dimanche, 3 janvier 2021

Mes bonnes résolutions 2021

 

Prendre soin de moi : J’ai découvert que je pensais beaucoup aux autres et trop peu à moi. Je fais souvent passer leurs besoins avant. Du coup, adieu les massages, les soins du visages, même la visite chez le médecin. Résultat je me suis écroulée à la rentrée, avec 6 semaines d’arrêt maladie. Stop. J’ai décidé cette année de me faire du bien, quitte à devoir l’écrire noir sur blanc : c’est une priorité !

 

Me remuscler

Cette année, j’ai passé les trois quarts de l’année au lit. Pourquoi ? A cause du coronavirus et de la fatigue résultant. Résultat je suis toute molle, essoufflée et fatiguée pour un rien. J’ai décidé de faire un programme de remise en forme. L’objectif ? Perdre 5 kilos sans faire de régime, juste en remettant un peu d’exercice dans ma vie.

 

Reprendre en main mon budget.

Pourquoi ? Parce que cela fait des années que je n’épargne pas correctement. Avec l’achat de la maison et les travaux, je n’ai fait que remplir et vider des comptes. Aujourd’hui, je veux voir a long terme pour envisager sereinement l’avenir. Le seul moyen : savoir combien je dépense et combien je dois mettre de coté pour chaque projet. C’est chouette !

 

Faire des albums photos.

Je réalise que j’en fait de moins en moins et cela m’attriste. J’ai décidé de me reprendre et d’y consacrer un peu de temps. Je me sens toujours heureuse en les regardant !

 

Terminer et faire publier mon roman

S’il n’est pas bon, tant pis, il ne sortira pas. Mais les éditrices avec qui je travaille m’ont laissé entendre qu’il n’était pas mal, alors j’y crois. Si ce n’est pas celui-ci tant pis, au moins, j’y aurais consacré du temps et de l’argent. J’aurais cette année mis toute l’énergie nécessaire pour l’amener à bon port, c’est-à-dire entre les mains de futures potentielles lectrices (oui, je le reconnais, ça m’étonnerai qu’il intéresse des hommes. LOL. C’est un roman très genré)

Faire une énorme fête pour mes 40 ans.

Je sais, il y a le corona encore et encore. Mais j'ose espérer qu'au mois de juillet prochain, il ne sera peut être plus vraiment la, ou plus tellement. Bref. Je rêve et je vais réserver un budget pour ce projet, même si bien sûr, il faudra peut être l'annuler au dernier moment. Au moins, j'aurais rêvé d'ici là !

 

Trouver ce qui me motive dans la vie

C’est le grand et beau projet de 2021. Je veux changer de travail, et donc je dois explorer tout ce qui peut m’animer. Pour l’instant, différentes pistes se profilent, autour de l’animation de tiers lieu ou le développement de territoire. Je sens que ça résonne fort alors ce sera peut-être ça.

 

Quitter le journalisme

C’est aussi le grand projet de 2021, en lien avec la résolution ci-dessus. Le journalisme, c’est un long bout de ma vie (20 ans !), mais je ne veux pas que ce soit toute ma vie. Alors j’ai décidé de m’occuper maintenant… de la suite de ma vie ! C’est un travail de deuil, car j’ai adoré ce métier, mais je ne m’y retrouve plus. Alors il faut réfléchir à autre chose, Heureusement, je me sens plus libre qu’en début d’année dernière pour faire de nouveaux choix.

 

Et vous, quels sont vos résolutions pour 2021 ?

Bilan des bonnes résolutions de 2020

Seulement une poignée de billets sur le blog cette année ! Et oui, je travaille, je travaille et surtout, j'écris à coté !

2020 a été placée sous le signe de l'écriture, plus que jamais, même si cela ne se voit pas trop par ici !

Je reprends mes bonnes résolutions de l'année passée :

    Cultiver mon jardin : Oui j'ai réussi mais à grand peine. Dès le mois de février, j'ai constitué une lasagne que je trouvais bien organisée. En tout, j'ai récolté surtout des capucines, deux minuscules courges « butternut » et deux potimarrons. Sur mes 17 pieds de tomates, seuls deux ont survécus sans rien produire. J'ai eu un seul épis de blé, et trois énormes bébés figuiers qui se sont plantés tout seuls. Bref, on est loin, très loin de l'autonomie alimentaire (LOL). Coté fleurs, j'ai planté plein de choses, suspens...

    Avancer dans la décoration : oui un peu. Nouveau canapé pour le salon, pièce refaite à neuf et carrelage récent pour le sous-sol et imitation parquet vinyle pour la chambre d’amis. J’ai cousu de jolis rideaux pour cette pièce dont je suis fière. Nous avons désormais une jolie chambre en sous-sol avec sa salle d’eau attenante, et nous y dormons une nuit sur trois avec Y. Il faut dire que nous avons investi dans un bel écran pour faire cinéma à la maison avec les enfants. Cela nous a occupés depuis le début du confinement, étant donné que les cinémas que nous adorons tant étaient inaccessibles.

    Plus inviter mes amis à la maison, à travers des dîners et pourquoi pas des fêtes ! : Objectif raté dans les grandes largeurs. Les diners et les invitations se sont comptés sur les doigts d’une main cette année. Il y a eu quelques anniversaires d’enfants, trois barbecues, et deux week-ends ou des amis lointains sont venus dormir. Bien sûr, il y a eu le contexte et ma fatigue toujours inexpliquée des mois après la fin de mon infection au coronavirus. Mais j’espère que 2021 sera l’occasion d’inviter des amis des enfants, et nos amis parisiens ou lyonnais.

    Terminer mon roman et chercher à le faire publier : j’ai réussi à terminer, mais je suis encore loin de la publication ! D’abord, le travail de réécriture est beaucoup plus long que prévu, et j’ai mis du temps à trouver l’équipe de choc pour m’accompagner dans l’édition. Maintenant que tout est en place, je vise une possible signature de contrat, s’il y a, d’ici juin 2021. Je croise les doigts !

    Prendre confiance en moi : C’est de mieux en mieux, même si pas encore fou. Ce qui m’a le plus aidée cette année ? Le bilan de compétence avec cet organisme. J’ai découvert plein de choses sur moi, mes capacités, mes freins, mes envies… Depuis j’explore avec un plaisir nouveau tout ce que je pourrais faire pour changer de travail.

    Faire des week-ends et des moments avec mon amoureux : Cet été, nous avons pu faire quelques sorties, au restaurant, au cinéma, boire des coups avec des amis. Mais sinon, pas grand-chose ! Je le regrette sincèrement. J’aimerai mettre ma relation plus au premier plan, et nous trouver de vrais moments réguliers ensemble.

