mardi, 9 février 2016

La surprise

J’ouvre la fenêtre qui donne sur le petit jardin.

Il pleut à verse. J’aime cette odeur de pluie, son bruit rythmé, la façon dont elle frappe sur les vitres et les volets de bois. Je pense à la façon dont je voudrais agencer les jardinières, sur les fenêtres de devant la façade. J’aimerai faire de grandes jardinières de palettes, profondes, capable d’accueillir beaucoup de plantes, des bambous, des lierres, du jasmin, des roses. Notre cuisine est en chantier, après 5 ans d’attente à la rêver, l’imaginer, la dessiner, sur des bouts de papier, sur des plans millimétrés, sur des logiciels de 3D. Le mur chocolat (London Clay) de chez Farrow and Ball est fini. Sa couleur, profonde et gourmande m’enchante. Je n’aurais jamais imaginé utiliser cette couleur avant. Demain, les éléments commenceront à être montés. Il y a aura encore pas mal d’étapes avant que tout soit fini, mais pour le petit aménagement, c’est moi qui m’en occuperais quand je serais arrêtée pour mon congé maternité. Je sais déjà où je veux mettre mes épices, mon thé, mes couteaux, mes planches à découper. J’aimerai aussi aménager le coté du meuble, avec un marche pied pour les enfants et un banc, pour les encourager à venir préparer les repas à mes cotés. Peut être qu’il faudra aussi envisager une petite table centrale, une minuscule table ronde de troquet, pour que je puisse prendre mon petit déjeuner le matin seule, mais rien n’est moins sur, je verrais la place qui restera quand tous les meubles seront monté. J’ai hâte ! Chaque soir est une surprise.

lundi, 8 février 2016

Se lever tôt

En ce moment, c’est un peu difficile : j’ai l’impression désagréable d’une course permanente, d’avoir la tête dans la machine à laver, et le corps tout entier. Je ne dors pas beaucoup la nuit, réveillée par des broutilles. Je n’arrive pas à me rendormir avant une heure ou deux. Du coup, le matin, je ne peux pas me lever tôt. Ensuite, c’est la course, terrible et familière, les enfants qui pleurent et les parents qui grondent. Ma journée de travail passée, je retraverse Paris dans l’autre sens et vais chercher les enfants. C’est le bain-repas-couchage, puis j’attends Y. avec lui, on essaie de régler les urgences, puis on se détend devant l’écran, se couchant trop tard, même quand on décide de se mettre au lit tôt, chacun avec notre livre. Et pourtant, pourtant, l’écriture, la création, la méditation me manquent, un peu comme un léger manque d’oxygène. Je voudrais raconter : mon merveilleux anniversaire, les deux surprises de Y., ma recherche du meilleur vélo, ce que je veux faire pour améliorer mon quartier, les travaux qui ont recommencé dans l’appartement (et comment nous faisons la vaisselle dans la salle de bain au milieu du plâtre), les bonnes résolutions que j’ai pour la suite de ma grossesse, le déménagement du travail et nos nouveaux employeurs. Je voudrais raconter les petites joies et les petites tristesses, mais évidemment, évidemment, je ne trouve pas le temps. Alors, j’ai pris une grande décision : je vais me lever plus tôt, vaille que vaille, comme je n’arrive pas à écrire le soir. Je vais me lever plus tôt, et je ferais ce qui me manque : écrire, méditer, créer.

Chiche ?  

mercredi, 20 janvier 2016

Voir les choses différemment

Après mon merveilleux week-end, où je suis allée voir ce film et où cela m’a donné envie de me bouger juste à coté de chez moi, via les collectifs associatifs de ma commune, je suis à nouveau malade. A plat, complètement, fatiguée complètement. Je me demande comment me bouger, comme faire en sorte d’arriver à faire des choses, comment me motiver.
Hier, je suis allée chez le médecin (enfin, depuis août et l’arrêt des antidépresseurs !) j’ai pu lui parler de plein de petits problèmes. D’un côté, je voudrais être arrêtée, mais une part de moi le redoute, car j’ai peur de la solitude plus que tout. Je suis même prête à ne pas prendre de congé parental pour ce dernier bébé ! Cet après midi, je verrai l’ostéopathe nouvelle et toute gentille, qui a réussi à enrayer les douleurs dorsales le mois dernier. J’espère qu’elle m’aidera à tenir jusqu’au bout de la grossesse sans ces douleurs chroniques qui me gâchent bien la vie.
Le dernier atelier CNV, lundi soir, était passionnant.
Il y a une vingtaine de personnes toutes différentes, avec des parcours et des envies diverses. Plusieurs sont sans enfants et veulent juste apprendre à communiquer différemment, arriver à exprimer leurs besoins, sans colère. On a l’impression d’apprendre une nouvelle langue ! C’est assez enthousiasmant de découvrir tout cela à 35 ans. Je réalise toutes les implications que cela peut avoir, dans mon couple, avec les enfants, au boulot, dans ma famille. Cela me rend plus indulgente.
Ce soir, si tout va bien, j’irais voir ce film. Cela ne va pas me réconcilier avec l’école, mais ces parcours alternatifs m’apprennent tant ! Je pense qu’il faut toujours se renseigner sur les chemins de traverses. Là est la vraie richesse, plutôt que les routes plates et trop droites ! Je rêve aussi de trouver un jour, deux jours, peut être trois pour aller voir Leeloolène. Avec elle, boire du thé, faire les magasins, feuilleter des magazines, parler, parler, parler….

samedi, 16 janvier 2016

9 ans et toutes ses dents.

