mercredi, 22 mai 2019

Le chant des oiseaux

On est mcredi et il fait très beau.

Le jardin ressemble à une jungle. Les trèfles recouvrent le sol, dissimulant d’énormes escargots de Bourgogne à la coquille sombre. Hier, j’ai acheté deux poissons rouges pour mon bassin récupérateur d’eau de pluie, où des larves de moustiques commençaient à se développer. J’ai découvert aussi des larves étranges, dotées d’une queue préhensile. Ces animaux bizarres sont en fait les petits d’une mouche aux gros yeux, l'Eristale, appelé aussi le ver à queue de rat.

Cette semaine, j’ai cueilli des fleurs de mon jardin. Il y a un rosier blanc, un rosier fushia, deux rosiers jaunes et deux rouges. Dans le jardin, c’est une explosion de couleur. Quand je n’ai pas le temps de m’y promener, j’ouvre simplement la fenêtre de la cuisine et je prends mon café en contemplant le figuier qui étale ses larges feuilles. Je bronze depuis ma cuisine, écoutant les oiseaux.

Ces deux derniers week-ends m’ont fait un bien fou. Le premier en Ardèche, avec mes deux petites sœurs, enceintes toutes les deux à quelques jours d’écarts. Nous avons pratiqué un rituel de tente rouge, beaucoup pleuré et beaucoup dit que nous nous aimions. Puis ce week-end qui vient de passer, je suis descendue trois jours rejoindre mon association dans ce parc naturel. Trois jours de discussions autour de l’urgence climatique, de l’effondrement et de notre responsabilité individuelle à faire cesser certaines choses.

Mon plus beau moment fut une randonnée, alors que la neige commençait à tomber, dans la forêt à la découverte d’une tourbière. Bombarder le guide naturaliste de questions, admirer les mésanges, les plantes de montagne, les ruisseaux et l’écosystème spécifique de la tourbière dans cette ambiance féerique et feutrée de la neige qui assourdissait tout, crissant sous nos pas alors que deux heures avant, la pelouse était verte sous le soleil a rendu cette balade magique.

Je la garderai longtemps en mémoire.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses à faire.

Mais je veux garder le plaisir de ces moments et profiter du chant des oiseaux.

mardi, 7 mai 2019

L'autre Marloute

Je remonte le grand escalator qui me mène du RER au métro, comme des milliers de travailleurs en ce lundi matin de reprise du travail après les vacances. C’étaient des vacances comme je les aime : pas chères, très ressourçantes, dans une région de France trop peu connue, magnifique, avec des paysages à couper le souffle à tous les détours des chemins- je demandais à Y. de s’arrêter au milieu de la route pour pouvoir prendre des photographies, ce qui n’est pas grave car personne ne passe sur ces routes -, des vacances faites de promenades à la rivières, de jeux des enfants dans les bois, de retrouvailles avec les copains qui ont fui la ville, d’apprentissage d’autres manières de vivre, d’autres manières de faire.

Alors que je vais passer les portiques du métro, je jette un œil à ma carte Navigo.

Je regarde cette jeune femme, bien peignée, parfaitement maquillée, qui regarde droit devant elle sur la photographie.

Je ne peux que constater avec un peu de tristesse que cette jeune femme a bien disparue en ce lundi matin.

Je vais travailler accablée à l’idée d’avoir d’abord à trier mes centaines de mails.

Avant, il y a encore quelques années, je prenais le temps de les lire, au retour de vacances, sur mon temps de travail. Ce luxe n’existe plus aujourd’hui. Au retour, il y a tant à faire qu’on s’étonne encore que quelqu’un raconte ses vacances en long et en large en buvant tranquillement un café. « Glandeur ! ».

Je regarde le pass navigo et je me souviens comment j’étais habillée.

J’avais une veste de balzer noire que je portais tous les jours.

Des talons, qu’il pleuve, neige, vente ou fasse canicule.

Je ne mettais jamais en jean’s, que je jugeait trop vulgaires pour un environnement professionel.

J’arrivais la première, lisait mes mails, attaquait ma to do list.

Je faisais une pause déjeuner digne de ce nom. Parfois, j’allais même à la piscine, à un déjeuner professionnel.

Maintenant, je regarde ma dégaine : mes cheveux lâchés en permanence, trop longs parce que depuis un an j’ai prévu d’aller un jour chez le coiffeur (mais pas chez n’importe qui, privilégère de l’âge), je ne me maquille plus, à peine un peu d’anticerne sous mes yeux fatigués par les nuits entrecoupés de cauchemars, de maladies et de besoin de réassurance.

Je n’ai plus de talons, car ils me font mal aux pieds. J’alterne entre d’étranges baskets décolorées et des godillots plats.

Un matin sur deux, je ne me lave pas les dents, ne prends pas ma douche. Suivant le stress du jour, j’ai même du racheter un déodorant un jour où j’ai eu peur d’incommoder les autres avec ma propre odeur.

J’arrive après le premier flot des travailleurs, car j’ai d’abord pris le petit déjeuner en famille, préparés un ou deux enfants, avant de laisser Y. partir avec eux à l’école.

Toute la journée, vivre dans ce stress permanent, le cul vissé à sa chaise, à peine le temps de faire une pause pipi, ne parlons pas de déjeuner. Si je veux faire une pause, je sais que ce sera la course ensuite, mais je m’y astreint.

Par la vitre, je regarde d’autres jeunes femmes, en talon et blazzer. Certaines plus jeunes, elles me rappellent moi sur la photo de mon pass Navigo. Des dents longues à rayer le parquet. Des rêves de grandeur. Deux sont plus âgées que moi.

Je me demande comment elles ont fait.

Comment sont elles arrivées à se maintenir à ce niveau d’exigence personnelle et professionnelle ?

Pour passer ainsi d’une entreprise à l’autre, montant dans la hiérarchie d’un poste à l’autre.

Moi, j’ai le sentiment de tout louper.

Les commandes pleuvent sur ma boite mail.

Ma chef demande – exige -, des choses qui demandent un temps fou à créer sans donner de date butoir, mais réclame l’article le surlendemain de sa commande, sans s’apercevoir qu’elle envoie ce genre de mail tellement de fois dans la semaine que je n’ai pas le temps de suivre. J’enterre souvent les commandes, comptant sur son oubli. Mais elle n’oublie jamais.

Je suis le genre de travailleuse qui oublie de faire partir la newsletter dont elle a la responsabilité pendant ses vacances (j’aurais du la programmer avant, j’ai oublié)

Je suis le genre de travailleuse qui ne voit pas que son téléphone pro est déchargé et le rebranche à 14H30, puis oublie encore de le déverrouiller et ne prend aucun appel, et cela se reproduit tous les jours.

