samedi, 7 mai 2016

Les montagnes russes

Les montagnes russes

 

Parfois, je pars me coucher à 19h30, en chouinant, parce que la journée a été trop fatigante et la nuit épuisante.

Parfois, je me dis que je n’y arriverai pas…

Parfois, je me sens tous les courages, j’embarque toute la tribu, mari et enfants compris, par delà les métros, les escaliers et la lourde poussette à transporter, au jardin du Luxembourg.

Parfois, je dis oui à l’ami d’ami qui veut passer tard, alors on papote, on rigole, le bébé dort, les enfants regardent un DVD et je me sens obligée de faire le service mais l’ami d’ami n’apporte rien à manger et repart alors que les enfants, surexcités, ne sont pas couchés ety moi je me retrouve épuisée.

Parfois, je ne fais pas de sieste et je suis heureuse de ce temps regagné.

Parfois, je voudrais mourir de sommeil

Parfois, je crie sur R.

Parfois, pour la millième tétée, je rêve de donner un biberon qui calerait ce bébé affamé une bonne fois pour toute

Parfois, je me dis que je me débrouille pas mal.

Parfois, je me dis que je suis la plus nulle.

Ce sont les montagnes russes du post partum.

A force, je les connais.

jeudi, 28 avril 2016

Le post-partum

Prendre une longue douche chaude.

Masser la cicatrice de la déchirure avec de l’huile de calendula

Crier dès qu’un tissu effleure un mamelon, pourtant même pas irrité mais trop sensible

Se réveiller fraîche après avoir dormi seulement trois quart d’heure pour donner une tétée

Se réveiller embrumée après plus de quatre heures de sommeil d’affilée et faire un effort insurmontable pour ne pas faire tomber le bébé

Dormir pendant la journée

Utiliser une nouvelle crème de jour à la senteur délicieuse

Ne pas avoir le temps de faire un shampoing, décider de faire un shampoing sec et se trouver tellement jolie ensuite qu’on peut même tenter une coiffure un peu plus élaborée

Saigner, saigner, saigner, dans des couches en filet so glamour qu’on sera heureuse de ne plus jamais les porter.

Embrasser A. sur son nez, ses joues, ses cheveux, ses doigts, son cou, sa bouche et même son body pendant qu’on y est.

Regarder des photos de mes filles qui s’éclatent à des centaines de kilomètres et se dire qu’on a bien fait de les envoyer en vacances quand même. Mais se sentir déchirée quand même par leur absence.

Mettre le deuxième haut de la journée à la machine à laver

Se faire vomir dessus par une personne de moins de 60 cm.

Regarder son ventre flasque, ses seins trop gros, ses traits tirés et se dire que vraiment, le post-partum n’est pas la période où l’on se sent le plus épanouie

Rester coucher et lire un bon roman pendant qu’A. ronronne dans son sommeil.

Râler après Y. alors qu’il fait tout dans la maison.

Se désespérer d’avoir un jour le moral qui remonte.

Ecouter des émissions de France Culture qu’on n’a jamais écouté.

 

Se dire que la vie est belle, quand même, à travers le regard gris-bleu de d’A. et embrasser une nouvelle fois ses minuscules doigts.

dimanche, 24 avril 2016

La fantastique arrivée d'A.

Je reprends le clavier pour vous raconter la fantastique arrivée d’A. la bien-nommée. (Depuis le temps qu’Y. rêvait de donner ce joli prénom de fille, c’est enfin chose faite)

Lundi dernier était le jour du terme.

J’avais rendez vous à la maternité pour un monitoring de contrôle, celui que j’ai toujours redouté. Sur mes deux précédentes grossesses, l’écoute du cœur du bébé en fin de grossesse avait entraîné un déclenchement pour R. 15 jours avant terme et l’annulation de notre projet d’accouchement à domicile pour L. trois jours après terme.

Je me suis rendue toute tremblante à la maternité où je devais accoucher, quasi-sûre de ne pas en repartir face à une nouvelle mauvaise nouvelle. Mais non. Mon bébé avait un mauvais rythme (encore !) mais rien qui inquiète la super SF. « Tu le sens bien bouger ? « Oui » « Alors c’est OK pour moi, rentre chez toi, on se revoit dans deux jours si tu n’as pas accouché ».

Avec Y. nous sommes sortis, dans le 13ème arrondissement ensoleillé. Ni lui ni moi n’avions envie de rentrer, retrouver nos filles excitées et mes beaux-parents dépassés. Nous nous sommes enfuis dans Paris, main dans la main. La soirée nous tendait les bras, la Seine était à deux pas. J’ai décidé de me faire faire un jolie pédicure pour l’arrivée du bébé et Y. est parti lire sur les quais. Nous nous sommes retrouvés ensuite pour papoter dans la lumière du couchant. Je sentais le bébé bien bas et je voulais encore profiter des quelques heures devant nous. Pas trop longtemps, j’étais fatiguée. Pas question de se faire un dernier ciné. Mais un bon burger et un cocktail sans alcool chez The Frog, ça c’était possible. Pendant le repas, j’ai senti des contractions, légèrement douloureuses. Puis nous avons pris le métro pour rentrer chez nous. A presque 22h, les filles ne dormaient pas et mes beaux-parents s’étaient repliés dans le salon, exténués, sans chercher à les recoucher. Je me suis allongée dans le noir, dans leur chambre, en leur intimant de dormir. En 5 minutes, les deux dormaient. Elles devaient sentir l’imminence de la naissance.