    Organiser un grand truc en famille cet été (tour à vélo ? En camping-car encore ?) C’était le grand projet de 2020 et cela ne s’est pas fait ! Pourquoi ? Je vous le donne dans le mille. Bon, on le sait, pas grave. Nous avons visité la Dordogne deux semaines et c’était vraiment magique. On garde tous les 5 de supers souvenirs de cette découverte. Puis à la Toussaint, nous sommes repartis dans les Cévennes, et ça aussi c’était magique, des couleurs d’automnes éblouissantes.

 

jeudi, 18 juin 2020

Le petit sac à dos de A.

« Y’a quoi dans ton sac A. ? »

« J’ai mes doudous, mon eau, et des mouchwaa. »

Je les regarde partir à l’école, à nouveau, enfin.

J’ai souffert je l’avoue pendant ces mois de confinement, avec trois enfants encore petits. Pourtant, elles ont été bien autonomes, jouant des heures durant, dans la maison, dans leur chambre ou dans le jardin. Mais je n’ai pas soufflé beaucoup, comme la plupart des parents, obligés de s’enquiller des journées de travail comme si de rien n’était, en enchainant les réunions zoom et les centaines de mail, et en devant faire l’école à la maison et surveiller leurs bêtises. Évidemment, rien de tout cela n’a été compatibles. Elles ont fait des bêtises, parfois dangereuses, en improvisant des repas improbables dans la cuisine, en décidant de m’aider à laver le sol, ou simplement en dérangeant inexorablement ce que nous essayions de ranger avec leur père. Là-dessus, la chienne d’or, L., s’est mise à me surprotéger à l’extérieur, grognant méchamment sur tous les passants, les poussettes, les vélos, motos, camionnette et autres chiens. Il a fallu la recadrer, et nous sommes encore dedans, à force de regarder des vidéos de lui qui connait si bien les chiens.

J’ai adoré manger tous les jours dehors, prendre mon café au soleil dans mon jardin, bêcher, planter, imaginer, pendant toutes ces semaines depuis mars. J’ai adoré voir mes filles se rapprocher les unes des autres, passer des heures à jouer avec des jeux qu’elles pensaient avoir perdus. J’ai adoré nos moments privilégiés avec l’une ou l’autre, les câlins plus nombreux que lorsqu’on court partout. J’ai même pensé, plusieurs fois, arrêter mon activité pour prolonger le plus longtemps possible cet état de grâce : leur petite enfance qui file et moi qui regarde ailleurs. Mais en vrai, je me connais. Seule dans la maison, je serai en dépression. Je regarderai des séries et je traînerai en pyjama en mangeant des céréales. Je leur crierai dessus le soir. Mieux vaut cela. J’ai donné 4 années de ma vie en travaillant à temps partiel, pour être auprès d’elles trois, pour leur éviter certaines courses, certains états de manque, pour être un peu présente. Maintenant, je veux faire autre chose, penser un peu plus à moi.

La maison est silencieuse, il n’est reste qu’une, qui dort encore, bienheureuse, dans sa chambre.

Le soleil inonde la cuisine, je n’entends que le tic-tac de l’horloge murale. Ce silence est divin. Bien sûr, il faudrait que je lise ma centaine de mails, dont certains agacés, anxieux ou colérique. Mais je vais pouvoir prendre le temps, enfin souffler. Bientôt, je reprendrai le RER, bondé ou pas, peu importe. J’aurai mes podcasts dans les oreilles, un bon livre, je me serai levée plus tôt parce que couchée plus tôt.

J'ai regardé A. et L s'éloigner, main dans la main avec leur père. Leurs petits sacs à dos sur leurs dos, leur démarche sur le trottoir, petits bouts de filles avec leurs nouvelles sandalettes qui brillent chacune.

Bientôt, tout va reprendre et moi, même si je suis plus que ravie de cette expérience mondiale de confinement, je veux retourner dans cette vie.  

 

mercredi, 1 avril 2020

Le virus

Je me remet doucement de la maladie.

Le coronavirus m’a frappée comme de nombreuses personnes de part le monde. J’ai eu peur plus d’une fois. Passé les premiers jours qui ressemblent à une grippe, le covid se transforme de manière sournoise. La fièvre baisse et petit à petit l’essoufflement prend sa place. Le quatrième ou cinquième jour, j’avais l’impression de ne respirer qu’avec la moitié des poumons. J’étais tellement mal que je stressais au point de ne pas réussir à m’endormir, persuadée que j’allais m’étouffer dans mon sommeil. Un coup de fil à mon médecin et au Samu m’a rassurée. Les difficultés respiratoires ne sont qu’un des nombreux symptômes, avec l’absence de goût et d’odorat, expérience très perturbante à vivre. Chaque repas ressemble à un mastication de choses molles ou dures. Le soir où j’ai eu le plus peur, je suis allée tristement faire mes adieux à Y. qui regardait un film. Je l’ai remercié en sanglotant pour nos belles années passées ensemble, avant de rassembler mes affaires pour l’hôpital. Nos au-revoirs étaient déchirants, deux anxieux dans les bras l’un de l’autre, persuadés soudain que la maladie avaient été la plus forte et que nous ne pourrions pas lutter. Je m’en suis voulu pour plein de choses idiotes : ne pas avoir fini mon roman, ne pas avoir plus profité de ma famille, avoir grondé les enfants la veille au soir, ne pas avoir fêté mon anniversaire des 39 ans. D’un coup, j’étais pleine de regrets, de tout ce que je n’avais pas fini. Mais j’étais aussi pleine de reconnaissance. Pour tous les moments magiques vécus. Les accomplissements, les défis personnels et professionnels relevés. Pleine de gratitude pour cette vie-là, que je ne voudrais échanger contre aucune autre. Le coronavirus m’a permis de me rendre compte, si tant est que j’en avais besoin, que j’étais sur la bonne voie, que j’avais su m’écouter et que rien n’était plus important pour mon bonheur actuel que la vie que j'avais choisie.

Depuis quelques jours, je vais mieux. J’ai récupéré ma capacité à respirer. Je n’ai plus de fièvre. Je me lève, je m'active.

Chaque matin, je remercie la vie, d’être là, avec eux tous, dans cette vie-là, dans le lieu où nous vivons.

Quel bonheur immense !  

mercredi, 11 mars 2020

Le chien d'or

Chaque matin, chaque soir, je promène le chien d’or.

Une jeune Leika de deux ans, que j'ai récupérée par une association qui sort des chiens des rues sur l’ile de la Réunion. Je suis allée la chercher le cœur battant, au petit matin, un peu après 5h, début décembre, à Roissy. Elle est arrivée effrayée, refusant de sortir de sa caisse, mais s’est laissée faire comme une poupée de chiffon quand je l’ai soulevée pour la sortir. J’étais si heureuse de voir qu’elle avait le poil mi long, doux et soyeux, comme j’avais rêvé et que je n’arrivais pas à trouver.