Je suis le genre de travailleuse qui n’arrive pas à faire sa « to do list » à la fin de la journée, mais part quand même.

Parce qu’il est l’heure d’aller chercher les enfants.

Je les récupère, prépare un repas, discute avec mes filles, m’émerveille ou m’énerve de leurs petits bavardages, de leurs jeux et de leurs discussions. Je regarde l’heure.

Je sais que la Marloute de 2009 serait encore au bureau à cette heure.

Je sais que la femme au blazer est encore au bureau à cette heure. Je ne l’envie pas. Je ne louperai pour rien au monde ces petits bras qui m’enserrent, ses confidences lâchées entre deux bouchées d’un plat délicieux et frais parce que cuisiné maison.

J’ai un salaire ridicule, je me sens à la ramasse dans mon travail, je tremble chaque jour d’être renvoyée pour incompétence.

Mais je sais que la Marloute de 2009, même si elle aurait un peu honte de cette femme, pas toujours bien habillée, qui a l’air de débarquer à chaque réunion car elle n’a pas le temps de suivre ses dossiers, serait rassurée de voir que cette famille qui lui tenait tant à cœur est là et bien là.

 

mercredi, 10 avril 2019

Autour de moi

Il y a le pommier du Japon. Il y a des pompons jaune dont je ne connais pas le nom. Il y a deux lilas, l’un violet, l’autre blanc, qui vont bientôt s’ouvrir.

Il y a le figuier et la vigne vierge, et aussi la vigne tout court, qui repart vaillamment.

Il y a des petites fleurs minuscules sur les parterres, des parterres si blancs qu’ils font mal aux yeux, sur le vert foncé de leur feuillage. Il y a des violettes délicates, des primevères jaunes pâle. Il y a des jacinthes odorantes, il y a de grandes tulipes. Il y a le laurier-sauce qui fleurira bientôt. Il y a un petit noisetier. Il y a plusieurs rosiers, mais aucune rose. A part la mienne, que j'entends dans la maison, qui crie, qui tempête, et qui fait sa commandante avec ses sœurs.

Il y a moi qui n’arrive pas à écrire, et qui ne comprends pas pourquoi.

Il y a les poubelles qui passent, et d’un coup ce grand fracas dans cette rue normalement si calme. Il y a Y. qui monte son reportage au sous-sol, sur le petit bureau que je me suis installé, pour ma propre écriture, et que je n’arrive pas à investir.

Il y a moi qui écrit sur la petite table en fer forgé, dans mon jardin miniature.

Il y a l’heure du repas qui approche, et rien à manger.

Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

 

dimanche, 7 avril 2019

Dans les chants d'oiseaux

J’adore. J’adore les chants d’oiseaux, la proximité de la Seine, gratouiller la terre quand je peux, manger dehors sur la petite table en fer forgé. Cette semaine, j’ai eu une énorme crève. Pour tenir le coup, je me suis couchée chaque soir en même temps que les enfants. J’étais seule car Y. était en Autriche.

J’ai rejoint une association écolo sur la commune. Avec eux, nous exploitons des parcelles où les gens peuvent venir récolter des légumes comme ils le souhaitent. Dans 20 jours, nous descendrons sur le plateau de Trièves, revoir des amis. Je ressens le besoin de nature, mais il est moins fort, moins puissant que les autres années, peut-être parce qu’une partie de cette soif est apaisée par la nature environnante ici, même si notre maison reste une maison de banlieue, entourée d’autres maisons.

La semaine dernière, avec les enfants et Y, nous avons fait la liste des pays que nous aimerions visiter lors d’une éventuelle année sabbatique. La liste est longue. 19 pays. De plus en plus, cette idée d’année sabbatique me chatouille. Tant que les enfants sont encore dans la petite école, pourquoi ne pas partir ? Larguer les amarres. Visiter des pays, y habiter, faire nos courses dans une autre langue. Et une partie de moi n’en a pas du tout envie, je veux construire quelque chose ici, sans savoir quoi. Un livre ? Réduire notre temps de travail encore plus, et faire quoi ? Une maison de repos, comme je le souhaite ? Les projets s’entrechoquent et se bousculent dans ma tête.

Tout à l’heure, je chausserai mes baskets, pour aller courir du côté de la Seine. Un plaisir immense.

 

vendredi, 8 mars 2019

Le tournis

 

Ce matin, je me lève tôt.

Il n’est pas encore 7h et je n’ai plus sommeil. Depuis le début de l’année, je suis prise d’une étrange léthargie. Je n’ai plus envie de faire du sport, plus envie d’écrire, plus envie de méditer. Dommage car souvent, quand je n’applique pas ces piliers, mon moral s’en ressent très vite. J’avais commencé une formation en parentalité en ligne, arrêtée en plein vol. Heureusement, il n'y a aucune ombre de déprime, même passagère. Je regarde les vitres sales de la maison, sans aucune envie de les nettoyer. Il le faudra pourtant, pour y voir plus clair. Il faut dire que jusqu’à la semaine dernière, j’étais concentrée sur un seul objectif : l’anniversaire d’Y. Ses 40 ans. Je n’arrive pas bien à me dire que cet homme a 40 ans alors que je l’ai embrassé la première fois à l’aube de ses 22. Bientôt, nous aurons passé plus de temps ensemble que séparés. Cette idée me donne le tournis. J’ai conscience que des années sont passées, mais je ne les sépare plus vraiment les unes des autres, un peu comme quand je regarde ma fille R., ses 8 ans, ses grandes dents, ses remarques de pré-ado, et que je me souviens du petit bébé potelé que j’avais tant de mal à aimer.

Des fois, une chose, presque anodine, m’électrise, comme cette semaine, où j’ai acheté des chaussures pour mon filleul. J’ai demandé deux fois la taille à sa mère. Du 44 ?! Je n’en revenais pas. En soulevant la chaussure et en la tenant dans ma main, j’ai eu un flash. Je me suis souvenu de son petit pied nu, son pied de bébé d’un mois, que je tenais au creux de ma main sur le canapé de sa mère, la première fois que je suis allé le rencontrer, il y aura 20 ans cette année. Le temps file si vite et si lentement à la fois. Les journées sont à la fois courtes et longues, pas suffisamment longues pour faire tout ce que l’on doit faire. Mais je sais que si nous vivions deux cent ans et que les journées faisaient 36 heures, j’aurais aussi ce sentiment de course contre la montre, car j’aurais rempli le temps jusqu’à la gueule.

Des petits pieds dans l’escalier signent la fin de ce texte.