Nous avions laissé notre chambre à mes beaux-parents et nous dormions dans le canapé lit du salon. J’ai demandé au bébé de me laisser quelques heures de sommeil. J’ai passé un deal avec lui. « Tu me laisse dormir jusqu’à minuit. Si à minuit tu veux naître, je suis d’accord, mais laisse moi dormir d’abord ». Nous nous sommes couchés à 22h. Des contractions naissaient, légères, toutes les 20 minutes, me laissant largement le temps de me rendormir entre chacune. A minuit pile, pas une minute de plus, pas une minute de moins, la poche des eaux a littéralement explosé dans le lit. En une seconde, nous avons bondi Y. et moi, déboussolés et excités, ne sachant que faire devant ce flot qui continuait à couler alors que je me tenait debout, sans oser faire un pas. Ca y est. Notre bébé arrivait.

Nous avons pris le temps de prendre une douche, de terminer les bagages avec les dernières affaires : une brosse à dent, du dentifrice, le coussin d’allaitement. Entre deux contractions, j’ai écris un mot à mes filles et aux parents de Y. pour leur dire qu’on les aimait et qu’on partait à la maternité pour faire naître le bébé.

Nous sommes sortis dans la nuit. Il faisait doux. Pas un taxi en vue. Il a fallu marcher jusqu’à la porte. Je savais que la marche était bonne pour faire descendre le bébé. A chaque contraction, je m’arrêtais pour souffler, incapable de parler, mais tellement heureuse, tellement heureuse de son arrivée. Le taxi s’est arrêté. Je l’ai prévenu que j’allais crier. Il a rit et m’a dit « Pas de problème madame, j’ai trois enfants, faites comme vous voulez ». En vrai, je n’ai pas osé. Malgré la douleur, toujours plus vive, j’ai seulement soufflé, longuement, en souriant, les yeux dans les yeux de Y. qui m’encourageait en faisant la même chose. La partie costaude de l’accouchement pouvait commencer. A peine arrivés à la maternité, j’ai lâché mon premier cri, un son grave, un beau « Aaaah », très puissant, pour accompagner la contraction. Y. vibrait avec moi, bouche grande ouverte, de sa belle voix grave. Il me guidait, m’encourageait à ouvrir encore plus la bouche, à penser « Ouiiiiiii ». Nous avons retrouvé S. la super SF, qui m’a demandé de me déshabiller. Elle m’a annoncé un grand 4 d’ouverture. M’a proposé de m’installer sur le ballon, ce que j’ai refusé dès la contraction suivante. Non. Je serais incapable de gérer la douleur assise. Je suis restée debout, les mains appuyées sur la table d’accouchement. Les yeux dans les yeux de Y. Vibrant ensemble à pleine voix à chaque contraction. A chacune, je me disais « Mon corps n’est pas un traître. La douleur ne sera jamais plus forte que ce que je pourrais supporter ». Au bout d’une heure, S. m’a demandé d’arrêter de chanter. Je me suis mise à chougner, me plaignant : « Je n’y arrive pas. Je n’ai pas de répit. Ca cogne et ça ne s’ouvre pas, j’ai trop mal et j’ai peur. » Je voulais demander d’appeler l’anesthésiste. La douleur était plus forte que moi tout compte fait. S. a mis une main très douce sur le bas de mon dos et m’a dit « C’est normal d’avoir mal. Tu es en train de mettre au monde ton enfant. » Sans m’examiner, S. m’a demandé de me mettre accroupie. Elle a dit à Y. de se mettre dans un fauteuil et à moi de m’agenouiller devant lui, le visage dans son torse. Elle m’a demandé de ne pas me retenir et de pousser. J’ai trouvé sa proposition débile. Pourquoi pousser alors que j’étais à 5 ou 6 ? A part pour avoir plus mal ? Qu’on appelle plutôt ce putain d’anesthésiste ! Je ne pouvais pas parler, clouée par la douleur d’une nouvelle contraction. Profitant d’un temps entre deux, je me suis installée comme elle me l’indiquait, à genoux sur le sol. J’ai poussé. Et ce que j’ai senti grossir dans mon entrejambe, je m’en souviendrais jusqu’à la fin de mes jours. Une tête sortait. Tranquillement. En une seule poussée. Je ne ressentais plus de douleur du tout. J’étais juste concentrée sur ce qui se passait. Les yeux fermés, le visage toujours enfoui dans le t-shirt de Y. j’ai senti la tête sortir doucement, puis le reste du corps. S. derrière moi, a juste amorti la descente du bébé pour la poser sur un champ stérile sur le sol. Quand Y. et moi avons penché la tête, nous avons vu A. agitant bras et jambe, criant, yeux grands ouverts. Je me suis écriée, moitié sanglotant, moitié riant : « Oh bonjour, bonjour, bienvenue, bienvenue A ! », la ramassant et la tenant, toute gluante et chaude dans mes bras. Une heure seulement s’était écoulée depuis notre arrivée à la maternité. Deux heures quarante depuis la rupture de la poche des eaux. Nous étions encore sonnés, ravis et incrédules de tenir déjà dans nos bras notre petit bébé. Ainsi, ainsi, un accouchement pouvait aussi se passer comme cela ? Si simplement ? Souffler, crier un peu sur quelques contractions, pousser et faire sortir un bébé, sans même avoir le sentiment de souffrir ?