Très vite, dès le premier jour, nous l’avons sorti, dans la commune, au parc, en promenade. Elle ne tirait pas en laisse, n’aboyait pas sur tout ce qui bougeait, se montrait amicale avec tout le monde, surtout les humains.

Depuis, quelques mois on passé. Ma chienne a pris de l’assurance. Elle aboie désormais avec force dans la maison si elle entend un chien passer ou quelqu’un rentrer dans le jardin. Elle nous accueille en nous sautant dessus et nous la grondons, tournons le dos pour lui faire comprendre qu’on ne peut pas sauter ainsi sur les gens. Avec ma troisième fille, la petite A. qui va fêter ses 4 ans, elles s’entendent comme deux sœurs. Je veille souvent d’un œil, parce la petite, surexcitée, embête le chien, mais souvent la chienne règle ça d’un grondement, avant de jouer avec ma fille avec entrain. Quant à moi, j’ai l’impression d’être une reine. Si je me déplace dans la maison, la chienne me suit comme une ombre. Un sourcil froncé et elle baisse la queue, me léchant les mains, écrasée au sol, soumise à l’extrême. Le soir et le matin, nous faisons des petites promenades, et j’en profite pour regarder les belles maisons alentour. Le week-end, nous allons plus loin, descendons sur les bords de seine, pour rentrer avant 10 h, crottées toutes les deux , les joues roses, ravies de notre promenade, avant que la petite famille ne se réveille. On croise des « copains chiens » et je discute avec des gens très divers, à qui je n’aurais peut être jamais adressé la parole. J’adore ce nouveau vecteur de socialisation dans cette ville que je connais encore peu depuis un an que nous y habitons…

Cette chienne me fait un bien fou. Elle me décroche des écrans, elle éloigne mes soucis, par la marche qu’elle m’oblige à faire, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente. Je l’appelle le « chien en or » (aussi pour sa couleur dorée), ou le « chien thérapeutique » quand je veux rire de moi et de mes dépressions à répétitions.

 

EFFECTS.jpg
EFFECTS.jpg, mar. 2020

 

dimanche, 19 janvier 2020

Ecrivaine

Depuis quelques semaines, quelques mois, j’écris un roman.

L’idée était là depuis longtemps, mais elle a soudain pris forme. Depuis, je ne peux pas faire autre chose que suivre cette intuition qui m’obsède. Pendant ma douche, j’ai des idées de dialogue, quand je mange, je pense à ce que dirait tel personnage ou tel autre. Même quand je promène le chien d'or, cette chienne fabuleuse qui partage ma vie (et dont il faut à tout prix que je parle dans un prochain billet), je pense encore à ce que je voudrais écrire.

Cela me ravit. C’est comme une histoire d’amour qu’on vit en secret et qui ne peut se déployer que lorsqu’on retrouve enfin l’autre, son amour de papier.

Y. prend bien cette obsession. Il m’appelle « sa petite écrivaine ». Il ne sait pas à quel point je doute, à quel point je suis persuadée que tout cela n’est qu’une sombre merde. Qui s’intéresserait à cette histoire ? Qui pourrait trouver cela intéressant ? Au contraire, ne va-t-on pas m’agresser à mon tour, trouver que j’en fais trop, que c’est honteux ?

Je me pose les questions que tous les auteurs se posent, surtout je pense ceux qui comme moi n’ont jamais publié de roman. C’est le vilain censeur posé au dessus de l’épaule qui parle dans ma tête. Celui qui dit que tout cela est nul. Que cela ne sert à rien.

Et pourtant, quand je me retrouve devant ma table et que je regarde toute cette matière, cette histoire qui se déploie petit à petit, je m’émerveille. J’ai réussi à écrire une partie de l’histoire, peut-être les deux tiers, peut-être la moitié. Je me sens fière et incrédule.

Quand, aux vacances de Noël, j’ai prévenu ma mère et ma sœur que j’avais commencé à écrire un roman, ma mère a eu un air entendu. Elle m’a dit « Bien sûr, ton roman. » Et c’est comme si, alors que nous nous parlons si peu et que l’on se voit encore moins, c’est comme si je lui révélais quelque chose qu’elle avait toujours su de moi avant même que je n'en prenne conscience.

Je suis une écrivaine.

mercredi, 1 janvier 2020

Les bonnes résolutions de 2020

Je relis mes bonnes résolutions de 2019 :

 

  •     Avancer dans l’aménagement de la maison : J’ai réussi. J’ai avancé petit à petit et je suis heureuse de ce début de résultat. Cette année, de nouveaux gros travaux vont commencer avec l’aménagement de notre chambre sous les combles et la réfection de la salle de bain et d’une partie du sous-sol. Je fais des plans, je dessine, j’ai hâte !
  •     Faire un peu de jardinage : là aussi, j’ai réussi. Le jardin a commencé à être aménagé, et ça commence à prendre forme.
  •     M’organiser des moments seule, où je peux créer, écrire, dessiner, réfléchir.
  • Là aussi j’ai réussi ! J’ai même dégagé du temps pour commencer à écrire un roman. Je suis heureuse d’y travailler régulièrement.
  •     Reprendre le sport, une activité physique : Oui oui et oui ! Grâce à mon chien, je sors beaucoup plus qu’avant ! Je marche beaucoup plus et je suis beaucoup plus fatiguée.
  •     Vivre des moments de partage avec mes amis : Oui, nous avons réussi à maintenir pas mal de sorties sur paris, avec les uns et les autres, même si dans l’autre sens, c’est plus compliqué pour certains qui trouvent que nous habitons trop loin. Mais je ne veux rien lâcher !
  • Je veux moins d’écrans et plus de vrais moments dans la vraie vie ! Je suis fière d’avoir abandonné les réseaux sociaux (quasiment totalement pour les publications) Ca m’a fait un bien fou. Même si le début (les six premiers mois en fait!) ont été compliqué car je pensais tout le temps à publier. Et petit à petit, cette "addiction" est partie. Résultat, j'en suis à un an sans publications (autre que pour le travail parfois).
  •     Prendre plus soin de moi : Oui. Je m’écoute. Je me repose plus qu’avant, je me force moins et j’essaye d’être moins en train de me demander ce que pensent les gens de moi.

 

Pour celles de 2020

 

  • Cultiver mon jardin
  • Avancer dans la décoration
  • Plus inviter mes amis à la maison, à travers des dîners et pourquoi pas des fêtes !
  • Terminer mon roman et chercher à le faire publier
  • Prendre confiance en moi
  • Faire des week-ends et des moments avec mon amoureux
  • Organiser un grand truc en famille cet été (tour à vélo ? En camping-car encore ?)