J’aurais bien écris encore un peu, sur le temps qui passe, mais la réalité me rattrape, avec ses petits pieds et ses petits mots d’enfants.

Plus tard, plus tard…  

dimanche, 6 janvier 2019

Les voeux pour 2019

J’ai commencé 2019 au lit.

Une journée complète au lit, avec une fatigue terrassante, d’une gastro pas si terrible, mais qui m’a clouée sous la couette. Entre deux siestes, j’ai pu entrevoir ce que j’aimerai de cette année : plein de moments pour moi comme celui-là. Des siestes réparatrices, des moments d’écriture, des séances de sports, des balades dans la nature, mais aussi des vrais moments de connexion : avec mes amis, avec mes enfants, avec mon amoureux, avec mes voisins.

 

Pour 2019, je voudrais :

 

  • Avancer dans l’aménagement de la maison : en faire un endroit chaleureux et sympathique, travailler la déco pour arriver à ce que j’aime. Me faire un endroit à moi, même tout petit, un espace pour ma propre création.
  • Faire un peu de jardinage, pour aménager des espaces de nature, avec des fleurs, des fruits et des légumes.
  • M’organiser des moments seule, où je peux créer, écrire, dessiner, réfléchir.
  • Reprendre le sport, une activité physique, n’importe quoi, qui me fasse bouger un peu.
  • Vivre des moments de partage avec mes amis : dîner, goûter, sorties, week-end, vacances. Je veux moins d’écrans et plus de vrais moments dans la vraie vie !
  • Prendre plus soin de moi : reprendre en main ma santé, me faire chouchouter avec des massages, des soins.

 

Et vous, quels sont vos résolutions pour 2019 ? Quels sont vos voeux les plus chers pour cette année ? Que faites-vous, qu'allez vous faire pour vous rapprocher de vos souhaits ?

Je vous souhaite, à tous, ceux qui passez là pour la première fois ou qui me lisez depuis des années, une merveilleuse année 2019.

Qu'elle porte vos rêves au plus haut, qu'elle vous emmène là où vous voulez aller.

 

lundi, 31 décembre 2018

Le bilan de l'année 2018

C’est le dernier jour de l’année 2018. Le 31 décembre.

Aujourd’hui je travaille.

Dehors, j’entends les oiseaux chanter. Il y a aussi le tic-tac de l’horloge et une voiture qui passe de temps en temps.

 

Ca y est, je me sens ENFIN bien.

Le salon est aménagé.

Hier, j’ai essayé de me faire un bureau au sous-sol, mais il fait encore très froid en bas, alors je ne sais pas si je vais vraiment m’y installer.

Sinon, je me ferais un petit coin au salon, quand le grand sapin sera parti, débité en buchettes pour nourrir le poele que nous ferons bientôt réinstaller pour être aux normes.

Dans la nuit, j’ai voulu rejoindre Y. qui regardait un film au salon, pour savoir quand il viendrait se coucher. J’ai glissé avec mes chaussettes sur les marches et j’ai dévalé l’escalier sur les fesses. J’ai horriblement mal à la fesse gauche, mais heureusement, rien de cassé.

Nous avons regardé notre premier film il y a quelques jours, pelotonné dans le canapé, dans un salon à peu près cosy.

Je peux me faire un thé, allumer des bougies, profiter de plein d’endroits de la maison (et plein d’autres encore plein de poussières, de choses à aménager, de cartons entassés…)

Ce matin, j’ai pris une grande décision.

J’ai stoppé les réseaux sociaux.

J’ai désactivé FB et IG sur mon téléphone. C’est un geste fort, pour moi. Car je passais mon temps dessus et je ne me sentais pas bien. Parce que je publiais beaucoup et je ne me sentais pas mieux.

Je ne sais pas combien de temps va durer cette trêve. Peut-être une heure. Peut-être un jour. Peut-être un an.

Je me demande.

Comment je vais faire.

Sans ce miroir magique.

Est-ce que je vais souffrir du manque ? Est-ce que d’autres l’ont fait et ont réussi ?

Je me demande.

Bientôt, promis, promis, promis, des photos de la maison.

Je fais le bilan de cette année

Voici ce que je m’étais promis de faire :

  • Travailler sur moi pour être (encore) plus bienveillante avec les enfants : ça je continue : j’ai fait une nouvelle formation en groupe et je commence une nouvelle depuis une semaine, à distance celle-là.
  • Faire du sport pour mon moral (pas pour perdre du poids, je suis revenue à 57) : pas réussi du tout ! J’ai acheté tout l’équipement mais pas encore chaussé mes baskets (ni déroulé mon tapis de yoga d’ailleurs)
  • Faire des week-ends, des sorties, des après midi avec des amies/amis : oui 3 fois oui. J’ai réussi à faire quelques sorties, quelques après midi, des week-ends et des diners. Mais j’aimerai encore plus, et des hamams ce serait encore mieux !
  • Faire une activité qui me porte (au moins) une fois par semaine : pas réussi vraiment. Je vais souvent au restaurant, car j’aime bien ça.
  • Me coucher tôt le plus possible : Oui ça j’y arrive. Prioriser mon sommeil le soir, je suis souvent couchée dès l’endormissement des enfants.
  • Dégager du temps pour moi, vraiment : pas vraiment réussi. Trop de recherche de maison, trop d’associatif. Il y a bien eu mes formations en parentalité bienveillante, mais est ce que c’est vraiment du temps pour moi ? Je dois réussir à instaurer des plages ou je suis vraiment seule, et ou ce temps est à moi.
  • Ecrire tous les jours, parce que cela me manque trop : à part mon atelier d’écriture, je n’ai pas vraiment écrit tous les jours cette année. Je remets ça pour l’année prochaine ?
  • Avancer sur les albums des enfants : Niet. J’ai réussi à classer quelques photos, mais pas à me lancer dans l’album. Que faire pour y arriver ?
  • Prendre du temps individuellement avec chaque enfant. : je l’ai fait un tout petit peu, mais j’aimerai le faire plus cette année. Passer du temps avec chacune, j’y arrive un peu dans la journée, mais pas toujours.
  • Faire des sorties/un voyage juste avec mon amoureux : oui, des sorties-ciné, même s’il n’y en a pas autant qu’on voudrait. Et je rêve d’un voyage seule avec lui. Je n’ai pas encore choisi la destination mais j’en rêve !

 

Cette année il y a eu à nouveau d’extraordinaires vacances en camping-car, pendant un mois, à couper complètement les ponts et découvrir des endroits extraordinaires en Europe.

Cette année, il y a eu à nouveau le cycle insomnies/dépression/anxiété, mais moins que les autres années, moins fort et plus facile à juguler.

