coups de fouets. J'ai sorti la "valise de maternité", qui doit être prête la semaine prochaine, au cas où le bébé voudrait arriver tout de suite....J’ai commencé à prendre des tisanes : verveine, camomille, framboisier et sauge. Il y a aussi un médicament homéopathique à prendre un mois avant l’accouchement, pour préparer le corps. Parfois je m’inquiète de comment va se passer cet étrange passage, que j’espère connaître « en vrai » pour une fois, et pas ficelée à une table d’opération. Parfois je me dis que tout va se passer normalement, bien sûr, j’aurais peut être bien mal, mais j’ai hâte de vivre ce moment pleinement. Un peu comme un marathonien qui malgré la douleur, se prépare à la course, pour la beauté du geste, pour la force de l’acte, et peu importe s’il termine premier ou dernier, il se sera dépassé.

vendredi, 7 mars 2014

Les jours doux

Ce matin, j'écoute FIP en buvant du tchaï fait maison.

Il fait beau dehors, j’emmène avec moi mon appareil photo. Lundi, suivant vos conseils, lectrices et lecteurs, je suis allée me faire masser. Un massage ayurvédique, aux huiles chaudes, un délice. Il aide à éliminer les toxines et étire les muscles engourdis. Cela me change des massages thaï, soit trop violents, soit trop caressants ! Hier, je suis allée me promener dans le 18ème. Le matin, j’ai bu un café avec la belle Clem. Puis j’ai posté deux livres à des amies à qui ils seront plus utiles qu’à moi en ce moment. J’ai musardé dans le quartier. Mis le pied dans le nouveau et extraordinaire Gibert et Joseph. Suis sortie avec le très bon livre d’Isabelle Filliozat. J’ai remonté ensuite la rue Custine. Acheté un pot de Farrow and Ball pour les futurs travaux dans les toilettes et la buanderie. J’ai déjeuné de rolls délicieux, de jus faits maisons, de fromage blancs, graines et légumes frais, dans ce tout petit spot très concept et discuté avec la créatrice très chaleureuse. Cela m’a rappelé le séjour new-yorkais avec Y. là, où nous mangions sur le pouce des produits bio délicieux. Cela change du mauvais steak frite servi à la va-vite !

Je suis ensuite allée chez eux, acheter quelques plantes, un délicat adiatun, un asplénium et un petit plant d’une variété de mulhenbackia. Je voudrais faire une petite composition pour le bureau. Je suis ensuite rentrée chez moi faire une sieste d’une heure, puis j’ai lancé une lessive, rangé le linge, préparé des légumineuses pour le soir.

Y. est parti pour une semaine couvrir les municipales qui approchent à grand pas.

Le soir, la nounou de R. est arrivée. Je suis ressortie à Bastille. J’ai traîné chez Habitat et Maison du monde, à la recherche d’un petit buffet. Je ne trouve jamais le meuble parfait. Je suis aussi passée chez mes opticiens préférés de tout paris. Là où j’avais trouvé mes supers Cutler and Gross, si délicieusement vintages, il y a 5 ans déjà. J’ai choisi une paire de Anne et Valentin qui me ravie. La netteté est tellement intense que j’ai presque du mal à marcher sur le chemin du retour.

J’ai ensuite dîné avec ma petite fille et nous avons joué longtemps dans son lit, enchaînant histoires et câlins, parlant ensemble de la future naissance.

C’est si bon de se promener, de visiter, de faire quelques achats, de profiter du soleil.

Il faut en profiter, profiter, profiter…

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lundi, 3 mars 2014

La surprise…

 

Y. ne s’attendait pas à cela.

Depuis un mois, j’œuvrais en sous-main pour lui préparer une fête d’anniversaire digne de ce nom. J’avais rassemblé une partie des collègues qu’il apprécie, ses plus vieux amis, des confrères et consoeurs de promos, des connaissances récentes, des voisins et amis communs. En tout une trentaine de personnes, dont la majorité à répondu à l’appel. J’ai réussi, par un ingénieux stratagème, à l’envoyer au cinéma entre 19h et 21h. Quand il est arrivé, nous avions rempli les tables de gâteaux et de boissons, alors qu’il s’attendait à un petit dîner avec un couple d’amis. Il pensait fêter son anniversaire le lendemain, en famille. Nous avons tous crié "Suurrrrppprrrriiiiisssseee!!!"" Le clou de la soirée a été la remise du cadeau, un vidéoprojecteur dont il rêvait depuis 10 ans sans jamais passer le pas de s’en offrir un. C’est chose faite et il ne réalise pas encore, alors que c’est un cinéphile passionné. Certains sont arrivés après, les surprises se succédant aux surprises. A minuit et demi, un ami pas vu depuis 6 mois, qui habite maintenant à Lyon, s’est pointé à la fenêtre, l’air de rien. A 1h15, un dernier, qu’Y. apprécie particulièrement, nous a rejoint. Les invités sont partis vers 3h15, après une heure et demi de chants et de guitare. Moi j’ai dansé, je me suis agité, j’ai ri, je me suis couchée sur le canapé, j’ai chanté. Le lendemain, j’ai eu l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur, le corps moulu de fatigue. Mais contempler le regard de mon amoureux, qui me parlait et me reparlait de la soirée les yeux brillants de bonheur, vaut toute la fatigue du monde….

 

mardi, 25 février 2014

Un plaisir exquis

En fait, on s’habitue très vite à cette nonchalance.

Je lève quand je veux (tard).

Je me couche quand je veux (tôt).

Je dors la journée, je prends des bains à midi, je lis sur mon canapé un roman de Laurie Colwin pas encore lu. Je passe une heure et demie dans une bibliothèque parisienne à lire des BD. Je chine aux puces. Je mange un kebab au soleil. Je fais des photos. Je passe l’après midi avec ma collègue qui est venue m’apporter un DVD avec un documentaire que je voulais voir. Je mange des produits manufacturés devant une bêtise en replay (Top chef !). Je fais un masque, je prépare une surprise, je vais m’acheter un joli petit sac dans le 18ème, je vais voir la petite expo de Varda avec G. et son amoureux, je mange à coté de Beaubourg et j’en profite pour traîner dans la librairie. Je vais à Leroy Merlin. J’achète une suspension pour l’entrée (enfin). Je fais des plans de ma future cuisine. J’écris à mes deux grands-mères. Je fais du tri dans les médicaments. Je vide la bibliothèque de ses papiers. Je m’achète des fleurs. Je fais réparer le petit manteau de R. J’appelle ma fifille. J’appelle Y. Je rerererereregarde Twilight 1.

Je mange du cake tout fait en buvant du thé.

Je cale des rendez vous avec mes copines dans les semaines qui viennent.

Je me dis qu’il faudrait que j’aille à la piscine.

Je me le dis juste…

Oui, c’est un fait, on s’habitue très vite et remarquablement bien, à cette nonchalance, n'avoir que soi à s'occuper.

C’est un plaisir exquis, aussi parce qu’on sait qu’il est court.

Et j’en avais diablement besoin….

 

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