C'est le week-end.

Y. invente une chanson avec les enfants. Les filles inventent les paroles et chantent et il les accompagne à la guitare. Petit à petit, les sons se brouillent et s’effacent tout à fait. Je m’endors d’un sommeil lourd, insensible aux cris de L. qui ne se laisse pas faire quand sa sœur l’embête. Je dors une bonne heure. Il fait bon dans l’appartement, on a monté le chauffage. Y. a fait une compote de pommes qui embaument. Ce soir, nos amis T. et A. viennent manger des crêpes à la maison. Je mets en vente sur le bon coin mon beau fauteuil club, si défoncé que je me demande si quelqu’un voudra vraiment le récupérer. A l’heure du goûter, je vais avec L. a un atelier de signe de bébé. Elle s’amuse, joue avec les autres enfants, mime les signes des comptines. Lundi soir, je retournerai à l’atelier organisé par l’association de maternage sur la communication non violente. Cela me fait du bien de continuer à creuser cette voie, de me rendre compte à quel point je dois encore plus prendre soin de moi pour éviter de décharger ma colère sur les enfants. J’étais émue aux larmes la semaine dernière d’écouter le formateur nous dire que bien sur, nous n’étions pas des parents parfaits, mais que rien que d’être là et de chercher à faire différemment, nous devions déjà être fiers de nous et nous dire que nous étions sur la bonne voie, celle de l’amélioration, de sortir de nos schémas inscrits en nous.

 

Cette semaine, ce blog a eu 9 ans !

Dans une semaine, j’en aurais 35.

 

Tout ce temps passé, avec vous, avec d’autres, de l’autre côté de l’écran, merci encore d’être là et de lire, de commenter parfois !

 

Votre présence/écoute/conseils est un baume sans fin.

mardi, 5 janvier 2016

La confiance et l'écoute

Les soirées sont douces.

Y. n’est là aucun soirs, je m’occupe des enfants. On rentre tard, on mange sur le pouce, dans de petits bols, on épluche des clémentines. Le sapin repart bientôt dans sa maison, il sera replanté dans les bois. Je caresse les cheveux de L., la change, lui donne son biberon, fredonne une chanson. Je lis des histoires à R., joue avec elle, cuisine, lui fait des massages, à l’huile essentielle de lavande, sur ses pieds et sur son joli visage « Les mains aussi un petit peu maman… ». Juste avant de dormir, je m’allonge contre elle dans son grand lit. J’écoute sa respiration s’apaiser, jusqu’à s’endormir, et moi je me repose. Cela fait une sorte de séance de relaxation qui n’en est pas vraiment une, avant de retourner dans le salon où je range leurs petites affaires comme je peux, car j’arrive de moins en moins à me baisser. Ce soir, une nausée persistante m’empêche de manger. Je me fais une tisane de verveine, irait me coucher comme ça. La faim viendra peut être pendant la nuit, tant pis. Demain, je ferais de nouvelles analyses, les premières depuis presque trois mois. Que ce suivi est léger comparé à celui d’un médecin lambda. Tout n’est qu’écoute et confiance. « Tu sens que tout va bien ? OK pour moi. » La sagesse des femmes.

vendredi, 1 janvier 2016

La très bonne année qui s'annonce

Bonne année à tous !

 

Cette année a commencé de la meilleure façon pour nous, avec les copains en pagailles qui débarquent parce qu’ils n’ont pas de réveillon. En quelques mails, tout était calé, au fur et à mesure que des gens, inconnus pour la plupart, se rajoutaient à notre dîner. Dîner mené d’une main de maître, car tout le monde a mis la main a la pâte. J’avais fait un foie gras délicieux, un chutney d’oignon, des tartes salée, et d’autres ont fait des rattes du Touquet (pour 15 !) et un agneau de 7heures, qui a été divin. Le fromage, les pains merveilleux et des gâteaux sur des vins délicieux ont complété cet ensemble.

Aucun enfant sauf un nourrisson d’un mois que l’on n’a pas vu de la soirée.

Trop de bruits, trop de rires, et moi qui au lieu de courir partout suit restée assise, voir vautrée sur un canapé, à demander qu’on m’apporte tel ou telle chose. Les copains sont partis à 5h du matin après un rangement sommaire, en vidant les poubelles. Ce matin, délice des délice, alors que Y. travaillais, S. la femme de ménage, est venue pour tout nettoyer. Pour la première fois depuis 15 ans que je fais des fêtes dans mes différents appartements, ce n’est pas moi qui ai passé la serpillière sur le sol collant de bière. Le balai avait été passé, les affaires étaient toutes rangées, il fallait juste donner un coup de propre, ce qu’elle a fait brillamment. L’appartement est étincelant, tout sent bon et moi j’ai passé la journée en pyjama.

Ce matin, je me suis rendormie dans mon lit après avoir lu le récit de l’avortement d’Annie Ernaux. Puis j’ai mangé devant un documentaire d’Arte, fait un tour sur facebook, réponde aux textos de bonne année, puis je me suis encore endormie jusqu’à presque 17h. Je n’ai pris ma douche qu’à 18h30.Dans mon ventre, le bébé s’agite par intermittence. Que 2016 sera belle, avec cette grande famille ! Je vais préparer une petite assiette de salade pour Y. qui revient, programme : petit film en amoureux et couché très très tôt !

 

Encore bonne année à vous, les lecteurs de l’ombre et ceux qui commentent qu'elle soit riche en tout.