 

J’en profite pour vous souhaiter, à ceux qui passez là et lisez, une merveilleuse année 2020.

lundi, 21 octobre 2019

Dans la maison vide

Dans la maison vide, il fait doux. Tout est silencieux. On entend le ronronnement du frigo et de la fontaine à eau du chat. Il y a aussi l’eau du thé qui bientôt va bouillir.

Pendant que Y. crapahute au fin fond de l’Asie, en reportage, avant-hier, j’ai descendu seule les trois enfants à Lyon. Ce qui devait être une simple formalité s’est transformé en parcours du combattant : RER et train en grève, la Gare s’est transformée en gigantesque maelstrom de voyageurs en attentes et mécontents. J’ai dû jouer des coudes, avec une grosse valise et trois enfants, pour accéder au train qui nous revenait de droit, les voyageurs précédents ayant vu leur TGV annulé. Enfin assises, L. a déclaré une migraine carabinée, que n’a pas réussi à enrayer le doliprane que Y. m’avait soigneusement rangé dans le sac des enfants avant de partir. Elle a donc voyagé sur mes genoux, gémissant faiblement, avec une nausée persistante. Heureusement, du moment où ma sœur est arrivée avec mon beau frères, j’ai senti mes soucis s’alléger. Ils portaient contre eux leur nouveau-né, une petite beauté aux traits fins et aux beaux yeux bleutés. Chez eux, les enfants ont pu jouer avec toute sortes de choses : ballon de grossesse, mobiles du bébé, tapis d’éveil… Mon autre sœur est alors arrivée, avec son propre nourrisson, de grosses joues rondes, de grands yeux clairs aussi et une masse de cheveux impressionnante pour son jeune âge. Mes deux nièces ont le même âge, à deux jours d’écart. J’adore comparer ces deux bébés. Leur peau. Leurs cheveux. Leurs joues. Et même leur taux de graisse : l’une est fine et maigrelette des cuisses, malgré ses grosses joues, l’autre potelée comme un cochon de lait, des élastiques aux poignets comme le bonhomme Michelin, tant elle profite du lait de sa mère. La première s’endort partout, facile à vivre, l’autre se réveille souvent, et semble anxieuse dès qu’elle est seule. Deux personnalité de bébés qui ne présage en rien les personnes qu’elles vont devenir.

Après l’arrivée de mes parents, j’ai laissé partir mes enfants dans leur voiture, pour quatre heures de voyage avant de rejoindre les Cévennes. J’ai prié intérieurement qu’il ne leur arrive rien. Je viens de lire le récit de cette dame qui a perdu deux de ses trois enfants dans un accident de voiture. Je ne crois pas que je me remettrais de la perte des miens. J’en ai d’autant plus conscience quand je me lève comme ce matin dans la maison déserte, où seul règne mon propre désordre : yaourt entamés sur les plans de travail, habits sales jonchant le sol, fils d’ordinateurs épars suite à mon orgie de Youtube la veille. Ce matin, il y a si peu de lumière dans la maison qu’on dirait que le jour ne s’est pas levé. J’écoute ce silence. Les voitures qui passent au dehors. L’eau qui court dans les radiateurs. Mes propres doigts qui cliquettent sur le clavier.

Au-delà de deux, bien rares sont les grands-parents qui acceptent de garder tous les enfants d’une famille. Je mesure ma chance. Mais cette maison vide, ce calme glaçant ne me conviennent pas. Parfois, les gens qui n’ont pas encore ou pas envie d’enfants disent que les parents regrettent de les avoir eu. Je ne le crois pas. malgré la difficulté du job – et dieu sait s’il est difficile- entre une vie sans contrainte et une vie de famille, je choisis sans aucune hésitation la deuxième. Leur bavardage incessant, leur demande d’attention, et l’investissement qu’ils demandent : en courses, en préparation des repas, lavage de dents et surveillances des activités, ne pèsent rien par rapport à une vie de loisirs. J’ai autant besoin d’eux, de m’occuper d’eux, qu’ils ont besoin de moi. C’est un pacte d’amour infini que l’on fait quand ils naissent. Un pacte diabolique, puisque qu’on va jusqu’à sacrifier la majorité de son temps libre pour eux. Mais un pacte apaisé, puisqu’en retour, ils nous empêchent d’être livrés à nos névroses, nos angoisses et les voix intérieures qui résonnent. La même chose se produit chez moi avec mes engagements associatifs : je m’y investis si totalement que je n’ai plus le temps de penser à mes propres angoisses.

Il me faudra encore longtemps longtemps avant de ne plus avoir besoin de remplir ma vie jusqu’à ras bord pour accepter de la vivre pleinement. Mais je sais que j’ai encore un long, très long chemin à faire.

samedi, 7 septembre 2019

Ce qui me donne de l’énergie

 

 

  • Méditer
  • Marcher pieds nus dans le jardin
  • Jardiner
  • Rencontrer de nouvelles personnes
  • Me promener dans la forêt
  • Voir une exposition qui m’enthousiasme
  • L’énergie du matin
  • Discuter avec une amie
  • Découvrir de nouveaux coins à vélo ou à pieds
  • Créer
  • Discuter avec des gens du quartier ou des environs
  • Ecrire
  • Caresser mon chat ou un chien dans la rue
  • Recevoir un câlin des enfants
  • Faire un jeu avec les enfants
  • Dessiner
  • Me faire masser
  • Marcher dans Paris
  • Etre avec d’autres parents
  • Regarder passer les gens à la terrasse d’un café
  • Lire un roman passionnant

 

dimanche, 1 septembre 2019

Dernier jour des vacances

C’est le premier jour de septembre. L’anniversaire de L. C’est aussi le dernier jour des vacances.

Je me promène dans le jardin. Arrose les courges qui ont enfin fleuri, le grand rosier qui a tant souffert de la canicule, les jardinières que j’ai installé sur la façade. Ce matin, j’étais chez mes parents, ou jai rencontré mes deux petites nièces, tellement mignonnes. Ces bébés nouveau-nés et l’attention qu’ils demandent ne m’ont pas du tout donné envie de pouponner. C’est à cela sans doute et à plein d’autres signes qu’on sait qu’on a tourné la page, qu’une annonce de grossesse serait vécue comme une catastrophe plus que comme un bonheur à venir.

Je suis revenue à Paris avec des grosses tomates du jardin de mon père, piquées, charnues, lacérées mais délicieuses. Je les feraient en salade avec une mozarella bio.