Il y a eu la recherche active de maison, la découverte de cette maison, l’achat et la vente de notre appartement (pas finalisé, mais fin janvier si tout va bien je fais péter le champagne (enfin !))

Cette année, je suis redevenue végétarienne et je kiffe, parce que je me sens ENFIN en accord avec moi.

Et vous 2018, une année comment ?  

lundi, 17 décembre 2018

Les amis

Il y a eu d’abord Leeloolène.

Puis les copains, à J+ 15 jours, pour un Noël des amis endiablé. Puis Clem et sa famille le lendemain.

Il en reste d’autres, qui habitent plus loin et que cela m’attriste de perdre, avec le peu de fois que je les voyais déjà.

A tous, j’ai demandé, avec anxiété, les temps de trajets, les modes de transports. Avec à chaque fois, une inquiétude en fond : est-ce que vous reviendrez ?

La plupart m’ont dit oui. Peut-être pour me faire plaisir, d’autres sincèrement convaincus que ce ne serait pas la mer à boire que de traverser ainsi Paris et une partie de la banlieue Ouest pour passer une soirée chez nous.

Une maison, c’est sûr maintenant, c’était un de mes rêves absolu, peut-être au moins autant qu’avoir des enfants et où faire mon métier de rêve.

Mais une maison sans amis, sans rires et sans cavalcade d’enfants, sans hurlements éthyliques, d’adultes avinés qui racontent des blagues, trop fort, alors cela n’avait plus de sens. Mes parents ont toujours eu leur bande de copains qui investissaient leur maison et avec qui nous passions les soirées. Mais l’une de nos maisons était trop loin de tout, et je n’avais pas aimé.

J’avais peur de revivre dans une maison loin de tout, où personne ne passe, une maison où aucun ami ne vient.

Petit à petit je m’apaise.

Et me sens de mieux en mieux, comme un petit animal qui fait sa tanière.  

 

mercredi, 12 décembre 2018

Paniquée

Il m’a fallu plusieurs jours pour atterrir.

Le déménagement, qui a était prévu un vendredi, s’est décalé au mercredi suivant, faute de temps pour tout finir. Malgré tout, nous avons terminé les derniers cartons a 4h du matin, épuisés et dépités face à la masse de travail. Et moi qui avait cru que cela prendrait peu de temps vu notre bonne organisation en amont (un mois complet ! pour avancer à notre rythme !) Quelle désillusion ! Plus les heures passaient, plus je voyais des affaires sortir, comme si les murs de l’appartement exsudaient des choses à mettre en cartons. Et au petit matin, alors que nous nous étions levés aux aurores… les déménageurs ne sont pas venus.

Avec trois enfants, dans un appartement entièrement encartonné, sans même une cafetière de sortie, nous avons appellé les déménageurs qui nous ont expliqué avoir eu « un problème de camion ». Sur le moment, ça a été la douche froide. Et puis… on a mangé, on a mis un dessin animé aux enfants, et on est allés se recoucher, pour une longue sieste de deux heures, bienfaitrice, réparatrice, qui nous a fait un bien fou. Nous avons trouvé d’autres déménageurs qui nous ont proposé de déménager le lendemain. Et nous sommes partis nous coucher tot. Le lendemain, je suis partie seule avec les trois enfants, pour rejoindre la maison. Je suis arrivée dans une maison encore en travaux, sans cuisine fonctionnelle, sans rangements, et avec une couche de poussière de platre et de ciment sur les sol si épaisse que mon balai faisait de petits chemins sur le sol. J’ai envoyé les enfants au grenier et j’ai commencé à nettoyer. Gratter les taches de peinture dans la salle de bain. Lessiver les sols. Etablir un semblant de cuisine au sous sol, avec un réchaud et un micro ondes.

A 16h, je me sentais presque bien. Le sol n’était plus AUSSI sale. Je commençais à imaginer les meubles. Et puis les déménageurs sont arrivés. Ils ont commencé à amener des cartons, des meubles, des cartons, des meubles, et je ne savais plus quelle pièce de destination leur donner, j’étais perdue, je voyais ma maison se remplir, surtout le salon, raz la gueule, et moi qui étouffait. Y. est arrivé à ce moment-là. J’étais en panique, je voulais partir. Aucun meuble ne semblait rentrer dans cette maison aux volumes différents de notre grand appartement.

Et à partir de là, je ne me suis pas sentie bien. Quelle idée, d'acheter cette maison, si petite, c'était une erreur, rien ne rentrait, on allait vivre dans PLUS petit, Y. allait me maudire, et moi, ou allais-je me sentir bien dans ce bazar sans nom ? Quelle idée mais quelle idée !

Il a fallu du temps.

Que la cuisine avance.

Que des cartons disparaissent dans le salon.

Que S., notre entrepreneur, avance sur les travaux, installe la bibliothèque, et un jour, j’ai pu avoir un frigo, un plan de travail et même une cuisinière fonctionnelle.

A J+ 1 semaine, Leeloolène est venue chez nous. Nous avions dégagé le canapé, les plaids n’étaient pas sortis mais on s’est pelotonnées dans ce qu’on a trouvé. Et là, à papoter avec mon amie, dans mes murs, dans ma maison, dans un semblant d’ordre, j’ai commencé, enfin, à me sentir bien à nouveau.

Depuis, j’essaye de continuer à avancer, c’est important pour que je m’approprie ces murs, pour que la machine à rêve reparte, pour que j’ai envie de décorer, d’aménager.

Jusque-là, je me sentais écrasée par la masse de choses à faire et cette impression de solitude, terrible, décourageante, de tout ce qu’il fallait faire et que je ne pouvais pas entreprendre seule.

La machine à rêve repart doucement.

Tout doucement.

Mais je sens que ça frémit en moi, et je m’y accroche comme je peux pour ne pas me laisser envahir par l’autre sentiment, celui qui me bloque et me panique.

 

samedi, 10 novembre 2018

Le compte à rebours

Je marche dans les rues de ma nouvelle ville. Je viens de poser A. chez son assistante maternelle. Dans ma poche droite, il y a les clés de ma maison, que je caresse de temps à autre comme un talisman. Dans ma poche gauche, les clés de notre grand appartement, que j’ai commencé à vider. Je marche doucement, je regarde les façades des belles maisons, les rues sont calmes, comme d’habitude. Il y a une voiture de temps à autre, je croise des amoureux qui avancent, main dans la main, et je sens l’air vif et piquant du matin, réchauffé par un beau soleil de novembre. Le ciel est d’un bleu magnifique, et les feuillages des arbres se découpent sur le bleu du ciel. Je veux célébrer toute cette beauté, toute cette nature qui m’environne. Mes deux poches et ses deux trousseaux, l’un à droite, l’autre à gauche, c’est une image de ce que je vis en ce moment. Un pied ici, l’autre ailleurs.