 

Venez encore souvent ici, même si j’écris par intermittence, votre présence m’est douce !

Les bonnes résolutions de 2015 : BILAN

  •    
« Grandir » au travail, développer mon expertise, être force de proposition, devenir plus compétente, mieux gérer mes priorités et pouvoir me dire, en fin d’année, que je suis vraiment performante. : J’ai réussi. Ca s’est fait de manière beaucoup plus douloureuse que je pensais, en passant par de très grands moments de doutes et de découragement, mais je me suis sortie de cette année d’enfer, passée à me demander quand je serais virée pour incompétence. La psychanalyse que j’ai repris a beaucoup du aider à cela.

 

    Lier des liens là où je suis, là où je vis, mieux m’ancrer dans mon territoire. Cela passera par les gens, les projets, les actions sur ma commune. Je suis entrée dans une association de brasseurs sur ma commune, et j’ai un peu fréquenté un groupe de maternage. Je voudrais développer encore cet aspect cette année, d’autant que je serais beaucoup à la maison avec les enfants.

 

    Continuer à moins manger de viande et apprendre des recettes plus délicieuses les unes que les autres, sans protéines animales aucune (tout un programme !) Programme pourtant bien développé et complètement abandonné dès le mois d’avril, dépression et stress oblige. Je n’avais plus le goût, plus la force de préparer de bons petits plats, alors des végétariens, qui devait respecter un certains nombres d’aliments pour ne pas être carencés, cela a été au dessus de mes forces. Et puis la grossesse, a cause de l’anémie en fer, m’a mis dans un furieux appétit de viande. Peut être que je reprendrais cette voie quand le bébé sera né ?  

 

    Faire au moins trois voyages/projets dans l’année. J’aimerai visiter Lisbonne, le pays Basque et l’Ardèche, mais arriverais-je à faire les trois ? Alors là, je suis la première à me surprendre, mais non seulement j’ai fait les trois, mais en plus, j’ai découvert l’Isère merveilleuse, un bout de Provence, pour le travail, je suis partie seule en Savoie, en Normandie, au Congo, dans la région Centre. Et nous sommes aussi partis ensemble sur la cote d’émeraude, pour de magnifiques vacances. Cette année, c’était celle des voyages et des vacances c’est sur !
 
    Essayer de moins ressentir le stress. Pour cela, pas le choix, il faut prendre soin de moi (j’ai du maaaaaaal en ce moment, c’est terrible !) Je sais ce dont j’aurais besoin : des massages, du sport, de la méditation, de la marche, de l’écriture le matin, des sorties entre amies, des bains…. Hum, que du bonheur en fait ! Alors là, cela a été complètement raté. J’ai du être mise sous antidépresseurs pour tenir le coup, puis un mélange de fleurs de Bach et d’oméga 3 et je suis encore souvent submergée par un stress intense qui me paralyse, et des pensées omniprésentes la nuit.Ni massages, ni détente, un peu de sport heureusement. J'ai découvert la joie du vélo.



    Mettre des sous de côté à partir d’avril, quand Y. aura repris le travail, pour faire un graaand voyage dans deux ans. Mon rêve ? Partir quelques mois sans solde, une sorte de demie année sabbatique, pour visiter une partie des Etats-Unis, comme la ville de Portland ou San Francisco. Raté raté raté. Trop de voyages cette année, trop d’envie. Mais la bonne chose c’est que nous avons acheté la cuisine et qu’elle devrait être montée en ce début d’année.

 

    Faire entrer un peu de nature dans ma vie. Cela me manque. Beaucoup. Je l’ai fait un peu : j’ai refleuri mes fenêtres, j’ai fait des plantations en bocaux. Je voudrais plus encore, des animaux, des clapiers, des terrariums, des aquariums, un grand jardin et des arbres..

mardi, 29 décembre 2015

Au lit !

Blottie sous ma couette depuis plus de deux heures, je fais du télétravail.

Je lis des emails, réponds, fais du facebook pour mon entreprise. Cet après midi, j’avais un rendez vous avec ma sage-femme. Le bébé, petite fille ou petit garçon, on ne sait pas et on ne saura pas (sauf gaffe d'un échographiste), va bien. Je m’en veux un peu de ce rythme effréné que je lui fais vivre, à lui qui n’a rien demandé. Je me souviens des longues séances de massages pendant la grossesse de R. ou des séances de relaxation pendant celle de L.. Et pour ce petit bébé, alors que je suis déjà à 5 mois et demi et que la grossesse est bien entamée, rien du tout !

Il est tout petit, une crevette de 400 grammes selon les estimations, mais moi, je sais, je sens, qu’il va très bien. Je ne m’inquiète pas, laissant l’inquiétude aux soignants, à moi la belle confiance de sentir en moi un petit bébé vigoureux qui tape et me répond quand je pose ma main chaude contre ses minuscules pieds.

Les enfants ne sont pas chez nous, restées toutes les deux chez mes parents et mes beaux-parents pour la semaine. Elles font du vélo, des balades, s’amusent dans le jardin. C’est toujours mieux qu’être ici à faire des lessives et passer leurs journées gardées au centre de loisir ! Alors, on en profite, avec Y. pour aller au cinéma, se promener, aller manger ensemble, ou simplement écouter en entier une émission de radio passionnante. J’aime ces petits moments volés dans la course quotidienne avec les enfants en bas âge. Juste savoir une infusion le soir, sur le canapé, en lisant les Inrocks et se disputer pour savoir quoi aller voir au cinéma.