Je respire l’air du jardin, cette quiétude délicieuse. J’adore cet endroit. C’est si calme en comparaison de notre ancien lieu de vie. Il y a tant de vie qui grouille partout : chez nous mais surtout aux alentours. Vendredi dernier, j’ai même attrapé à main nue un faucon crécerelle qui s’était égaré dans un salon de thé, après une lourde chute en chassant un étourneau. Quand j’ai raconté ça à mon père, il n’y croyait pas.

J’ai adoré ces vacances. Des vacances reposantes au possible. Les trois premiers jours, j’étais si fatiguée que je n’ai rien fait. J’ai lu, j’ai déprimé doucement, je ne voulais pas vraiment quitter mon lit pour descendre à la plage. Puis, la fatigue partant, la joie est revenue. J’ai pu accompagner les enfants, faire des petites randonnées, m’amuser, faire découvrir des lieux magiques ou secrets aux enfants, manger des glaces partout et tout le temps. Nous avons vraiment bien profité ces vacances. Rien ne me parait impossible quand on s’est reposés autant. J’espère dire la même chose dans un mois.

mardi, 2 juillet 2019

La flemme

Il y a cette étrange torpeur du matin dont je n’arrive pas à me défaire. Comme si, à peine réveillée, toute la fatigue du monde s’abattait sur mes épaules. Cette fatigue immense m’empêche de mener mes projets à bien : écrire, méditer, faire du sport, sortir, comme je le voudrais. Je n’arrive pas vraiment à comprendre : est-ce de la flemme ? Une immense flemme qui m’empêche ainsi d’agir et de me tenir à mes engagements comme je le souhaiterai ? Je me souviens de mon père au même âge, de son travail au jardin ou de son retour du marché, au petit matin, quand j’ouvrais à peine un œil. Jeune adulte, terrassée par une dépression monstre, je me souviens avoir discuté avec les parents d’une amie, leur confiant que je désespérais avoir comme eux tant d’activités tant je me sentais nulle et inutile, traînant ma fatigue tout au long du jour. A certaines périodes, elle est moins puissante, moins présente. Alors je me rassure, me dit que c’est hormonal, consécutif à mes insomnies,( jamais bien loin) ou encore que c’est une fatigue due à un manque de vitamine quelconque, et je me gave de complément alimentaire que je reçois par paquet au boulot : Magnésium, Omega 3, Moringa et j’en passe.

 

Vendredi, j’ai traversé tout Paris avec A. endormie dans sa poussette pour choper la dernière petite piscine d’enfant disponible. Montée vite fait vendredi, elle a fait samedi le bonheur des enfants et de nos amis, attablés sous le voile d’ombrage, à déguster de petites pizza aubergines/chutney de cerises que je venais de confectionner. Le soir, avec Y., on s’est partagé une cigarette en regardant les enfants jouer dans l’eau jusqu’à ce qu’il fasse presque nuit. J’avais un sentiment de vacances. Notre maison me donne ce sentiment, quand j’y arrive, de vacances infinies.

 

Ces derniers jours, je bataille auprès de Y. pour avoir un chien. Lui ne voit que les contraintes d’un animal aussi présent, moi je ne vois que les avantages. Pour l’instant, il n’est pas d’accord, mais je voudrais qu’il change d’avis. Moi qui enfant ai toujours eu des chiens, leur présence me manque. Je comprenais ses arguments en appartement, mais plus depuis que nous sommes en maison et que nos voisins en ont. Je rêve d’un chien. Pas pour les enfants, un peu aussi, mais surtout pour moi. Depuis quelques temps, les choses s’accélèrent, car un chiot est né dans une portée chez des amis de ma petite sœur. Et je rêve, rêve, rêve de lui ou plutôt elle, avec ses petites pattes blanches et son air coquin.

vendredi, 7 juin 2019

La méditation

336 séances.

85 heures.

Et je me sens comme une débutante en méditation.

Depuis que Leeloolène m’a fait découvrir l’application magique de méditation, je l’utilise activement. Pourtant, dans les moments de stress les plus intenses, je ne le fais pas, alors que je sais que c’est justement dans ces moments terribles que j’en aurais besoin. J’adore ce mantra d’ailleurs : « Il faudrait faire entre 20 et trente minutes de méditation par jour, sauf pour les personnes très occupées. Dans ce cas, il faudrait faire une heure. » Cela me fait sourire à chaque fois, car cela reflète vraiment la réalité.

La méditation a changé ma vie. Pas de manière spectaculaire, comme le ferait un régime avant/après. Je dirais qu’elle l’a fait comme mes 7 ans de psychanalyse tris fois par semaine. Elle l’a modifié de manière subtile et profonde. Si j’arrive à faire un très léger pas de côté dans biens des situations, au lieu de me laisser embarquer par mes émotions (la colère, la tristesse ou la peur, ma sainte trinité) c’est grâce à ces séances de méditation, patiemment répétées, au fil des jours et maintenant des années.

Je ne serais sans doute jamais une grande yogi et ne cherche pas à le devenir.

Mais je ne regretterai jamais d’avoir fait entrer cette pratique dans ma vie. C’est un immense cadeau que je me suis fait, une compétence humaine inestimable.

La méditation m’aide aussi bien à m’écouter qu’à prendre soin de moi, et donc des autres.

Et rien que pour cela, elle mérite toute ma gratitude.

 

mercredi, 22 mai 2019

Le chant des oiseaux

On est mcredi et il fait très beau.

Le jardin ressemble à une jungle. Les trèfles recouvrent le sol, dissimulant d’énormes escargots de Bourgogne à la coquille sombre. Hier, j’ai acheté deux poissons rouges pour mon bassin récupérateur d’eau de pluie, où des larves de moustiques commençaient à se développer. J’ai découvert aussi des larves étranges, dotées d’une queue préhensile. Ces animaux bizarres sont en fait les petits d’une mouche aux gros yeux, l'Eristale, appelé aussi le ver à queue de rat.

Cette semaine, j’ai cueilli des fleurs de mon jardin. Il y a un rosier blanc, un rosier fushia, deux rosiers jaunes et deux rouges. Dans le jardin, c’est une explosion de couleur. Quand je n’ai pas le temps de m’y promener, j’ouvre simplement la fenêtre de la cuisine et je prends mon café en contemplant le figuier qui étale ses larges feuilles. Je bronze depuis ma cuisine, écoutant les oiseaux.

Ces deux derniers week-ends m’ont fait un bien fou. Le premier en Ardèche, avec mes deux petites sœurs, enceintes toutes les deux à quelques jours d’écarts. Nous avons pratiqué un rituel de tente rouge, beaucoup pleuré et beaucoup dit que nous nous aimions. Puis ce week-end qui vient de passer, je suis descendue trois jours rejoindre mon association dans ce parc naturel. Trois jours de discussions autour de l’urgence climatique, de l’effondrement et de notre responsabilité individuelle à faire cesser certaines choses.