 

Nous déménageons dans 15 jours. J’ai commencé à vider les bibliothèques, et cela laisse un trou béant au milieu des rayonnages. Je déteste ce trou, qui d’un coup, me prouve que ça y est, nous allons partir. Je n’arrive pas à m’y faire. J’ai besoin de livres autour de moi pour me sentir bien et ces ouvrages qui disparaissent de mon salon me font me sentir mal. Qui sait quand ils ressortiront ? Dans deux ans ? Comme dans le précédent déménagement ? J’espère que non.

J’essaye de vendre des affaires, notamment toutes les affaires de bébé, car je n’aurais plus d’enfants. J’ai réussi pour certaines choses, mais la table à langer et le lit sont toujours là. Une dame qui devait passer les prendre ne l’a pas fait et je me retrouve avec ces deux meubles-là sur les bras.

 

Les enfants se sont fait un royaume des cartons. Elles les escaladent, s’en font des trônes, des cachettes, des remparts, des parcours de motricité.

 

Etonnamment, pourtant, je me sens toujours bien. Bien sur, j’ai des insomnies, bien sur, je suis inquiète, mais je vais globalement bien.

Y. a repris le travail, mais il s’arrête à nouveau la semaine prochaine. Jeudi, pendant ma journée de congé, j’ai avancé sur les peintures : les chambres sont presque finies. Je voudrais y retourner aujourd’hui. Il y a des plinthes à peindre, une porte, un radiateur aussi. Il y a aussi un mur rose à finir dans la petite chambre de bébé, la chambre de A. qui est toute petite, et qui sera un casse-tête à organiser.

J’entends Y. qui se lève. Le compte à rebours des choses à faire s’est enclenché.

Tic tac.

Tic Tac

Tic….

samedi, 20 octobre 2018

Dans le brouillard des jours

Le nez sous ma couette, je regarde des épisodes de la série Loulou, sur Arte. Aujourd’hui, je ne veux rien faire, pourtant je sais que je n’y arriverai pas, car il y a trop à faire.

Mes filles sont parties hier, toutes les trois. Pendant une semaine avant leur départ, j’ai cauchemardé toutes les nuits. Réveillée à 3h, je n’arrivais à me rendormir qu’au petit matin, enchaînant ma journée de boulot dans un brouillard terrible. L’anxiété est immense à l’idée qu’elles s’éloignent, qu’un accident arrive et qu’elles meurent. Mille fois dans ma tête, je me suis repassé jusqu’à la nausée les problèmes qui pouvaient survenir pendant leur absence, de l’accident de voiture à l’incendie, jusqu’à visualiser dans ses moindres détails la voiture de mon père reculer pour manœuvrer et écraser la petite A.

Quand je parle de ces petits films que je me passe la nuit à quelqu’un, on me regarde comme une personne très dérangée, alors je n’en parle pas trop, ou alors pas à tout le monde. On me dit qu’il faudrait me soigner, et je suis bien d’accord, mais je ne sais pas quoi faire pour arrêter ces projections morbides qui me tordent le ventre à chaque fois que je suis séparée de mes enfants.

Nous avons les clés de la maison depuis le 4 octobre et les travaux ont déjà bien avancé. Je suis allée avec Y. et les enfants le premier week-end arracher le vieux papier peint. Nous avons pleins d’idées de décoration, mais il faut se concentrer sur des choses bien moins visuelles et pratiques : nous avons changé la chaudière antédiluvienne pour un modèle énorme à condensation à plus de 4000 euros. Parmi les autres gros travaux, S. notre voisin a déplacé la cuisine dans le salon, changeant de place toute la tuyauterie. Il a aussi crée une évacuation d’eau au sous sol, pour pouvoir déplacer la machine à laver, que la vieille dame qui habitait la maison pendant 50 ans avait mis dans sa salle de bain, déjà trop petite pour notre famille de cinq personnes. Un grand mur est tombé dans la pièce principale, agrandissant la pièce de vie de 5 mètres carrés supplémentaires bien nécessaires dans cette petite maisonnette ouvrière.

A chaque fois que je me rends dans la maison, j’ai le cœur qui s’emballe et des papillons dans le ventre. J’ouvre le petit portail avec ravissement, essayant toujours de faire durer ce moment.

Mon père qui est venu nous aider a préparé les murs des chambres. Demain, je me rendrais dans la maison pour commencer la peinture. Y. qui saturait des travaux est parti pour le week-end à l’anniversaire de son école de journalisme.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup de choses à faire.

Mais je suis sous ma couette, j’écoute les bruits de la rue par la fenêtre ouverte.

J’emmènerai tout à l’heure ma jolie Churchille chez le toiletteur, car elle a de gros noeuds que je n'arrive pas à défaire à la brosse, et je n’ai jamais le temps de le faire le reste du temps. J’ai aussi pris des rendez vous médicaux pour moi, car je retrouve enfin un peu de temps pour réfléchir. Je me demande comment survivre au stress des semaines qui viennent. Comment gérer les cartons, le boulot toujours plus intense et les travaux dans la nouvelle maison sans craquer au milieu de l’hiver à cause du manque de sommeil ? Je réfléchis à ce que je pourrais mettre en place sans trop de difficulté : faire un peu plus de méditation, me remettre au sport, prendre des fleurs de Bach…

Je ne dois pas tomber dans une spirale dépressive, car j’ai trop d’enjeux cette fin d’année. Heureusement, quand je stresse trop, je pense à cette maison en pierre, je fais un petit croquis sur un bout de feuille, j’imagine des scènes familiales qui me ravissent : le grand sapin pour notre premier Noël là-bas, les repas dans la cuisine, les enfants qui courent dans l’escalier et mon rythme cardiaque s’apaise.

Dehors, les bruits de la rue ne faiblissent jamais.

Je vais finir par me lever, mais je retarde ce moment au maximum.

Je suis bien, malgré tout, dans mon brouillard de fatigue.

jeudi, 4 octobre 2018

Tout bouge

Il y a le matin, à mon travail, dans la bibliothèque où je me réfugie chaque jour pour écrire mes articles loin du brouhaha de l’open-space, de grands rassemblements de corvidés. A cette distance, je n’arrive pas bien à les reconnaître. Est-ce que ce sont des corneilles noires ou des corbeaux ? Je penche pour les premières, même s’ils me paraissent trop massifs et cela me fait douter.

Je veux croire que ce grand rassemblement croassant sera un BON présage.

Aujourd’hui, je signe l’achat définitif de ma maison.