A côté, les journées de travail paraissent bien faciles sans la course du soir !

lundi, 21 décembre 2015

Le virus

Dès le premier jour des vacances, j’ai été terrassée par un virus.

Une sorte de gastro, légère, qui colle une nausée et des crampes au ventre toute la journée. Je n’arrivais plus à rien, et pourtant il y avait tant à faire : les derniers cadeaux, du ménage dans l’appartement, de la cuisine, des courses, se préparer pour aller tous dîner chez des amis à l’autre bout de Paris. Sur le quai du métro, préparée, pomponnée, chaussée des chaussures à talons que j’étais allée chercher deux heures plus tôt chez le cordonnier, j’ai failli faire demi-tour. Plus la force. Je me suis dit : je fais l’effort d’aller jusqu’à leur porte et puis je repars chez moi. Je m’allongerai, je lirais le dernier roman de Barbara Kingsolver, je me ferais une tisane. Au lieu de cela, j’ai monté les escaliers, je n’ai embrassé personne, prétextant un rhume encore présent et j’ai mangé, de toutes petites quantité. Au retour, à minuit, je n’étais plus que l’ombre de moi-même quand je me suis couchée. Le lendemain, deuxième jour des vacances, je n’ai pas vraiment réussi à me lever. Ma sœur est passée, Y. est allé acheter un petit canard aux abricots pour le midi et le parrain de R. est venu à la maison pour l’emmener au cinéma.

Ce matin, après une nuit très agitée, je me suis réveillée quand L. a pleuré, j’ai veillé une heure puis j’ai demandé à Y. de me remplacer, à 9h du matin. Je me suis rendormie, d’un sommeil lourd, jusqu’à 11h. Le bébé tape dans mon ventre à intervalle réguliers, entre deux crampes intestinales qui me vrillent l’estomac. Il me reste toujours deux cadeaux à faire. Ce ne sera pas loin, à quelques minutes à vélo seulement. J’aurais peut être le courage, cet après midi qui sait…

vendredi, 18 décembre 2015

Le cercle vicieux

Je ne dors pas.

Toutes les nuits, quelque soit l’heure à laquelle je me couche, je me réveille pendant la nuit. Je réfléchis, je repense aux événements de la journée. Je me morigène. La journée, je lutte au travail pour tenir debout, et tenir le rythme. Le soir, je me retrouve au bout du rouleau, ne sachant pas comment mettre en pyjama deux enfants récalcitrantes. Plus il est tard, plus cela m’est difficile. Je ne garde pas mon calme, m’énerve, crie et tape. C’est un cercle vicieux. Je ne dors pas, je suis fatiguée et je n’écoute pas les enfants. Leur moindre résistance, pour mettre leur pyjama ou pour aller au bain, m’exaspère. J’en viens à redouter le congé maternité, quand je serais seule, encore plus fatiguée, avec un bébé en pleurs et que je n’aurais pas d’aide vers qui me tourner le soir pour tout gérer. La situation s’enlise inexorablement. Ce que j’avais réussi à contrôler avec la chimie des antidépresseurs s’avère souvent moins performante avec les médecines douces, malgré leur efficacité que je suis obligée de constater.

Je cherche, je cherche, je cherche, ce qui pourrait m’aider.

Pas sûre que l’arrêt du travail soit la solution, au contraire, j’envisage les choses sous un angle pire encore.

Je sais ce qu’il faudrait faire, dans l’absolu : prendre du temps pour moi, me reposer, me faire aider, mais ces mots sonnent creux quand on passe ses nuits à se maudire de ce qu’on a fait dans la journée et ses journées à recommencer les mêmes erreurs que la veille.

A la veille des vacances, je ne sais plus quoi faire.

jeudi, 26 novembre 2015

Rêver à tout ce que je pourrais faire

Chaque jour qui passe, je bénis d’habiter au rez de chaussée.

Quand on a des enfants en bas âge et qu’on est enceinte, on mesure sa chance, surtout quand je compare avec nos voisins du 5ème, qui remontaient leur enfant, leurs courses et leur lourde poussette….Noël approche et comme à mon habitude, je ne suis pas avancée. Aucun cadeau commandé, des idées mais pas tout, bref, ce sera encore une affaire de dernière minute, et sans doute pas une affaire d’ailleurs ! Je sens que je vais encore me ruiner inutilement, que je vais faire des pas de coté, que je ne taperais pas toujours dans le mille. Et puis il y a tant de personnes à contenter ! Cela parait impossible et chaque année, je m’emmerveille des cadeaux imaginés pour les uns et les autres. Pourtant, je ne suis pas encore dans l’ambiance de Noel. Je voudrais faire tant de choses : des décorations dans la maisons, sur les vitres, faire un calendrier de l’Avent, mais comme chaque année, je me laisse prendre par le quotidien et je ne fais pas la moitié de ce que j’aurais aimé… Je suis toujours ébahie devant ceux qui font le centre de table, la couronne sur la porte, qui façonne chaque cadeau avec amour… Moi cela ressemble toujours un peu à une défaite, je dégaine la carte bleue, entasse les paquets et distribue en croisant les doigts pour que cela plaise à la personne. Le souci est que chacun chez nous offre des cadeaux à tout le monde. Cela donne une cacophonie et un déluge qui donne la nausée de présents parfois kitchissimes et donc pas toujours appréciés.