Je n’ai pas de mot véritablement pour décrire cette expérience. C’est un immense soulagement pour moi d’avoir pu vivre un accouchement comme celui-ci. De me dire que mon corps n’était pas un traître, qui martyrisait mes bébés et heureusement que la médecine moderne était là pour me sauver, les sauver, que sans LA MEDECINE MODERNE j’aurais été incapable de mettre au monde mes propres enfants. Cela m’a réconcilié avec mon corps. J’étais très confiante, pleine d’amour pour Y., pour le bébé à l’intérieur de moi, sûre que tous ensemble, nous allions réussir à mener à bien cette entreprise. Mais la façon dont cela s’est passé, aussi simplement et avec autant d’amour entre nous trois, a été tout simplement extraordinaire. Je voudrais remercier la terre entière, et me féliciter aussi, d’avoir gardé confiance tout ce temps, malgré la douleur à la fin qui m’a fait douter, alors que l’accouchement était quasi déjà terminé, ce que j’ignorais à ce moment-là.

A. est un petit bébé qui ressemble à tout les autres. Qui pleure alors qu’on veut passer à table. Qui tète maladroitement et me fait mal aux seins. Qui ressemble à ses sœurs, une fois plutôt à l’une, une fois plutôt à l’autre. A la fois qui ne ressemble qu’à elle. Mais je me souviendrais jusqu’à la fin de mes jours de sa fantastique arrivée. Puisse chaque femme vivre un jour pareille aventure. Il n’y a rien à en redouter. C’est une expérience incroyable et à la fois très simple. Même si j’en ai toujours douté pour moi-même.

Les bébés peuvent aussi arriver de cette manière. Et c’est fascinant à vivre.

mardi, 19 avril 2016

Vous l'attendiez tous...

Leeloolène au clavier !

Pour la BIG ANNONCE que tout le monde attend.

Le bébé est arrivé cette nuit à 2h47. Exactement comme Marloute en rêvait. Un accouchement très rapide et tout simple. (Je reprends là ses mots ;) )

Bébé est... UNE petite fille ! Une Petite A. toute mignonne (qui ressemble beaucoup à R. sur la photo que j'ai reçue).

Marloute est donc l'heureuse maman d'une "tribu de filles" comme Y. (le papa) l'appelle déjà.

Bienvenue A. et Félicitations à E., Y., R. et L !*

(*Oh on va bientôt pouvoir écrire Rallye avec tout ça :) )

jeudi, 14 avril 2016

L'attente toujours

Les contractions surviennent parfois et s’en vont. J’attends toujours le petit bébé. Je voudrais qu’il arrive vite, je voudrais le voir déjà. La nuit, je dors en chien de fusil, enroulée au coussin d’allaitement comme une moule à son rocher.

Entre mes longues siestes cotonneuses, je me promène dans Paris. Achète de la bonne huile d’olive, une nouvelle jolie barrette, un savon à la pivoine, un poulet fermier pour l’arrivée de mes beaux-parents demain. Je voudrais mettre au monde mon bébé avant leur arrivée, car je veux être seule dans mon appartement pour le début du travail. Je veux pouvoir geindre, déambuler et me tordre sans leur regard. Il ne reste que quelques heures, et Bébé n’a pas l’air de m’entendre. Je me demande comment est cette troisième petite fille ou ce petit garçon. J’ai hâte de l’avoir dans les bras, le sentir, l’embrasser, le presser contre moi.

A 4h, toutes les nuits, je me réveille, je caresse mon ventre, vais boire, mange un peu.

Je me réveille fatiguée.

Je cherche mollement sur Internet une location ou un échange de maison pour cet été en Bretagne. Je rêve de mer, d'un petit jardin, de plage et de soleil.

La nounou de mes filles me prépare à manger pour les midi et pour les soirs. Des plats africains, bœuf mafé, beignets de bananes, plantains rôties, attiéké, poivrons ou poulet rôti. Je me régale, me brûle avec le piment qu’elle a préparé, me ressert.

Je ne veux plus faire la cuisine, le soir, je grignote ou ne mange que les restes des enfants.

Bientôt, ici, je laisserai les rênes à Leeloolène pour qu’elle vous annonce la naissance.

J’ai hâte.

 

vendredi, 8 avril 2016

L'attente

Je vais manger avec Y. dans le petit restaurant délicieux à deux pas de chez nous. Je prends le soleil. Je vais chercher R. à l’école. Je fais un câlin à L. sur le canapé. Je lis des histoires aux deux filles. Je chante pour préparer les contractions. Je croise une voisine que je ne connaissais pas et qui a le même terme de grossesse que moi. Je fais du petit jardinage avec L. Je dors la journée. Je veille la nuit.

Je regarde des épisodes de Friends.

J’écoute et je souffle doucement pendant mes rares contractions douloureuses.

Je me prépare un bol de spécial K au Nutella.

Je mange les chocolats de Pâques des enfants.

Je prends un bain avec des huiles essentielles relaxantes spéciales grossesses.

Je laisse partir Y. en soirée en lui demandant 10 fois s’il a bien pris son portable.

Je m’énerve contre les enfants qui sont excitées.

J’écoute Angus et Julia Stone.

Le dernier Keren Ann.

J’attends, j’attends, j’attends, je couve mon tout petit bébé.

Ce sont les derniers jours, peut être les dernières semaines avant qu’il arrive.

C’est mon dernier bébé, mon troisième enfant.

Je ne sais pas quelle tête il a, j’imagine les pires.

Je l’attends. Je l’attends. Je l’attends.