Ma maison en pierre et son petit jardin, ma vieille dame que je veux embellir et m’approprier au fil des années. Nous signons cet après-midi, et je croise les doigts pour que tout se passe bien.

Ce soir, il y a aussi une autre signature. Celle de nos acheteurs, qui signeront, si les cieux nous sont encore cléments, leur compromis de vente, que nous contresigneront demain.

Une telle coïncidence de dates, après tant de mois d’anxiété, d’inquiétudes et d’atermoiements me ravit.

R., à qui je parlais ce matin de la signature pour la maison m’a dit : « Je sais maman, je l’ai noté sur mon agenda. ».

Aujourd’hui, tout bouge.  

dimanche, 9 septembre 2018

Dimanche matin

Ce matin, je me suis levée tôt, sans raison. Il est dimanche, nous sommes revenus à 2h du matin de la soirée d’anniversaire où nous étions, loin dans la banlieue Est. Les enfants ont joué avec d'autres enfants, puis ont regardé la reine des neiges. Nous n’avions que les deux petites, la grande était restée à une soirée pyjama. Il fait un peu frais les matins, et je sens septembre qui déroule son tapis, pas à pas. Pourtant, les journées sont encore belles. On en a profité pour enfourcher les vélos hier, aller à la Villette avant que leur exposition dingo pour enfants se termine. Puis nous avons pique-niqué et j’en ai profité pour prendre milles photos de l’endroit où l’on a mangé, ses petites tables en bois, ses pergolas fabriquées, pour refaire les même une fois chez moi, dans mon minuscule jardin. La semaine dernière, avec mon père dans son jardin, j’ai parlé fruits et légumes et permaculture. J’aime bien l’idée de faire un petit potager, mais contrairement à lui, je ne veux pas transformer la totalité de la parcelle en jardin nourricier.

Après la réponse du prêt, nous attendons celle des notaires, qui doivent fixer la signature. J’ai peur encore. Peur qu’un problème de dernière minute face qu’on ne nous remette pas les clés. Et je ne serais vraiment rassurée que le jour où nous aurons vendu le grand appartement, dans cette banlieue qui monte, qui monte, qui monte…Car alors, lorsque la vente sera achevée, la maison sera vraiment à nous. La banque ne pourra plus la saisir, elle sera à nous, complètement à nous.

Terrible d’avoir un coup de cœur. Comme une rencontre amoureuse. Le souffle coupé, les mains moites, des papillons dans le ventre. Une rencontre avec une maison, même pas exceptionnelle, si ce n’est qu’elle m’a ravit le coeur. J’ai l’impression de l’avoir visité il y a mille ans. Que je n’aurais les clés que dans mille ans, alors que ce n’est plus qu’une question de jours.

En parlant de rencontre, je lis le livre de P. Et je m’émerveille, à nouveau, de son écriture, une écriture que je savoure, pour ne pas terminer le livre trop vite. Je me souviens de son blog, et de mes exhortations à l’écriture, comme tant d’autres l’ont fait avec elle. Et elle l’a fait. Et c’est un succès. Pour l’instant, un succès critique. J’attends le point de vue du public, mais je sais qu’il sera au rendez vous. Une littérature de femme, écrite par une femme, qui parle au femme. Je rêve d’un prix pour elle. Le Fémina ou même le Goncourt, pour lequel il est en première liste. Et même s’il n’a aucun prix, il aura celui de nos cœurs, nous les lectrices de l’ombre, qui pendant des années, avons suivi P. et l’avons vu grandir d’un point de vue de style, d’un point de vue d’écriture. Jeudi soir, nous nous sommes retrouvés, en petit comité, à sa fête de lancement. J’étais tellement heureuse, de la voir, si jolie, si calme malgré cette tempête médiatique qui me donnerait à moi l’envie de me cacher sous la couette. Mais P. rie, elle salue tout le monde, et elle donne l’illusion qu’elle a les épaules solides et qu’elle passera tout ça, comme elle a passé les autres épreuves, et celle du sacre de la célébrité littéraire, avec tout ces gens qui vous questionnent, n’en est qu’un autre.

Je la salue bien bas et me réjouis pour elle, un peu comme si c’était une petite sœur de substitution, ou comme si son roman me permettait, à moi qui ai aussi un travail et des enfants, une raison d’espérer, un jour, moi aussi écrire, quelque chose, je ne sais pas encore quoi.

D’ici là, aujourd’hui, j’ai décidé de rester en pyjama. Journée couette avec les enfants. Ils liront, joueront, regarderont des films pendant que nous ferons, une journée plus, du tri dans le grand appartement.

Rien ne doit être emmené que nous ne voulons pas profondément garder.

Tout un programme en somme.   

samedi, 25 août 2018

Le prêt est accordé

 

Nous avons eu notre prêt. Cette semaine, alors que je croyais de moins en moins avoir une réponse positive, nous avons appris que nous l’avions. Le soir même, avec Y. tous les deux penchés sur le nuancier de Farrow and Ball, nous imaginions déjà les tons de la maison, (alors que nous n’aurons pas vraiment les moyens de nous acheter cette peinture et d’en mettre de partout). La machine à rêve est repartie. Il n’y aura plus qu’à (énorme étape) vendre celui-ci pour souffler un peu et être moins inquiète.

dimanche, 5 août 2018

De retour des grandes vacances

La maison est fraîche. Toutes les fenêtres sont ouvertes et on entend fort les bruits de la rue. Ouvertures de rideaux en fer, déplacement de gros meubles : les travailleurs des puces se lèvent tôt. Je bois le thé offert par Leeloolène, du Palais des thés : le thé des alizés. Nous sommes rentrés hier de notre périple à l’aventure, et nous nous sommes cassés les dents à la frontière Croatie/Serbie. Impossible de rentrer dans le pays, car le passeport de Y. avait été signalé volé. Une erreur de l’administration française qui nous a empêché de fêter l’anniversaire d’une amie dans son pays. Pour faire contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons terminé nos vacances dans un camping grand luxe sur la cote croate, avec piscine et jeux d’eau, bar et soirées dansantes, et toute la famille a pu profiter et se reposer.

J’ai adoré ces vacances. Adoré l’Allemagne, le lac de Constance, la Slovénie si belle, l’Autriche chez mon amie M. et sa famille si accueillante, j’aurais aimé passer une semaine à Ljubljana profiter de cette ville si riche. A. était un peu plus grande que l’année dernière, c’était plus facile de la surveiller et elle écoutait mieux à chaque fois que nous ouvrions la porte du camping car dans une foret, face à un lac, devant une route ou un étang à poisson. Ma seule déception ? Plitivice, dont je m’étais fait un rêve, et qui s’est avéré gâché par le tourisme de masse : le lieu reste majestueux, mais le monde qui s’y presse vous passe l’envie d’observer. J’ai eu l’impression pendant ces vacances de prendre une bonne dose de nature, mais je suis encore en demande. Je ne sais pas comment faire pour l’étancher. Peut-être dans notre nouvelle ville ?