Cette semaine, je sens que le week-end va passer trop vite. Je voudrais aller voir mon amie G., lui apporter un peu de réconfort parce qu’elle est alitée, je voudrais aussi faire une exposition, terminer le livre merveilleux d’un ami qui écrit divinement bien, aller à un festival à coté de chez nous et me faire une séance de cinéma bien précise avec deux copines. Mais je sais très bien que jamais tout cela ne rentrera dans deux jours, avec l’impératif des siestes, des courses et de tout le reste. Mais cela ne m’empêche pas de rêver.

samedi, 14 novembre 2015

Ecouter Fip.

Ce matin, après notre courte nuit, quand je me suis réveillée, Y. était déjà parti, relever ses collègues qui avaient travaillé jusqu’à l’aurore.

Ce matin, j’ai mis Fip et je me suis fait un thé. J’ai changé les habits de L. dont la couche, pleine de pipi, avait débordé, et je l’ai lavée tendrement. Puis R. s’est réveillée. Comme il y a 10 mois, j’ai du lui dire, en deux phrases, trois tout au plus, qu’à nouveau des gens avaient attaqué d’autres gens, avec des fusils, et qu’il y avait beaucoup de morts. Voilà pourquoi son papa n’était pas dans son lit et pourquoi j’étais triste moi aussi. Elle a simplement hoché la tête et m’a parlé d’autres choses. Ce matin, je n’ai pas pu rester chez moi. J’ai appelé tous les amis du coin et je suis allée boire des cafés, manger au mac donnald avec les deux enfants, je suis rentrée dormir pour une courte sieste et nous sommes reparties toutes les trois, par le bus qui sillonne le nord de la capitale, rejoindre d’autres amis à Barbès. Tati était fermé, on se serait cru un jour férié. Ou à 4h du matin. Les rues désertes, les rares passants et les gens qui boivent quand même une bière à la terrasse de l’aquarium branché, comme un défi, une jolie façon de relever la tête. J’ai remonté le métro aérien et sonné chez G. Avec 5 ou 6 amis et plus d’enfants, nous avons tourné et retourné en boucle les infos jusqu’à nous étourdir. Quand le dessin animé a été fini sur leur écran démesuré, quand tous les gâteaux ont été mangés, nous sommes reparties, R. sur sa trottinette, moi suivant avec la poussette, dans la nuit, dans Paris, dans notre belle capitale, qui se relèvera toujours. Ce soir, Y. arrivera tard, peut être au petit matin. Mais les deux enfants dorment et moi je m’apprête à faire de même.

Et Fip continue de nous bercer l’oreille de sons qui réconfortent.

jeudi, 12 novembre 2015

Les jeudis matins

Tous les jeudis matins, le rituel est le même. 

Je me lève avant tout le monde, prend mon petit déjeuner en écoutant la radio dans le salon. Puis je prends ma douche, et souvent, j’entends L. qui s’est réveillée et appelle, dans son lit à barreau, pour qu’on vienne la chercher. Il faut encore un peu de temps pour que Y. sorte de son lit et la libère. Souvent, R. aussi est réveillée. Je sers les enfants dans mes bras, prépare souvent un biberon et m’habille en vitesse. Un peu de mascara sur les yeux et j’enfile mon manteau. Il est presque 8h, je vais louper le bus. D. et sa fille m’attendent à l’arrêt de bus, elles me voient courir et le retienne. On monte dedans, on papote jusqu’à mon arrêt de métro. Je prends un premier métro, puis un deuxième. Dans la correspondance à Gare du Nord, je me fais bousculer, comme tous les jeudis matins. J’arrive juste à l’heure ou un peu en retard pour ma séance de 8h30 chez ma psy. Chez elle, je lâche un peu les vannes. Je raconte mes rêves de la nuit, parle de mes difficultés du moment, m’énerve ou au contraire laisse aller la tristesse. Tout est entendable ici, dans une bienveillance douce. Quand je sors, la ville s’est un peu animée. Je me rends à la boulangerie, où la boulangère m’appelle « Ma belle ». Je prends une crêpe au sucre ou des chouquettes et je les mange en m’engouffrant à nouveau dans le métro. Quand j’arrive à mon travail, dans cette banlieue proprette que nous allons bientôt quitter –heureusement- je suis toujours aussi mal. Je n’aime pas les bâtiments de verre trop froids, les ascenseurs où personne ne se parlent, le système de badge à l’entrée et à chaque étage pour protéger qui ? Quoi ? Quand je m’installe à mon bureau, il est 10h passée.

Aucune collègue à l’horizon dans mon open-space, elles arriveront vers 10h30. Je range mes papiers si je n’ai pas eu le temps de le faire la veille, j’aère longuement le bureau et je vais me faire un café, si je ne suis pas trop nauséeuse, comme souvent le matin.

Mes jeudis matin se ressemblent, et j’aime ça au final

mercredi, 4 novembre 2015

Les rêves

Je ne suis pas encore à 4 mois de grossesse et mon ventre est déjà très proéminent. Je n’ai déjà plus besoin de demander de place dans le métro. Ou que j’aille, on se lève, on me tape sur l’épaule, on s’efface, on s’excuse si on m’aperçoit alors que je suis restée plus d’une minute debout dans la rame. Hier, un homme m’a attrapée par le sac : "Sientate !" m’a-t-il dit fermement. J’ai souri en m’asseyant, l’ai remercié en espagnol aussi. L’entendre m’a rappelé mon expérience espagnole, mes trois mois passés là-bas, alors que j’allais si mal et je m’imaginais passer par la fenêtre de l’entreprise où je travaillais. J’aimais la façon dont les gens me traitaient dans la rue, leurs petits mots, « Nena », « pequena » qu’ils employaient pour me parler. J’aimais cette sollicitude, cette bienveillance, qui me rassurait.