 

lundi, 4 avril 2016

La mère

Ma mère est venue, puis est repartie.

Elle est venue avec ses petites attentions : des légumes du jardin, qui ne sont même pas spécialement bons, et trop gros pour être cuisinés en quantité raisonnables (depuis je passe des heures en cuisine, à essayer d’écouler ces quantités), elle est venue avec ses chocolat du Leclerc d’à côté de chez elle pour ses petites filles, qui se sont régalées comme si c’était de bons chocolats, elle est venue avec ses habits tricotés pour le bébé et des mitaines en pure laine pour mes filles, ces choses improbables qu’elle tricote en se trompant souvent sur le patron, et qui ont soit le col trop large, soit les manches bouffantes, dans d’improbables couleurs. Elle est venue et m’a fait du café trop clair, et j’ai aimé le boire, comme j’aime celui qu’elle fait chez elle, moi qui en met deux fois plus dans la cafetière. Elle s’est occupée de mes filles, n’a pas voulu aller voir Kung Fu Panda mais a tenu à emmener R. aux jardins de l’Arsenal, pour voir les bateaux, « parce qu’à la ville on étouffe ». On a pu discuter, un peu, pas autant que j’aurais voulu, mais en deux jours et demi, c’était un peu difficile. Elle s’est agacée parfois, souvent, de mes remarques ou de mes enfants, mais c’était doux quand même, qu’elle soit là, que je puisse m’appuyer sur elle. Elle n'a pas trop voulu me prendre contre elle, ni me toucher de trop, et je n'ai pas demandé. Notre relation passe rarement par le corps, et à part les gifles, elle n'était pas forte en câlins ou en baisers de trop. Mais je sais que sa tendresse est ailleurs, dans tout ce qu'elle ne dit pas, et qu'on devine à demi-mot, ma mère chat sauvage, qu'on n'approche jamais de trop.

Entre temps, j’ai suspendu l’analyse. Je ne reverrais ma psy qu’après la naissance du bébé, quand je me sentirais de reprendre les séances. C’est étrange cette suspension, comme de grandes vacances au milieu de l’année. Là aussi, je suis rassurée. Je sais que si je ne vais pas bien, je pourrais y retourner et cette perspective me fait du bien.

lundi, 28 mars 2016

Les montagnes

Le vent souffle fort.

Les arbres s’agitent dans le ciel au petit matin. Je fais ma petite insomnie de fin de nuit et je me suis relevée pour écrire. Ces derniers jours ont été riches en émotion. J’ai commencé à préparer la valise de maternité. Sorti quelques petits habits, si minuscules que j’ai du mal à croire qu’un petit bébé rentrera dedans. Vendredi, je suis allée me faire masser, une expérience dont je me souviendrais longtemps. Ce massage était très particulier. J’étais immergée dans une eau à 34° et la thérapeute, une praticienne formée au shia-tsu, m’a installé des flotteurs sur les quatre membres et m’a accueillie dans ses bras. Pendant une heure, à l’horizontale, j’ai été bercée, massée, pressée, promenée en apesanteur. Je baignais dans un monde d’amour et d’acceptation. J’ai revécu des sensations de tout petit bébé, de fœtus, moi qui porte un petit être qui doit se sentir pareil. A la fin de la séance, alors que je m’apprêtais à rouvrir les yeux, je me suis mise à pleurer. Je n’arrêtais plus et la thérapeute s’est rapprochée pour me prendre dans ses bras et me consoler. Je ne sais pas ce qui m’a fait pleurer : le souvenir enfoui de ma naissance ? Le fait d’être dans des bras accueillants et maternants, ce dont j’avais besoin ces derniers temps ? Je ne sais pas.

Je suis ressortie de cette séance dans une forme et un enthousiasme extraordinaire. J’ai rejoints ma sœur et son ami, pour manger dans ce délicieux restaurant. Le lendemain, j’ai entraîné Y. dans le 16ème arrondissement, pour participer à un stage de préparation à la naissance par la vibration chantée. A trois autres couples, nous avons appris des techniques de chants puissants pour accueillir les contractions. Au-delà de la boite à outil que cela m’a permis d’avoir pour gérer les futurs douleurs de l’accouchement, ce week-end entre nous nous a rapproché, car nous avons beaucoup appris l’un sur l’autre, échangeant à de multiples moments. Parler des précédentes naissances, pleurer encore, ressentir aussi beaucoup de joie, et comprendre que cette nouvelle naissance est l’occasion d’écrire une nouvelle page pour cet enfant qui arrive. J’ai aussi réalisé que j’avais encore des choses à régler vis-à-vis de la naissance de R. pour son bien et le mien. Le soir, plutôt que de rejoindre les enfants et ma sœur, nous sommes partis à l’autre bout de Paris, comme deux lycéens faisant le mur, pour rejoindre des amis de Y. pour une magnifique tartiflette en parlant des médias, de journalisme et de notre profession, douze ans après notre sortie de l’école. Un peu avant minuit, nous sommes rentrés, faisant la fin du trajet sous une pluie battante en courant à moitié avec nos parapluies défoncés.

Toute cette nuit, je suis restée dans cette énergie, dans cet amour, dans cette histoire, que j’écris chaque jour. Je suis heureuse de ces cinq dernières années passées, de ces épreuves subies à travers les maternités, césarienne, dépressions, thérapies, recherches, qui m’ont toutes permis de grandir.