Notre retour qui m’effrayait s’est passé très facilement : Paris vide, aucuns bouchons, une place trouvée facilement à quelques rues de chez nous pour le camping car de 7 mètres et des enfants ravis de retrouver leurs jeux pendant que je commençais à ranger, vider les affaires. Je me suis couchée épuisée mais rassurée par ce retour si tranquille au final alors que je m’en étais fait une montagne. J’adore voir les trois petites jouer ensemble, leur complicité, leurs rires, leurs brusques brouilles, leurs chagrins et leur rabibochages….

Pourtant, j’ai un peu peur quand je vois les mois qui viennent : il faudrait faire du tri, vendre certaines affaires, il faut vendre notre appartement pour ne pas trop souffrir du prêt relais, il faut organiser les travaux à venir à la rentrée. Cela me donne le tournis. Aujourd’hui, c’est courses et lessives, rangement des affaires dans la maison. J’espère quand même avoir le temps d’emmener mes filles au cinéma, car je rêve de voir les indestructibles 2, s’il passe encore à Paris.

Nous n’avons pas encore de nouvelles de notre prêt bancaire. Ce n’est pas tout de trouver la maison de ses rêves. Encore faut il que le banquier donne son accord. Je ne serais rassurée que lorsque nous aurons vendu notre grand appartement. Nous en saurons plus à ce moment là sur notre budget travaux. Tant d'inconnu que j'ai du mal à rester zen...

dimanche, 8 juillet 2018

Avant de partir en vacances

C’est le troisième jour des vacances et la fatigue est presque palpable. Je devais aller faire un pique-nique à Vincennes, mais je sais que ce ne sera pas du tout sérieux. Je serais trop fatiguée de faire cela. In extremis, j’ai trouvé un mode de garde pour l’année prochaine pour A. Une assistante maternelle assez fabuleuse : qui pratique Montessori, la motricité libre et la bienveillance éducative, avec un jardin enchanteur où les petits vélos fleurissent. Habituée que je suis aux assistantes maternelles que j’ai pu avoir, qui malgré toute leur bonne volonté, utilisaient bonbons/gâteaux et télévision comme moyen d’éducation, j’avoue que j’étais agréablement surprise. Le contrat est signé, je peux partir tranquille.

J’ai besoin aujourd'hui de rester ici, dans l’appartement. Au calme. Ce matin, L. est venu nous rejoindre aux aurores dans le lit parental, qu’elle a quitté depuis peu, après presque un an de squattage. J’espérais me lever et être seule pour penser, mais elle s’agite à mes cotés. J’attends une vingtaine de minutes, me lève à pas de loup et j’entends sa petite voix « Maman, où tu vas ? ». Elle est déjà levée, déjà dans mes jambes. Elle me parle déjà. Je la préviens : si tu viens avec moi, pas le droit de parler : maman va faire sa méditation et elle doit écrire. Elle promet, du haut de ses 4 ans, avec un air grave. Promesse qu’elle va enfreindre dès les 5 premières minutes, et dont je ne lui en veux même pas.

Demain, nous récupérons un nouveau camping car. Si nous n’avions pas acheté une maison cette année, j’aurais bien acheté un camping car aussi, si j’avais eu un endroit où le garer à l’abri des intempéries. J’adore ce mode de transport et cette liberté incroyable que cela procure. Cette facilité avec laquelle on peut choisir de rester à un endroit qui nous plait ou de fuir les endroits moins sympa. J’adore aussi traverser des frontières, découvrir de nouveaux plats, de nouvelles cultures, avec les enfants. Quand ils seront grands, nous ferons d’autres voyages, peut être en avion, dans des pays plus exotiques, mais pour l’instant, je suis ravie de cette découverte de l’Europe. Notre trajet est ambitieux : France Allemagne, Autriche, Slovénie, Croatie, Bosnie, Serbie et retour. Nous avons un mois pour tout faire.

J’ai moins d’anxiété que l’année dernière, grâce, je le sais, à ma pratique beaucoup plus assidue de la méditation. Le changement n’est pas flagrant, personne je pense ne l’a constaté dans mon entourage, mais moi, j’ai sentie plus profondément mon niveau d’anxiété générale baisser. Et contrairement à un sport, la méditation ne fait pas qu’on perd tout si on ne pratique pas. J’ai le sentiment que les changements sont profonds, et que la pratique ne fais que les renforcer. C’est assez étonnant et agréable de se voir changer ainsi, lentement mais sûrement.

vendredi, 22 juin 2018

Dur mois de juin

Du fait de l’achat de la maison et de la vente de notre appartement, je traverse une période de fatigue intense. Je tiens les jours de travail et m’écroule les autres jours. Pourtant, je me surprends : quand je tiens à peu près la route, j’arrive à faire tellement plus de choses que mes périodes de déprime que cela me rassure. Il y a tant de choses à faire ! Pour l’instant, c’est surtout administratif : dossier de banque, inscription dans les deux écoles, l’ancienne et la nouvelle et recherche de mode de garde. Cela nous occupe tout notre temps, à Y. quand il n’est pas en reportage et à moi.

Je devrais justement faire plus de méditation, plus de sport, plus d’écriture, pour réussir à passer ce cap décisif et difficile d’une fin d’année aussi chargée. Mais corolaire de tous mes tracas, je dors horriblement mal. Des angoisses m’assaillent en pleine nuit, mes insomnies flambent, je suis un peu malade en permanence (un rhume particulièrement carabiné et long, digne d’un mois de janvier) et surtout les enfants enchaînent les maladies : varicelle pour L. et laringite pour A.

Ma jolie R., elle, est juste extrêmement fatiguée, ce qui la rend désagréable au quotidien. Ce matin, pour l’épargner un peu, j’ai décidé de ne pas la mettre à l’école. Je sais qu’elle sera ravie de ce vendredi volé à l’éducation nationale et moi j’espère qu’elle pourra se reposer un peu.

Pourtant, dans mon tourbillon du mois de juin, j’ai des moments de grâce : je vois mes amis, je déjeune au soleil avec des gens sympathique, je réfléchis à mon avenir, je prépare nos vacances, j’ai revu mon groupe de parentalité bienveillante, et surtout, dès que je peux, je vais sur mon téléphone et je regarde des photographies de la maison. Comme une amoureuse secrète qui regarde sa fiancée, je m’émerveille, je rêve, je me projette. C’est elle, ma jolie maison en pierre, ma maison de mamie, que je rêve d’aménager, même si bien sur, dans un premier temps, je n’en aurais quasiment pas les moyens. Mais ce n’est pas grave. Je regarde les photos et je rêve.  