Lundi, je suis retournée dans le 17ème, sur ma pause déjeuner, pour faire refaire ma prescription de Fleurs de Bach. Entre-temps, l’eczéma qui était parti pendant les vacances est revenu. La nuit, je suis réveillée en sueur en m’imaginant que j’ai écris une énorme bêtise dans un article, qu’on s’en rend compte et qu’on m’humilie publiquement comme la pire journaliste de la planète. Ces rêves, ces « fantaisies » comme dirait ma psy, qui m’assaillent, nuit après nuits et à certains moments de la journée, font la part égale avec les rêves où je perds l’un ou l’autre de mes enfants. J’imagine des morts violentes, des accidents, des catastrophes. Je n’arrive plus à fermer les yeux, ni à éteindre la lumière, tant ces images sont présentes. Alors, je lis. Je lis des livres pour le travail, sur la maternité, l’accouchement, tout ce que je dois lire, à moitié par intérêt à moitié par passion. Parfois, quand l’angoisse est trop forte, je me relève et je passe une tête dans la chambre des filles. Elles dorment chacune dans leur petit lit. Je contemple R., sa chevelure d’or désordonnée, sa jambe qui sort de la couette, le livre dont elle regardait les images encore sur son ventre. J’entends la respiration de L., sa joue contre le matelas, ses deux doigts presque encore dans sa bouche, qu’elle suçote pour s’endormir. Je ne peux pas les embrasser sur les cheveux, à peine m’approcher pour respirer leur odeur, car ni l’une ni l’autre n’a un sommeil de plomb. Mais je les contemple longuement. J’aime leur bras ronds, leurs mimiques de toutes petites, et même leurs brusques colères, qui ne sont la plupart du temps que des marques de fatigues extrêmes, même si dans un premier moment elles me donnent toujours envie de leur crier dessus. Je contemple mes deux petites filles, ces deux enfants si différentes, cadeaux inespérés, et je m’émerveille. De ce qu’elles sont, de ce qu’elles deviendront, même si je voudrais retenir ces moments pour la  vie entière. Retenir leurs fous rires, leurs bras qui se tendent, leurs « Je t’aime maman d’amour » dont je voudrais imprimer de toutes mes forces la phrase au fond de mes oreilles.

C'est bête ces idées noires. Mais je n'y peux rien, je n'arrive pas à m'en défaire, cela fait presque partie de moi à force.

La nuit je rêve que mes enfants meurent et chaque matin, les voir se réveiller me ferait presque pleurer de joie.

lundi, 2 novembre 2015

Un bien fou

J’ai couché les enfants et je ne vais pas tarder à faire pareil.

Ce matin, je n’ai pas réussi à me lever. Impossible, j'étais collée à la couette et Y. dormait aussi. Nous nous sommes levés trop tard, trop tard pour l'école, à 8h20, mais heureusement, nous avons réussi à ne pas trop nous affoler et à faire manger R. avant son départ.

Pourtant, toute la semaine, tous les deux, sans enfants, nous n’avons jamais mis de réveil. Nous nous sommes couchés tôt presque chaque soir, épuisés par les longues marche dans la ville, tout cet air frais, ces senteurs, ces découvertes, ces discussions dans plusieurs langues, avec notre hôte hongrois, son amie et les différentes personnes rencontrées pendant ces quelques jours dans la capitale portugaise. C’est peu dire si j’ai adoré ce séjour. C’était si reposant, si dépaysant, si bon de se retrouver à deux, de pouvoir déambuler, manger quand cela nous chantait, s’arrêter dans une gargotte, boire un café, un mojito (ou un virgin mojito pour moi) manger d’extraordinaires pâtisseries, boire des jus de fruits frais, repartir à l’assaut des collines, prendre un tramway bringuebalant quand enfin les touristes avaient déserté les lieux et retrouver Z. dans un bar de l’Alfama. J’ai aimé notre petite chambre sous les toits, dans un appartement charmant trouvé sur Airbnb. En quelques heures, nous avions déjà nos petits repères, dans ce lieu charmant, décoré avec goût, où tous les meubles provenaient des puces, un peu comme chez nous. 

Le dimanche, nos enfants ont poussé des cris de joie en nous retrouvant au petit matin dans la cuisine des parents de Y. Elles aussi avaient passé une bonne semaine, apprenant plein de choses et découvrant tant avec leurs grands-parents. Je sais que les prochaines vraies vacances ne seront pas avant longtemps, et cette escapade, cette échappée_belle avec mon amoureux, main dans la main et passant les journées à roucouler et à nous embrasser, nous ont fait un bien fou.

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jeudi, 22 octobre 2015

Pas plus malheureuse

Ce soir, je savoure mon moment.

Y. n’est pas rentré, parti à nouveau boire un coup avec ses collègues-amis. Moi je passe un moment avec la petite L., pense à ma grande R. qui cette semaine a apprit à faire du vélo toute seule, sans les roulettes, avec ses grands-parents. J’ai ressenti un tout petit pincement au cœur, l’envie d’être partout à la fois, auprès d’elle, au travail, avec Y. en amoureux, et m’occuper de la petite L. toute seule. C’est si facile soudain de ne s’occuper que d’un enfant. La mission cuisine de dimanche a été expédiée. Nous l’avons payé, elle arrivera sous 15 jours, restera plus qu’à la monter, le plus gros de l’affaire bien sûr. Je suis heureuse de reprendre l’aménagement de l’appartement, ce bien qui s’améliore de jour et jour, et que, j’en suis quasi sure, nous quitterons le jour où nous l’aurons à peu près terminé. Mais je m’y sens si bien, comme ce soir, où je passe de pièce en pièce, rallumant une bougie, lisant un roman sur le canapé du salon, en attendant Y. S’il n’arrive pas tout de suite, j’irais me coucher. Je suis tellement fatiguée, et ces vacances qui se profilent me feront tant de bien ! Nous partirons à deux seulement, confiant les enfants aux parents de Y. cette fois. Nos dernières vacances en amoureux avant sans doute un an ou deux, naissance du dernier bébé oblige, mais vacances ô combien souhaitées.