Plusieurs fois, j’ai cru que le travail allait commencer, car les contractions devenaient douloureuses, pour se calmer ensuite. Finalement, ce matin, rien dans mon corps ne laisse deviner que le petit bébé pourrait décider d’arriver plus tôt.

Je veux encore préparer son arrivée, je n’ai fait que la moitié de ce que je voulais faire.

Le terme est dans moins de trois semaines, et j’ai l’impression que je pourrais soulever des montagnes. Mes propres montagnes.

 

 

 

lundi, 21 mars 2016

Ne plus m'en faire

Les copains.

Je mange avec eux le midi, je découvre des restaurants et des quartiers inconnus de la capitale. Je me rends chez eux. Je me love sur leur canapé, je joue avec leurs enfants, je bois des cafés, je prends le repas avec eux et découvre de nouvelles saveurs. Je prends des bus, des métros. J’ai des discussions houleuses avec certains et je me vexe. Je sens la main bienveillante des mamans de l’école dans mon dos, les sourires de nos voisins-copains-membres d’association et le regard amusé des gens du quartier, ceux qui me croisent avec ma grande fille de 5 ans et ma petite de deux ans, qui marchent l’une à coté de l’autre dans la rue.

Malgré la fatigue et l’absence de Y. qui tend à se prolonger, je souris.

J’aime cette période de la fin de la grossesse, quand on est encore mobile malgré tout, et qu’on peut prendre un bon bain d’amitié avant de se retrouver chez soi avec un minuscule bébé et le corps abîmé, comme passé sous une moissonneuse-batteuse. Encore quelques jours peut être, quelques semaines si je peux, et je devrais me reposer vraiment, tenue par les besoins d’un plus petit que moi.

Hier soir, après des semaines de silence, j’ai eu ma mère au téléphone. Une discussion douce. Elle m’a appris que je ne m’étais retournée moi-même que trois semaines avant le terme. Depuis, je suis plus douce quand je pense à ce petit bébé qui se tient en hamac dans mon ventre. Peut être veut il simplement faire comme moi ? Ma mère montera probablement un week-end, en avril. Le bébé sera peut être né, et tant pis, je suis heureuse qu'elle vienne.

Ce matin, une amie qui a accouché à la fin de décembre doit venir déjeuner. J’ai hâte de parler avec elle, d’accouchement, de suite de couche, de toutes ces petites choses qui nous passionne à la fin de la grossesse, une expérience partagée et toujours différente pour chacune. Ce matin, je pense à tout ce qu’il faut faire et je sais que je n’ai envie de rien, et c’est tant pis. Trop de fatigue après le week-end seule avec les filles. Je ferais tout quand j’aurais retrouvé la force. D’ici là, être bercée par la conversation des copines et ne plus m’en faire…

mercredi, 16 mars 2016

Le partage

Hier soir, une fois les enfants couchés, après avoir fait des muffins avec R., j’ai reçu chez moi une petite délégation d’habitants de notre immeuble, pendant qu'Y. était au cinéma pour voir "Merci Patron" de notre confrère François Ruffin.

J’ai décidé d’organiser une réunion sur le thème : « Comment améliorer la convivialité dans l’immeuble ? ». Notre immeuble est grand. Deux escaliers, une quarantaine de portes, une centaine de familles, locataires et propriétaires mélangés. J’ai eu peur dans un premier temps que ne viennent que les relous, ceux qui râlent en permanence, que la réunion tourne au bureau des pleurs (Machin fait trop de bruit, Truc a un dégât des eaux permanent… » et en fait non. Il y avait des gens que je n’avais jamais vu à la fête des voisins que j’organise pourtant vaillamment depuis 5 ans. Des gens seuls pour la plupart, et qui veulent partager plus avec leur voisinage. Je suis heureuse de ce moment passé ensemble. Jusqu’à 23h, sur un paperboard improvisé, nous avons brainstormé, les idées ont fusé, nous avons beaucoup ri.

Au final, une trentaine de propositions, allant de l’organisation de concerts dans la cour, à un repas d’immeuble, du jardinage et du bricolage, l’installation d’un panneau d’affichage ou la création d’un groupe facebook.

Tout le monde est reparti très content.

Ce week-end, nous commençons le jardinage dans la cour.

mercredi, 9 mars 2016

La journée des grandes nouvelles

Hier, c’était la journée des grandes nouvelles, de ces moments où le temps se suspend, où l’on apprend des choses étonnantes, désolantes ou enthousiasmantes.

Me lever bien avant 7h. Ne pas trouver mes clés, donc ne pas pouvoir ouvrir le local vélo. Prendre le bus, aller au labo, pour faire des prises de sang, la glycémie, vérifier si ce bébé n’est pas de travers pour cause de diabète gestationnel. (en fait, il n’en est rien, pour conjurer le sort, j’avais acheté un pot de Haggen Daz au caramel beurre salé que j’ai entamé immédiatement les résultats reçus).

Puis aller chez la psy, et couchée chez elle, évoquer mes petits tracas sans importance.