 

vendredi, 1 juin 2018

La maison

Je n’avais pas vu de suite l’annonce sur le bon coin. Pourtant, je passais mes journées sur tous les sites immobiliers, dont j’avais activé toutes les alertes, depuis une longue année, à regarder des annonces, à comparer des biens, à me projeter ou à rêver, à partir d’une photo, d’une vue de la façade, ou d’un jardin. J’étais souvent déçue. J’ai visité une vingtaine de biens. Dans toute la banlieue Est, Ouest et Sud.

Et puis ce samedi, tout en discutant avec mes parents, j’ai vu cette annonce.

Quelques lignes, mais surtout une photo. Un beau double salon, avec un beau parquet massif.

J’ai flashé de suite.

Il était tard, plus la peine d’appeler. Je suis allée sur le site, vu le numéro de l’agence, envoyé un mail tardif. On verrait lundi. Lundi matin, j’ai reçu un appel de l’agent immobilier.

Au téléphone, il avait l’air ennuyé. Je lui ai demandé :

-« Est-ce qu’il y a de gros travaux ? Toiture ? Electricité ? Fenêtres ?

-Non pas vraiment, un gros rafraîchissement.

-Ah.

Et est que qu’il y a 4 chambres ?

Oui.

Ah… et est ce qu’elle est loin des transports ? De la gare de RER ?

Non. 5 minutes à pieds. On voit la gare depuis la maison.

-OKKKKAY. Ah j’oubliais. Elle doit être sur un axe très très passant, il y a beaucoup de bruit c’est ça ? »

-Heu non. C’est une rue à sens unique, une des plus calmes de la ville. Bon, vous voulez la visiter ?»

J’étais un peu étourdie. Voici une maison ancienne, dans nos prix, sans gros travaux, proche de la gare…. Ou était le loup ? J’avais visité trop de maisons pourries, branlantes voire sur le point de s’écrouler, en une année.

Dès les premières secondes, devant la façade, j’ai senti mon pouls s’accélérer. La marquise était magnifique. Carrée, ouvragée, du bel ouvrage. Un rosier ancien courait le long de la façade. Je ne pouvais pas y croire.

Je regardais à l’arrière, ne voyant pas d’extérieur : « Ah, il n’y a pas de jardin c’est ça ? J’ai oublié de vous demander…. ». Regard torve de l’agent immobilier. « Si, un grand, il est là, derrière, après le garage » Et effectivement, là, derrière la maison, j’ai vu un grand jardin de 200 mètres carrés mangé par une balançoire disproportionnée.

 

Quand l’agent a ouvert la maison, j’ai pris une grande inspiration…. et j’ai failli me mettre à pleurer. C’était la même odeur que dans l’appartement quand je l’avais visité. Une odeur de vieille personne, de renfermé, de poussière, de bois, une odeur de maison familiale qui a bien vécu et ne demande qu’à continuer. J’ai refoulé les sanglots comme j’ai pu : l’agent immobilier m’a fait monter des marches, descendre des marches, m’emmenant dans un grand grenier où je verrais bien notre chambre parentale, ou alors une seule immense chambre pour deux enfants… J’ai tout aimé.

Bien sûr, il faudra tout refaire, contrairement à ce que l’agent disait.

Bien sûr, nous n’avons pas assez de budget.

Mais je vois déjà mes enfants faire du vélo sur la route, comme je viens de voir passer plusieurs adolescents. Je me vois déjà prendre mon café dans le jardin, sur une table en fer forgé.

Le soir même, sans qu’Y. l’ait visité, mais avec sa bénédiction, nous avons fait une offre au prix. Après 10 jours de stress intense et un agent immobilier pas très compréhensif, nous avons sur que c’était bon.

Depuis hier soir, le compromis de vente est signé. Le propriétaire, un des trois enfants de la vieille dame qui vivait là, m’a dit : « Je suis heureux. La maison va revivre. »

Juste avant la signature, je suis allée saluer la maison.

C’est dans cette maison que je veux voir grandir mes enfants. Notre maison de famille… pour la nouvelle tranche de vie qui s’annonce.

vendredi, 4 mai 2018

Le rêve

Je suis heureuse.

Nous sommes début mai et j'ai réussi à redresser la barre. A coup de méditation chaque jour, de reprise en main de mon alimentation, de sport et de créativité (je continue mon atelier d'écriture et me suis lancée dans l'écriture de sketches (!) j'ai réussi à passer par dessus la déprime qui me tournait autour, menaçant de m'englober.

J'espère pouvoir continuer sur cette belle lancée.

Une chose encore, que j'aimerai pouvoir faire, et qui reste un peu enfouie : l'écriture d'un roman. J'aimerai me lancer. Mais comment, quand?

J'envie la belle P. qui vient se signer aux éditions de Minuit.

Moi aussi, un jour, je rêve....

 

dimanche, 1 avril 2018

L'écriture et le sommeil

Le dernier départ de Y. n’a duré que 6 jours, week-end compris, mais je n’arrive pas à m’en remettre. Cela a correspondu avec un épisode de maladie violent pour L. et A., mes deux plus petites filles de respectivement 4 ans et 2 ans. Entre le manque de sommeil et le manque de temps pour moi, j’ai vraiment cru mourir. A son retour, je n’ai pas pu me réjouir. Trop de choses à faire, trop de choses à penser. J’avais tout géré : le présent et le futur : nos prochaines vacances et celles d’après aussi. Je lui en voulais de revenir aussi reposé mentalement,même si pour lui aussi ces 6 jours étaient denses en travail. Là, je sens que je touche à mes limites. Je le le sens à mes réponses maussades, à ma non envie de faire des choses en famille (fêter Pâques ? Pourquoi faire ?) à mes accès de violence. Mon corps, mon esprit tire la sonnette d’alarme : « Prends du temps pour toi ! »

Mon programme est simple : me faire aider pour les jours qui viennent le soir, prendre des bains, faire des siestes, faire de la méditation, faire une cure d’oméga 3, aller courir, rempoter mes plantes, gratter la terre dans la cour du jardin de l’immeuble, écrire, me coucher tôt. Si les autres choses me font du bien, écrire et me coucher tôt sont mes deux piliers pour aller mieux.

Je ne connais rien de plus puissant chez moi, de plus reposant et profondément ressourçant pour me reconnecter à moi-même, à ma nature plutôt bonne et généreuse : le sommeil et l’écriture.

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