Samedi, nous étions à leur mariage, le mariage de l’amour, un couple si beau et si uni, une fête simple et belle, à leur image. Certains blogueurs étaient là, et cela m'a rappelé le temps d'avant, le temps de l'Assassin, des Paris-Carnets et des volutes de fumées, des bières bues et des échanges avec tous ces inconnus pas si inconnus. J’étais heureuse et débordée avec mon enfant si petit, et plusieurs fois, les gens, constatant ma grossesse en cours, m’ont parlé avec un ton très compatissant. Pour la première fois, j’ai ressenti comme de la gêne, et j’avais presque envie de dire, par défi, que bien sûr, j’allais y arriver, que bien sur, ce bébé ne serait pas du tout difficile à élever avec un enfant si jeune juste avant. Et puis je n’ai rien dit. Ce n’est pas grave, après tout, ce que les gens pensent. Oui, c’est sûr, je serais bien fatiguée. Mais quel bonheur, quel bonheur d’élever ces enfants, au final, alors qu’importe après tout, ce qu’ils pensent tous. Je serais fatiguée, certes, mais je ne pense pas plus malheureuse.

 

samedi, 17 octobre 2015

Réchauffer l'automne

Il s’est mis à faire froid cette semaine et j’ai demandé à Y. de nous remettre du chauffage dans l’appartement. D’habitude, nous attendons un peu, quelques semaines encore avant l’entrée dans l’automne, pour le mettre en route. Mais là, j’avais trop froid. Maintenant, il fait bon chez nous et je ne regrette pas. Je suis revenue de mon voyage chamboulée et ravie, avec une petite tourista qui ne me quitte pas depuis la semaine. Un moment j’ai eu peur pour le petit bébé que je porte, mais la sage-femme a balayé mes craintes, tranquille comme à son habitude. Elle est si calme et si sereine, alors qu’elle me suit pour la deuxième fois, j’aimerai que cette fois, tout se passe bien pour qu’elle puisse enfin rester à mes côtés jusqu’au bout. Cette semaine était dense. Je me suis couchée tous les soirs très tôt et malgré tout, ce matin, en accompagnant R. au train, j’étais encore épuisée. Nous avons fait un gros câlin sur le quai de la gare avant qu’elle ne monte dans le wagon, casquette junior sur la tête et gros sac à dos sur ses épaules. Cette semaine, ma grande fille a fêté ses 5 ans. Je m’emmerveille et m’effaie de ce temps qui passe, ce tout petit bébé devenu en quelques années cette si grande fille. Le mouvement ne s’arrêtera plus jamais et je sais que tout va s’accéler. Bientôt, plus jamais nous n’auront la trentaine et le monde devant nous. Bientôt, notre vraie jeunesse sera définitivement derrière nous. Bientôt, le dernier bébé de la maison n’aura plus de couches. En attendant, j’ai une année de minuscule nourrisson qui m’attend, ma petite L. qui est encore un bébé et je compte en profiter encore.

R. partie, je voudrais faire plein de choses. Ne sait pas si j’arriverai au bout de tout ce que j’ai prévu, notamment refaire la cuisine (quand ? Demain ?) Y arriverais-je seulement ? J’y crois encore.

En revenant du train, comme il faisait froid et maussade, j’ai acheté chez le boucher Jérôme de quoi faire une grosse choucroute, une surprise pour le déjeuner. Quand je suis revenue dans la maison, Y. et L. dormaient encore dans le lit. L. s’était réveillée mais s’était rendormie contre son papa. Je suis allée me glisser sous leur couette chaude, sentir la petite main de L. heureuse de retrouver sa mère, qui s’est mise à babiller doucement dans son sabir incompréhensible.

Cet après midi, j’ai fait une longue sieste, de plus de deux heures. Je me réveille un peu nauséeuse, un peu frileuse. Je me fais un thé brûlant, de cette marque que je découvre et qui est délicieuse. Ce soir, notre ami J. dédicace dans le 18ème et je passerai peut être. Surtout, ce soir, nous allons au mariage de deux personnes, l’une rencontrée via les blogs, l’autre sur le travail, pour lesquelles nous sommes très très heureux de célébrer l’union.

L’amour, la vie, les mariages, les bébés, le thé, le chat qui ronronne à côté de l’ordinateur et la musique d’Angus et Julia Stone qui m’accompagne.

samedi, 3 octobre 2015

L'invité surprise

Des bribes de musique s’échappent de la fenêtre, le voisin antiquaire met les enceintes à plein tous les week-ends et comme il fait très beau, j’entends des musiques qui se répètent inlassablement. Parfois, quand vraiment cela m’insupporte, je vais lui dire et il baisse le son, le temps d’une demie journée. Aujourd’hui, je suis bien. Un peu stressée, un peu tendue. Je dois faire mon sac pour mon départ en Afrique. Je serais absente la semaine et Y. a prévu de poser des jours de congé pour tout gérer.