Mon plus beau moment fut une randonnée, alors que la neige commençait à tomber, dans la forêt à la découverte d’une tourbière. Bombarder le guide naturaliste de questions, admirer les mésanges, les plantes de montagne, les ruisseaux et l’écosystème spécifique de la tourbière dans cette ambiance féerique et feutrée de la neige qui assourdissait tout, crissant sous nos pas alors que deux heures avant, la pelouse était verte sous le soleil a rendu cette balade magique.

Je la garderai longtemps en mémoire.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses à faire.

Mais je veux garder le plaisir de ces moments et profiter du chant des oiseaux.

mardi, 7 mai 2019

L'autre Marloute

Je remonte le grand escalator qui me mène du RER au métro, comme des milliers de travailleurs en ce lundi matin de reprise du travail après les vacances. C’étaient des vacances comme je les aime : pas chères, très ressourçantes, dans une région de France trop peu connue, magnifique, avec des paysages à couper le souffle à tous les détours des chemins- je demandais à Y. de s’arrêter au milieu de la route pour pouvoir prendre des photographies, ce qui n’est pas grave car personne ne passe sur ces routes -, des vacances faites de promenades à la rivières, de jeux des enfants dans les bois, de retrouvailles avec les copains qui ont fui la ville, d’apprentissage d’autres manières de vivre, d’autres manières de faire.

Alors que je vais passer les portiques du métro, je jette un œil à ma carte Navigo.

Je regarde cette jeune femme, bien peignée, parfaitement maquillée, qui regarde droit devant elle sur la photographie.

Je ne peux que constater avec un peu de tristesse que cette jeune femme a bien disparue en ce lundi matin.

Je vais travailler accablée à l’idée d’avoir d’abord à trier mes centaines de mails.

Avant, il y a encore quelques années, je prenais le temps de les lire, au retour de vacances, sur mon temps de travail. Ce luxe n’existe plus aujourd’hui. Au retour, il y a tant à faire qu’on s’étonne encore que quelqu’un raconte ses vacances en long et en large en buvant tranquillement un café. « Glandeur ! ».

Je regarde le pass navigo et je me souviens comment j’étais habillée.

J’avais une veste de balzer noire que je portais tous les jours.

Des talons, qu’il pleuve, neige, vente ou fasse canicule.

Je ne mettais jamais en jean’s, que je jugeait trop vulgaires pour un environnement professionel.

J’arrivais la première, lisait mes mails, attaquait ma to do list.

Je faisais une pause déjeuner digne de ce nom. Parfois, j’allais même à la piscine, à un déjeuner professionnel.

Maintenant, je regarde ma dégaine : mes cheveux lâchés en permanence, trop longs parce que depuis un an j’ai prévu d’aller un jour chez le coiffeur (mais pas chez n’importe qui, privilégère de l’âge), je ne me maquille plus, à peine un peu d’anticerne sous mes yeux fatigués par les nuits entrecoupés de cauchemars, de maladies et de besoin de réassurance.

Je n’ai plus de talons, car ils me font mal aux pieds. J’alterne entre d’étranges baskets décolorées et des godillots plats.

Un matin sur deux, je ne me lave pas les dents, ne prends pas ma douche. Suivant le stress du jour, j’ai même du racheter un déodorant un jour où j’ai eu peur d’incommoder les autres avec ma propre odeur.

J’arrive après le premier flot des travailleurs, car j’ai d’abord pris le petit déjeuner en famille, préparés un ou deux enfants, avant de laisser Y. partir avec eux à l’école.

Toute la journée, vivre dans ce stress permanent, le cul vissé à sa chaise, à peine le temps de faire une pause pipi, ne parlons pas de déjeuner. Si je veux faire une pause, je sais que ce sera la course ensuite, mais je m’y astreint.

Par la vitre, je regarde d’autres jeunes femmes, en talon et blazzer. Certaines plus jeunes, elles me rappellent moi sur la photo de mon pass Navigo. Des dents longues à rayer le parquet. Des rêves de grandeur. Deux sont plus âgées que moi.

Je me demande comment elles ont fait.

Comment sont elles arrivées à se maintenir à ce niveau d’exigence personnelle et professionnelle ?

Pour passer ainsi d’une entreprise à l’autre, montant dans la hiérarchie d’un poste à l’autre.

Moi, j’ai le sentiment de tout louper.

Les commandes pleuvent sur ma boite mail.

Ma chef demande – exige -, des choses qui demandent un temps fou à créer sans donner de date butoir, mais réclame l’article le surlendemain de sa commande, sans s’apercevoir qu’elle envoie ce genre de mail tellement de fois dans la semaine que je n’ai pas le temps de suivre. J’enterre souvent les commandes, comptant sur son oubli. Mais elle n’oublie jamais.

Je suis le genre de travailleuse qui oublie de faire partir la newsletter dont elle a la responsabilité pendant ses vacances (j’aurais du la programmer avant, j’ai oublié)

Je suis le genre de travailleuse qui ne voit pas que son téléphone pro est déchargé et le rebranche à 14H30, puis oublie encore de le déverrouiller et ne prend aucun appel, et cela se reproduit tous les jours.

Je suis le genre de travailleuse qui n’arrive pas à faire sa « to do list » à la fin de la journée, mais part quand même.

Parce qu’il est l’heure d’aller chercher les enfants.

Je les récupère, prépare un repas, discute avec mes filles, m’émerveille ou m’énerve de leurs petits bavardages, de leurs jeux et de leurs discussions. Je regarde l’heure.

Je sais que la Marloute de 2009 serait encore au bureau à cette heure.

Je sais que la femme au blazer est encore au bureau à cette heure. Je ne l’envie pas. Je ne louperai pour rien au monde ces petits bras qui m’enserrent, ses confidences lâchées entre deux bouchées d’un plat délicieux et frais parce que cuisiné maison.

J’ai un salaire ridicule, je me sens à la ramasse dans mon travail, je tremble chaque jour d’être renvoyée pour incompétence.

Mais je sais que la Marloute de 2009, même si elle aurait un peu honte de cette femme, pas toujours bien habillée, qui a l’air de débarquer à chaque réunion car elle n’a pas le temps de suivre ses dossiers, serait rassurée de voir que cette famille qui lui tenait tant à cœur est là et bien là.

 

mercredi, 10 avril 2019

Autour de moi

Il y a le pommier du Japon. Il y a des pompons jaune dont je ne connais pas le nom. Il y a deux lilas, l’un violet, l’autre blanc, qui vont bientôt s’ouvrir.

Il y a le figuier et la vigne vierge, et aussi la vigne tout court, qui repart vaillamment.