Puis filer rejoindre la jolie P. pour un déjeuner et ressortir toute chamboulée de ce rendez-vous. Et puis courir dans le métro en sens inverse, avoir mon ancienne collègue, S. au téléphone, qui m’appelle en chuchotant depuis les toilettes de son magazine féminin huppé. Raccrocher et recevoir un appel du boulot. Pas pour une modification dans un article, comme dans la matinée. Non, juste pour m’apprendre un scoop. C. la collègue qui me pesait le plus, s’en va. Elle l’a annoncé officiellement dans la journée. Je vais chercher R. avec la petite L. Ma cadette ne veut plus jamais marcher, elle pleure, crie et ne veut faire les trajets que dans les bras. La pharmacie n’est pas si loin et nous toussons toutes les trois à y laisser nos poumons. Il faudra donc la porter. Je soulève les 10kg de ma petite fille de bientôt deux ans. R. marche derrière. Une voiture de police s’arrête à notre hauteur. Le flic baisse sa vitre et me lance : « Votre enfant doit être toujours devant vous madame. C’est la sécurité ! » Merci monsieur policier. Je me demande souvent ce que les policiers auraient fait du petit garçon de Doisneau, celui d’environ 5 ans qui coure dans la rue, son pain sous le bras. Et dire que nous marchions sur le trottoir, elle juste derrière moi, sans bouder pour une fois…

Je reviens chez moi, me bat une dizaine de minutes pour faire en sorte que l’une puis l’autre accepte de rentrer dans le bain. Je dois préparer des petits farcis végétariens, sinon je vais perdre les jolies courgettes données par le maraîcher. A chaque fois que je m’éloigne de la baignoire, L. pleure à fendre l’âme. Malgré la présence de sa sœur, ou à cause d’elle, qui lui lance de l’eau dans les yeux. Je tends seulement l’oreille et mon téléphone sonne. Ouf, c’est Leeloolène, dont le scoop me colle au plafond. Ainsi, elle le fait. « A la Leeloolène » évidemment, avec fracas, avec panache, dans un grand coup de colère, et cela m’inquiète comme toujours, mais elle le fait. Quand les enfants sont sortis enfin de l’eau et passent à table, elles ne touchent à peine à leur repas, maladie et toux oblige. On se débarbouille bien vite pour lire le grand livre de Trotro dans le lit de R. puis je commence à les coucher quand Y. arrive enfin, juste avant 21h. Il n’est plus question de dormir, elles veulent faire des bisous à leur père. Je m’éclipse sur la pointe des pieds pour me reposer au salon. Quelle journée ! Que de nouvelles ! Que d’émotions mêlées, ces bonheurs et ces malheurs tous ensembles….

 Je n’aurais le courage de rien ce soir, nous mangerons devant une émission d’M6, la même sur laquelle travaille la moitié de notre groupe d’amis, par un cocasse concours de circonstances. Demain, promis, je me repose !

jeudi, 3 mars 2016

Les vacances à la maison

Cette semaine, Y. est en vacances. R. est revenue de chez ses grands-parents et L. est restée avec nous.

Nous sommes tous les 4 à la maison et j’aime ces journées.

Je sens que R. est encore bouleversée par la grossesse. Régulièrement, elle fait preuve d’insolence, répétant toutes nos phrases comme un perroquet, tirant la langue à nos demandes, faisant exactement ce que l’on vient de lui interdire de faire. On gronde, on punit, on se fait menaçants. Puis le moment d’après, lors d’un câlin, d’une sortie à deux, elle se blottit contre l’un d’entre nous, nous demande pardon, nous dit qu’elle nous aime ou à quel point elle est heureuse.

Cette semaine, nous alternons du tri, du rangement, de l’administratif, du ménage, et des sorties culturelles et festives dans la capitale. Cette semaine, je me repose quand même, avec une sieste quasi obligatoire quotidienne. Chaque nuit, les enfants font le tour du cadran. Couchées à 21h, elles se réveillent naturellement après 9h. Cela me rassure de les voir dormir ainsi et me désole aussi. Cela veut dire que le rythme habituel, de l’école et de la course, doit les fatiguer beaucoup trop. Hier, nous avons dévalisé la bibliothèque, depuis, nous lisons des ouvrages sur le grand canapé, faisons des gâteaux, regardons des DVD ou jouons aux petits chevaux entre deux averses.

Lundi, j’ai vu une acupunctrice. Elle m’a planté quelques aiguilles pour régler divers petits maux et m’a donné des instructions pour faire tourner le bébé. Je suis à 34SA et ce petit coquin ne s’est pas encore retourné. Depuis, chaque jour, je fais chauffer de gros bâtons de moxa que je doit approcher, incandescents, de certains points méridiens du corps. Je prie pour que le bébé se retourne enfin, pour éviter la césarienne. Mais bizarrement, contrairement à ma précédente grossesse, où une césarienne aurait été un immense échec, celle-ci ne me fait pas peur. Bien sur, je préférerais accoucher à nouveau par voie basse, mais l’enjeu n’est pas le même, comme si l’accouchement de L. avait réparé celui de R. Bien sûr, j’ai des envies sur celui-ci, ne pas me laisser dépasser par la douleur, aller plus loin encore, comme une personne qui se prépare pour un marathon et sent l’excitation monter à mesure que l’épreuve approche, toute difficile qu’elle sera. Je serais déçue mais je pense que cela ne sera pas insurmontable. Peut être ce bébé le sait il. Il a ses raisons pour ne pas tourner, et j’essaye de l’amener, doucement, tendrement mais sûrement, à aller dans mon sens. Verdict dans quelques semaines !   

 

vendredi, 26 février 2016

La mère

J’étais triste au téléphone.