Je dois encore terminer de préparer mon sac. Vérifier que je n’ai rien oublié, ni papiers, ni visa, ni carnet de vaccination, ni mes billets d’avion. Des chaussures de marche, un chapeau, de la crème solaire et de l’anti-moustique. Ce matin, j’ai badigeonné mes habits d’insect-écran, pour repousser des attaques éventuelles.

Ce soir, j’ai invité des amis, des voisins, à boire l’apéro et grignoter, pour fêter mon départ, l’automne qui arrive, ma nouvelle cuisinière qui me permet de faire plein de choses à manger, et fêter par la même occasion l’arrivée d’un invité surprise.

...

Depuis le mois d’août, j’ai appris que j’attendais un nouveau bébé. L’échographie est passée et la grossesse se déroule bien. A peine une fatigue (normale) et le ventre qui s’est arrondi d’un coup.

Demain, dans l’avion, je partirai avec ce minuscule invité niché au creux de moi et ne serait pas tout à fait seule pour ce voyage.

 

lundi, 28 septembre 2015

La journée comme ça

Ce soir, une fois les enfants couchées, je me fais un masque pour les cheveux.

Cela fait des semaines que je regarde mes boucles pendre lamentablement des deux côtés de ma figure. Si j’avais eu le courage et l’argent, je serais allée chez la merveilleuse coiffeuse de Fauvette, celle qui vous remonte l’énergie en vous découpant les mèches à l’aide de grands rasoirs japonais. J’aurais rafraîchi cette coupe qui a plus de 6 mois. Mais je n’ai ni le temps ni l’argent. Au lieu de cela, ce matin, j’ai emmené ma petite L. chez le médecin, avec des vaccins tellement en retard que j’avais honte. Heureusement, la médecin, très compréhensive, m’a déculpabilisée. Elle a observé L. et m’a dit que tout allait bien. C’est vrai qu’elle est super. Elle écoute, elle babille dans son langage, développe son humour, court dans mes bras, veut faire de plus en plus de choses toutes seule.

Le soir, souvent, avant de fermer la porte des enfants, je respire leur odeur. Je sens presque distinctement leurs deux odeurs d’enfants, et ce mélange me ravit le cœur et l’âme.

Ce matin, il faisait beau, je sortais de chez le médecin et comme je n’avais pas du tout prévu cette journée de congé, je n’avais rien rien rien anticipé. J’aurais pu regarder les horaires de cinéma, aller me faire masser, aller dans un jardin et lire au soleil, une heure sans être dérangée. Au lieu de cela, j’ai appelé une première copine, M. qui ne m’a pas répondu, puis R. qui n’a pas répondu non plus. J’ai traîné une heure dans le quartier, et je m’apprêtais à rebrousser chemin quand M. m’a invité à la rejoindre à l’école de sa fille. Nous avons partagé un repas express, puis un café au soleil quand sa fille est retournée à l’école. J’étais bien, à ne pas regarder la montre. Et puis la jolie Clem m’a rappelée, elle aussi se trouvait dans le quartier. Ni une ni deux, j’ai dévalé la colline pour la retrouver, avec l’impression que je ne l’avais pas vue depuis des mois, ce qui était le cas. Ensemble, se poser dans un parc, sur un banc, au soleil, sans se soucier des enfants qui nous entouraient, puisque ce n’étaient pas les nôtres. Ensemble, piquer des fous-rires et parler, parler, parler, jusqu’à ce qu’on aient plus de salive, jusqu’à ce qu’il soit vraiment l’heure d’aller chercher les kids à l’école, sous peine de se faire remonter les bretelles par la directrice.

Demain est un grand jour, alors je me suis fait belle.

Ce soir, Y. est resté boire des coups avec ses amis-collègues. Ce soir, j’ai fait un gommage, un masque visage et dans les cheveux.

Ce soir, je suis ravie de ma journée improvisée, de ces heures volées sur les tâches à faire et de ces papotages au soleil.

 

 

samedi, 19 septembre 2015

La joie

Je prépare une infusion à la verveine.

Ce n’est pas n’importe quelle verveine. Elle vient directement de la montagne de Leeloolène. Elle sent les bois, le vent et le grand air, la nature et la liberté. Il est près de minuit et je reviens du cinéma avec Y. Depuis deux semaines, nous ne faisons que nous croiser, et ce soir, j’avais besoin de le voir. De remonter la rue qui mène à notre ciné d’art et d’essais du quartier, celui où l’on est systématiquement 5 ou 6 seulement dans la grande salle pour voir des films d’auteurs. Il y avait dans l’air, ou peut être en moi, une légèreté, une joie, un calme que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Je me demande d’où cela provient, maintenant que les antidépresseurs sont loin derrière moi. Est-ce les fleurs de Bach, avec la prescription si personnelle et si précise qui m’a été faite par la thérapeute ? Est-ce mon nouvel amour pour le vélo, qui m’oblige à redécouvrir mon environnement sous un autre œil et à avaler des kilomètres ? Toutes mes angoisses qui couraient depuis des mois, et les dernières inquiétudes de l’été semblent s’être envolées. Je blague, j’embrasse mes enfants à longueur de journée, ne m’énerve plus, ou en tout cas plus de manière démesurée, je suis d’un calme olympien, je fais des courses, je berce, je cuisine, je prévois les prochaines vacances.

Pas de doute, ce frémissement que je sentais il y a quelques jours se précise.

La joie est revenue.

 

 

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