Il y a des petites fleurs minuscules sur les parterres, des parterres si blancs qu’ils font mal aux yeux, sur le vert foncé de leur feuillage. Il y a des violettes délicates, des primevères jaunes pâle. Il y a des jacinthes odorantes, il y a de grandes tulipes. Il y a le laurier-sauce qui fleurira bientôt. Il y a un petit noisetier. Il y a plusieurs rosiers, mais aucune rose. A part la mienne, que j'entends dans la maison, qui crie, qui tempête, et qui fait sa commandante avec ses sœurs.

Il y a moi qui n’arrive pas à écrire, et qui ne comprends pas pourquoi.

Il y a les poubelles qui passent, et d’un coup ce grand fracas dans cette rue normalement si calme. Il y a Y. qui monte son reportage au sous-sol, sur le petit bureau que je me suis installé, pour ma propre écriture, et que je n’arrive pas à investir.

Il y a moi qui écrit sur la petite table en fer forgé, dans mon jardin miniature.

Il y a l’heure du repas qui approche, et rien à manger.

Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

 

dimanche, 7 avril 2019

Dans les chants d'oiseaux

J’adore. J’adore les chants d’oiseaux, la proximité de la Seine, gratouiller la terre quand je peux, manger dehors sur la petite table en fer forgé. Cette semaine, j’ai eu une énorme crève. Pour tenir le coup, je me suis couchée chaque soir en même temps que les enfants. J’étais seule car Y. était en Autriche.

J’ai rejoint une association écolo sur la commune. Avec eux, nous exploitons des parcelles où les gens peuvent venir récolter des légumes comme ils le souhaitent. Dans 20 jours, nous descendrons sur le plateau de Trièves, revoir des amis. Je ressens le besoin de nature, mais il est moins fort, moins puissant que les autres années, peut-être parce qu’une partie de cette soif est apaisée par la nature environnante ici, même si notre maison reste une maison de banlieue, entourée d’autres maisons.

La semaine dernière, avec les enfants et Y, nous avons fait la liste des pays que nous aimerions visiter lors d’une éventuelle année sabbatique. La liste est longue. 19 pays. De plus en plus, cette idée d’année sabbatique me chatouille. Tant que les enfants sont encore dans la petite école, pourquoi ne pas partir ? Larguer les amarres. Visiter des pays, y habiter, faire nos courses dans une autre langue. Et une partie de moi n’en a pas du tout envie, je veux construire quelque chose ici, sans savoir quoi. Un livre ? Réduire notre temps de travail encore plus, et faire quoi ? Une maison de repos, comme je le souhaite ? Les projets s’entrechoquent et se bousculent dans ma tête.

Tout à l’heure, je chausserai mes baskets, pour aller courir du côté de la Seine. Un plaisir immense.

 

vendredi, 8 mars 2019

Le tournis

 

Ce matin, je me lève tôt.

Il n’est pas encore 7h et je n’ai plus sommeil. Depuis le début de l’année, je suis prise d’une étrange léthargie. Je n’ai plus envie de faire du sport, plus envie d’écrire, plus envie de méditer. Dommage car souvent, quand je n’applique pas ces piliers, mon moral s’en ressent très vite. J’avais commencé une formation en parentalité en ligne, arrêtée en plein vol. Heureusement, il n'y a aucune ombre de déprime, même passagère. Je regarde les vitres sales de la maison, sans aucune envie de les nettoyer. Il le faudra pourtant, pour y voir plus clair. Il faut dire que jusqu’à la semaine dernière, j’étais concentrée sur un seul objectif : l’anniversaire d’Y. Ses 40 ans. Je n’arrive pas bien à me dire que cet homme a 40 ans alors que je l’ai embrassé la première fois à l’aube de ses 22. Bientôt, nous aurons passé plus de temps ensemble que séparés. Cette idée me donne le tournis. J’ai conscience que des années sont passées, mais je ne les sépare plus vraiment les unes des autres, un peu comme quand je regarde ma fille R., ses 8 ans, ses grandes dents, ses remarques de pré-ado, et que je me souviens du petit bébé potelé que j’avais tant de mal à aimer.

Des fois, une chose, presque anodine, m’électrise, comme cette semaine, où j’ai acheté des chaussures pour mon filleul. J’ai demandé deux fois la taille à sa mère. Du 44 ?! Je n’en revenais pas. En soulevant la chaussure et en la tenant dans ma main, j’ai eu un flash. Je me suis souvenu de son petit pied nu, son pied de bébé d’un mois, que je tenais au creux de ma main sur le canapé de sa mère, la première fois que je suis allé le rencontrer, il y aura 20 ans cette année. Le temps file si vite et si lentement à la fois. Les journées sont à la fois courtes et longues, pas suffisamment longues pour faire tout ce que l’on doit faire. Mais je sais que si nous vivions deux cent ans et que les journées faisaient 36 heures, j’aurais aussi ce sentiment de course contre la montre, car j’aurais rempli le temps jusqu’à la gueule.

Des petits pieds dans l’escalier signent la fin de ce texte.

J’aurais bien écris encore un peu, sur le temps qui passe, mais la réalité me rattrape, avec ses petits pieds et ses petits mots d’enfants.

Plus tard, plus tard…  

dimanche, 6 janvier 2019

Les voeux pour 2019

J’ai commencé 2019 au lit.

Une journée complète au lit, avec une fatigue terrassante, d’une gastro pas si terrible, mais qui m’a clouée sous la couette. Entre deux siestes, j’ai pu entrevoir ce que j’aimerai de cette année : plein de moments pour moi comme celui-là. Des siestes réparatrices, des moments d’écriture, des séances de sports, des balades dans la nature, mais aussi des vrais moments de connexion : avec mes amis, avec mes enfants, avec mon amoureux, avec mes voisins.

 

Pour 2019, je voudrais :

 

  • Avancer dans l’aménagement de la maison : en faire un endroit chaleureux et sympathique, travailler la déco pour arriver à ce que j’aime. Me faire un endroit à moi, même tout petit, un espace pour ma propre création.
  • Faire un peu de jardinage, pour aménager des espaces de nature, avec des fleurs, des fruits et des légumes.
  • M’organiser des moments seule, où je peux créer, écrire, dessiner, réfléchir.
  • Reprendre le sport, une activité physique, n’importe quoi, qui me fasse bouger un peu.
  • Vivre des moments de partage avec mes amis : dîner, goûter, sorties, week-end, vacances. Je veux moins d’écrans et plus de vrais moments dans la vraie vie !
  • Prendre plus soin de moi : reprendre en main ma santé, me faire chouchouter avec des massages, des soins.

 

Et vous, quels sont vos résolutions pour 2019 ? Quels sont vos voeux les plus chers pour cette année ? Que faites-vous, qu'allez vous faire pour vous rapprocher de vos souhaits ?