Ma mère faisait la liste, longue litanie, de tous les week-ends et tous les jours qui seraient pris pour elle avant la naissance et me faisait comprendre à quel point ce serait difficile de se libérer pour venir me donner un coup de main. Pourtant, je ne demandais pas grand-chose, quelques jours, 4, 5 tout au plus, pour pouvoir faire du tri comme je l’entendais, vider des placards, installer les petites affaires de bébé, faire des lessives car il le faudra bien. Egrenant les dates du calendrier, elle a finit par parler avec mon père, ne m’écoutant plus : On part bien tu te rappelle la semaine du 18. Je n’ai pas entendu la réponse de mon père, mais j’ai senti ma mère tendue « Oui, on a dit qu’on le faisait, on ne fait jamais rien pour mon anniversaire, donc là, on a dit qu’on le faisait, on le fait ! » Puis, soudain, retournant à sa conversation vers moi, elle me demande, presque sèchement : « Tu accouches quand déjà ? » « Bhin le 18 justement ».

Silence. Elle n’embraye pas.

Je n’ai pas envie de jouer au jeu de qui a plus besoin de l’autre, elle qui veut faire ses activités, fêter son anniversaire, ou moi qui vais accoucher, et qui une nouvelle fois, n’aurait pas d’aide de sa part. Triste et plus tard en colère, j’ai écourté la conversation, d’un vague Bon, on verra plus tard pour les dates. Je sais déjà que je ne vais rien lui demander, et qu’elle ne me proposera rien. Et une nouvelle fois, je me sentirais seule, seule,seule, malgré tout le monde bienveillant autour de moi, mais une seule personne me manque vraiment. Ma mère. Pauvre petite fille immature que je suis, prête à devenir mère à nouveau, alors qu’elle n’a pas été maternée.

Qu’il est difficile parfois d’être mère face à sa mère !

lundi, 22 février 2016

!!!!!!!

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_2016.jpg, fév. 2016

 

dimanche, 21 février 2016

Du bien

Je pourrais passer la semaine dans le lit d’amis de Leeloolène.

Profond, mou juste ce qu’il faut, ferme juste ce qu’il faut, une couette toute douce et les petites lumières de sa guirlande au dessus de ma tête. Je dors depuis vendredi, me réveille comme toujours trop tôt, mais surtout, je me rendors. J’alterne grasse matinée et siestes, lisant un ou deux articles de Simple Life ou de Psychologies magazine entre deux sorties avec elle sous le crachin ou un thé sur son canapé. Il m’a fallu un gros effort pour sauter dans le train vendredi soir après ma semaine, mais cela en valait la peine. Je n’aurais jamais pu autant me reposer chez moi.

Ces trois jours vont me faire du bien.

vendredi, 19 février 2016

La grosse semaine

Les filles sont toutes les deux malades. Depuis dimanche soir, toutes les nuits, toutes les heures, il faut aller au chevet de l’une ou de l’autre. Le doliprane, l’aspégic, les massages aux huiles essentielles, déshabiller, recouvrir, donner de l’eau, du sirop pour la toux, prendre un enfant avec nous, dormir chacun dans le lit avec l’une des filles, apporter le seau car la toux fait vomir, aller chercher une cuillère de miel pour adoucir la gorge, faire un biberon à deux heures du matin pour espérer que L. accepte de boire son cachet.

Tous les matins, je me suis levée tôt, malgré tout. Je ressemble vaguement à un cadavre, et à la fin de la journée, entre mon dos qui tire et mon maquillage qui s’en va, j’ai droit à des regards affligés de mes gentilles nouvelles collègues qui savent que ma journée n’est pas finie. Les deux enfants malades ne veulent aller que dans les bras, en même temps, et de préférence pendant que je prépare le repas. Làs, je finis par m’installer sur le canapé avec elle deux et un paquet de curly. Entre deux câlins j’essaye de leur faire ingurgiter un peu de nourriture, mais à part les compotes, elles n’ont pas faim. Comble du comble de la loose absolue, j’ai voulu –par bravache ou par nostalgie de l’Assassin ? – me rendre à un Paris-Carnet « exceptionnel » ce mercredi. Je voulais revoir des têtes avant de ne plus sortir avant un bout de temps. Mais je n’ai pas pris le temps, ni de m’inscrire, ni de regarder l’heure du rendez-vous avant. Une fois ma journée de travail finie, je suis rentrée m’occuper des enfants, et ce n’est qu’une fois qu’elles ont été couchées que Y. est arrivé. J’ai encore mis un peu de temps à partir. Je savais que certains ne seraient plus là mais j’ai tablé sur les derniers, ceux qui restent forcément boire un dernier verre après. Mal m’en a pris. Quand je suis arrivée, beaucoup trop tard, à 22h30 à Montparnasse, j’ai cru m’être trompée de jour. Le restaurant était complètement fermé, comme s’il n’avait jamais ouvert. A Leeloolène qui m’a confirmé la date, j’ai demandé le numéro de Gilsoub, qui m’a répondu désolé que oui tout le monde s’était bien retrouvés, mais beaucoup plus tôt pour manger et qu’ensuite, à 22h, tout le monde était rentré chez soi. Frigorifiée, j’ai repris le métro en sens inverse. Quelle nulle ! Endormie à 23h49, la première fille s’est réveillée à 00h002 en pleurant. La nuit s’annonçait fatigante encore.

 

Ce jour est ma dernière journée.

Je me suis encore levée tôt, malgré les multiples réveils. Je dois finir deux articles, ranger mon bureau, réviser une présentation importante pour cet-après midi.