Je vous souhaite, à tous, ceux qui passez là pour la première fois ou qui me lisez depuis des années, une merveilleuse année 2019.

Qu'elle porte vos rêves au plus haut, qu'elle vous emmène là où vous voulez aller.

 

lundi, 31 décembre 2018

Le bilan de l'année 2018

C’est le dernier jour de l’année 2018. Le 31 décembre.

Aujourd’hui je travaille.

Dehors, j’entends les oiseaux chanter. Il y a aussi le tic-tac de l’horloge et une voiture qui passe de temps en temps.

 

Ca y est, je me sens ENFIN bien.

Le salon est aménagé.

Hier, j’ai essayé de me faire un bureau au sous-sol, mais il fait encore très froid en bas, alors je ne sais pas si je vais vraiment m’y installer.

Sinon, je me ferais un petit coin au salon, quand le grand sapin sera parti, débité en buchettes pour nourrir le poele que nous ferons bientôt réinstaller pour être aux normes.

Dans la nuit, j’ai voulu rejoindre Y. qui regardait un film au salon, pour savoir quand il viendrait se coucher. J’ai glissé avec mes chaussettes sur les marches et j’ai dévalé l’escalier sur les fesses. J’ai horriblement mal à la fesse gauche, mais heureusement, rien de cassé.

Nous avons regardé notre premier film il y a quelques jours, pelotonné dans le canapé, dans un salon à peu près cosy.

Je peux me faire un thé, allumer des bougies, profiter de plein d’endroits de la maison (et plein d’autres encore plein de poussières, de choses à aménager, de cartons entassés…)

Ce matin, j’ai pris une grande décision.

J’ai stoppé les réseaux sociaux.

J’ai désactivé FB et IG sur mon téléphone. C’est un geste fort, pour moi. Car je passais mon temps dessus et je ne me sentais pas bien. Parce que je publiais beaucoup et je ne me sentais pas mieux.

Je ne sais pas combien de temps va durer cette trêve. Peut-être une heure. Peut-être un jour. Peut-être un an.

Je me demande.

Comment je vais faire.

Sans ce miroir magique.

Est-ce que je vais souffrir du manque ? Est-ce que d’autres l’ont fait et ont réussi ?

Je me demande.

Bientôt, promis, promis, promis, des photos de la maison.

Je fais le bilan de cette année

Voici ce que je m’étais promis de faire :

  • Travailler sur moi pour être (encore) plus bienveillante avec les enfants : ça je continue : j’ai fait une nouvelle formation en groupe et je commence une nouvelle depuis une semaine, à distance celle-là.
  • Faire du sport pour mon moral (pas pour perdre du poids, je suis revenue à 57) : pas réussi du tout ! J’ai acheté tout l’équipement mais pas encore chaussé mes baskets (ni déroulé mon tapis de yoga d’ailleurs)
  • Faire des week-ends, des sorties, des après midi avec des amies/amis : oui 3 fois oui. J’ai réussi à faire quelques sorties, quelques après midi, des week-ends et des diners. Mais j’aimerai encore plus, et des hamams ce serait encore mieux !
  • Faire une activité qui me porte (au moins) une fois par semaine : pas réussi vraiment. Je vais souvent au restaurant, car j’aime bien ça.
  • Me coucher tôt le plus possible : Oui ça j’y arrive. Prioriser mon sommeil le soir, je suis souvent couchée dès l’endormissement des enfants.
  • Dégager du temps pour moi, vraiment : pas vraiment réussi. Trop de recherche de maison, trop d’associatif. Il y a bien eu mes formations en parentalité bienveillante, mais est ce que c’est vraiment du temps pour moi ? Je dois réussir à instaurer des plages ou je suis vraiment seule, et ou ce temps est à moi.
  • Ecrire tous les jours, parce que cela me manque trop : à part mon atelier d’écriture, je n’ai pas vraiment écrit tous les jours cette année. Je remets ça pour l’année prochaine ?
  • Avancer sur les albums des enfants : Niet. J’ai réussi à classer quelques photos, mais pas à me lancer dans l’album. Que faire pour y arriver ?
  • Prendre du temps individuellement avec chaque enfant. : je l’ai fait un tout petit peu, mais j’aimerai le faire plus cette année. Passer du temps avec chacune, j’y arrive un peu dans la journée, mais pas toujours.
  • Faire des sorties/un voyage juste avec mon amoureux : oui, des sorties-ciné, même s’il n’y en a pas autant qu’on voudrait. Et je rêve d’un voyage seule avec lui. Je n’ai pas encore choisi la destination mais j’en rêve !

 

Cette année il y a eu à nouveau d’extraordinaires vacances en camping-car, pendant un mois, à couper complètement les ponts et découvrir des endroits extraordinaires en Europe.

Cette année, il y a eu à nouveau le cycle insomnies/dépression/anxiété, mais moins que les autres années, moins fort et plus facile à juguler.

Il y a eu la recherche active de maison, la découverte de cette maison, l’achat et la vente de notre appartement (pas finalisé, mais fin janvier si tout va bien je fais péter le champagne (enfin !))

Cette année, je suis redevenue végétarienne et je kiffe, parce que je me sens ENFIN en accord avec moi.

Et vous 2018, une année comment ?  

lundi, 17 décembre 2018

Les amis

Il y a eu d’abord Leeloolène.

Puis les copains, à J+ 15 jours, pour un Noël des amis endiablé. Puis Clem et sa famille le lendemain.

Il en reste d’autres, qui habitent plus loin et que cela m’attriste de perdre, avec le peu de fois que je les voyais déjà.

A tous, j’ai demandé, avec anxiété, les temps de trajets, les modes de transports. Avec à chaque fois, une inquiétude en fond : est-ce que vous reviendrez ?

La plupart m’ont dit oui. Peut-être pour me faire plaisir, d’autres sincèrement convaincus que ce ne serait pas la mer à boire que de traverser ainsi Paris et une partie de la banlieue Ouest pour passer une soirée chez nous.

Une maison, c’est sûr maintenant, c’était un de mes rêves absolu, peut-être au moins autant qu’avoir des enfants et où faire mon métier de rêve.

Mais une maison sans amis, sans rires et sans cavalcade d’enfants, sans hurlements éthyliques, d’adultes avinés qui racontent des blagues, trop fort, alors cela n’avait plus de sens. Mes parents ont toujours eu leur bande de copains qui investissaient leur maison et avec qui nous passions les soirées. Mais l’une de nos maisons était trop loin de tout, et je n’avais pas aimé.

J’avais peur de revivre dans une maison loin de tout, où personne ne passe, une maison où aucun ami ne vient.

Petit à petit je m’apaise.

Et me sens de mieux en mieux, comme un petit animal qui fait sa tanière.  

 

- page 1 de 61