J’ai pris le temps, pour une fois, de vernir mes ongles. Un beau rouge laqué, flamboyant, du plus bel effet. Base – vernis- vernis- top coat. La totale. Il est bientôt 8h et je ne dois plus toucher quoi que ce soit. Dommage, c’est pile l’heure ou je dois m’activer, petit déjeuner and co si je ne veux pas arriver trop tard à la rédaction. Mais ce vernis est si beau que j’ai du mal à le gâcher en m’activant si vite. Tant pis pour le retard. C’est mon dernier jour de travail avant mon congé maternité.

J’ai bien le droit, pour une fois, d’en profiter !

mercredi, 17 février 2016

Cuisine finie !

Et voilà le travail !

Bon,évidemment, il reste quelques aménagements, mais le plus gros est fait !

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DSCF0119.JPG, fév. 2016

 

mardi, 16 février 2016

L'amie

Au téléphone, ma mère était ennuyée. Un dîner avec des anciennes copines, prévu depuis longtemps. Elle me proposait de venir le dimanche, mais je me demandais vers quelle heure. Non, je n’avais pas le cœur à lui demander d’annuler et je me demande si elle l’aurais fait. Dans le doute, j’ai préféré lui dire que c’était bon, que je trouverais. Ma sœur m’avait dit qu’elle se libèrerait, quoi qu’il arrive, quitte à décommander ses rendez vous. Mais je ne voulais pas l’embêter de nouveau, moi qui m’appuie déjà tant sur elle. J’allais partir me coucher jeudi soir quand le bruit d’un texto m’a détourné de mon trajet vers le lit. C’était Leeloolène. Elle proposait de passer, dès sa journée de travail terminée vendredi soir. J’ai sauté en l’air de joie. Ainsi, non seulement je n’allais pas une énième fois solliciter ma sœur, mais en plus Leeloolène allait pouvoir m’aider à tout remettre dans la cuisine et le salon après le long chantier.

Grâce à elle nous avons :

  • Déplacé le frigo
  • Réfléchi à une nouvelle disposition de la cuisine
  • Fait des trous à la perceuse
  • Passé l’aspirateur
  • Fais des lessives, de draps et d’habits
  • Fais des courses
  • Joué avec les filles, les emmener en promenade dans les puces.
  • Déplacé des meubles
  • Vider les placards de denrées alimentaires
  • Remplir les nouveaux
  • Etendre le linge
  • Plier le linge sec.
  • Elle a aussi réparé ma jolie guirlande qu’elle m’avait offert il y a deux ans avant la naissance de L.
  • Réinstallé le tapis
  • Passé l’aspirateur et le chiffon à poussière partout

Surtout, j’ai pu, grâce à elle, me reposer à plusieurs moment du week-end, ce qui m’a permit de récupérer après mes nuits hachées, par les insomnies et les problèmes des enfants, de toux ou de cauchemars….

 

Après m’avoir une dernière fois aidé à laver les filles et les avoir mises en pyjama, prêtes pour le repas, Leeloolène a repris son train en sens inverse et moi, j’ai béni cette amie d’avoir consacré tant de son précieux temps à me venir en aide.

 

Quelle chance quand j’y pense !

 

 

jeudi, 11 février 2016

Fatiguées

Hier soir était sans doute la pire soirée.

Les enfants étaient restés (à leur demande) toute la journée dans l’autre famille, plutôt que d’aller à l’école cet au centre de loisirs. Je suis arrivée chez moi tard, la tête pleine de toutes les choses à faire au travail et laissées en suspens. R. est rentrée après moi avec sa nounou avec une seule idée : voir la suite de Cendrillon 2, commencé à regarder avec la nounou. J’ai refusé et cela a déclenché chez elle une crise de rage de 40 minutes. Elle s’est enfermée dans sa chambre, l’a entièrement dévastée, mettant à terre ses livres, lampes, jouets, arrachant la couette et les draps. Elle a hurlé de rage, a pleuré pendant tout ce temps. Je lui ai dit que je comprenais sa colère, mais qu’on ne regardait jamais de dessins animés la semaine, et encore moins un très long film, le soir. Elle m’a hurlé de me taire et de quitter sa chambre, ce que j’ai fait. En d’autres temps, je sais que je l’aurais giflée pour son insolence et cette colère qu’elle osait sortir. Heureusement, depuis, j’ai compris que la colère est une émotion saine, et qu’elle a aussi le droit de l’exprimer. Nous sommes toutes les trois très fatiguées. Au bout de 40 minutes, je suis revenue la voir, elle feuilletait un album. Elle a accepté le câlin que je voulais lui donner et est venue manger. Pendant le repas, L. n’a rien voulu avaler. Moi-même je n’avais pas très faim. Il était déjà 21h30, les enfants n’étaient pas couchés. J’ai décidé de laisser le bazar : tant pis pour les jouets par terre, les habits éparpillés, la vaisselle non faite. J’ai passé deux coups de fils, l’un à Y. parti dans un pays de l’Est éloigné, l’autre à ma copine G. qui traverse d’autres galères. En me couchant enfin, (beaucoup plus tard que ce que j’aurais aimé vu ma fatigue), je me suis dit que ce départ de Y. pendant mes derniers jours de boulot, le week-end à nouveau seule avec les enfants et toutes ces choses à gérer : le chantier, les courses, l’appartement à l’envers, je n’y arriverais pas seule. Je vais demander à ma mère ou ma sœur de monter pour m’aider.

Tant pis si elles ne peuvent pas, au moins, j’aurais demandé.  

mardi, 9 février 2016

Work in progress

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DSCF0110.JPG, fév. 2016

 

 

DSCF0101.JPG, fév. 2016

 

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